XI. !XTttODUCT!ON à la vieille colonie l'exemple du travail libre et attrayant. Pour ceux qui savaient que le- nombre des Indiensn'a jamais dépassé 25,000 ou 26,000 dans notre Guyane, pour ceux qui avaient la moindre connaissance du caractère des Indiens et de celui des noirs redevenus sauvages, c'était monstrueux d'absurdité. Tout le monde fut enthousiasmé à la cour. Monsieur, frère du roi, voulut s'inscrire le premier surla liste des actionnaires, qui s'encombra des plus grands noms. M. de Sartines, nouveau ministre de la marine, n'avait pas l'esprit assez bucolique pour partager l'engouement général. Il voulut que la question fût étudiée sur les lieux, par un homme sérieux et pratique, et chargea de cette mission M. Malouet, conseiller du roi, commissaire général de la ma- rine, qui arriva dans la colonie en novembre 1775, muni des pouvoirs les plus étendus. Malouet, qui est mort ministre de la marine, avait alors 37 ans. Il joignait à un esprit fin, positif et ferme, des connaissances très variées, une droi- ture parfaite et une infatigable activité. Son pre- mier soin fut de parcourir tous les quartiers, étu- diant attentivement hommes et choses. Loin de dédaigner les lumières qu'il pouvait tirer des ha- bitants nés ou vieillis dans la colonie, il provoqua