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Titre : Les fleurs du mal / par Charles Baudelaire
Auteur : Baudelaire, Charles (1821-1867)
Éditeur : Poulet-Malassis et de Broise (Paris)
Date d'édition : 1861
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 319 p. : portr. par Bracquemond ; in-12
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k70860g
Source : Bibliothèque nationale de France, Rés. p-Ye-1531
Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30066464d
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30066464d
Provenance : bnf.fr
Date de mise en ligne : 15/10/2007
fleurs du mal: 40 pages trouvées
p.NP (2)
F t~ LES FLEURS DU MAL
p.NP (2)
J PAIUS f'iil'i K | M \| s S I S El I)K F I! H 0 1 SE. EDIT! ÏÏHS 97, RUE DE RICHE1.1FL, ET TiSSAGE MIRES, 36 18 H t Tous droiis réservés. LES FLEURS DU MAL PAR R UURLKS BAfïhKI.AlKL SECONDE ÉD1T|IO1« A"GMEÎITÉB DE TRENTE- CINQ POEMES KOUEACI ET ORRÉE D'US POR-TRAIT DE LiCTECR DESSINÉ ET GRAVÉ
p.NP (1)
AU POËTE IMPECCABLE AU l'AUFAIT MAdICIF.N ES LET'lliKS FRANÇAISES A NON IT.ÈS-CIIEK ET TRÈS-VÉNÉKÉ MAITRE ET AMI THÉOPHILE GAUTIER A V B C LES S EN T I »! F. S T S I»K LA PLUS PH0F0M1F. Il U M II .1 T i. JE D i: 1) I E CES FLEURS MALADIVES It C.B.
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2 AU LECTEUR. Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégisle Qui berce longuement notre esprit enchanté, Et le riche métal de notre volonté Est tout vaporisé par ce savant chimiste. C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent Aux objets répugnants nous trouvons des appas; Chaque jour vers
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celui qui peut d'une aile vigoureuse S'élancer vers les champs lumineux et sereins; Celui dont lès pensers. comme des alouettes, Vers les cieux le matin" prennent un libre essor, Qui plane sur la vie, et comprend sans effort Le langage des fleurs et des choses muettes
p.29 (1)
SPLEEN ET IDÉAL Ï9 II Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve II Trouveront dans ce sol lavé coitime une grève || Le mystique aliment qui ferait leur vigueur? 0 douleur 1 ô douleur! Le Temps mange la vie, Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le cœur Du sang que nous perdons croît
p.49 (1)
De tes pleurs aboutit dans mon cœur soucieux Ton mensonge m'enivre, et mon Ame s'abreuve Aux flots que la Douleur fait jaillir de tes yeux 1 Mais pourquoi pleure-t-elle? Elle, beauté parfaite Oui mettrait à ses pieds le genre humain vaincu, uel mal mystérieux ronge son flanc d'athlète?
p.59 (1)
SPLEEN ET IDÉAL. 59 Machine aveugle et sourde, en cruautés féconde! Salutaire instrument, buveur du sang du monde, Comment n'as-tu pas honte et comment n'as-tu pas Devant tous les miroirs vu pâlir tes appas? • La grandeur de ce mal où tu te crois savante Ne t'a donc jamais fait reculer d'épouvante
p.92 (1)
XL I mm «»E« « D'où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange, Montant comme la mer sur le roc noir et nu? » Quand notre cœur a fait une fois sa vendange Vivre est un mal. C'est un secret de tous connu, Une douleur très-simple et non mystérieuse, Et, comme votre joie, éclatante pour
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, Quand- agités d'un mal inconnu qui les tord. h's nei IV trop éveillés raillent l'esprit qui dort, '111
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122 Si'LKKN KT IDÉAL Pour mon esprit ont les charmes H Si mystérieux I De tes traîtres yeux, I Brillant à travers leurs larmes. Il Là, tout n'est qu'ordre et beauté, II Luxe, calment volupté. I Des meubles luisauts, I Polis par les ans, | Décoreraient notre chambre; I Les plus rares fleurs I Mêlant
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dont la main aux longs sommeils m'invite, I sa noire légende avec la flamme écrite. I Je hais la passion et l'esprit me fait mal
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1« l) SPLRBN ET IDÉAL. n Tôte-à-lôte sombre et limpide Qu'un cœur devenu son miroir î Puits de Vérité, clair et noir, Où tremble une étoile livide, lin phare ironique, infernal, Flambeau des grâces sataniques, Soulagement et gloire uniques, La conscience dans le Mal
