PREFACB XXX menso et l'individu si petit se trouve la vraie et solide récompense de la vie humaine. Se sentir appelé à ser- vir sans autre prix du service que ce prix idéal, n'est-ce pas le sentiment le plus pénétrant et le plus profond que l'on puisse éprouver? S'il est vrai que le but su- prême de la moralité humaine est de se dépouiller de plus en plus, autant que notre nature dans son imper- action le permet, des impuisions égoïstes qui prédo- minent dans l'enfance de l'homme individuel comme de l'homme collectif, où ce dépouillement atteint-il mieux son terme et avec une pureté plus complète que dans une consécration au senice de l'Humanité? L'Humanité établit la solidarité entre les généra- tions les plus lointaines. Elle nous fait citoyens de la terre et ne nous permet pas de nous considérer comme des exilés ici-bas qui n'auraient pas de soins plus pres- sants que de remonter au lieu de leur céleste origine ·, elle dirige tous nos efforts vers le perfectionnement de notre condition, nous ayant dénnitivement appris ~a valeur relative des améliorations qui se produisent sous son influence protectrice. Au premier rang est t'amétioration morale; une qualité acquise ou dé~e-' toppée importe plus au bonheur commun que les plu~ riches acquisitions dans un domaine inférieur. Aït deuxièms rang est l'amélioration physique ducorp~t. plus de santé est un bienfait bien au dessus de ptt~ de richesses. Ennn, au dernier rang, quoique le tbjo" dement de tout.le reste, est l'accumulation des bifHM matériets que les générations se transmettent. Tom cela s'opère sous la direction continua de l'intelligence~ qui, seule, est auteur de toute puissance, aussi bien sur l'homme intérieur que sur les choses exté- rieures. En un monde matériel dont les lois sourdes tt