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Title : Histoire du parlement de Normandie. [Volume 5] / par A. Floquet,...

Author : Floquet, Amable (1797-1881)

Publisher : É. Frère (Rouen)

Date of publication : 1840-1842

Subject : France. Parlement de Rouen -- Histoire

Subject : Parlements -- France (Ancien Régime)

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 7 vol. ; in-8

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k94561c

Source : Bibliothèque nationale de France, 8-Lf25-124 (5)

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36370747r/description

Provenance : bnf.fr

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Table of contents
    TABLE
    DES MATIÈRES
    CONTENUES DANS LE TOME CINQUIÈME.
    LOUIS XIII. (Suite.)
    Tous les membres du Parlement, même les plus avancés en âge et les plus infirmes, sont contraints de quitter Rouen, et de se rendre à la suite de la cour. Le conseiller-clerc Godart de Bracquetuit, chanoine, trésorier de la métropole, est seul dispensé, page 1.
    Réponse du chancelier au premier président De Faucon de Frainville, qui essayait encore de justifier le Parlement, 3.
    Consternation de la ville de Rouen. Comment s'y passèrent, en 1640, la fête du premier jour de l'an et celle des rois, 2.
    Désarmement des habitants de Rouen (5 janvier 1640), 4.
    Les canons, boulets, armes et munitions de l'hôtel de ville sont enlevés de ses magasins, et transférés au Vieux-Palais, 5.
    Le chancelier Séguier propose le rasement de l'hôtel de ville de Rouen, 5.
    Richelieu repousse cette proposition, 6.
    Six bourgeois de Rouen, pris dans l'ancien corps de ville, sont commis, par le roi, à l'administration des affaires de la cité, 6.
    Des commissaires, pris dans la cour des Aides de Paris, viennent remplacer la cour des Aides de Rouen, interdite, 6.
    Deux maîtres des comptes de Paris remplacent, à Rouen, les trésoriers de France interdits, 7.
    Au Conseil du roi, venu à Rouen avec le chancelier, sont évoqués tous les procès de la compétence du Parlement interdit, 7.
    Six avocats au Parlement de Normandie sont commis par le roi pour tenir la juridiction des requêtes du palais, à Rouen, en remplacement des conseillers commissaires aux requêtes, interdits (9 janvier 1640), 9.
    Première audience tenue au palais, par les conseillers d'État et maîtres des requêtes, 10.
    On s'occupe du jugement des mutins arrêtés à la suite des séditions de Rouen, 10.
    Pouvoir qu'avait reçu le chancelier Séguier, de faire exécuter des séditieux, sans les avoir vus ni entendus, et en vertu d'un simple ordre verbal, 11.
    Terreur dans Rouen. Nombre de gens du peuple, conduits par leurs curés, viennent à Saint-Ouen, trouver le chancelier, et lui demander grâce, à genoux (7 janvier 1640), 11.
    Gorin et ses quatre consorts à la torture. Leur condamnation, leur supplice, 13.
    Réflexions du maître des requêtes Verthamont, sur ces exécutions capitales, sans jugement, 15.
    Ce qu'en dit le chancelier Séguier lui-même, 15.
    La commission des conseillers d'État et des maîtres des requêtes, installée au palais, s'occupe du jugement des autres séditieux, 17.
    7 janvier 1640. Monitoire publié dans toutes les églises de Rouen, pour avoir révélation de l'assassinat commis le 4 août précédent, sur le contrôleur Hays, dit Rougemont, 17.
    Séditieux condamnés à la potence, aux galères, au fouet, 18.
    Quelques séditieux condamnés au blâme, 19.
    Procédures contre les absents, 19.
    Cent quatre-vingt seize habitants de Rouen, fugitifs, sont bannis à perpétuité de la province (Déclaration du 22 janvier 1640), 20.
    Un gentilhomme, voisin de la demeure de Le Tellier de Tourneville, condamné par contumace, comme ayant, dans le pillage de cette maison, détourné des sommes d'argent considérables, 21.
    Le chancelier Séguier fait encore exécuter à mort deux séditieux, sans jugement, et en vertu d'un simple ordre verbal (14 janvier 1640), 23.
    Le Tellier et Talon acquièrent la preuve que les partisans ont suborné des témoins et calomnié les principaux de la ville. Le chancelier Séguier en acquiert aussi la preuve, 24.
    Mise en liberté de Besnier, lieutenant, et de Baillet, enseigne de la compagnie de garde bourgeoise, dont un détachement avait mitraillé la maison de Le Tellier de Tourneville, 25.
    Le chancelier fait rétablir les bureaux détruits en août 1639, et remettre en fonction les receveurs, en fuite depuis plus de quatre mois, 26.
    Rétablissement du droit de contrôle sur les teintures, première occasion des troubles de Rouen (19 janvier 1640), 27.
    On s'occupe de régler les indemnités dues à ceux qui ont été pillés dans les troubles d'août 1639, 27.
    Les biens de l'hôtel de ville de Rouen sont réunis au domaine, 29.
    Six commissaires nommés par le roi, pour administrer les affaires de l'hôtel de ville, 29.
    On impose à la ville de Rouen, épuisée, une contribution d'un million quatre-vingt-cinq mille livres; et trois ans lui sont donnés pour le paiement, 30.
    Il est permis aux bourgeois de Rouen de s'assembler à l'hôtel de ville, pour aviser aux moyens de trouver la somme exigée par le roi, 31.
    Pourparlers avec Séguier; colère de ce chancelier, 31.
    Pour se procurer les 1,100,000 liv. demandées, on établit, par un tarif, des droits sur toutes les marchandises entrant dans Rouen, 32.
    Excès commis dans Rouen et aux environs, par les troupes de Gassion, 34.
    Aveu du chancelier Séguier, à cet égard, 34.
    Ce que dit des excès de cette soldatesque un habitant de Rouen, témoin oculaire, 35.
    Ce qu'en dit la Muse normande, 35.
    Le duc de Longueville, dans la suite, reprocha vivement à Gassion les excès qu'avaient commis ses troupes en Normandie, 36.
    Désespoir des habitants de Rouen, tourmentés par les soldats de Gassion, 36.
    Les divers quartiers de Rouen sont placés sous la surveillance de plusieurs maîtres des requêtes, chargés de réprimer et de punir les excès des soldats, 37.
    Comment les maîtres des requêtes s'acquittèrent de cette mission, 38.
    Exécutions à mort de quelques soldats, qui, malgré une si active surveillance, avaient commis de grands excès, 39.
    Un soldat, l'épée à la main, dans le Palais, frappe et blesse plusieurs personnes, comme pour empêcher l'exécution d'un autre soldat condamné; l'exécution n'en a pas moins lieu, 41.
    Le perturbateur est arrêté, jugé militairement par Gassion, et exécuté à mort, le même jour, 41.
    Efforts des six commissaires de l'hôtel de ville, pour obtenir l'éloignement des troupes. Entretien fort curieux, à Saint-Ouen, entre le chancelier Séguier, et Pouchet, l'un des six commissaires, 42.
    Les bourgeois notables de Rouen, capitaines, etc., réunis à l'hôtel de ville, déclarent, par un acte signé d'eux, prendre la ville en leur garde, et se charger, au péril de leurs vies, de la conserver dans l'obéissance (19 janvier 1640), 43.
    Cet acte est lu au prône de toutes les églises de Rouen et de la banlieue, 44.
    Mesures prises par le chancelier, pour prévenir, désormais, en Normandie, les mouvements populaires, 45.
    Défense, sous peine de mort, de proférer, dorénavant, les mots de monopoliers, gabeleurs, maltôtiers, 46.
    Les magistrats, dans les villes, et les seigneurs, dans les campagnes, déclarés responsables des séditions auxquelles ils n'auront pas énergiquement résisté, 47.
    Les magistrats, gentilshommes et bourgeois, accusés d'avoir toléré, sans y résister, les mouvements séditieux de l'année 1639, 47.
    Hugues Crotius représente la noblesse de Normandie, à cette époque, comme sourdement hostile à l'administration de Richelieu, 48.
    Nouveaux troubles à Mantilly, vers Domfront, 50.
    Réglement pour les villes, 51.
    Réglement pour les campagnes, 51.
    Le chancelier Séguier reçoit, de la cour, de grandes louanges pour sa conduite en Haute-Normandie; on l'invite à aller, ensuite, en Basse-Normandie, 53.
    Le conseiller d'Etat La Poterie avait été envoyé en Basse-Normandie, pour informer contre les séditieux, 53.
    Commission en Basse-Normandie, pour juger les séditieux, sous la présidence du conseiller d'État La Poterie, 53.
    Le conseiller d'État La Poterie ayant peu avancé les affaires en Basse-Normandie, le chancelier Séguier se décide à y aller en personne, 54.
    Les troupes de Gassien quittent Rouen, 54.
    Le chancelier Séguier se dispose à quitter Rouen; ce qu'il dit à des bourgeois notables, venus le visiter, 55.
    Ce que dit le chancelier aux six commissaires de la ville, 55.
    Au départ de Séguier, Pouchet lui adresse une singulière harangue, dont l'idée lui est suggérée par une comparaison entre les armoiries du chancelier, où figure un mouton, et celles de la ville de Rouen, où figure aussi un mouton, 55.
    A trois ans de là, Pouchet se glorifiait encore de sa harangue, et y montrait une prophétie, alors accomplie, 56.
    Anagrämmes et Rebus en l'honneur du chancelier Séguier, 57.
    Les bourgeois notables de Caen se rendent garants de la fidélité de cette ville. Autre engagement que contractent les membres de la cour des Aides de Caen, 58.
    Entrée du chancelier Séguier à Caen (16 février 1640). Interdiction des officiers de ville, du lieutenant général au présidial, du procureur du roi, 58.
