APPENDICE GÊNÉHAL. DBUXlfeSlB PARTiB. 39 atti chefs militaires. Cette différence fera ressortir une des oppositions les plus importantes et les plus heureuses entra l'ancien système et le nouveau, Dans l'ancien système, le peuple était enrégimenté par rapport à ses chefs; dans le nouveau il est combiné avec eux. De la part des chefs militaires il y avait commandement, de la part des chefs indus. trielB il n'y a plue que direction. Dans le premier cas le peuple était sujet, dons le second il est sociétaire. Tel est, effectivement, l'admi- sable caractère dos combinaisons industrielles, que tous ceux qui y concourent sont, en réalité, tous collabora tours, tons associés, depuis le pins simple manonvrier jusqu'au manufacturier le plus opulent, et jusqu'à l'ingénieur le plus éclairé. Dana une société oui) entre des hommes qui rapportent ni capa- cité ni mise quelconque, Il y a nécessairement des mattres et des esclaves, sans quoi le» travailleurs ne seraient pu assez dupes pour consentir & un pareil arrangement, s'ils poavaient n'y soustraire on ne peut pas même concevoir un telle société ayant commencé autre* ment que par la force. Mais. dans une coopération où tous apportent une capacité et une mise, il y a véritablement assooiotion, et il n'exista d'antre inégalité que celle des capacités et celle des mise», qui sont l'une et l'autre nécessaires (c'est-à-dire inévitables), et qu'il serait absurde, ridicule, et funeste de prétendre faire disparaître. Chacun obtient un degré d'importance et des bénéfices proportion- nels & sa capacité et & sa mise ce qui constitue le plus haut degré d'égalité qui soit possible et désirable. Tel est le caractère fondamen- tal dessociétés industrielles, et voilà ce que te peuple a gagné ens'or* gontaant par rapport aux chefs des arts et métiers. Il n'y a plus de commandement exercé sur lai par ses nouveaux chefs, que ce qui est strictement nécessaire pour maintenir le boa ordre dans le travail, o'est-à-dire très-peu de chose. La capacité Industrielle répugne tout autant, par sa naturor à exercer l'arbitraire qu'à lo supporter. N'ou- blions pas d'ailleurs que. dans une société de travailleurs, tout tend naturellement à l'ordre; le désordre vient toujours, en dernière analyse, des fainéants. Enfin observons qae les progrès de l'industrie, des sciences et des beaux-arts, en multipliant les moyens do subsistance, en diminuant le nombre des inocupés, en éclairant les esprits et en polissant les mœurs, tendent de plus en plus a faire disparaître les trois. plus grandes causca de ddaordre, la misère, l'oisiveté, et l'ignorante. Nous avons è faire, pour le spirituel, des observations analogues à celles qui viennent d'ôtre faites pour le temporel.