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eût dit quo la blancheur des draps lui apparaissait
comme le sable mouvant d'un Sahara et elle sem-
blait hésiter à pénétrer toute seule dans ce temple
sans Dieu, où elle avait si souvent attendu un mys-
térieux Messie. Et lentement, très lentement, elle se
déshaMUait.los regards vaguesetcomme cherchant t
d'autres regards où se reposer. Ses épaules étaient
nues déjà, anguleuses encore un peu, mais d'un
dessin si noble et baignées d'un si beau frisson de
lumière. Ses jupes étaient abattues de ses hanches.
des hanches encore mal remplies mais pareillesaux
larges voiles dont le vent gonflera bientôt la blan-
cheur. Et elle était charmante ainsi, je vous l'assure,
dans ce demi-épanouissement de ce qui serait une
splendide femme quand le baiser, descendu du ciel
des lèvres, y aurait mis un peu de soleil.
D'une rêverie vague et de la contemplation mo-
rose de ses charmes dans une grâce anxieuse, eUe
s'éveilla, tout à coup, comme d'un sommeil, en en-
tendant une grande rumeur dans la maison. Un ins-
tant après, sa sœur Amélie se précipitait dans sa
chambre et tombait dans ses bras
Marcel, disait-elle, Marcel est icit t Il vient de
revenir. Il est en bas.
Marcel était son mari; le marin qu'on n'avait pas
vu depuis deux ans, l'adoré à qui on pensait sans
cesse.
Horteuse, qui était très bonne, partagea sa joie et
lui rendit follement son étreinte.
Et Amélie reprit d'une voix doucement bnsëe
Regarde si je suis bête, ma petite sœur! Voilà
que je pleure de joie maintenant 1
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Y2-43368