    Supplice du nu-pieds Le Plé, qui avait tué le marquis de Courtomer, 60.
    Le chancelier Séguier va à Bayeux, 61.
    Le chancelier Séguier à Bayeux. Indemnités aux personnes préjudiciées lors des séditions de cette ville, 61.
    Le chancelier Séguier à Coutances. Procédures contre les magistrats de cette ville, fugitifs pour la plupart. Incarcération du vicomte (mars 1640), 62.
    Le chancelier fait arrêter le vicomte de Coutances, qui était venu, en robe, le saluer, 64.
    Exécutions à Coutances. Celui qui avait traîné Goaslin à la queue d'un cheval, pendant trois heures, avant de le tuer, est rompu vif; quatre autres sont pendus, 64.
    Cinq séditieux, mis en jugement à Coutances, compromettent, par leurs déclarations, des magistrats et des gentilshommes du pays, 65.
    Sur l'échafaud, entourés, pressés par les parents et amis des magistrats et gentilshommes compromis par leurs dires, ils paraissent se rétracter, 65.
    Le chancelier fait démolir ou brûler les maisons d'un assez grand nombre de séditieux qui s'étaient enfuis, 66.
    De l'usage (en Normandie) de démolir les maisons des grands coupables, condamnés ou contumaces, 66.
    Dans un plaidoyer de 1558, on représente cet usage comme n'existant plus, 67.
    On l'avait, néanmoins, appliqué cinq ans seulement auparavant, 67.
    Le chancelier Séguier, en Basse-Normandie, fit abattre un grand nombre de maisons, celle, entre autres, du baron de Ponthébert, fugitif, 67.
    Des maisons d'Avranches démolies, par ordre du chancelier Séguier, 68.
    Le chancelier donne l'ordre au prévôt de l'Isle d'aller démolir toutes les maisons du village de Cérences, 68.
    Richelieu avait été d'avis que le chancelier fit raser les murailles des villes qui s'étaient le plus signalées dans la sédition, notamment celles de Coutances, 69.
    Le chancelier fait indemniser les préjudiciés, 69.
    On publie partout des arrêts du Conseil, qui ont déclaré responsables des séditions, les magistrats dans les villes, les seigneurs dans les campagnes, 70.
    Le chancelier Séguier mande à Coutances les gentilshommes du pays, les exhorte à contenir le peuple, leur explique les déclarations et arrêts qui les ont constitués responsables des séditions (10 mars 1640), 70.
    Excès de la rigueur dont on usa à l'égard de la Normandie, 72.
    État déplorable de la Basse-Normandie, après le départ de Séguier et de Gassion, 72.
    Une commission, composée de quinze conseillers du Parlement de Paris, ayant à leur tête Tannegui Séguier, président au même Parlement, remplace provisoirement le Parlement de Normandie interdit, 75.
    Tout annonçait que le séjour de ces commissaires en Normandie serait long, 76.
    Première audience des commissaires du Parlement de Paris, 77.
    Parmi les quinze conseillers du Parlement de Paris, était Claude Sarran, l'un des hommes les plus doctes du 17e siècle. Autrefois conseiller au Parlement de Rouen, il rend hautement témoignage à ses anciens collègues, 78.
    Costume que portaient, à Rouen, les commissaires, 79.
    Tannegui Séguier, traité comme premier président, s'efforce de le devenir en effet, 80.
    La commission vérifie nombre d'édits, préjudiciables pour la Normandie, et repoussés jusque-là, 81.
    La commission enregistre l'édit qui créait quatre-vingt-dix charges de procureurs au Parlement, héréditaires, 82.
    Des procureurs, députés vers le chancelier étant à Gaillon, avaient été arrêtés dans cette résidence des archevêques de Rouen, 82.
    On accuse sérieusement les magistrats de Rouen, exilés, d'avoir été contraires à la réformation des monastères, 84.
    Ce que devenaient les membres du Parlement, interdits, 85.
    Paroles très remarquables de l'un d'eux, 85.
    A ces magistrats, traités avec tant de rigueur, défense avait été faite de jamais parler au roi, au sujet de l'interdiction prononcée contre eux, 86.
    Après quatre mois et demi de séjour à Paris, à la suite de la cour, il leur est permis de se rendre dans leurs terres, mais sans aller à Rouen, 87.
    Le président Bretel de Grémonville, 87.
    Le président Bigot de Monville, 88.
    Le Parlement de Normandie est rétabli, mais fait semestre, 89.
    Ce que c'était, pour une cour souveraine, que d'être faite semestre; le Parlement de Paris l'avait été en 1554, 90.
    Illégalité du semestre, 90.
    Motifs qu'alléguait, de la création du semestre, l'édit rendu pour l'établir, 91.
    Dispositif de l'édit de création du semestre, 92.
    Création d'un grand nombre d'offices dans le Parlement, pour suffire au service des deux semestres, 93.
    L'édit représentait les membres du Parlement comme ayant fait amende honorable, et rétablis par grâce, 94.
    Dans ce moment même, on opprimait le Parlement de Paris (février 1641), 94.
    Atteinte scandaleuse au principe de l'inamovibilité des offices, 96.
    Les Parlements abaissés, 96.
    L'édit de création du semestre détachait le comté d' du ressort du Parlement de Paris, et le plaçait sous la juridiction du Parlement de Normandie. Les seize commissaires résistent à cette clause, et la font rapporter, 97.
    A qui furent donnés les nouveaux offices créés dans le Parlement de Normandie, 98.
    Seize, seulement, des anciens officiers furent, d'abord, réintégrés, en attendant la réception de tous les titulaires des charges nouvellement créées, 100.
    Les commissaires du Parlement de Paris cessent leurs fonctions, et quittent Rouen (26 octobre 1641), 101.
    Les officiers du semestre de février 1642 entrent en fonctions dès le mois de novembre 1641, 101.
    Premières démarches des anciens du Parlement, pour faire rétablir cette compagnie dans son état primitif, 103.
    Richelieu revient à Paris, rétabli d'une dangereuse maladie, et après l'exécution de Cinq-Mars et de De Thon. Toutes les compagnies de Rouen lui envoient, avec empressement, des députés, chargés de le complimenter, 103.
    Deux conseillers du Parlement de Normandie, à l'audience du cardinal de Richelieu. Le cardinal meurt, sans avoir révoqué le semestre, 104.
    Les seize anciens officiers (seuls réintégrés d'abord) poursuivent et obtiennent la réintégration des autres anciens, demeurés, jusque-là, interdits (14 février 1643), 105.
    Tous les anciens étant rentrés en fonctions, les démarches recommencent, plus actives que jamais, pour la révocation du semestre, 107.
    Mésintelligence, querelles, guerre déclarée, à Rouen, entre les anciens officiers du Parlement, et les nouveaux, 110.
    Philippe Lhermitte, fils d'un ancien procureur au Parlement de Paris, pourvu d'un des nouveaux offices de conseillers, est repoussé quelque temps; il faut des ordres exprès du roi pour le faire admettre, 113.
    Plusieurs des pourvus d'offices de nouvelle création (tant dans le Parlement que dans la cour des Aides) étaient fort mal notés, et avaient eu de fâcheuses affaires, 114.
    Résistance des anciens du Parlement à la réception de Pierre Petit, (pourvu d'un office de conseiller,) qui avait été fort compromis dans un procès criminel, 115.
    Fixes et mêlées dans Rouen, à cette occasion, 116.
    Scènes scandaleuses, au palais, le 4 mai 1643, entre les anciens officiers et les nouveaux. Menaces, injures, voies de fait, gourmades, 118.
    LOUIS XIV.
    Six des conseillers qui s'étaient le plus signalés dans les scènes du 4 mai, sont interdits, assignés devant le Conseil, vont à Paris, se font écouter, sont relevés de leur interdiction, dispensés de la comparence au Conseil, et renvoyés dans l'exercice de leurs charges, (1643), 123.
    Les présidents Bretel de Grémonville et Bigot de Monville font de nouveau efforts contre le semestre. Résistance des officiers de nouvelle création, 126.
    Dispositions de la cour à cette époque. On y était bien revenu des préventions de 1639 et 1640, 127.
    Mot notable de Mazarin, 128.
    Le semestre est révoqué, et le Parlement rétabli en son ancien état, 129.
    Le président de Grémonville remercie la reine; en quels termes, 130.
    Motifs de la révocation du semestre, énoncés dans le préambule de l'édit de révocation, 130.
    Plaintes de ceux des nouveaux officiers qu'avait maintenus l'édit de révocation, contre les anciens, qu'ils accusent de les opprimer, 131.
    Cédant aux réclamations des nouveaux officiers, aux intrigues des traitants, et mue, de plus, par le besoin d'argent, la cour rétablit le semestre (septembre 1645), 133.
    Indignation de la chambre des vacations du Parlement de Rouen, à la nouvelle de rétablissement du semestre.. Actes de résistance de ses membres, 135.
    Les maîtres des requêtes Le Fèvre d'Ormesson, Le Tonnelier de Conti, et Montescot, vont au Palais, à Rouen, rétablir le semestre,, et faire l'ouverture du semestre de septembre. Le marquis de Beuvron les assistait (10 octobre 1645), 136.
    Détails sur ce qui se passa au Palais, lors du rétablissement du semestre,, 137.
    Ouverture du semestre de septembre, 140.
    Création de sept nouveaux offices de conseillers. Connivence du duc de Longueville à ces actes odieux aux anciens du Parlement, 140.
    Édits, injurieux pour les anciens, inspirés par les nouveaux, 141.
    Situation fâcheuse de la Normandie, à l'avénement de Louis XIV. Plaintes des États de Normandie (novembre 1643), 144.
