t~ LIVRE ÏX. l~ habitées par les Aruacas nation guerrière dont la grande masse se trouve encore sur les rives malsaines du Suriname et du Berbice. Ils disent crue ces Aruacas, à l'exception des femmes, furent tbus extermines par de% Caribes venus des bouches de l'Orénoque, et ils citent, à l'appui de cette tradition, les analogies que l'on observe entre la langue des Aruacas et la langue des femmes chez les Caribes. Mais il faut se rappeler crue les Aruacas quoique ennemis des Carabes, appar- tiennent avec eux à un même rameau de peuples, et qu'il existe ent)'eTaruatnie et le caribe les mêmes rapports qu'il y a entre le grec et le persan, l'allemand et le sanscrit. D'après une autre tradition, les Caribes des îles sont venus du sud, non en conquérans, maisexpulsés de la Guyane par les Aruacas, qui dominoient primitivement sur tous les peuples voisins. Une troisième tradition enfin, qui est beaucoup plus générale et plus vraisemblable, fait arriver les Caribes de l'Amérique septentrionale, et nommément de la Floride. Un voyageur qui se vantoit d'avoir recueilli tout ce qui a rapport à ces migrations du nord au sud, M. Bristok, affirme qu'une tribu de Confachites ( Confachiqui ) avoit guerroyé long-temps avec les Apalachites; que ceux-ci, ayant cédé à cette tribu le district fertile d'Amana, appeloient leurs nouveaux confédérés Caribes ( c'est-à-dire ~nzn~c~f ~'aZcM~
mais qu'à la suite d'une altercation sur le culte, les Confachites-Caribes furent chasses
de la Floride. Ils passèrent d'abord, dans leurs petits canots, aux îles ~ucàyas ou
Lucayes (à Cigateo et aux îles voisines), de là à Ayay(Hayhay, aujourd'hui Sainte-
Croix) et aux Petites-Antilles, enfin sur le continent de l'Amérique du Sud On croit
que cet événement eut lieu vers l'an 1100 de notre ère; mais dans cette évalua-
tion on suppose (comme dans,certains mythes del'Orient), «que la sobriété et l'in-
nocence des mœurs des sauvages ont pu élever la durée moyenne d'une génération
à 180 à 200 ans, ce qui rend entièrement imaginaire l'Indication d'une époque fixe.
Dans le cours de cette longue migration, les Caribes n'avoient pas touché aux
~roua~MM. Le missionnaire Quandt (~!< von Surinam, t8oy, p. 4~.) les appelle ~ratx'octM.
La province de Confachiqui soumise, en i541, a une femme, est devenue célèbre par l'expédition
d'Hernando de Soto en Floride. (Re). Dec. ~V/~ p. 21.) Aussi, chez les peuples de langue huroune et chez
les Attrapas, l'autorité suprême étoit souvent con&ée aux femmes. (CAorZefot~ Tom. V, p. 397; JR/
p.i85.)
7!ocA Bist. des Antilles, Tom. I, p. 3a6-353; .Ro&er< Bo 111, note 69. L'idée du
père Gili que les Caribes du continent pourroient bien y être venus des îles Antilles lors de la première
conquête des Espagnols (Saggio, Tom. p. ao4.), est contraire à tout ce que rapportent les premiers
historiens.