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5 a J.E CAMBODGE

« de la jeune lune » pour employer une expression fréquemment usitée dans
les inscriptions sanscrites. Cette pièce doit être au Musée Guimet'.
Revenons a la question posée au début de l'étude ce temple. Ktait-ce la le
splendide Yas odharas rama dont le jeune roi Yas'ovarman annonçait dans
tout son empire le don fait au grand dieu ? Considère en soi, Me Boune, sans
être de premier ordre, paraît avoir été un monument assez remarquable,
assez beau, pour justifier jusqu'à un certain point du moins, cette ostentation
inusitée. Et pourtant, nori seulement nous hésitons a auu'mer que cela fut
ainsi, mais nous sommes plutôt tenté de croire que non. Voici pourquoi.
D abord, malgré son Importance rotative. Me Houno n était, après tout, qu un
temple secondaire, une sorte de dépendance. Ceta est indiqué par sa situation,
autant que par le nom plutôt commun que lui a conservé la tradition. Son
Baray était évidemment la vaste pièce d'eau qui précède babitnettemcnt, à
l'Est, un grand temple ou une résidence royale. D'un autre côté, nous savons,
par l'inscription de Sdok Kok Thom, que la ville d'Angkor n'était pas la
résidence royale au moment de l'événement de Yas'ovarman. n résida
quelque temps à Hariharalaya, le séjour de ses deux prédécesseurs, avant
de transporter le dieu royal à Angkor qu'il appela Yas'odbarapura. Il
dut donc achever cette nouvelle capitale, encore en construction lorsqu'il
monta sur le trône. La même inscription nous a appris qu un temple qui
devait être célèbre entre tous, appelé S'ivas'rama « le temple de S'iva », avait
été Inauguré pendant le règne de son père et prédécesseur, Indravarman. Ce
temple, qui ne peut être, à notre avis, que le Bayon actuel, devait être, dans
la pensée du jeune roi, le Yas'odbaras'rama. c'est-à-dire le grand temple de
la future capitale dont 1 achèvement était proche et dont on avait déjà fait
creuser la pièce d'eau orientale, tl n'y a rien d'étonnant à ce que la construc-
tion du Bayon ait précédé celle de la ville qui devait l'enclore et dont le
tracé avait été certainement préparé d'après un plan déterminé d'avance,
comprenant les enceintes, le palais et le temple. Nous supposons donc (pie le
roi Yas'ovarman, sitôt monté sur le trône, voulut se parer de l'honneur de
la fondation du Bayon. Ce temple, superbe et vénérable entre tous, était déjà
l. Ces expressions de « beau, belle », appliquées aux œuvres des sculpteurs khmers, ont (''h'
critiquées par M. Harth. dans )e JoHrnn/ des . Mais si ces statues pêchent évidemment contre
notre esthétique, il y a parmi elles des degrés très sensih!es de beauté, de finesse, et c'est simplement
cette question de relativité que nous mettons en relief.
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