    Plaintes contre la solidité (solidarité) en matière de subsides. Ses effets désastreux, 147.
    La régente, le jeune roi, et la cour séjournent à Dieppe, et, retournant à Paris, évitent Rouen, découragés par le froid accueil qu'on leur a fait en Normandie (août 1647), 149.
    Une députation du Parlement va saluer, à Dieppe, le roi et la régente. Le premier président De Faucon de Frainville meurt subitement, en présence de Louis XIV et d'Anne d'Autriche, qu'il venait de haranguer, 150.
    Les échevins de Rouen viennent aussi à Dieppe complimenter le roi et la régente. Détails. Dispositions de ces officiers de ville, depuis les rigueurs de 1640, 151.
    Dispositions hostiles du Parlement, après le rétablissement du semestre (en octobre 1645), 152.
    Le duc de Longueville, mal vu des anciens, après le rétablissement du semestre, croit les ramener en leur faisant rendre la Paulette. Scène, au palais, désagréable pour lui. Il sent qu'il n'aura le Parlement qu'en faisant anéantir le semestre, 153 et 154.
    Dans les premières années du règne de Louis XIV, la cour ménage les Parlements, 157.
    Premiers symptômes de mésintélligence entre le Parlement de Paris et la régente, 158.
    Les ressentiments s'aigrissent, 159.
    Arrêts d'union entre les diverses cours souveraines de Paris (13 mai 1648), 159.
    Assemblées de la chambre de Saint-Louis, au palais, à Paris. Le Parlement de Rouen y envoie des députés, qui s'efforcent d'intéresser celui de Paris à la révocation du semestre, 160.
    A Rouen, aussi, les chambres du Parlement, assemblées, s'occupaient de la chose publique, 163.
    Souffrances de la Normandie, à cette époque, 163.
    Fermentation, à Rouen, dans le palais. Plaintes, demandes de réformes, de soulagement pour la province. Le duc de Longueville, du parti de la cour, pour l'heure, s'efforce de modérer ce mouvement, 164.
    Soulagements accordés à la Normandie. Manifestations bruyantes de joie, à Alençon, 167.
    Troubles de Paris. Barricades. Retraite de la cour à Saint-Germain (janvier 1649), 169.
    Caractère du duc de Longueville, gouverneur de Normandie. Sa jeunesse inquiète et remuante, 169.
    Diverses prétentions du duc de Longueville. Se voyant refusé, il conçoit du mécontentement contre la cour, et se laisse engager par Gondi dans le parti de la Fronde (fin de 1648), 171.
    Le duc, venant de Normandie, s'arrête, indécis, à Saint-Germain-en-Laie, où était la cour, 172.
    Le duc, à Saint-Germain, présente à la régente des députés du semestre de Rouen (officiers de nouvelle création), 173.
    Le duc part secrètement de Saint-Germain, et va à Paris, avec Conti, s'offrir au Parlement, et se déclarer contre la cour (10, 11 janvier 1649), 174.
    Le duc songe à se rendre dans la capitale de son gouvernement, pour gagner la Normandie à la Fronde, 176.
    Dispositions apparentes des diverses compagnies de Rouen, en cet instant, 177.
    Les anciens officiers (attachés au semestre de mars), reviennent, la plupart, à Rouen, à la nouvelle des événements de Paris, 179.
    Le maréchal de camp Du Plessis-Besançon, conseiller d'État, envoyé à Rouen par le roi, apporte au Parlement et à l'hôtel de ville une défense de déférer aux ordres du duc de Longueville, jusqu'à nouvel avis (13 janvier 1649), 180.
    Situation du Parlement, fait semestre, 182.
    Le premier président, abusé, réunit les deux semestres; et le Parlement tout entier délibère sur les conjonctures, 182.
    Accord secret entre les anciens du Parlement, réunis chez le président De Grémonville, 184.
    Dans l'assemblée des deux semestres, les anciens, en majorité, font rejeter les mesures requises dans l'intérêt de la cour, 185.
    On prend, par semblant, de grandes mesures pour mettre Rouen en défense, 187.
    Les anciens reprennent leurs fonctions au palais, comme s'il n'y eût pas eu de semestre, et s'y rendent les maîtres, 188.
    Les pouvoirs du duc de Longueville, gouverneur, sont suspendus; le comte d'Harcourt est envoyé en Normandie, pour y commander au nom du roi, 189.
    Le comte, pour n'être point entré promptement dans Rouen, devait, plus tard, s'en voir refuser l'entrée, 189.
    Le peuple de Rouen, excité par les émissaires du duc de Longueville, s'émeut, et parait vouloir résister à l'admission du comte d'Harcourt dans la ville. Le premier président est insulté, 190.
    Les anciens du Parlement provoquent une délibération, pour faire refuser au comte d'Harcourt l'entrée de la ville, 192.
    Le Parlement, par provision, défend à la garde bourgeoise de laisser le comte entrer dans Rouen, sans un ordre exprès, émané de lui, 192.
    Harcourt, sur l'avis du premier président, demeure aux environs de Rouen, et envoie au Parlement ses pouvoirs, 193.
    Un Conseil, composé de députés des compagnies souveraines de Rouen, demande que les bourgeois, réunis à l'hôtel de ville, délibèrent sur l'admission du comte. Cette idée est rejetée, 194.
    Fidélité des officiers de l'Hôtel-de-Ville, 195.
    Fermentation parmi le peuple attroupé dans les avenues du palais. Le premier président en est troublé, 196.
    De Romé de Bretteville, gentilhomme du duc de Longueville, venu secrètement à Rouen, y dispose les esprits en faveur de ce prince, et contre le comte d'Harcourt, 196.
    Nouvelle délibération au palais. Le premier président insulté; attroupements tumultueux, murmures dans la cour du palais (20 janvier 1649), 197.
    La délibération, au Parlement, est longue, animée. Divers avis qui y sont ouverts. On arrête que, quant à présent, le comte ne sera point reçu, 198.
    Le premier président avait été troublé par les clameurs du peuple, plus violentes que la veille, 200.
    Deux conseillers vont aux Chartreux, notifier au comte l'arrêt du Parlement, qu'ils s'efforcent de justifier; ce qu'il leur répond, 201.
    Mécontentement de la cour, à la nouvelle de ce qui venait de se passer à Rouen, 202.
    Le Parlement écrit au roi, pour expliquer sa conduite, 203.
    La cour se paie de ces excuses, loue le Parlement, promet la révocation du semestre, et autorise, en attendant, la réunion des deux semestres, 204.
    Arrivent à Rouen des lettres du duc de Longueville. - Les échevins, sans les ouvrir, les apportent au Parlement, qui, moins scrupuleux, ouvre celles qu'il avait aussi reçues du prince, 206.
    L'hôtel de Fresquienne, foyer d'intrigues dans l'intérêt du duc de Longueville, 207.
    Les échevins et conseillers de ville, s'efforcent de mettre Rouen en défense, pour que le duc de Longueville n'y puisse entrer, 208.
    L'action du lieutenant général, maire perpétuel, et des échevins et conseillers de ville, est neutralisée par les frondeurs du Parlement, qui, sous son nom, s'arrogent la grande et la menue police dans Rouen, 209.
    Inquiétudes que donne le Vieux-Palais aux magistrats fidèles. Inutilité de leurs efforts pour faire murer une basse porte, par où l'on pouvait s'introduire dans la ville, par surprise, 210.
    Le Vieux-Palais était au pouvoir du marquis d'Ecquetot et de Le Fontaine du Pin, affidés du duc de Longueville, qui trompent le premier président et le marquis d'Espinay Saint-Luc, envoyé de la régente, 212.
    On apprend, à Rouen, que le duc de Longueville est parti de Paris pour la Normandie. Le premier président exprime ses inquiétudes au Parlement. Arrêt captieux, rendu pour tranquilliser et tromper ce magistrat file, 214.
    Démonstrations des frondeurs, pour faire croire qu'ils veulent mettre la ville en défense, et en fermer les portes au duc de Longueville, aussi bien qu'au comte d'Harcourt, 217.
    Les députés des autres compagnies de Rouen sont admis à délibérer, chaque jour, au palais, avec le Parlement, sur les mesures à prescrire, 217,
    Le duc, se rendant à Rouen, s'assure d'Évreux, chemin faisant, vient par le Thuit-Signol, Lessart, traverse la Seine, à la chaussée de Bonnes-Nouvelles, et s'introduit, par escalade, dans le Vieux-Palais (24 janvier 1649), 219.
    Connivence du marquis d'Ecquetot et de La Fontaine du Pin avec le duc. Ce que se disent le prince et le marquis d'Espinay Saint-Luc, 220.
    Le duc de Longueville, se montrant à la terrasse du Vieux-Palais, est salué par les acclamations du peuple, 221.
    Le Parlement est convoqué en hâte; le premier président De Faucon et le procureur général Courtin s'efforcent de persuader à cette compagnie de ne le point reconnaître comme gouverneur; le prince survient au palais, pendant que l'on délibère, 221.
    Le duc prend séance, comme gouverneur; ce qu'il dit au Parlement; propos échangés en cette conjoncture, 224.
    Autre récit de ces pourparlers, 228.
    Étrange harangue au duc, supposée prononcée par le conseiller Du Mesnil Costé de Saint-Supplice, 229.
    Le duc est reconnu comme gouverneur, et le commandement des armes lui est déféré, 231.
    Tous les ordres s'empressent auprès du duc de Longueville, 233.
    Conseil, composé de députés des diverses compagnies de la ville. Le duc de Longueville agit toujours de concert avec ce Conseil, 234.
    Le duc de Longueville était venu en Normandie sans argent; il songe à s'en procurer, pour l'exécution de ses desseins, 235.
    Le duc vient au palais, exciter le Parlement à anéantir, de son autorité privée, le semestre (20 janvier 1649), 236.
