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rLA PRESSE 16 SEPTEMBRE 1906

•' MM lêmps," H avatî montré n&s certaine
luaïité en côuiaaf .ôontreTrfeâtîg-e 7 il por-
tera des couleurs" habituées à la yictoire.
̃Au bfs de l'échelle se trouvent Philaé, se-
̃conde dans le prix Su 'Calvados entre Mimi
'Coco et Pois'Rougëg âçmi. la chance est. sé-
trieuse avec -ce poids, «t Lis ou qui paraît un
;peu on progrès et porte un poids de plume.
̃Je désignerai pour gagner l'Omnium
L'EeURUE DE ROTHSCHILD

̃ et pour la place PhiJaé,

pour la .̃" Comète.

Éiposliiiii

Dans l'industrie

Le relios hebdomadaire dominicaï 'esi, I

Le repos hebdomadaire dominical "est,

''̃ depuis longtemps, en vigueur dans toutes
jîes fabriques et manutentions, sauf dans
/îles industries 'qui nécessitent un feu con-
;Hinu, .et, généralement, le repos par roule-
iment est accordé à ces ouvriers. Toutefois,
i-ûh "grand" nombre d'ouvriers, travaillant ¡
i faux pièces ou à l'heure, ne profitent du re-
pos que s'ils le désirent, car, dans ces usi-
aies, le repos est nécessairement facultatif.
Enfin. certaines industries accordent le
repos hebdomadaire dominical, mais se
voient dans" l'obligation de le suspendre
pendant la .forte saison. Ces dernières ca-
:tégories bénéficient de l'article 6 de la loi
qui leur permet de suspendre le repos heb-
domadaire quinze jours par an. ̃"

4 Les commerçants détaillants
La Fédération des commerçants .détail-!
lànts de Paris n'accepte pas les proposi-
tions .de M". L'épine, qui, selon elle, sont in-,
'suffisantes pour la sauvegarde de leurs in-
térêts mais elle sollicite de sa bienveil-
lance et dq.sa justice l'obtention du repos
par roùlenièrit, tel que Ta prévu la loi en;
leur faveur.
Il résulte, de cette décision que toutes les
maisons de commerce adhérentes à la Fé-
dération continueront à. ouvrir leurs -ma-
gasins demain dimanche et les dimanches

suivants. V."

̃ ̃. -i Les employés de commerce
1 ̃ La chambre syndicale, des employés se:
proposait, avons-nous dit dans un de nos
-précédents nuiiaéros, de protester auprès
•au public contre l'attitude des -directeurs'
/de magasins_ de quartier, qui se sont, jus-

qu'ici, refusés à la "fermeture, dominicale^

Aujourd'hui, elle s'adresse au., public.
.Elle, fera apposer, cette nuit, un appel

(< Aux honnêtes gens ».' "̃•'

Après avoir fait, retomber sur quatre ou

cinq patrons la responsabilité de l'attitude

;des récalcitrants, la chambre syndicale. l,

conclut':

̃ La tolérance -provisoire et conditionnelle,
recommandée par M. le ministre du com-
merce, est invoquée comme un droit par ceux
.qui en profitent, ello porte atteinte aux inté-
rêts des patrons respectueux de la loi, elle
'favorise la îraude, car. le repos par roulement
*i'est pas assuré dans toutes les maisons qui
-'ouvrent le dimanche.
-̃' ̃ Cette tolérance .doit cesser le dimanche
'•̃̃̃ 16 septembre. ̃̃"̃• ̃

Elle n'aurait pu être continuée sans dégé-
nérer en complicité de violation de la loi.
Ouvriers, qui revendiquez le repos hebdo-
madaire, soit collectif, soit par roulement,
'suivant les catégories, veuillez considérer
gu'il n'est pleinement réalisable que le diman-
•îhe pour les employés de magasins. Aidez-les
l'obtenir et ils vous aideront à obtenir la
semaine anglaise, comme ils l'ont déjà fait.
Les employés syndiqués sont convoqués
nour demain matin, à la Bourse du tra-
vail, annexe, 31, rue Jean-Jacques-Rous-
Itau. •̃̃-

