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Titre : La Révolution prolétarienne (Paris. 1925)

Titre : La Révolution prolétarienne : revue mensuelle syndicaliste communiste

Éditeur : Révolution prolétarienne (Paris)

Date d'édition : 1925

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Identifiant : ark:/12148/cb34387382s/date

Identifiant : ISSN 07553277

Source : CODHOS, 2012-78684

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34387382s

Description : Périodicité : Mensuel ; Irrégulier

Provenance : bnf.fr

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UNE BELLE FIGURE - UNE ÉPOQUE
LETTRES DE MARIE GUILLOT
(Suite et fin)

24 janvier 1915.

Saint-Martin-d'Auxy, 24 janvier 1915.

Chère amie (1),
Lafosse, de l'Ecole Emancipée, me dit que Mo-
natte lui a écrit dernièrement qu'il était mobilisé.

Est-ce vrai ?

Alors, pourquoi n'êtes-vous pas venue ? N'auriez-
vous pas reçu ma réponse ? Ou me serais-je assez
mal expliquée pour que vous ne compreniez pas que
je vous attendais ?

Faites-moi un petit mot de réponse.

Amitiés, et à Monatte aussi.

Marie GUILLOT.

29 janvier 1915.

Saint-Martin-d'Auxy, 29 janvier 1915.

Chers amis,
.Cette affaire (2) est destinée à faire grand
bruit dans nos milieux. Et je voudrais que les Pari-
siens restants marchent à fond comme l'auraient fait
les absents ceci pour l'honneur et l'avenir de
notre fédération. Les Marseillais vont ouvrir le feu
dans l'E. E. : j'y fais l'exposé des faits et quelques
réflexions. Loriot y fera sans doute part de l'action
fédérale et de la suite de l'affaire et Bûcheron
(Murgier, connaissez-vous ?) va lancer là-dedans
quelques coups de hache. Ce n'est pas trop tôt : je
me dévorais d'ennui de les voir sommeiller tous,
quasiment.

C'est ça, on att ndra une Parisienne destinée à
« s'embourguignonner » quand ce sera le moment.

Amitiés à tous deux.

Marie GUILLOT.

15 février 1915.

Saint-Martin-d'Auxy, 15 février 1915.

Cher ami,
Je n'ai rien reçu encore de votre femme. Mais,
sans doute, ne tardera-t-elle pas à arriver; elle sait
bien que je l'attends et que je serai très contente
de la voir.

.Loriot m'écrit qu'il va, ce jeudi, faire une dé-
marche avec Jouhaux auprès de Sembat, pour Julia
Bertrand et pour l'E. E. : dame Censure a bien
laissé passer le premier article sur Julia Bertrand,
mais elle a dévoré les deux pages qui formaient la
partie la plus importante de l'affaire dans le
deuxième article dame, les gars n'y sont pas en
belle posture.

J'endure mal ma solitude depuis cette satanée
guerre ; avant, je m'y trouvais bien, en repos, pour
compenser l'excès de travail de la propagande ;
maintenant, je m'y ronge en songeant à tous nos
pauvres camarades. On travaille tant qu'on peut
pour oublier; mais nos pertes sont si dures qu'on
y arrive mal.

J'ai reçu une protestation de l'U.D. du Rhône
dans le sens de la vôtre. Ça va, mais c'est un peu
entortillé. J'aurais voulu leur répondre, mais je ne
sais plus leur adresse nouvelle.

liv lettre adressée à Mme Monatte.

(2) L'affaire Julia Bertrand.

Bonne poignée de main; abrutissez-vous avec la
meilleure humeur possible, hélas !

Marie GUILLOT.

25 février 1915.

Saint-Martin-d'Auxy, 25 février 1915.

Cher ami,
Je crois bien que votre femme a « soupé » des
plaisirs de la campagne : elle craint d'en goûter de
nouveau; c'est pourquoi, sans doute, je ne la vois
pas paraître, ni elle, ni son écriture. Je n'ose lui
écrire parce qu'elle pourrait bien penser qu'elle est
assez grande pour savoir ce qu'elle doit faire.

Dites-lui bien que je serai très heureuse de la
recevoir; et que malgré mes airs de vieille ourse
mal léchée, je ne suis point trop mauvaise fille. Elle
serait ici libre comme le grand air; ce n'est pas moi
qui la contrarierai dans ses habitudes, ni dans ses
goûts.

Que devenez-vous à la caserne ? Pas encore
général ?

Cordial bonjour.

Marie GUILLOT.

18 août 1915.

Sceaux, mardi 18 août 1915.

Cher ami,
Vous devez vous impatienter.

Voici déjà un petit morceau à vous mettre sous
la dent.

Vous connaissez la résolution Jouhaux (voir B.S.)
votée par 80 sur 114.

Celle de Merrheim a eu 30 voix. Nous n'avons
pas voulu nous rallier à celle de la majorité.

Vous aurez cette deuxième résolution bientôt :
Merrheim la fait imprimer et m'en enverra.

Je vous écrirai le détail depuis Chalon sur notre
réunion et sur celle de la C.G.T: et sur ce que
nous croyons qui se fera.

Vous savez que les provinciaux qui sont cinq
jours à Paris n'ont pas de temps libre.

Je vous serre amicalement la main.

Marie GUILLOT.

16 septembre 1915.

Chalon, 16 septembre 1915.

Cher ami,
Je deviens aussi oublieuse qu'un chien courant.

J'ai reçu votre lettre à St-Martin. Elle m'a fait
le plus grand plaisir. Mais Lafosse venait de m'as-
sassiner avec le français C. M. ! ! Vous pensez si
j'étais à l'aise de pondre dans ce nid-là. Il a fallu
s'exécuter pour notre Ecole émancipée, il n'avait
rien d'autre. J'ai bûché, .oublié tous les amis,
puis détalé en vitesse à Marseille, j'ai lu votre
lettre à Lafosse s'pèce de « bureaucrate ». Je
n'ai pas eu l'esprit de prendre votre nouvelle
adresse. Hélène Brion me dit que Merrheim et au-
tres sont rentrés contents (3). Tant mieux.

On n'a pas parlé des débats en France, à ce
qu'il me paraît. Je n'ai vu que l'annonce d'une

(3) Rentrés de Zimmerwald.
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