Jt.E MOUCHOtR 53 eût dit quo la blancheur des draps lui apparaissait comme le sable mouvant d'un Sahara et elle sem- blait hésiter à pénétrer toute seule dans ce temple sans Dieu, où elle avait si souvent attendu un mys- térieux Messie. Et lentement, très lentement, elle se déshaMUait.los regards vaguesetcomme cherchant t d'autres regards où se reposer. Ses épaules étaient nues déjà, anguleuses encore un peu, mais d'un dessin si noble et baignées d'un si beau frisson de lumière. Ses jupes étaient abattues de ses hanches. des hanches encore mal remplies mais pareillesaux larges voiles dont le vent gonflera bientôt la blan- cheur. Et elle était charmante ainsi, je vous l'assure, dans ce demi-épanouissement de ce qui serait une splendide femme quand le baiser, descendu du ciel des lèvres, y aurait mis un peu de soleil. D'une rêverie vague et de la contemplation mo- rose de ses charmes dans une grâce anxieuse, eUe s'éveilla, tout à coup, comme d'un sommeil, en en- tendant une grande rumeur dans la maison. Un ins- tant après, sa sœur Amélie se précipitait dans sa chambre et tombait dans ses bras Marcel, disait-elle, Marcel est icit t Il vient de revenir. Il est en bas. Marcel était son mari; le marin qu'on n'avait pas vu depuis deux ans, l'adoré à qui on pensait sans cesse. Horteuse, qui était très bonne, partagea sa joie et lui rendit follement son étreinte. Et Amélie reprit d'une voix doucement bnsëe Regarde si je suis bête, ma petite sœur! Voilà que je pleure de joie maintenant 1