p -^r*rsr*~

-:JQS ÊCHQSv

f EKGHIÉN-LES-BAINS

Il .n'est pas de meilleur emploi du repos
dominical qu'une promenade à Enghien.
Ce paysage idyllique, ce Casino sans ri-
val, ce restaurant où. la cuisine est exquise,
tout concourt à faire d'Enghien, non seule-
ment la plus précieuse des stations, de
Tavis du corps médical, mais aussi la plus
agréable, à en croire tous les Parisiens.
/> pour dormir..
Les indigènes des îles Samoa ont un re-
̃jnède contre l'insomnie. Ils prétendent qu'il
sst très efficace, aussi efficace qu'original,
ÉB.t ce n'est pas peu dire. Oyez plutôt '1
Il suffit d'enfermer un serpent d'une cer- I
.)aine espèce dans la tige creuse d'un bam-
~")ou. Le sifflement monotone et continu du
.reptile prisonnier endort infailliblement.
Nous doutons fort que les insomniaques
le France emploient ce procédé.

P L'ENTENTE CORDIALE j!E

̃ On vient de retrouver le texte d'une pré-
"cieuse lettre adressée, le 14 décembre 1
1845, par le roi Louis-Philippe à la reine l
.Victoria. C'était Le. lendemain des retentis-
santes visites échangées entre les souve- 1
rains, à. Londres et à Paris. Et le roi des
'Français,, bem-eux des bonnes relations- l
qui unissaient les deux puissances, celé-
brait cette sympathie en la qualifiant 1
d' « entente cordiale ».

Bénissons le ciel, disait-il, qu'il se soit établi
entre nous tous cette confiance nersonnelle- et
cette affection mutuelle qui "résisteront à
tous les tiraillement qui pourront surgir et
-̃̃a'ui seront toujours un puissant auxiliaire
pour maintenir et défendre cette t entente
cordiale », v"éj;ito.ble base du repos du monde
£t de la prospérité de nos pays.

'Ainsi i' « entente cordiale » fut-elle pré-
conisée par un chef d'Etat français, cin-
quante-huit ans avant le voyage officiel
în Angleterre du Président Loubet.
] rÂn Palais de Justice MOT DE LA FIN.
Un campagnard se promène dans la
grande salle des Pa3-Perdus, A plusieurs
reprises son regard se heurte à une ins- l
cription placée sur deux ou trois portes
inutiles au service.

Sapristi, s'écrie-t-il, on est joliment sé-
vère, ici. On condamne mèrno les portes JI!
Flûts.

-`a"`° °z~
°

a ~B

n de

Envoi Franco en Province. -ZMXPOSITION.- -,M'nu BËPTE et j~Gups suivaâlts E~ot f. ~i ~r

~r t= L :rr ~d~ F·' r, ~w·.

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9.~r~ A =.

LE DRAMEJE BICÊTRE i
Comment un aveugle, pensionnaire de
l'hospice, a été tué au cours d'une
discussion avec un infirmier

Un drame, dont ;il importe d'établir très
nettement la -responsabilité, s'est déroulé
hier soir à l'hbspico des incurables de
Bicêtre. Un aveugle hospitalisé, au cours
d'une vive discussion, avec un infirmier, a
reçu en plein. cœur un coup de. çoute.aij et
il a succombé sans avoir pu donner aucune
explication.

Nous nous sommes présenté, ce matin, à
l'hospice de Bicêtre, ce douloureux évé-
nement a provoqué, comme bien l'on pense,
la plus vive émotion.

1 En l'absence du directeur,- M. Mullène,
un de ses collaborateurs nous a fait, en ces.
termes, le récit du drame, tel du moins
qu'il résulte des déclarations de l'infir-
mier

La scène .tragique, nous dit-il, s'est
'.déroulée au..réfectoire, dans ia; section- des
aveugles, après 'Te" dîner de l'après-midi.
L'infirmier Gustave Denant était occupé à
desservir, quand l'un des hospitalisés ren-
tra pour réclamer du pain. C'était un nom-
Emile-Edouard Thinel qui, déjà, avait
eu maille à. partir avec Denant. En effet,
Thinel passait pour un « fricotour ». Sous
prétexte d'élever des pigeons dans un loge-
ment qu'il a loué rue -Bobinp pour y dépo-
ser ses objets personnels, il venait sans:
cesse réclamer du pain au réfectoire! Mais
on savait, qu'en réalité, il revendait ce-
pain à des chiffonniers.
Dansvces conditions, l'infirmi-er Denant,
oui est pourtant-très bon pour les pension-
naires, refusait souvent à Thinel de lui"
donner le pain ttu'il" réclamait.

