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Titre : La Révolution prolétarienne (Paris. 1925)

Titre : La Révolution prolétarienne : revue mensuelle syndicaliste communiste

Éditeur : Révolution prolétarienne (Paris)

Date d'édition : 1925

Type : texte,publication en série imprimée

Langue : Français

Format : application/pdf

Identifiant : ark:/12148/cb34387382s/date

Identifiant : ISSN 07553277

Source : CODHOS, 2012-78684

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34387382s

Description : Périodicité : Mensuel ; Irrégulier

Provenance : bnf.fr

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Le dernier Comité Exécutif élargi de I I. C.

~-–

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APRÈS SIX PIS DE BOliCflEVISATIÛfl (Suite et fin.)

L'affaire Radek et Cie.

H Pour comprendre la portée de l'incident lî ûek, u1 Brandler, Thalheimer et autres SpartaIstes officiellement menacés d'exclusion, il faut avoir en vue la haine tenace que les actuels dirigeants du Parti allemand portent aux fondateurs du Parti, à l'ancienne « ligue Spartacus ».

Les communistes du début de la guerre, de immerwald et de Kienthal, des heures tragiques des révolutions russe et allemande, ceux qUI ont fondé les partis communistes, sont loin d'être tous d'accord, mais ils ne sont pas des perroquets. C'est pourquoi les actuels dirigeants de l'Internationale veulent les chasser du mouvement La phalange des fondateurs de l'Internatin nal1 e communiste, des militants de la première eurc de toutes nationalités, est déjà presque lerement éliminée. Elle est remplacée par des gens qui ont quelque chose à se faire pardonner, et qu'on peut aisément « tenir en mains », ailles après la victoire, « léninistes de 1924 ».

Léll'Ile mort et Trotsky écarté, les maîtres de la situation ont déclaré la guerre aux c camaet /V' aux compagnons de lutte et de travail, a appel aux créatures, à une clientèle.

landler et Thalheimer ont commis bien des fautes; mais ils sont encore, avec leurs défauts et leurs qualités, ce que le Parti allemand a e mIeux à nous présenter, surtout renforcés de Radek et de Clara Zetkin; les gens qui leur ont succédé ont non seulement commis toutes les fautes de leurs prédécesseurs, mais encore beaucoup d'autres en plus, et leur infériorité Intellectuelle et morale est véritablement éclatante.

C'est pourquoi Staline, qui essaie de contrearrer les combinaisons de Zinoviev, a prononcé ces paroles, que tous les militants avertis connaissent en Russie r « Je donnerais cent Maslov et cent Ruth Fisher pour un seul Brandler. »

Obligés de rester en Russie après le Ve Congrès, Brandler travailla à la Section coopérative de l'I. C., et Thalheimer à la Section de prOpagande, collaborant en outre aux revues théoriques de Moscou : spectacle, en vérité, paradoxal que celui de ce pestiféré chargé de fournir une nourriture intellectuelle à l'élite du Parti russe. Quant à Radek, exclu du Comité central russe et de l'Exécutif, il se consacrait au journalisme, donnant notamment à la Pravda une étincelante collaboration quasi quotidienne.

Mais la « chasse aux Spartakistes » se poursuivait dans le Parti allemand; on excluait les meilleurs ouvriers, les anciens, les éprouvés, parce que anciens Spartakistes, donc suspects

de « brandlerisme » (sic) ; à Solingen, par exemple, pays de l'acier, les fondateurs du Parti furent tous exclus et durent reconstituer l'ancien groupe « Spartacus »; enfin, devant le courant d'opposition que les exclusions ne pouvaient briser, la coterie dirigeante décida d'exclure Brandler et Thalheimer.

Seulement. les dirigeants russes, prévoyant le coup, avaient fait adhérer les deux boucs émissaires au Parti russe. C'est ce qui sauva ceux-ci. Mais on ,( monta » toute une histoire pour leur infliger une nouvelle diminution et leur donner à comprendre qu'ils seraient chassés à la moindre velléité de libérer leur conscience.

CLAKV ZETKIN, intervenant devant l'Exécutif élargi à « titre personne* », c'est-à-dire comme membre théorique, s'exprima en ces termes : « Je proteste avec énergie contre le fait que dans le Parti allemand s'est développée une tendance à déclarer droitiers tous les anciens Spartakistes, et je dois faire au C. C. le reproche qu'il ne combat pas cette tendance avec'assez d'énergie.

La i, ligue Spartacus * a d'immenses mérites historiques. Pendant la guerre, elle s'est battue pour transformer la guerre impérialiste en guerre civile, elle a créé la tradition du travail illégal, et a, la première, soutenu la révolution russe. »

De telles paroles ne pouvaient qu'exciter davantage les perroquets du « léninisme de 1924 ». C'est justement pour toutes ces raisons qui nous rendent chère la « ligue Spartacus » qu'elle est odieuse aux saboteurs de son œuvre.

Le génial Geschke déclarait sans rire (Prax da du 25 Mars) : « C'est seulement depuis le Congrès de Francfort (1924) qu'il existe en Allemagne un parti réellement communiste. » Alors, tout ce que l'Internationale Communiste a dit en 1919, en 1920, en 1921, en 1922, en 1923, n'était donc que mensonge ? Quand il parlait du Parti communiste allemand, Lénine mentait ?

Menteurs, donc, tous les dirigeants de l'I. C avant Francfort ? Jolie mentalité que celle de ce Geschke, un des moins mauvais des dirigeants actuels. La haine de tout ce qui est glorieux dans l'histoire du communisme allemand, voilà ce qui inspire 'es gens qui ont fait perdre au Parti, en moins d'un an, deux millions de voix ouvrières.

La disgrâce de Brandler et de ses camarades n'était due le fait est bien connu qu'à leur répugnance de s'associer à la campagne malhonnête menée contre Trotsky, avec lequel, d'ailleurs, ils étaient pleinement en désaccord. Mais

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