î8 D: t:A~moncB voisins. Les lois n étaient guère connues que des mandarins charges (le les appliquer. La littérature proprement dite, religieuse avant tout, se basait et se base encore sur des traductions des livres sacrés écrits en pan. Cette littérature produit une foule de pièces de théâtre, de romans, de poèmes éroticoreligieux, dépour us d'originalité, s'inspirant surtout des Jatakas et des versions locales du Ramayana, empruntant (ou prêtant a l'occasion) aux littératures des pays voisins, Cambodge et Malaisie, et se distinguant comme celles-ci par les détails fastidieux, par l'obscénité ou la grossièreté des allusions. Les pièces de théâtre, dont la représentation dure des journées entières, sont jouées par de nombreuses troupes d'actrices appartenant au roi, aux princes et aux mandarins, jouées aussi par des troupes populaires recrutées parmi les esclaves rachetés et composées de quelques musiciens, de deux acteurs qui remplissent les rôles de pitres aux intermèdes, et de cinq ou six actrices couvertes d'oripeaux et de clinquants, coin'écs du mukuta pointu, munies de longs ongles postiches. La supputation du temps. – Dans la supputation du temps, ana- logue à ce qui existe au Cambodge, nous retrouvons les trois ères du Houd- dha, qui remonte à 5~3 avant notre ère de Saka ou de Salivahana, dite la grande ère, = 78, A. D., et de la petite ère = 638 A. D. Cette dernière, plus communément usitée dans le pays, parait avoir été adoptée en premier heu chez les Siamois qui l'auraient transmisca quelques peuples voisins. Elle part d'une éclipse totale de soleil qui eut lieu le ag mars de cette année 6~8 de notre ère chrétienne. Peut-être est-elle d'origine bramanique et son usagene s est-Il généralisé que très tardivement? Onpeutencore mentionner, mais plutôt comme trait de mœurs et sans y attacher autrement de l'impor- tance, une quatrième ère, dite de Ratana koscndra « puissance précieuse d'tndra » introduite par le toi actuel, Cluualankorn, inaugurée en t88t) au commencement du mois davri), au passage du soleil dans le signe du Béher, et qui lait remonter sa première année à l'avènement du fondateur de la dynastie, t~8ï de notre ère. Les deux cycles de douze et de dix ans, dont la combinaison forme le grand cycle de soixante ans, se retrouvent ici de même qu'au Cambodge. Les noms d'animaux désignant les douze années du cycle principal sont identiques à'ceux qui sont usités au Cambodge, et les Siamois semblent croire qu'ils ont