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un poignard d'or Reluise encor; Que des nœuds mal attachés Dévoilent pour nos péchés Tes deux beaux seins, radieux Comme des yeux Que pour te déshabiller Tes bras se fassent prier Et chassent à coups mutins Les doigts lutins, Perles de la plus belle eau, "Sonnets de maître Belleau Par tes galants mis
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une bonne louve Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs
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210 TABLEAUX PARISIENS. Ils rampent, flagellés par les bises iniques, I Frémissant au fracas roulant des omnibus, I Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques, I Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus; I Ils trottent, tout pareils à des marionnettes; I Se traînent, comme font les animaux
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226 TABLEAUX PARISIENS. I La ruche qui se joue au bord des clavicules, I Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher, I Défend pudiquement des lazzi ridicules I Les funèbres appas qu'elle tient à cacher. I Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres, Et son crâne, de fleurs artistement
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funèbre attendant quelques pleurs, I Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines, I Oreiller caressant, ou corbeille de fleurs? Je sais qu'il est des yeux, des plus mélancoliques, Qui ne recèlent point de secrets précieux; Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques, Plus vides, plus profonds
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(: • La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse, VA qui dort son sommeil sous une humble pelouse, Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs. Les morts, tes pauvres morts, ont de grandes douleurs, Et quand Oclol re souffle, émondeur des vieux arbres, Souvent mélancolique à l'eniour
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, Éreintés et pliant sous un tas de débris, Vomissement confus de l'énorme Paris, Reviennent, parfumés d'une odeur de futailles, Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles, Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux Se dressent devant
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22 FLEURS DU MAL
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260 FLEURS DU MAL. Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu, Haletant et brisé de fatigue, au milieu Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes, Et jette dans mes yeux pleins de confusion Des vêtements souillés, des blessures ouvertes, Et l'appareil sanglant de la Destruction 1
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262 FLEURS DU MAL. .•r » lii» An.n/lliA OAmiTIÛ un fl Ail Vf» Un cadavre sans tête épanche, comme un fleuve, | Sur l'oreiller désaltéré Un sang rouge et vivant, dont la toile s'abreuve i| Avec l'avidité d'un pré. Semblable aux visions pâles qu'enfante l'ombre h Et qui nous enchaînent les yeux
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FLEURS DU MAL. 263 Une coupable joie et des fêtes étranges Pleines de baisers infernaux, Dont se réjouissait l'essaim des mauvais anges Nageant dans les plis des rideaux; Et cependant, à vpir la maigreur élégante De l'épaule au contour heurté, La hanche un peu pointue et la taille fringante
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254 FLEURS DU MAL. Ton époux court le monde, et ta forme immortelle I Veille près de lu.i quand il dort; I Autant que toi sans doute il te sera fidèle, I Et constant jusques à la mort. I
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m FLEURS DU MAI- 1 D'autres, comme des soeurs, marchent lentes et graves I A travers les rochers pleins d'apparitions, I Où saint Antoine a vu surgir comme des laves I Les seins nus et pourprés de ses tentations; Il en est, aux lueurs des résines croulantes, Qui dans le creux muet des vieux antres
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CXIl LES DEUX BONNES SŒURS La Débauche et la Mort sont deux aimables filles, Prodigues de baisers et riches de santé, Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles Sous l'éternel labeur n'a jamais enfanté. “ ♦ Au poète sinistre, ennemi des familles, Favori de l'enfer, courtisan mal rente