Hier encore,, une vive discussion s'enga-
gea à ce sujet entre les deux hommes. Fi-
.nalement, l'infirmier, excédé de -ces récri-
minations, dit à l'aveugle

Eh bien, je vais vous donner un' mor-
ceau de pain, mais un morceau juste assez
gros pour des pigeons ot pas assez pour
être revendu ̃; 1
Ce disant', l'infirmier passa, .'dans une.
salle voisine il prit un pain et un cou-_
teau à lame triangulaire dont on se sert
couramment pour couper le .pain.

̃L'allusion que venait de faire Denant
aux- accusations' dont Taveugie so défen-
dait toujours avec vivacité avait-elle pro-

T s~\ r~T -1*7/ y< r-t n ni X **» « O A I '1 11' j ̃ -r «

vuijuu. sa..uuierti, Jivu.il. -il i mienuon a en

VLILI.LLU, bd. ¡ i intention ci,en

tirer vengeance, en frappant l'infirmier ? 'l,'
Toujours est-il que lorsque ce dernier, ren-
trant dans le réfectoire, poussa la porte, il
buta dans l'aveugîe qui se tenait là, com-
me en embuscade. Il y eut assez violente
collision entre les deux hommes,; l'un sur-
pris de trouver Thinel qu'il croyait au"
milieu 'de la salle, l'autre privé de la vue
et ne pouvant se garer à temps.

Par malheur, l'infirmier tenait a la
main le couteau à lame triangulaire.- Dans'
le choc, le couteau s'enfonça. Atteint en
plein cœur, le malheureux aveugle tomba"
comme -une masse.

L'infirmier- fut quelques minutes à se
rendre compte de ce qui s'était passé.
Quand il comprit, son affolement fut ex-
trênie;' II s'élança dans le couloir en criant.'
au secours.- Il était trop tard et le malheu-
reux Thinel, transporté en toute hâte dans
le service du docteur Marie, y expira sans
avoir repris connaissance:

Telle est la version de l'administration.
Nous avons voulu, poursuivant notre en-
quête, connaître l'opinion des hospitalisés
..et du. personnel.

Des déclarations que nous avons recueil-
lies, il résulte crue nul ne peut croire l'in-
firmier Denant 'capable d'avoir accompli
un meurtre. Les hospitalisés rendent hom-
mage à son caractère doux et serviable. En
revanche, -Tes- infirmiers -ne- se font pas
faute de déclarer qu'ils ont eu bien sou-
vent à se plaindre du caractère violent et
emporté de Thinel, depuis quatre ans déjà
qu'il est pensionnaire de Bicêtre. La même l
déclaration nous a. été faite par un aveu-
gle .qui a son lit dans la salle Crozatier
couchait également le défunt.

M. Pois, commissaire de police de Gen-
tilly, est également persuadé qu'il y a eu
déplorable accident, mais non pas meurtre.
Aussi a-t-il laissé l'infirmier en liberté pro-
visoire. Toutefois celui-ci a été prié d'a-
bandonner son service et de se tenir à la
disposition de Li justice, car. l'enquête con-
tinue.

-crime passionnel
Un ersipJoyé du gaz, furieux d'avoir été
quitté par sa maîtresse, tire sur elle
plusieurs coups de revolver et

se suicide ensuite

Nous avons fait, aujourd'hui, une rapide
enquête sur le drame qui s'est déroulé
hier soir, vers 9 h. 1/2, rue Berthe, et dont
le mobile est lai jalousie.

