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Titre : La chèvre d'or : roman inédit... / Paul Arène

Auteur : Arène, Paul (1843-1896)

Éditeur : Sgap (Paris)

Date d'édition : 1888

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 287 p. : ill., couv. ill. ; in-16

Format : application/pdf

Description : Collection : Bibliothèque de l'"Illustré moderne"

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k91281f

Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Y2-4225

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30025931r

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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Bref! je me retrouve de même qu'au début, avec en moins la foi dans l'avenir et !e don précieux d'être trompé qui, seul, fait la vie supportable. Je ne rappelle que pour mémoire une fortune fort ébréchée sans même que je puisse me donner l'excuse de quelque honorable folie.

J'ai eu très distinct le sentiment de cela, il y a un instant, dans l'éternelle chambre d'hôtel banale et triste, en écoutant l'horloge de la ville sonner.

Par une rencontre qui n'a rien de singulier, cette horloge au milieu de la nuit sonnait l'heure de ma naissance, cependant qu'à défaut de calendrier, un bouquet d'anniversaire, envoi d'une trop peu oublieuse amie, me disait avec une cruelle douceur !e chiffre de mes quarante ans. Ne serait-ce point la cloche d'argent du palais d'Avignon, au même tintement grêle et clair, qui ne sonnait qu'à la mort des papes? H me semble, en eSet, qu'en moi quelque chose vient de mounr.

A quoi me résoudre P M'établir pessimiste? Non pas certes 1 J'aurais trop peur de ta trop bien portante raillerie. Après tout, je ne suis plus riche mais il me reste de quoi vivre libre. Je ne suis plus jeune, mais il y a encore une dizaine de belles années entre l'homme qui m'apparaît dans cette glace et un vieillard. tt est trop tard pour songer à la gloire mai? le travail même sans gloire a ses nobles joies. Et, puisque je n'eus pas le génie d'être créateur, peut-être qu'un effort dans l'ordre scientifique, une série de recherches établies nettement et courageusement poursuivies, me débarrasseront des désespérantes hésitations qui, si souvent, m'ont laissé tomber l'outil des mains à mi-t~ehe devant des