LES ORIGINES DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS XLV Dans le cas où ils ne pourraient s'entendre, ils géreraient ensemble le rectorat pendant un temps à fixer. Passé ce temps, les quatre procureurs des quatre nations procéde- raient à la nomination d'un recteur (t). S'il y avait una- nimité ou simple majofité, l'élection serait valide. Dans l'hypothèse contraire, on appellerait, les deux recteurs au vote. En cas de partage encore, quatre maitres, autres que les procureurs, seraient désignés par les nations pour recommencer l'élection. Dans les mêmes conditions, et en procédant de la même façon, on aurai recours au même mode électif, jusqu'à ce qu'on arriva à un résul- tat. Quelques années plus tard une division semblable amena une haute intervention et la confirmation aposto- lique de l'acte qu', dans la pensée de tous, devait servir de règle pour l'avenir (2). Deux recteurs se trouvaient encore en présence, élus et soutenus, comme précédemment, l'un par la nation de France, l'autre par les nations de Picardie, de Norman- die et d'Angleterre. Mais la querelle du passé s'était ag- gravée. La nation de France,. plus nombreuse, elle seule, que les trois autres ensemble, accentuait mieux ses pré- tentions à la prééminence et à un pouvoir exceptionnel. Les esprits s'aigrissant de plus en plus, on réclama l'in- tervention du cardinal-légat Simon de Brion qui heureu- sement joignait à l'autorité de sa haute situation la con- naissance des hommes et le sens des choses. Il se glori- fiait, d'ailleurs, d avoir été élève de l'Université de Pa- ris (3). Il interrogea les parties, examina leurs mémoires, et rendit une sentence arbitrale qui rétablissait la paix entre les nations, con-tacrait. au moins par l'ordre de ~i) Chaque nation avait un chef qui portait le titre de procureur. Il s'agit uniquement des arts; car it ne paraît pas qu'il y ait eu des procureurs'particuliers pour !os autres classes de l'enseigne- ment, môme avant l'érection des Facultés. (2) Voir l'acte dans HM. Pntcer~. PorM., tom. III, p. 3~. (3) H~. ~tMMM. PorM., tom. III, p. 696; RM. KM~. <
tom. XIX, p. 388.