Nous nous sommes d'abord rendu chez
l'hôtelier du numéro 6 de cette rue, située
non loin du Sacré-Cœur, qui nous a fait
les déclarations suivantes

Il était un peu plus de neuf heures, nous
dit-il, quand Victor Hanus, qui. habitait ici
depuis un mois an cabinet au troisième étage,
pénétra dans le bureau de l'hôtel, et tout en
prenant sa clef nous dit bonsoir en deman-
dant s'il n'y avait rien pour lui.

Il monta aussitôt chez lui et je remarquai
qu'à ce moment il était seul. Ce n'est que
quelques instants après que Marie Desjardins
a pénétrer ici. Je faisais cependant bien
attention à elle, ne voulant pas la laisser
monter. Mais elle y réussit néanmoins, car
elle postait des chaussons et ne faisait par
conséquent pas de bruit en marchant.
Tout à coup, nous entendîmes des appels
désespérés, l'amie de, notre locataire criait
« Au secours, ouvrez-moi, il me tue » Des
détonations retentirent.

Je me précipitai au troisième étage et pous-
sai violemment la porte. Hanus était étendu
par terre, mais sa compagne affolée s'enfuit
et descendit l'escalier en disant qu'elle avait
été blessée à coups de revolver par son ami,
qpi s'était à son tour logé deux balles dans la
tête..
Tous deux furent transportés à Lariboisière,
mais mon locataire mourut avant d'y arriver.
Avant de venir ici, Hanus habitait chez Ma-
rie Desjardins, rue Chappe mais un jour, à
la suite d'une scène violente au cours de
laquelle il voulait la frapper avec un stylet,
celle-ci le blessa, en se défendant, de deux

ei"|*jfà'a*jâî'^FE.4J j I If Jacquard, Vêlerais double Q

l_&y£!il'Edu8.L!l broche. Taille U-ÛX0-7Û, «3,45

cent ISUHiiETTE Un'e sarantie Velours lailie û •»!̃' -i

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PâPPPTlF^ t ̃ ^40X.200*ÏOx240-2°'X3" 230x3oÔ 3œx4«]
nouveaux 'àéslir^ 8,SQ~ B.IQ-; XASÙW^- "29~>>M

coups de revolver. II fut condamné à six 1
mois de prison, avec application de la loi 1
Bérenger; mais en raison de. -cette condam--
nation il dut quitter la Compagnie du gaz :.du-
il était employé quoique ce "fut un bon tra-
vailleur. ̃ "-̃.
-II chercha à reprendre 'ses'? relations avec
Marie Desjardins, qui ne voulut pas le laisser
revenir chez elle, malgré ses supplications,
mais qui consentit néanmoins à le revoir chez
lui.

L'entrevue d'hier '.avait, paraît-il, pour but,
une suprême explication.

De la rue Berthe, nous. nous, sommes
rendu chez M. Dupuis, commissaire de po-
lice des Grandes-Carrières, remplaçant M.
Carpin, en congé.

Avec –sa:- granxle amabilité^ M." Dupuis
nous déclare

J'ai faire transporter le corps de Vic-
tor Hanus au dépôt mortuaire, car "il n'a pas
été possible de le faire remonter, dans son ca-
binet de la rue Berthe, qui est trop exiguë.
M. Lefresne, secrétaire du commissariat de
Clignancourt, s'est rendu dans la matinée, à
Lariboisière pour interroger la blessée, qui
sera rétablie en quelques jours, d'après ce
qu'ont, .déclaré les médecins, qui la soignent.
Victor Hanus a, paraît-iï, laissé une let-
tre adressée au procureur de la Piépubli-
que,-px)ur.j3xplique-r.le drame à la suite du-
quel il s'est "donné la mort: m

LATRAGiDIËDËŒŒîJBT
La santé d'Emile Prévôt. La mentalité
de l'assassin

L'état des victimes de cette épouvantable,
'tragédie "s'est ce matin un peu amélioré
voici ce qu'on nous a dit à-1'hôpital Lari-
boisière

Le jeune Emile Prévôt qui a reçu, vous
le savez, quinze coups 'de~ couteau, ne peut
pas être considéré -comme étant absolu-
ment hors de danger.

