CSAPtTRB ï. i5 choisi pour y bâtir la cité étemeMe. Reste exa- miner, dès l'origine, de quelles circonstances elle fut précédée, quels objets elle trouva autour d'elle, et comment, à peine elle eut quitté la mamelle de la louve, qu'elle se livra pour jamais son instinct de guerre et de déprédation. Placée au centre d'une foule de petites nations, elle fut obligée bientôt non-seulement d'acheter de son sang sa subsistance de chaque jour, mais aussi le sol où elle venait de nattre. Qui ne connaît ses premières guerres avec les Céniniens, les Crus- tuminiens,lesAntemnates,IesSabins, les Camérins, les Fidénates, les Véiens, etc.? Avec une telle édu- cation, touchant à la frontière de tant de peuples ennemis, elle devint dès l'origine une sorte de camp fortifié, où les généraux, le sénat, les cheva- liers, la nation tout entière, s'accoutumaient, au milieu de la pompe des triomphes, à se repaître de l'humiliation des peuples et des larmes des rois. Ces fêtes triomphales, que Rome emprunta de ses voi- sins les Étrusques, furent le charme secret qui en- traîna cet État grossier, voisin de la détresse, sans colonie, sans territoire, mais populeux et guerrier, t dans cette suite interminable d'aggressions et d'in- vasions dont se composent ses annales. Que servit au pacifique Numa d'ériger le temple de Janus et de la foi publique? S'il posa des Dieux-Termes, f s'il célébra la fête des frontières, ses paisibles éta-