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COUVEUSB AMTtFtMEt.LE

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sades) avait été renommée, dans toute la province,
pour la paillardise des mâles et pour la légèreté des
femelles, bonne souche de bons vivants adorant,
ceux-ci, le vin, et celles-là l'amour, ce qui devait
en faire une compagnie agréable. De ce ferment de
joyeuseté et de galanterie, la douairière n'avait
rien gardé dans ses veines virginales. Elle avait
vécu selon le Seigneur, pudique et charitable, et
sa vieille âme retrouverait des ailes de colombe,
blanches comme la première neige, pour s'abattre
aux pieds du Très-Haut.

Un tour à la chapelle et ce fut tout. L'abbé Bize-
minet vous troussait une messe en moins de vingt
minutes, sans en omettre le moindre oremus. Vir-
gile lui-même n'eût rien compris à son latin. Une
partie de tric-trac fit attendre le déjeuner auquel
on retenait le curé. Très galamment celui-ci la
perdit, ce qui rendit la douairière d'excellente hu-
meur. Je vous fais grâce des plaisanteries grossières
qu'accumulent les gens mal élevés sur la gourman-
dise des prêtres. Je me méfie, pour ma part, de
ceux qui mangent sans convoitise et sans plaisir.
C'est qu'ils trouvent ailleurs la compensation in-
terdite, à moins que l'appétit formidable de quel-
ques-uns ne soit qu'un besoin immense de répara-
tion. Mon Dieu, comme tout est jugement téméraire
en ce cas Ce qui est certain, c'est que Rabelais
le seul à qui j'aurais consenti de me confesser
adorait les godebilleaux et ne m'en semble que
plus divinement aimable pour cela.
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