Le blessé, qui avait beaucoup de fièvre
hier, a pu cependant prendre un peu de
repos cette nuit. Ce matin, il a été de nou-
veau examiné et l'on a reconnu que la bles-
sure qu'il avait reçue en pleine poitrine pré-
sentait moins de gravité qu'on ne l'avait
pensé tout d'abord.
L'arme, quoique ayant pénétré profondé-
ment, n'a pas atteint, fort heureusement, le `

poumon ei i on espere que la cicatrisation,
qui sera fort lente,n'amènera cependant au-
cune complication.
Le. corps de la malheureuse Suzanne Pré-
vot n'a pas encore été mis en bière la mère
de la défunte, malgré sa'grande faiblesse,-
n'a pas voulu la quitter. Elle veille auprès
d'elle, sanglotant sans cesse, appelant de
temps à àutre à grands cris l'infortunée
victime. La mise en bière sera très proba-
blement faite cet après-midi et l'on va ten-
ter d'éloigner Mme Prévôt pour lui éviter
cette nouvelle et douloureuse formalité.
M. Leydet, juge d'instruction, qui. a été
commis par le parquet pour instruire cette
affaire, délivrera cet après-midi le permis
d'inhumer et l'on pense que les obsèques
de Jeanne Prévôt pourront être célébrées
dès demain dans la soirée.

Quant au meurtrier, il a fait choix d'un
défenseur c'est M" Antony Aubin. Il sera
de nouveau entendu cet après-midi par M.
Leydet.

On assure que le magistrat a l'intention
de faire examiner l'inculpé par un méde-
cin aliéniste. Courrière, qui est très neu-
rasthénique, aurait è'u il y a quelque temps
des troubles cérébraux.

Sanglant© Rencontre
Deux bandes rivales de rôdeurs ont engagé,
boulevard de la Chapelle, une lutte
acharnée, au cours de laquelle

quatre personnes ont été j

blessées

Une véritable bataille s'est engagée la
nuit dernière boulevard de la Chapelle,
près de la rue de Maubeuge, entre deux
bandes de rôdeurs, la « bande à Coco » et
la « bande à Pierre ».

•Il paraît que ces deux- redoutables asso-
ciations de bandits avaient à vider une an-
cienne querelle. « Pierre », un repris
justice des plus dangereux, a voué, en ef-
fet, une haine terrible à « Coco », lequel,
au cours d'une instruction judiciaire il
se trouvait compromis, aurait eu la langue
trop longue.

Quoi qu'il en soit, la fête installée au
boulevard de la Chapelle battait son plein
hier soir, lorsqu'éclatèrent des coups de
feu. Des cris de terreur s'élevèrent aussitôt
de toutes parts, et ce fut une débandade
effarée parmi la foule des promeneurs.
Alors, sur le boulevard le vide s'était
fait comme par enchantement, deux agents,
accourus au bruit des détonations, virent
les deux bandes prendre leurs dispositions
de combat pour une véritable bataille ran-
gée.

Comprenant qu'ils ne pouvaient interve-
nir utilement, les agents allèrent chercher
du renfort. Quand ils revinrent en nombre,
la bataille à coups de feu durait depuis,
près de dix minutes, au grand effroi des
commerçants voisins. L'un d'eux, établi au.
coin de la rue de Maubeuge, et qui s'était
imprudemment avancé vers le lieu de la
rencontre, nous assurait, ce matin, qu'il
essuya deux coups de revolver, sans être
atteint aussi jugea-t-il prudent de rentrer
chez lui, sans plus insister.

A l'arrivée des agents, les combattants,
cependant, cédèrent la place, mais non
sans avoir emmené dans un fiacre deux
blessés. En revanche, deux autres blessés
purent être capturés. Ce sont les nommés
Léon Fariel, dix-huit ans, qui est lardé de
coups de couteau, et Paul Derel, dix-sept
ans, qui a l'avant-bras brisé d'un coup de
feu. Les agents, en caison de la gravité de
leurs "blessures, ont les transporter à
l'hôpital Lariboisière. Quelle ne fut pas
leur surprise, en sortant de cet établisse-
ment, de voir les deux bandes réunies, qui
les attendaient pour les attaquer. Ils déci-
dèrent de prendre l'offensive et s'avancè-
rent revolver au poing; Mais les bandits,
intimidés, se contentèrent de leur jeter
des pierres et, comme l'un des agents ti-
rait en l'air pour appeler du renfort, la
« bande à Coco » et la « bande à Pierre »
se dispersèrent enfin, estimant, sans dou-
te, que c'était assez d'exploit pour une
seule soirée. l

LE THEATRE
CHEZ RÉJANB

Une visite au théâtre transformé de la
̃̃; X- rue Blanche.