    Effort du premier président De Faucon, et du procureur-général Courtin, pour dissuader le Parlement d'entrer en délibération relativement au semestre, 238.
    Vives réclamations des officiers de nouvelle création. - Les anciens se partagent entre divers avis. - Le duc fait renvoyer la décision au lendemain, afin de rallier, dans l'intervalle, les opinions divergentes, 240.
    Dans l'intervalle, le duc, pour amener tous les anciens à prononcer l'annulation du semestre, et les mieux unir, les met aux prises (dans le Vieux-Palais) avec les officiers de nouvelle création, 241.
    Le Parlement (le duc de Longueville présent) se porte, en l'absence du premier président et du procureur général, à prononcer l'annulation du semestre (27 janvier 1649), 242.
    La cour des Aides (le duc de Longueville y assistant) prononce aussi l'annulation de son semestre (10 février 1649), 244.
    Les Parlements ne devaient point se mêler des affaires de guerre, ni du maniement des finances. Principes sur la matière. Antécédents du Parlement de Normandie, à cet égard, 245.
    Le Parlement, au mépris des anciennes maximes et de ses propres principes, se mêle de guerre et s'immisce dans l'administration des finances. Il empêche que les deniers publics ne soient portés à Saint-Germain-en-Laie. Il se sert, contre le roi, des deniers du roi, 248.
    Les échevins et officiers de ville résistent aux entreprises illégales du duc de Longueville et du Parlement, et se défendent d'y obéir; mais, à la fin, y sont contraints par le prince, 250.
    Le Parlement et le duc, pour attacher le peuple à leur parti, suppriment les impôts, et révoquent des édits du roi, 252.
    Le Parlement et le duc, pour se procurer de l'or, emprisonnent les officiers de finances, font abattre les forêts royales, et vendre, à bas prix, le sel des greniers du roi, 253.
    Un arrêt du Conseil, qui casse ceux rendus à Rouen pour ordonner ces mesures, est cassé lui-même par le Parlement rebelle, 255.
    Un arrêt du Parlement demande un soldat armé et équipé à tout village payant moins de 501 liv. de taille; deux soldats aux paroisses payant de 501 liv. à 1000 liv., etc.; accordant déduction de 50 liv. par soldat fourni, mais augmentant de 50 liv. la taille des paroisses qui n'en auront point fourni, 255.
    Arrêts pour empêcher les levées d'hommes et de deniers pour le service du roi, 256.
    Le Parlement de Paris déclare la guerre au roi, et rend des arrêts pour contraindre Mazarin à sortir du royaume, 258.
    Dépêches du Parlement de Paris à celui de Rouen, pour l'exciter à s'unir avec lui, et à rendre aussi des arrêts de proscription contre Mazarin. Ces dépêches sont décachetées, malgré la résistance de l'avocat-général Hue de la Trourie; ce magistrat sort du Palais (28 janvier 1649), 259.
    Le Parlement de Normandie, dans sa réponse à celui de Paris, parle de parfaite intelligence, mais sans trop s'engager, et ne dit mot du cardinal Mazarin (1er février 1649), 261.
    François Myron, conseiller au Parlement de Rouen, résidant de sa compagnie près le Parlement de Paris, va remettre à ce Parlement les dépêches qu'il a reçues de Rouen, et le presse de rendre aussi un arrêt de révocation du semestre de Rouen, 263.
    Arrêt du Parlement de Paris, par lequel il proclame sa jonction avec celui de Rouen, et l'illégalité du semestre qui y a été établi (5 février 1649), 265.
    Mathieu Molé (l'arrêt de jonction prononcé) dit à Myron d'exciter sa compagnie à rendre un arrêt contre Mazarin, 267.
    Instances du Parlement de Paris, pour déterminer celui de Rouen à rendre un arrêt contre Mazarin. Intrigues des brouillons de la Fronde, pour obtenir cet arrêt; les magistrats normands s'en défendent jusqu'à la paix, 267.
    Manifeste du Parlement de Rouen pour la Fronde, 271.
    Le duc de Longueville est déclaré criminel de lèse-majesté (23 janvier 1649). Le Parlement de Paris est interdit (même date), 272.
    Déclaration royale, par laquelle tous les officiers du Parlement de Rouen sont interdits, déclarés criminels de lèse-majesté, supprimés, en cas qu'ils ne se rendent, dans quatre jours, près du roi (17 février 1649), 273.
    La déclaration exhorte les bourgeois de Rouen, égarés, à rentrer dans le devoir: elle leur expose les funestes effets de la rébellion, leur rappelle les rigueurs exercées sur la ville, après les séditions de 1639, 275.
    Les hérauts d'armes envoyés à Rouen par la régente, pour y notifier cette déclaration, sont arrêtés par les ordres du duc de Longueville, et renvoyés à Saint-Germain, sans avoir pu accomplir leur mission, 276.
    Le président d'Amfreville refuse de venir à Rouen; le premier président, le procureur général, le lieutenant général du bailliage, quittent cette ville, 277.
    La femme du premier président, voulant fuir, est arrêtée aux portes, et confinée, pendant plusieurs jours, dans le monastère de la Visitation, 278.
    L'avocat général Le Guerchois était absent, 279.
    L'avocat général Hue de la Trourie, ouvertement déclaré contre la Fronde, refusait de venir au Palais, et s'expliquait publiquement sur les conjonctures, 279.
    Il vient à la grand'chambre, exhiber des lettres de cachet du roi, adressées à quelques magistrats, pour leur enjoindre d'aller trouver S. M. à St-Germain-en-Laie; puis parvient à sortir de Rouen, sans congé du duc de Longueville, 280.
    Trois avocats remplacent, à l'audience et au Conseil, les gens du roi absents, 281.
    Le roi transfère à Vernon le Parlement de Normandie, ne reconnaissant pour membres de cette cour que ceux qui, déférant à ses ordres, l'étaient venus trouver à St-Germain (27 février 1649), 282.
    Les officiers de nouvelle création vont, seuls, à Vernon, tenir un simulacre de Parlement, sans présidents, et sans gens du roi. Existence éphémère de ce Parlement, et le peu qu'il fit (mars 1649), 284.
    La Fronde rencontre de la résistance dans plusieurs endroits de la province, notamment dans la Basse-Normandie, 287.
    Les commissaires des cours souveraines de Normandie, envoyés à Caen pour faire exécuter les arrêts du Parlement frondeur, ne rencontrent partout que résistance et refus, 288.
    Le comte de Mâtignon ne s'était point, jusque-là, déclaré, 290.
    Peu de succès du comte de Fiesque, envoyé, par le duc de Longueville, dans le Cotentin, pour y lever des troupes, 291.
    Le duc de Longueville promet, chaque jour, au Parlement de Paris, des secours d'hommes et d'argent, sans lui en envoyer jamais, 291.
    Les pamphlets frondeurs imprimés à Paris, ne parlent que des notables renforts de troupes, toujours prêts à venir de Rouen à Paris. - D'autres libelles mensongers, imprimés en Normandie, promettaient à Paris des merveilles, 294.
    Paris finit par ne plus croire aux promesses des Normands, 296.
    La cour se prévaut de cette défection des Normands pour détromper les bourgeois de Paris, abusés, 299.
    Le comte d'Harcourt, reçu au Pont-de-l'Arche, prend Louviers, Vernon, Andely, le Château-Gaillard, Ecouis, Elbeuf, et tente de prendre Evreux; intelligences qu'il avait dans cette ville, 300.
    Une entreprise des royalistes, pour introduire le comte d'Harcourt dans Evreux, est déjouée. Mouvement populaire, excité par les frondeurs dans cette ville. Arrestation de Noël du Perron, évêque d'Evreux, qui, à neuf jours de là, meurt de chagrin, 301.
    Tentative du comte d'Harcourt sur Gisors, déjouée par Flavacourt, grand-bailli, frondeur, 303.
    Siège et prise de Quillebeuf, par le comte d'Harcourt, qui, ensuite, est reçu dans Pont-Audemer (février 1649), 304.
    Le comte d'Harcourt échoue devant Lisieux, mais assure au roi Honfleur, puis le Neufbourg, 308.
    Rouen, resserré entre le Havre, Quillebeuf, et le Pont-de-l'Arche, est, de plus, harcelé sans cesse par les troupes du comte d'Harcourt, 308.
    Trois vaisseaux, armés en guerre, par ordre du Parlement, forment l'escadre de la Normandie frondeuse, 309.
    La Normandie désolée par les soldats, 309.
    Querilly n'étant plus un lieu sûr, on permet par provision, aux religionnaires, de tenir leur prêche dans le faubourg Saint-Sever, près des Emmurées, 310.
    On fortifie les faubourgs de Rouen, pour y faire revenir les habitants, qui s'étaient enfuis, 311.
    Le duc de Longueville parvient à lever une sorte d'armée. Quels en étaient les chefs. Leur vocation équivoque; leurs prétentions ridicules, 312.
    Montres de ces troupes, aux bruyères de Saint-Julien. Leur serment de servir le roi, et les Parlements de Paris et de Rouen, unis ensemble sous le commandement du duc de Longueville, 315.
    Avidité des chefs de l'armée frondeuse de Normandie; aperçu de ce qu'elle coûta pour six semaines seulement, 316.
    Ridicules démonstrations belliqueuses de cette armée. Ses sorties pour prendre l'air; ses entreprises sans effet, 318.
    L'armée frondeuse, tentant de reprendre Pont-Audemer, est repoussée et mise en fuite par la garnison et les bourgeois (mars 1649), 319.
    La grande occasion de la Bouille, autrement dite: Guerre de Moulineaux. - Le duc de Longueville, avant d'entrer en campagne, va au palais, prendre congé du Parlement, et lui promet merveilles, 321.
