ARABEU.E 51 un astronome sans lunettes dont le désespoir a lasse les genoux, je pris le parti de m'asseoir dans le vide. Impression étrange! Il me sembla que le pavé s'agi- tait sou? mes pieds et que le sol avait des roulis, ce qui n'est pas ordinairement le propre du plancher de ces terrestres navires. Je regagnai mon lit, sensiblement soulagé. v On achevait le dessert du déjeuner. C'était le lendemain. Aurore portait une robe crème rayée de bleu qui était la plus jolie du monde et la rendait adorable absolument. Jamais elle ne m'avait re- gardé avec plus de clémence et souri avec autant d'abandon. J'étais au comble du bonheur, je me sentais aimé. As-tu vu le petit palais que j'ai fait faire pour mes tortues ? me dit l'oncle Cascamille. Et comme je lui répondais négativement. C'est au fond de l'allée de tilleuls, là où était autrefois. Ah mon oncle, taisez-vous fit Aurore en rougissant. Car elle était un peu bégueule et faisait volontiers sa sucrée. Une sueur froide me perla sur le front. On l'ouvre tous les jours, à cette heure, et tu vas voir arriver Arabelle. En même temps, mon oncle qui caressait, depuis un instant, du bout des doigts une magnifique feuille de salade, se mit à siffler.