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« combats, établis quelques années avant lui, il sera également
« certain qu'ils ne sont point connus dans l'histoire avant le
< xi* siècle. Pour les croisades personne n'en ignore la date la
« première fut publiée au concile de Clermont en 109;. Quoique
c le choix entre les deux opinions sur l'origine des armoiries
« puisse paraitre assez indifférent en soi, je proposerai en deux
mots ce que je pense. Je crois qu'il faut admettre ensemble les
« deux opinions et que, séparées, elles ne peuvent nous donner
« complètement l'origine que nous cherchons. » M. de Fonce-
magne pense donc que les premières armoiries furent inventées
à l'occasion des tournois, mais que depuis les croisades l'usage
en devint plus général et la pratique plus invariable.
« C'est par les croisad-s, ajoute-t-il, que sont entrées dans le
« blason plusieurs de ses principales pièces, entre autres les
« croix de tant de formes différentes, et les mer'.ettes, sorte
« d'oiseaux qui passent les mers tous les ans, et qui «eni icnré-
« sentées sans pied et sans bec en mémoire des blessures qu'avait
« reçues dans les guerres saintes le chevalier qui les portait.
« C'est donc aux croisades que le blason doit le nom de ses
« émaux A{ur, Gutules, Sinople et Sable, s'il est vrai que les
« deux premiers soient tirés de l'arabe ou du persan, que le troi-
« sième soit emprunté de celui d'une ville de la Cappadoce, et
« le quatrième une altération de Sabellina pellis, martre zibeline,
« animal connu dans les pays que les croisés traversèrent. C'est
« probablement par les croisades que les fourrures d'hermine
« et de vair, qui servirent d'abord à doubler les habits, puis
« à garnir les écus, ont passé de là dans le blason. Le nom même
c de blason, dérivé de l'allemand blaseu, sonner du car, nous est
« peut-être venu par le commerce que les Français eurent avec
« les Allemands pendant les voyages d'outre-mer ».
Les Bénédictins, tout en admettant cette dernière étymologie,
y trouvent au contraire la preuve que les armoiries tirent immé-
diatement leur origine des tournois, parce que les champions
sonnaient du cor pour avertir les hérauts de venir reconnaître
leurs armes. Ils rappellent d'ailleurs, à l'appui de cette opinion,
que les chevrons, les pals, les jumelles faisaient partie de la bar-
rière qui fermait le camp du tournoi. Ils expliquent aussi
l'emploi des figures d'astres et d'animaux par l'habitude qu'avaient
les combattants de se faire appeler chevalier du soleil, de l'étoile,
du croissant, du lion, du dragon, de l'aigle, du cygne, etc. Enfin
comme ils ne partagent pas l'opinion de M. de Foncemagne sur
la date des premiers tournois qu'ils font remonter au moins
jusqu'au règne d'Othon-le-Grand, ils ne sont pas éloignés de