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LA VITA NCOVA. 33

nière qu'il lui faisait manger cette chose qui
brûlait dans sa main, et qu'elle mangeait en
hésitant. Après cela, sa joie ne tardait pas à se
convertir en des larmes amères; et, prenant
cette femme dans ses bras, il me semblait qu'il
s'en allait avec elle vers le ciel. II:>

Je ressentis alors une telle angoisse que mon
léger sommeil ne put durer davantage, et je
m'éveillai.

Je commençai aussitôt à penser, et je trouvai
que l'heure cette vision m'était apparue était
la quatrième de lanuit, d'où il résulte qu'elle était
la première des neuf dernières heures de la nuit'.
Et tout en songeant à ce qui venait de m'apparai-
tre, je me proposai de le faire entendre à quel-
ques-uns de mes am:s qui étaient des trouvères
fameux dans ce temps-là. Et, comme je m'étais
déjà essayé aux choses rimées, je voulus faire un
sonnet dans lequel je saluerais tous les fidèles de
l'Amour, et les prierais de juger de ma vision.
Je leur écrivis donc ce que j'avais vu en songe
A toute âme éprise et à tout noble coeur Il

A qui parviendra ceci

i. Voir <:h. XXX pour ce qui concerne le nombre 9.

2. A CMMCMt* aima ~M'CM, e gentil cuore.
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