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PASQUALA ÏVANOV1TCH 22i

vieux maîtres ferment les yeux maintenant sur la
conduite nocturne de leur petite servante et pas-
toure ou bien se sauve-t-elle sans bruit quand ils
sont déjà endormis? Ce serait bien compliqué pour
nous de nous dire tout cela au moyen d'une dou-
zaine de mots slaves et italiens, les seuls que nous
sachions en commun et qui doivent nous servir
pour exprimer toutes nos pensées. Tantôt un peu
avant, tantôt un peu après, elle arrive, franchissant
le mur de l'enclos au même endroit, au coin les
pierres grises se sont éboulées dans les fougères.
Un grand olivier, le doyen des arbres du pays,
est celui que nous avons coutume de choisir pour
abri; ses racines centenaires font un oreiller pour
nos têtes.

Depuis que les soirées sont devenues froides et
humides de brouillards, Pasquala, pour ne pas
s'asseoir sur la mousse mouillée, apporte sur son
épaule sa couverture monténégrine, noire avec des
zigzags rouges. Avant de l'étendre par terre
avec mon manteau, il y a un travail enfantin auquel
elle se livre cliaque soir avec le même sérieux
enlever les olives tombées, qu'il faut se garder
d'écraser parce qu'elles nous feraient des taches.
Elle consomme à cette entreprise toutes les allu-
mettes dont je fais provision à Cattaro et que le
vent lui éteint à mesure.

Dans ce bois nous sommes, l'escadre qui
s'endort au-dessous de nous dans la baie nous
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