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k)(i8 FLEURS DU MAL. Et la bière et l'alcôve en blasphèmes fécondes I Nous offrent tour à ton • comme deux bonnes sœurs, I De terribles plaisirs et d'affreuses douceurs. I Quandveux-tum'enterresDébaucheauxbrasimmondes? I 0 Mort,.quand viendras-tu, sa rivale en attraits, I Sur ses myrtes infects e
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210 FLEURS DU MAL. J'ai demandé souvent à des vins captieux D'endormir pour un jour la terreur qui me mine Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux; Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles Fait pour donner à boire à
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27., :1~, FLEURS DU MAL. Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins, I Elle appelle des yeux la race des humains. I Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde I Et pourtant nécessaire à la marche du monde, I Que la beauté du corps est un sublime don I Qui de toute infamie arrache
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274 FLEURS DU MAL. Je les entendis rire et chuchoter entre eux, En échangeant maint signe et maint clignement d'yeux « Contemplons à loisir cette caricature Et cette ombre d'Hamlet imitant sa posture, Le regard indécis et les cheveux au vent. N'est-ce pas grand' pitié devoir ce bon vivant, Ce gueux
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276 FLEURS DU MAL. Ile des deux secrets et des fêtes du cœur De l'antique Vénus le superbe fantôme Au-dessus de tes mers plane comme un arôme, Et charge les esprits d'amour et de langueur. Belle île aux myrtes verts, pleine de fleurs écloses, Vénérée à jamais par touté nation, Où les soupirs
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FLEURS DU MAL. 277 Les yeux étaient deux trous, et du ventre effondré Les intestins pesants lui coulaient sur les cuisses, Et ses bourreaux, gorgés de hideuses délices, L'avaient à coups de bec absolument châtré. Sous les pieds, un troupeau de jaloux quadrupèdes, Le museau relevé, tournoyait
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278 FLEURS DU MAL. I Dans ton île, ô Vénus je n'ai trouvé debout ̃ Qu'un gibet syndique où pendait mon image I /– Ah! Seigneur 'donnez-moi la force et le courage I De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût I
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280 FLEURS DU MAL. Le globe lumineux et frêle I Prend un grand essor, I Crève et crache son âme grêle 1 Comme un songe d'or. J'entends le crâne à chaque bulle Prier et gémir « Ce jeu féroce et ridicule, Quand doit-il finir? Car ce que ta bouche cruelle Éparpille en l'air, Monstre assassin, c'est
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si brillants et si beaux Où tu vins pour remplir l'éternelle promesse, Où tu foulais, monté sur une douce ânesse, Des chemins tout jonchés de fleurs et de rameaux, Où, le cœur tout gonflé d'espoir et de vaillance, Tu fouettais tous ces vils marchands à tour de bras, Où tu fus maître enfin? Le remords n'a-t
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CXX1 LA MORT DES AMANTS Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères, Des divans profonds comme des tombeaux, Et d'étranges fleurs sur des étagères, Écïoses pour nous sous des cieux plus beaux. Usant à l'envi leurs chaleurs dernières, Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux, Qui réfléchiront
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300 LA MORT. Il en est qui jamais n'ont connu leur Idole, Et ces sculpteurs damnés et marqués d'un affront, Qui vont se martelant la poitrine et le front, N'ont qu'un espoir, étrange et sombre Capitole C'est que la Mort, planant comme un soleil nouveau, Fera s'épanouir les fleurs de leur cerveau
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cxxv LE RÊVE D'UN CURIEUX A F. N. Connais-tu, comme moi, douleur savoureuse, Et de toi fais-tu dire « Oh l'homme singulier! » – J'allais mourir. C'était dans mon âme amoureuse, Désir mêlé d'horreur, un mal particulier Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse. Plus allait se vidant le fatal
p.319 (2)
} I ¡ TABLE. 519 | r ^Vu J2&' P*niS. – 1MP. SIMON RA«T( t^^Ç^BOE T) EnFUlITH, 1. FLEURS DU MAL l'ages, CtX.–LADESTRUCTMN. 259 1 CX. UNS MARTYRE. 261- CXI. FEMMES DAMNÉES. 265 1 CXÏÎ.–LES DEFX BONNES SŒURS. 267- CXIII. LA FONTAINE DE SANG. ~69 CXtV.–ALLEGORIE. 271 CXV.–LAÏtÉATRICE 273 CXVL