52 LE MÉNAGIER, D. II, A. IL dix ou douze arbres, c'est assavoir que ou mois de Mars, environ la Nostre-Dame, vous soiez garnis de tant de greffes et de divers fruis que vous vouldrez avoir pour enter, et ferez scier au travers le chesne ou arbre sur lequel vous vouldrez enter; et aiez aguisés vos greffes d'un costé tant seulement à manière d'un coin borgne si comme il est cy f et tellement que l'escorce d'icelluy greffe soit toute entière de l'un des costés et sans estre escorchée ou entamée, puis fichiez vos greffes entre l'escorce du chesne et la char, ou le vif du greffe devers le bois ou le vif du chesne. Puis estoupez et couvrez de terre glase de mousse et de drappeaulx tellement8 que pluie, neige ou gelée ne y puisse férir. Se vous voulez garder rosés en y ver3, prenez sur le rosier petis boutons qui ne soient point espanis et les laissiez les queues longues, et entassez en un petit ton- nelet de bois comme un tonnellet à composte et sans eaue. Faictes bien enfoncer le tonnellet et qu'il soit serréement relié qu'il n'y puisse riens, entrer ne yssir, 1 II semble qu'il faudrait et. – *A. etC. ajoutent qu elle Soit si fort serrée. 3 Nos ancêtres faisoient une grande consommation de rosés et d'autres fleurs en général. Nous verrons tont à l'heure dans les menus de grands repas, l'acquisition de chapeaux ou couronnes de fleurs pour les convives. On voit dans les comptes du duc d'Anjou pour 1379 un don de dix francs fait par .mandement de ce prince en date du 8 juin à raient; jadis femme de feu Gillet Le Pelletier, en réeompensation de ce que depuis que Monseigneur estait venus en la ville de Paris (c'était en mai seulement) elle F avait très- bien servi de rases et deflours (K. 52, 3, fol. 93 v° et 101): L'auteur des Rues et églises de Paris, qui écrivoit tout au commencement dû' xvi* siècle, s estùnoit à quinze mille éeus la dépense annuelle se faîtok à Pari»,* en
chapeaux de fleurs, bouquets et may verds tant pour noces que çonfrai-
ries, baptêmes, images des églises, audiences de Parlement. le Trésor,
Chastelet et aussi pour festins et banquets qui se font en l'Université en
faisant les gradués et autrement. »