– VI – L'endroit où ils s'étaient arrêtés, avait été jadis le siège d'une villa ruinée par les barbares. Quelques pans de murs subsistaient encore ils servirent d'abri aux nouveaux venus qui, entremêlant des branchages, couvrirent comme ils purent, leur habitation improvisée. De toutes les cultures qui avaient été pratiquées par les anciens possesseurs du sol, une seule avait laissé des traces quelques ceps de vigne, s'étant librement développés, portaient encore des fruits. Par ailleurs, la nature avait repris ses droits, et là où jadis labouraient les bœufs du gallo-romain, les buffles maintenant erraient. L'un de ces animaux, s'étant familiarisé avec saint Calais, revenait souvent près des solitaires dont il fit ainsi découvrir la retraite. Le vallon oit ceux-ci demeuraient, avait été englobé dans l'un de ces vastes domaines, où les rois de la première race menaient dans l'intervalle de leurs guerres, la vie do grands propriétaires. Un centre d'exploitation, entouré de forêts quasi sans limites, leur servait de palais; là ils chassaient tout a leur aise. C'était une résidence de ce genre, que possédait sur tes marches du Maine, Childebert, celui des fils de Clovis, auquel était échu le royaume de Paris (1). Elle portait le nom de Matowal ou Madwal, que l'on identifie ordinairement avec le bourg actuel do Bonnevcau (2). Un jour qu'il se livrait h son exercice favori, ses traquours levèrent un buffle dont la poursuite les entraîna sur les bords de l'Anille. Les chiens avaient bien suivi la pisto et leurs aboiements répétés promettaient au royal chasseur un succès de plus, quand tout à coup la meuto hésite. La béte aux abois avait cherché un refuge près de saint Calais. Los serviteurs do Childebert en présence de cet inconnu n'osaient aller do l'avant. Lo prince arrive Il son tour, interpelle vivement le solitaire et lui 0) Cf. GéograpMa do la Gaiilo au VI' eilcla, par Au». Longnon, p. 107. &) Sur MaUowol, volet l'ensemble des textes où ce nom est cité. Gala pontif. f. cenom Saint Turlbo eonsnero légllso do tladuallo. Donation do Chlldcbort, voir plus loin, p. 2. Vita Lwlovicl Pli, nuud Duclicsne, II, 312 enfin, vio do saint Médard, Uomjuet, 111, 401. On a publié trots monnaies mérovingiennes eur !«»juo}l!">eslr<>volerinmH« Mnlnrnlln, r.f, /« nwntinlea mérovingien. nca rtu Crnoimuinlcui» pnr H. lo cnmto do Ponton d'Amccourl. ftcuuo htelorl- qtta a archêoh'jlquo du Haine, t. XI, p. 1C3.