LA MÉTHODE HISTORIQUE DE KAI»L MARX Marx, et c'est un fait qu'on remarque peu, n'a pas présenté sa méthode d'interprétation historique en un corps de doctrine avec axiomes, théorèmes, corollai- res et leinmes elle n'est pour lui qu'un instrument de recherches il la formule en un style lapidaire et la met à l'épreuve. On ne peut donc la critiquer qu'en contestant les résultats qu'elle donne entre sesmains, qu'en réfutant par exemple'sa théorie de la lutte des classes. On s'en garde. Les historiens et les philoso- phes la tiennent pour œuvre impure du démon, pré- cisément parce qu'elle a conduit Marx à la découverte de ce puissant moteur de l'histoire. II PHILOSOPHIES DÉISTE ET IDÉALISTE DE L'HISTOIRE L'histoire est un tel chaos de faits, soustraits au contrôle de l'homme, progressant et régressant, se choquant et s'entrechoquant, apparaissant et dispa- raissant sans raison apparente, qu'on est tenté de penser qu'il est impossible de les relier et de les clas-, ser en séries, dont on parviendrait à découvrir les causes d'évolution et de révolution. L'échec des systématisations historiques a fait naître dans l'esprit d'hommes supérieurs, comme Helm- holtz, le doute « que l'on puisse formuler une loi histonque que la réalité confirmerait » (i). Ce doute i. L'historien anglais Froude prétend que les faits his- jl(J!t.