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L'endroit où ils s'étaient arrêtés, avait été jadis le siège d'une
villa ruinée par les barbares. Quelques pans de murs subsistaient
encore ils servirent d'abri aux nouveaux venus qui, entremêlant
des branchages, couvrirent comme ils purent, leur habitation
improvisée. De toutes les cultures qui avaient été pratiquées par
les anciens possesseurs du sol, une seule avait laissé des traces
quelques ceps de vigne, s'étant librement développés, portaient
encore des fruits. Par ailleurs, la nature avait repris ses droits,
et là où jadis labouraient les bœufs du gallo-romain, les buffles
maintenant erraient. L'un de ces animaux, s'étant familiarisé avec
saint Calais, revenait souvent près des solitaires dont il fit ainsi
découvrir la retraite.
Le vallon oit ceux-ci demeuraient, avait été englobé dans l'un
de ces vastes domaines, où les rois de la première race menaient
dans l'intervalle de leurs guerres, la vie do grands propriétaires.
Un centre d'exploitation, entouré de forêts quasi sans limites,
leur servait de palais; là ils chassaient tout a leur aise. C'était
une résidence de ce genre, que possédait sur tes marches du
Maine, Childebert, celui des fils de Clovis, auquel était échu le
royaume de Paris (1). Elle portait le nom de Matowal ou Madwal,
que l'on identifie ordinairement avec le bourg actuel do
Bonnevcau (2). Un jour qu'il se livrait h son exercice favori, ses
traquours levèrent un buffle dont la poursuite les entraîna sur les
bords de l'Anille. Les chiens avaient bien suivi la pisto et leurs
aboiements répétés promettaient au royal chasseur un succès de
plus, quand tout à coup la meuto hésite. La béte aux abois avait
cherché un refuge près de saint Calais. Los serviteurs do
Childebert en présence de cet inconnu n'osaient aller do l'avant.
Lo prince arrive Il son tour, interpelle vivement le solitaire et lui
0) Cf. GéograpMa do la Gaiilo au VI' eilcla, par Au». Longnon, p. 107.
&) Sur MaUowol, volet l'ensemble des textes où ce nom est cité. Gala pontif. f.
cenom Saint Turlbo eonsnero légllso do tladuallo. Donation do Chlldcbort,
voir plus loin, p. 2. Vita Lwlovicl Pli, nuud Duclicsne, II, 312 enfin, vio do
saint Médard, Uomjuet, 111, 401. On a publié trots monnaies mérovingiennes
eur !«»juo}l!">eslr<>volerinmH« Mnlnrnlln, r.f, /« nwntinlea mérovingien.
nca rtu Crnoimuinlcui» pnr H. lo cnmto do Ponton d'Amccourl. ftcuuo htelorl-
qtta a archêoh'jlquo du Haine, t. XI, p. 1C3.