    Le duc de Longueville et son armée, poursuivis par les troupes du comte d'Harcourt, rentrent en hâte dans Rouen, sans avoir rien fait. Le duc revient au palais, et s'y vante comme auparavant (10 mars 1649), 323.
    Les frondeurs s'emparent de Harfleur, place non tenable, de Montivilliers, ville moins tenable encore, du château de Fontaine-Martel, près Bolbec, de Neufchâtel et du château de Clères, 327.
    La guerre en Basse-Normandie, 330.
    Le marquis de Chamboy, agent du duc de Longueville, prend Argentan. Par un piquant stratagème, il prend aussi le château du Chesne, arrête les gentilshommes frondeurs qui s'y étaient réunis, et s'empare de leurs chevaux, 331.
    La Fronde ne peut s'emparer d'Alençon, 333.
    La défection de la Normandie n'en fut pas moins très préjudiciable à la cour, 333.
    Au milieu de ces semblants de guerre, le duc de Longueville était toujours en pourparlers avec la cour. - Le marquis d'Espinay Saint-Luc, le procureur général Courtin, Valiquerville, Antouville, se relaient incessamment près de lui, 335.
    Pizarro, envoyé d'Espagne, vient à Rouen, négocier avec le duc de Longueville, qui, pressentant le Parlement sur cela, et se voyant mal reçu, n'en osa plus jamais parler, 339.
    Le Parlement s'inquiétant de ces négociations du duc, le prince lui promet de ne se jamais séparer des cours souveraines, et est fidèle à cet engagement, 340.
    Le Parlement de Paris paraissant prêt à traiter avec la cour, sans la participation de celui de Rouen, le conseiller Myron va au palais s'en plaindre et demander des garanties pour sa compagnie; il est mal reçu, 342.
    Dans les pourparlers de Ruel, les députés du Parlement de Paris, mal renseignés, compromettent l'affaire du semestre de Rouen, 344.
    Le conseiller Myron retourne à la grand'chambre, et s'y plaint amèrement des procédés du Parlement de Paris avec sa compagnie. - Il demande des saufs-conduits pour un assez grand nombre de députés de Normandie, que cette province veut envoyer aux conférences de Saint-Germain, 346.
    Le Parlement de Paris, par ses réponses, rassure celui de Rouen, et promet qu'on enverra des passe-ports pour les députés de la province, 347.
    Les passe-ports promis se faisant attendre, on envoie, de Rouen, des pleins-pouvoirs à Myron, député du Parlement de Normandie, et à Mauduit de Fatouville, député de la cour des Aides, 348.
    Arrivée des passe-ports. Les compagnies souveraines, réunies au palais, nomment des députés pour assister aux conférences de St-Germain-en-Laie, 350.
    Haute idée que ces députés avaient de leur mission. - Leurs pleins-pouvoirs, 352.
    Départ solennel des députés de Rouen pour Saint-Germain (20 mars 1649), 354.
    Étrange harangue, adressée (dit-on) à la régente, par un des députés de Rouen, 354.
    Les députés de Normandie commencent par demander divers soulagements pour la province, malgré les efforts des magistrats de Paris pour les en détourner. - D'abord, ils sont éconduits par les ministres, 356.
    Le gouvernement résolu à ne plus rien accorder aux peuples, par l'entremise des cours souveraines. Mot curieux du maréchal La Meilleraie, 358.
    Le chancelier Séguier parle aux députés de Normandie, comme s'ils n'étaient venus que pour faire révoquer leur semestre.
    - Vive et généreuse réponse du président De Launoi de Criqueville, 358.
    Aperçu des demandes formées par les députés de Normandie, dans l'intérêt de la province, 359.
    De vifs débats s'élèvent, sur ces demandes, entre les députés normands et les ministres, 361.
    L'affaire du semestre est enfin mise sur le tapis. Longs et vifs débats sur cet objet, 363.
    Les députés de Normandie se plaignent vivement des rigueurs auxquelles leur province a été en butte, en 1640 et depuis. Contenance du chanceiler Séguier, présent à la conférence, 364.
    Un conseiller de Rouen, s'échauffant et parlant avec action, sa chaise se rompt. Mot plaisant de Mathieu Molé à cette occasion, 366.
    Longues et vives discussions entre la cour et les députés du Parlement de Normandie, sur le nombre des officiers de nouvelle création qui devront être maintenus en charge. La ténacité des magistrats normands est à la veille d'amener la rupture des conférences, 367.
    Le duc d'Orléans, outré de l'opiniâtreté des magistrats normands, vient, avec le prince de Condé, au lieu où se tenait la conférence, et apostrophe rudement les députés du Parlement de Rouen. - Réponse du président De Criqueville, 370.
    Les députés du Parlement de Rouen se résignent enfin à consentir qu'il reste dans cette compagnie un président et quinze conseillers de nouvelle création. - S'il est vrai qu'il en coûta de l'argent au duc d'Orléans, ou aux députés du Parlement de Paris? 372.
    Les députés de Normandie insistent fortement pour que l'on accorde du soulagement à leur province épuisée, 374.
    Une déclaration spéciale est rendue pour la Normandie. Ses principaux articles, 376.
    Les députés de Normandie, avant de quitter Saint-Germain, vont saluer le roi et la régente. Harangue du président De Criqueville. Réponse d'Anne d'Autriche, 379.
    Les députés de Normandie reviennent à Rouen; leur rentrée dans cette ville ressemble à un triomphe, 380.
    Le duc de Longueville s'oppose au retour du premier président De Faucon, jusqu'après l'enregistrement et publication des diverses déclarations qui mettent fin aux troubles, 381.
    Retour, à Rouen, du premier président, de Courtin, procureur général, du président d'Amfreville, des avocats-généraux Leguerchois, Hue de la Trourie, du lieutenant général au bailliage, Roque de Varengéville, et autres magistrats fidèles, 382.
    Les députés des autres compagnies de Rouen, qui, pendant les troubles, étaient venus, chaque jour, à la grand'chambre, délibérer avec le Parlement (le duc de Longueville et le marquis de Beuvron présents), prennent congé de cette cour, et sortent du palais pour n'y plus revenir, 385.
    Le président De Grémonville avait eu tous les honneurs, au palais, pendant les troubles et dans ces dernières conjonctures. Sa mort (juillet 1649), 386.
    Le duc de Longueville licencie son armée. Combien Rouen et la province avaient eu à en souffrir. Joie universelle que cause son licenciement, 387.
    La Normandie punie de sa défection par les excès de la soldatesque et la stagnation de son commerce, 390.
    Conclusion de l'affaire du semestre. - Choix, par le Parlement, des seize officiers de nouvelle création qui seront conservés. - Les uns refusent; les autres résignent; les successeurs de ces derniers ne sont admis qu'en justifiant du paiement des sommes auxquelles avaient été taxés les officiers conservés, 391.
    Indignation que cause à tous les nouveaux officiers la révocation du semestre. Leurs réclamations contre la déclaration de mars 1649. Leurs Remontrances. Libelle diffamatoire contre le Parlement, qui n'avait point voulu d'eux, 392.
    L'imprimeur Antoine Estienne, qui avait publié ces remontrances, est admonesté par le Parlement de Paris, 398.
    Détails sur l'option des seize conservés, sur le paiement dont devaient justifier leurs résignataires avant d'être admis au serment, et sur le remboursement des officiers éliminés, 399.
    Le duc de Longueville obtient la survivance de son gouvernement de Normandie, pour son fils aîné, et pour son puiné, au cas du décès de celui-ci. Il veut avoir un des grands offices de la couronne, 403.
    Le duc de Longueville veut avoir le Pont-de-l'Arche. Il devient grand bailli de Rouen et de Caen. Il dispose de tous les offices et de tous les postes en faveur de ses affidés, 404.
    La régente se défend opiniâtrement et long-temps de donner au duc le Pont-de-l'Arche. - Condé s'en mêlant, contraint, par ses insolences, Anne d'Autriche à céder cette place au duc, 407.
    Par quels artifices et quelle audace Condé et la duchesse de Longueville cherchent à s'assurer de la place du Havre, en y mettant, par surprise, le jeune duc de Richelieu, qu'ils ont marié clandestinement, à Trie; avec une femme vouée à leurs intérêts, 410.
    Quelques indiscrétions du duc de Longueville et de ses gens semblent supposer dans ce prince le besoin de se faire duc de Normandie, 413.
    Arrestation des princes de Condé, de Conti, et du duc de Longueville, leur beau-frère, 415.
    Particularités relatives à la duchesse de Longueville. - Son rôle à la cour; son souci des sonnets de Job et d'Uranie, 415.
    En 1648, la duchesse de Longueville, lors de ses joyeuses entrées à Rouen, puis à Caen, comme femme du gouverneur, avait été accueillie avec transport, 418.
    A la première nouvelle de l'arrestation des princes, la duchesse se rend, en hâte, en Normandie, avec mademoiselle de Longueville, La Rochefoucauld, le marquis de Beuvron et quelques affidés, 419.
    Peu d'inclination de la Normandie à servir madame de Longueville; froid accueil que trouvent dans ce pays les princesses fugitives et leurs agents, 420.
    Au moment de l'arrestation des princes, Mazarin avait solennellement promis à Myron, conseiller au Parlement de Normandie, que la déclaration de mars 1649 demeurerait en son entier, et que le semestre ne serait jamais rétabli. - Le Parlement, rassuré par là, annonce sa résolution de se soumettre aveuglément aux volontés du roi, 422.
    La duchesse de Longueville avait osé faire arrêter un courrier du roi, en route pour Rouen, le faire mettre en chartre-privée, et s'emparer de ses dépêches pour le Parlement, 424.
    Le procureur-général Courtin dénonce cet attentat aux chambres assemblées. La duchesse envoie au Parlement les dépêches interceptées, dont l'identité est reconnue par le courrier du roi, que le Parlement avait fait délivrer, 425.
    Le marquis de Beuvron vient au Palais, pressentir les dispositions du Parlement relativement à la duchesse de Longueville, 425.
    Le Parlement se refuse à remettre le commandement des armes au marquis de Beuvron, vu l'état de suspicion de ce seigneur. - Il donne contre-ordre à la garde bourgeoise, que Beuvron avait voulu armer dans l'intérêt de la duchesse, 426.
    Efforts de la duchesse de Longueville pour émouvoir et soulever la ville de Rouen. Intrigues, allées et venues, arrivées de gens du dehors, transports d'armes de Rouen au Pont-de-l'Arche, 428.
    Efforts énergiques et efficaces du Parlement pour étouffer ce mouvement insurrectionnel. Zèle du procureur général Courtin. - Arrêts notables, affichés, criés dans Rouen, à son de trompe, 429.
    Une députation du Parlement va porter au roi l'assurance de la fidélité de cette compagnie, et des bonnes dispositions de la province 432.
    La duchesse de Longueville est obligée de sortir de Rouen, sans y avoir avancé ses affaires. - Conduite de Beuvron; particularités, 433.
    Tentative de la duchesse pour s'introduire dans le Havre. Le jeune duc de Richelieu ne l'y peut ou veut recevoir; elle se rend à Dieppe, 436.
    Reçue à Dieppe, la duchesse députe vers l'archiduc, pour lui demander des troupes, de l'argent et des vaisseaux - Les bourgeois de Dieppe se déclarent contre elle, 439.
    La duchesse de Longueville remuant tout en Normandie, on songe d'abord à envoyer à Rouen Monsieur, duc d'Orléans. Puis, il est décidé que le roi s'y rendra en personne avec la régente, Mazarin et toute la Cour (févrie1650), 441.
    Le jeune roi est accueilli, en Normandie, avec amour. - Son entrée à Rouen. Jusque dans la cathédrale, le peuple crie, avec enthousiasme: vive le roi! Le monarque délivre des prisonniers, à l'occasion de sa joyeuse entrée, 443.
    Mazarin, logé à l'archevêché, a sa part dans les empressements et dans les hommages, 446.
    Le Pont-de-l'Arche, Caen, Cherbourg, Granville, le Havre, font leur soumission au roi. Le château de Dieppe est pris par Du Plessis-Bellière, que les bourgeois de la ville secondent dans cette expédition, 447.
    La duchesse s'enfuit, tente en vain de s'embarquer, erre le long des côtes, couche une nuit dans le presbytère de Pourville. Fondation en mémoire de l'hospitalité qu'elle y avait reçue. Elle parvient enfin à s'embarquer, et gagne la Hollande, 448.
    Le roi donne au comte d'Harcourt le commandement en Normandie. - Le comte se fait grand bailli de Rouen. Les commandements inférieurs, ôtés aux partisans du duc de Longueville, sont donnés à des hommes sûrs, 450.
    Le conseiller de Montenay, capitaine des bourgeois, est remplacé par le conseiller Sallet, 452.
    On remplace jusqu'au procureur au Parlement, qui avait la clientelle de l'hôtel de ville, 453.
    Le grand CORNEILLE est nommé procureur-syndic des États de Normandie, en remplacement de Baudry (créature du duc), qui est révoqué par le roi. Réflexion piquante d'un libelliste du temps, à cette occasion, 454.
    Le Parlement de Rouen, en conférences fréquentes avec Mazarin. Les troubles de la Normandie finissent par une taxe de 300,000 liv., imposée sur la province, 457.
    La duchesse de Longueville traite avec l'Espagne; elle publie des Manifestes, des Apologies notables de sa conduite et de celle des trois princes captifs. - Elle est déclarée criminelle de lèse-majesté, 458.
    Grâces accordées par le roi, lors de son séjour à Rouen. - Lettres d'anoblissement aux membres du Parlement, à des échevins, 460.
    Tout en paix en Normandie, après le départ du roi, 462.
    Le Parlement remet sus la procession du voeu de Louis XIII, déjà tombée en désuétude, 462.
    Mouvements en Guyenne, pour la délivrance des trois princes, 463.
    Le gouvernement découvre un complot ourdi pour émouvoir la Normandie en faveur des trois princes. Arrêts du Parlement, à cette occasion. - Procédures. - Arrestations, 464.
    Les trois princes sont transférés des prisons de Marcoussis à celles du Havre, sans que l'on ose tenter un coup de main pour leur délivrance, 467.
    Écrits publiés pour exciter la sympathie en faveur des princes prisonniers, 468.
    Un complot ourdi pour arrêter le comte d'Harcourt et mettre en liberté les trois princes, demeure sans effet, 470.
    Le comte d'Harcourt haï en Normandie. Désordres qu'y commettait sa garde, composée de cent hommes. - Le Parlement s'en plaint au duc d'Orléans, et n'est point écouté, 471.
    Les frondeurs de Paris et d'autres partis entreprennent de contraindre la régente à mettre les trois princes en liberté, 473.
    Mazarin, d'intelligence avec la régente, quitte Paris, pour aller au Havre, resserrer la prison des trois princes captifs (6 février 1651), 474.
    Le peuple de Paris s'émeut, envahit le Palais-Royal, et empêche la régente de quitter la capitale pour aller rejoindre Mazarin, 476.
    Mazarin continue sa route pour le Havre, résolu, maintenant, a délivrer les trois princes, mais en leur persuadant qu'ils étaient redevables de leur liberté à la régente et à lui-même. Insolence des hommes de son escorte, 475.
    Fermentation en Normandie; inquiétudes sur les desseins de Mazarin, dont on n'y goûtait point la personne, dont on y redoutait les intrigues, 478.
    Fermentation dans le Parlement de Normandie. - Les magistrats des Enquêtes s'agitent. - Dans des assemblées générales, ils expriment leurs inquiétudes sur la présence de Mazarin dans la province, 479.
    Mazarin, reçu dans le Havre, mais sans ses gardes, va annoncer aux trois princes qu'ils sont en liberté. Contenance de ces quatre personnages; dîner hâtif. Les trois princes sortent du Havre, avec tous les dehors du mépris pour Mazarin, 483.
    Les trois princes, sur la route du Havre à Rouen, sont salués par les acclamations des peuples. - Leur joyeux souper, à Grosmesnil, chez le sieur d'Houdetot, avec La Rochefoucauld, le maréchal de Grammont, le président Viole, Goulas, les ministres Lyonne et Phélypeaux, 487.
    Les trois princes entrent dans Rouen, comme en triomphe. - Une grande députation du Parlement les va saluer (14 février 1651), 489.
    Le Parlement, à la demande des trois princes, et sur la requête (en forme) de mademoiselle de Longueville (depuis duchesse de Nemours), rend un arrêt qui enjoint à Mazarin de sortir de la province (15 février 1651), 491.
    Mazarin, après quelques hésitations, sort de la Normandie, puis du royaume, 493.
    Agitation dans le Parlement. - Mouvements parmi la noblesse. - Assemblées, brigues. Arrêt du Parlement contre ces démonstrations; elles cessent (fin mars 1651), 494.
    Le Parlement demande le rétablissement du duc de Longueville dans son gouvernement, enregistre des déclarations d'innocence accordées aux trois princes, en sollicite de semblables pour la duchesse de Longueville, 500.
    Le duc de Longueville, rétabli dans son gouvernement, reconnaît, au langage du Parlement, la résolution où est cette compagnie de se maintenir invariablement dans le devoir, 502.
    On rétablit les partisans du duc dans les offices et postes d'où ils avaient été exclus, en février 1650, 504.
    Efforts des divers partis pour gagner le duc de Longueville. Entrevue, à Tric, entre lui et le prince de Condé, qui croit l'avoir ébranlé, mais se désabuse bientôt. Le duc, dirigé par sa fille, demeure dans le devoir, 506.
    Opposition du Parlement à Mazarin, et ses arrêts contre lui, pour empêcher la cour de venir se cantonner en Normandie, au grand dommage de la province, 511.
    Arrêts et mesures énergiques du Parlement contre des agents du duc de Beaufort, qui osaient faire, en Normandie, des levées d'hommes et d'argent, 513.
    Le Parlement de Rouen rompt avec celui de Paris, en rébellion déclarée, et enregistre les déclarations royales contre les princes révoltés. - Faux bruits répandus par les frondeurs sur la conduite et les desseins du duc de Longueville, 516.
    La Normandie en paix et dans l'abondance, grâce à son Parlement et au duc de Longueville. Les Palinods de Rouen et ceux de Caen célèbrent la prospérité de la province (1652), 521.
    Vers latins d'Antoine Halley, et vers français de David Ferrand, à ce sujet, 522.
    Harangue du ministre Pierre Du Bosc, qui confirme les louanges données naguère par les poètes au duc de Longueville, 525.
    Combien la conduite du Parlement avait été louable dans ces conjonctures, 525.
    Licence et audace des écrivains, au temps de la Fronde. Questions hardies et étranges agitées à cette époque. Quels désastres avaient produits ces doctrines? 527.
    Ressentiments profonds de la cour à l'égard des Parlements. Louis XIV proclame solennellement l'absolutisme. - Défense aux Parlements de se mêler des affaires d'État, 530.
    Le roi fait biffer, sur les registres du Parlement de Paris et des autres compagnies, les délibérations séditieuses prises pendant les troubles, 532.
    Le maître des requêtes Gaulmin maltraite vivement les Parlements dans une harangue à la régente, que contente fort ce discours, 533.
    Louis XIV, âgé de seize ans, va au Palais, à Paris, en costume de chasse, en bottes fortes, le fouet à la main, défendre au Parlement de délibérer sur des Edits enregistrés, la veille, en lit de justice, 534.
    Louis XIV, maître, ne veut plus de grands dignitaires, de compagnies d'États généraux ou provinciaux, qui opposent des remontrances à ses ordres, 536.
    Les gouverneurs de provinces, autrefois perpétuels, ne sont plus nommés que pour trois ans, 537.
    Pouvoirs exorbitants des intendants, agents révocables, instruments complaisants. - Leur origine. - Chevauchées des maîtres des requêtes en Normandie, au temps de Henri II, et sous Louis XIII encore, 538.
    Les intendants, supprimés, en 1648, à la demande des Parlements, reparaissent sous Louis XIV, et deviennent plus puissants que jamais, malgré les réclamations de ces compagnies, 543.
    Les États de Normandie, convoqués rarement à la fin du règne de Louis XIII, ne le sont que deux fois dans les douze premières années du règne de Louis XIV, et finissent par ne plus l'être du tout, 546.
    La Charte normande tenue pour rien; et des clauses: nonobstant la Charte normande, clameur de haro, etc., 549.
    Prospérité des pays d'États; malaise dans les pays d'élection, 550.
    Tout se fait, en France, par les intendants. Leur pouvoir exorbitant absorbe tous les autres, 552.
    Vaine résistance des cours souveraines aux mesures désastreuses pour l'État, 554.
    Des magistrats du Parlement, exilés, pour avoir résisté à des édits fiscaux, 555.
    Ancienneté de l'usage des remontrances, 556.
    Utilité des remontrances, 557.
    Les parlements, au temps de la Fronde, avaient pris trop de licence, 559.
    Louis XIV, par son ordonnance d'avril 1667, restreint et altère le droit de remontrances que les Parlements avaient librement exercé jusque-là. Vives réclamations des Enquêtes du Parlement de Paris. L'ordonnance y est enregistrée, sans qu'il ait été loisible aux magistrats de la lire, 560.
    Le duc de Montausier et l'intendant La Galissonnière, porteurs d'ordres, font enregistrer, en leur présence, au Parlement de Rouen, l'ordonnance d'avril 1667, dont cette compagnie ne connaît que les intitulés, 562.
    Paroles du président Bigot de Monville, en cette occurrence, 563.
    Après l'ordonnance d'avril 1667, les Parlements firent encore des remontrances, 564.
    Affaire du tiers et danger. - Services immenses que le Parlement rend à la province, en cette conjoncture, 564.
    Doctes mémoires des avocats Gréard et Basnage, pour soustraire la Normandie au droit de tiers et danger, 569.
    Le Parlement, à force de remontrances et de députations en cour, épargne à la province les ruineuses conséquences du droit de tiers et danger, 571.
    Le roi improuve et fait rétracter des modifications apportées par le Parlement de Rouen à l'ordonnance criminelle de 1670. Plusieurs autres faits analogues, 574.
    Résistance du Parlement à quelques édits. Suffrages violentés. - Exil du président Bretel d'Estalleville, 575
    La première présidence du Parlement de Normandie fut presque toujours donnée à des magistrats étrangers à la province, 577.
    Louis XIV, par sa déclaration du 24 février 1673, réduit à rien le droit de remontrances, laissé aux cours souveraines, 579.
    La déclaration de 1673 est portée au Parlement de Rouen par le marquis de Beuvron et l'intendant de Creil, qui la font enregistrer, en leur présence, et, en même temps, douze édits fiscaux. Discours du premier président Pellot, concerté avec ces porteurs d'ordres, 582.
    Sous l'empire de l'édit de 1673, les magistrats du Parlement de Paris ne faisaient plus de remontrances, et ne prenaient même pas la peine d'opiner sur les ordonnances et déclarations. A Rouen, le Parlement enregistrait, puis remontrait, mais presque toujours sans succès, 584.
    Après que le droit de remontrances eut été réduit à rien, les édits fiscaux devinrent de plus en plus fréquents et épuisèrent la France, 586.
    Indignation des magistrats en voyant quel rôle passif on leur avait fait dans l'enregistrement des édits, 587.
    Paroles inconvenantes du premier président Pellot, à propos d'un enregistrement; réponse du conseiller Scott de Fumechon, qui sort, suivi de tout le Parlement, et laisse le premier président enregistrer seul un édit, 588.
    Les premiers présidents connivaient à cet abaissement de leurs compagnies, et pressaient, avec plus de ferveur que les gens du roi, l'enregistrement des édits. Scène, à Rouen, entre le premier président De Pont-Carré et le procureur général Maignart de Beautot, 589.
    Cet abaissement des cours souveraines bien peint par Duguet. - Leur situation passive, mieux exprimée encore par une médaille frappée sous Louis XIV, 590.
    Ce qu'en disent Saint-Simon, Montesquieu et De Rulhières, 592.
    Les Parlements n'avaient pas toujours bien usé du droit de remontrances, 592.
    Du prétendu crime de sortilége; et des prétendues Possessions; ce que c'était, au vrai, 594.
    Réflexions bien notables de Montaigne, sur le prétendu crime de sortilège, 603.
    Ce que pense Montaigne de dix ou douze sorciers qu'on lui montre dans une prison d'Italie, 604.
    Livre courageux du médecin Wier, sur le sortilége, 605.
    Pigray, chirurgien de Henri III, fait absoudre quatorze malheureux, accusés de sortilége, 607.
    Foi du président De Thou, et de La Roche-Flavyn, au crime de sortilége, 608.
    Livre de la Démonomante des sorciers, par Bodin, 609.
    Livres extravagants de Pierre de Lancre, conseiller au Parlement de Bordeaux, qui, avant d'écrire sur le sortilége, avait jugé et fait mourir une multitude de sorciers, (environ cinq cents pour une fois). - De Lancre est fait conseiller d'État, en récompense, 610.
    Livre de Nicolas Remy, procureur général du duché de Lorraine, grand destructeur de sorciers, 612.
    Livre de Henri Boguet, grand-juge en Bourgogne, où il pose et discute d'incroyables questions, en matière de sortilége, 613.
    La crédulité des magistrats, des jurisconsultes, des médecins, accroissait la superstition du peuple, qui ne rêva plus que sortilége; les accusations de magie pullulèrent; des visionnaires, réputés sorciers, se crurent eux-mêmes tels, et s'accusaient, 615.
    Sorciers suppliciés en Normandie (15e siècle), 617.
    16e siècle, 618.
    17e siècle. Les procès de sortilége deviennent plus fréquents, 618.
    Léonora Galigaï, brûlée, à Paris, comme sorcière, 621.
    Le curé Gaufridi brûlé à Aix, comme sorcier. MM. de Tournelle prennent pour le diable un jeune ramoneur, qui s'est laissé choir de la cheminée dans la grand'chambre, 621.
    Urbain Grandier. Possession de Loudun, mère de celle de Louviers, 622.
    Dans le 17e siècle, le Parlement de Rouen se montre peu favorable à l'établissement de nouveaux couvents dans la province. Désordres dans ces maisons, aux 13e et 16e siècle, 623.
    Fondation du couvent de St-Louis et de Ste-Elisabeth de Louviers. - Le prêtre David, Simonne Gaugain, etc., 625.
    Désordres dans le couvent de St-Louis et de Ste-Elisabeth de Louviers, peu après sa fondation. Le Parlement y envoie des commissaires, qui ne découvrent rien, 627.
    Le monastère de Louviers prospère. Le prêtre David abuse François Péricard, évêque d'Evreux, 629.
    Le prêtre David prêche aux jeunes religieuses les doctrines du gnosticisme, de l'adamisme, d'un faux mysticisme, et les corrompt à ce moyen, 630.
    Mathurin Picard, curé du Mesnil-Jourdain, imbu des doctrines de David, lui succède dans la direction des religieuses de Louviers. Quel homme c'était. - Thomas Boullé, son vicaire, 634.
    Particularités sur Madeleine Bavent, l'une des religieuses du monastère de Louviers, 636.
    Le désordre s'accroît dans le monastère de Louviers, 637.
    Madeleine Bavent, sans cesse perplèxe entre le crime et le remords, inquiète Mathurin Picard, qui craint qu'elle ne l'accuse dans ses confessions, 638.
    Mathurin Picard, pour se rendre maître absolu de l'esprit de Madeleine Bavent, lui persuade qu'il est magicien, et feint de l'initier elle-même à la magie, 638.
    Mathurin Picard, qu'inquiètent, de nouveau, les perplexités de Madeleine Bavent, dissimule de son mieux, et se voit, toutefois, interdire le confessionnal, 642
    Mathurin Picard meurt, sans qu'on ait découvert ses infamies. Son corps est inhumé dans l'église du couvent de Saint-Louis et Sainte-Elisabeth de Louviers, 643.
    Les désordres du couvent de Louviers transpirent au dehors. Le monde s'en scandalise. Moyen imaginé par les religieuses pour sauver l'honneur du monastère, pour conjurer sa destruction, et les ignominieux châtiments dont elles étaient menacées, 644.
    La mélancolie, l'hystérie, la manie, et d'autres affections des cerveaux qu'assiégeaient des visions, étaient, anciennement, qualifiées possession. Des exorcismes, 645.
    Des possessions simulées, fréquentes surtout dans les couvents de filles, où s'étaient introduits quelques désordres, 647.
    La possession regardée par beaucoup comme l'indice d'une plus haute perfection, 648.
    Effets de l'imagination et de la sympathie entre les femmes, 649.
    Histoire de Marthe Brossier, fausse possédée, déjouée par Myron, évêque d'Angers, et par Marescot, médecin célèbre, 650.
    Les possessions pullulèrent sous Louis XIII, 651.
    Les révélations de Madeleine Bavent inquiètent ses compagnes de désordres, 652.
    Les religieuses de Louviers, menacées d'une inquisition rigoureuse et de peines sévères, feignent d'être possédées. Scènes étranges, dont le couvent devient le théâtre. Tous les démons de l'enfer semblent s'y être donné rendez-vous, 653, 654.
    Crédulité de François Péricard, évêque d'Evreux. - Mouvement que se donnent les capucins, dans cette affaire; le père Esprit de Bosc-Roger entre autres, 655.
    Le P. Esprit de Bosc-Roger vient visiter le monastère de Louviers. Alors, feu Mathurin Picard, curé, et la religieuse Madeleine Bavent, sont signalés comme ayant, par des opérations magiques, causé tout le désordre du couvent, et procuré la possession des religieuses, 657.
    De sottes paroles de Madeleine Bavent viennent en aide à la trame ourdie contre cette malheureuse, 658.
    L'évêque Péricard à Louviers. Tous les démons de l'enfer signalent feu Picard comme magicien, et Madeleine Bavent comme sa complice et leur affidée, 659.
    Ces jongleries des religieuses détournent d'elles tous les soupçons, fixent l'attention sur Madeleine Bavent, et appellent sur elle toutes les rigueurs, 660.
    Scènes ridicules jouées par les religieuses de Louviers, 661.
    Charmes qu'on découvrait, chaque jour, dans le monastère, où étaient réputés les avoir cachés Picard et Madeleine Bavent, 662.
    Simplicité de l'évêque Péricard. - Les diables, exaltant Dieu, Marie, les Saints, et l'évêque Péricard lui-même (en feignant de les vouloir injurier), étaient écoutés avec recueillement et faveur par ce crédule prélat, 663, 664.
    L'abbé Le Gauffre, successeur du saint prêtre Bernard, vient à Louviers expérimenter, sur les démons, les reliques de son pieux prédécesseur, et est joué par les religieuses, 666.
    Par sentence de l'évêque d'Évreux, Madeleine Bavent, déclarée convaincue (de crimes impossibles) est dévoilée, dépouillée des habits de religion, et condamnée à une prison perpétuelle, 674.
    L'évêque d'Évreux fait, pendant une nuit, exhumer le corps du curé Picard, enterré dans l'église du monastère de Louviers, et l'envoie jeter dans une fosse, appelée: le Puits Crosnier (12 mars 1643), 676.
    Le cadavre de Picard est découvert dans la fosse du Puits Crosnier, enfermé dans une bière scellée, et déposé dans les prisons de Louviers (20, 21 mai 1643), 677.
    Procédures contre Madeleine Bavent; tortures auxquelles elle est en butte pendant plusieurs années, 678.
    Simonne Gaugain, dite alors la petite mère Françoise, autrefois supérieure à Louviers, aujourd'hui supérieure des Hospitalières de Paris, se trouve impliquée dans le procès des religieuses de Louviers, 680.
    Thomas Boullé, prêtre, ancien vicaire du Mesuil-Jourdain, impliqué dans le procès, est arrêté, ainsi que les nommés Duval et Vassoult (2 juillet 1644), 683.
    Des commissaires extraordinaires, constitués en dignité, sont envoyés à Louviers par la régente, pour prendre connaissance du procès occasionné par les désordres du monastère de Saint-Louis et Ste-Élisabeth, 684.
    Les jongleries du monastère continuent, plus actives, plus étranges que jamais. Tout le monde n'en était pas dupe, 685.
    Opinion de Mazarin et de Cospéan, évêque de Lisieux, sur cette prétendue possession, 687.
    Opinion du docteur Yvelin (ou Le Vilain), médecin de la reine-mère, 687.
    Les commissaires de la régente, refusant d'en croire le docteur Le Vilain, mandent à Louviers deux médecins de Rouen, dont la crédulité, en pareille matière, était notoire, 688.
    Les médecins Lampérière Magnart croient à la réalité de la possession. Sur leur rapport, les commissaires de la régente déclarent, par sentence, l'existence de cette possession, 690.
    Les commissaires de la régente finissent par laisser au Parlement de Normandie la connaissance exclusive de cette affaire, 691.
    L'évêque Péricard meurt par l'effet du chagrin et du souci que lui avait causé ce procès, 692.
    Le procès s'instruit activement contre Thomas Boullé, Madeleine Bavent, Duval, Vassoult, le cadavre de Mathurin Picard. Lampérière découvre, sur le corps du vicaire Boullé, la marque des sorciers, 693.
    Bruits, contorsions, jongleries dans le monastère de Saint-Louis, au moment où les accusés, menés à Rouen, traversèrent Louviers. - Ils furent accueillis, à Rouen, par les huées et les malédictions du peuple, 694.
    Le Parlement s'occupe activement de l'affaire. - Combien les procédures avaient été irrégulières et illégales à Évreux et à Louviers, 696.
    Violences exercées, à Louviers, sur Madeleine Bavent, pour la faire déposer contre un des accusés. Innocence de Boullé, 697.
    Le Parlement condamne au feu le curé Picard, mort, le vicaire Boullé, vivant. - Exécution (21 août 1647), 698.
    Combien les capucins s'étaient démenés dans cette affaire. Dans le Parlement, les avis avaient été, quelque temps, partagés, 700.
    Disposition de l'arrêt, pour empêcher, à l'avenir, dans les couvents de femmes, l'abus et la profanation du Sacrement de la Pénitence, 702.
    Le Parlement ordonne que les religieuses de Louviers seront transférées dans d'autres monastères, ou rendues à leurs parents. - Quelques-unes sont assignées à comparoir devant la cour, 702.
    Le Parlement surseoit à statuer sur le sort de Madeleine Bavent, 703.
    Le Parlement décrète de prise de corps Simonne Gaugain, dite la vénérable mère Françoise, supérieure des Hospitalières de la place Royale, à Paris, 704.
    Le Conseil casse ce décret de prise de corps, et contraint le Parlement de Normandie à envoyer à l'officialité les pièces de la procédure, où il est question de la mère Françoise, 704.
    L'officialité de Paris procéda contre la mère Françoise, accusée de magie, 705.
    Les procédures de Paris ayant été interrompues, quelque temps, un libelle en fait un grief contre Mazarin, 706.
    Les procédures contre la mère Françoise sont reprises, 707.
    Une sentence absout la mère Françoise de l'accusation de magie. - Jamais elle ne fut rétablie dans ses fonctions de supérieure, 707.
    Madeleine Bavent demeura prisonnière dans la conciergerie du palais, à Rouen, où on la voyait encore en 1653. On écrit la vie de cette folle, sous sa dictée; on l'ose faire imprimer, et dédier à la duchesse d'Orléans, 709.
    Du livre intitulé: La Piété affligée, par le père Esprit de Bosc-Roger, capucin, 712.
    Mot plaisant de Mathieu Molé, à l'occasion de cette affaire, 715.
    Marie des Vallées, de Coutances, accusée de sortilége, est déclarée innocente de ce crime par le Parlement de Normandie, parce qu'elle avait été reconnue vierge, 715.
    Deux prétendus sorciers exécutés à Cahors, en 1661, pour avoir donné à un sieur Darsimole cinq démons dans une pomme, 717.
    Des commissaires du roi (tous haut placés), envoyés à Auxonne, croient et déclarent que les religieuses d'un monastère de cette ville sont possédées, 718.
    En 1670, il vient de Carentan et de la Haie-du-Puis, à Rouen, des charretées de sorciers, appelants de sentences de mort prononcées contre eux à Carentan, 718.
    Les bons esprits avaient plus que des scrupules sur la réalité du crime de magie. - Le Parlement de Paris n'y croyait plus guère, 718.
    Le roi commue la peine de mort, déjà prononcée par le Parlement de Rouen contre quatre des condamnés de Carentan, et ordonne un sursis, en ce qui concerne les autres (1670), 719.
    Le roi ordonne au Parlement de lui exposer sa théorie sur le crime de sortilége, et de lui donner des explications sur sa jurisprudence en cette matière. Le Parlement, piqué, nomme une commission chargée de s'occuper de cet objet, 720.
    Le Parlement expose au roi ses principes sur le sortilége, et lui envoie un travail, où fourmillent tous les préjugés du moyen-âge sur cette matière, 722.
    Un arrêt du Conseil (le roi y séant) annule toutes les procédures instruites en Normandie, contre les sorciers, et ordonne d'ouvrir les prisons à toutes les personnes détenues pour ce fait seulement, 726.
    Déclaration générale du roi, sur la matière (juillet 1682, enregist, au Parlement de Rouen le 3 août), 728.
    Le Parlement crut encore quelque temps au sortilége. Arrêts étranges qu'il rendit, 729.
    Marie Bucaille, condamnée à mort par une étrange sentence du bailliage de Valognes, en appelle au Parlement de Rouen, qui la condamne seulement au bannissement et au fouet, 730.
    Prétendue possession de toutes les filles et femmes de Bully, qui, aux exorcismes, accusent un cultivateur de cette paroisse de les avoir ensorcelées. Ces allégations ne trouvent point de créance; le curé de Bully, accusé de les avoir suggérées, est séquestré dans le prieuré de Bourgachard, 733.
    Prétendue possession des demoiselles de Léaupartie, à Laudes, diocèse de Bayeux, 735.
    Les rituels de Rouen et d'Évreux, imprimés au commencement du 18e siècle, recommandent au clergé de ne point croire légèrement aux allégations de possession et d'obsession, 735.
    Au 18e siècle, on publie encore des livres où est soutenue l'existence de la magie, et où sont gravement débattues des questions sur cette matière, 737.
    Ce qu'on pense aujourd'hui du sortilège et de la possession, 739.
    FIN DE LA TABLE.
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