Ceux qui n'ont pas revu le s Nouveau Théâ-
tre » depuis les derniers concerts Lamoureux
et les représentations ibséniennes de « l'Œu-
vre » éprouveront, en revenant de villégiaturé,
un vif étonnement de trouver là, élevé comme
par enchantement, un théâtre tout neuf -'avec-
façade monumentale, un théâtre n'ayant rien
de commun avec l'ancien, qui était aussi le
o Nouveau », sans que pour cela la logique en
soit -compromise; -Et- Mme -ftéjaiie,- qui- rêvait-
depuis longtemps l'heureuse fortune de Mme
Sarah Bernhardt, vient, comme elle, d'ins-
crire son nom au fronton d'un théâtre pari-
sien.

Passant par la rue Blanche, j'entrai au théâ-
tre au théâtre Réjane. Malheureusement,
dès l'entrée, je fus assailli d'une grêle de plâ-
tras et de lattes brisées, ce qui me renseigna
sur l'état des travaux mieux que n'aurait pu
le faire l'architecte lui-même.
C'est 'donc avec "Ses "précautions 'infinies et
après avoir sollicité le secours d'un entrepre-
neur que je m'aventurai sous les échafauda-
ges et au. bord des gouffres. -•• ̃̃-
J'ai déjà dit que, du « Nouveau-Théâtre », il
restait peu de chose. L'interminable couloir
qui menait au hall du Casino de Paris a été
supprimé et remplacé par -une double entrée
formant vestibule. Le proscenium a subi des
mod'if-cations profondes; quant à la scène, elle
comportera deux sous-sols au lieu d'un, de-
vant ainsi se prêter aux machinations les plus
compliquées. L'entrée du Casino «le Paris par
-la rue Blanche a été -impitoyablement suppri-
mée il ne convenait pas qu'on pût aller à la
fois au théâtre Réjane et au music-hall.
La réfection de la salle est aussi complète
que celle du proscenium et de la scène. Elle
offrira un joli spectacle d'élégance et de goût.
Mais il nous tardait de savoir quels prix on
paierait pour inaugurer une aussi jolie salle
et pour entendre Mme Réjane, déjà- tant en-
tendue Les habitués du poulailler n'auront
pas ici toutes leurs -aises, puisque les places
les plus haut perchées se paieront entre six et
sept francs. Par contre, on proposa à Mme
Réjane d'établir un parterre à trois francs
cinquante mais celle-ci objecta qu'on y ver-
.rait. bien des-souliers crottés, et la question en
est restée là. On nous murmura encore que
l'ouverture aurait lieu au mois de novembre.
Est-ce croyable qu'on puisse aller aussi vite
en besogne I

COURRIER DES SPECTACLES

La revue de l'Européen.

Cherchez la Femme ne pouvait mieux s'ap-
pliquer aux intrigues, aux situations inextri-
cablement drôles qui se déroulent dans la re-
vue jouée tous les soirs dans le plus délicieux
de nos music-halls, c'est-à-dire à l'Européen.
̃ La direction de cet établissement avait an-
noncé la rénovation de la vraie revue d'ac-
tualité elle a pleinement tenu sa promesse,
aussi le public est-il accouru en foule à l'Eu-
ropéen et applaudit-il encore tous les soirs à
outrance la spirituelle revue Cherchez la
Femme de l'auteur si en renom, M. Bonis-
Charancle.

Analyser, par le menu, les 48 scènes pré-
sentées chaque soir au public serait trop long,
mieux vaut laisser au public l'attrait de l'in-
connu, la surprise des situations comiques.
Signalons toutefois l'auberge de l'Amour, te-
nue par Jeanne Bloch, défilent nombre de
personnalités' politiques Mistress Sandwich
(Jeanne Bloch), et ses beautés américaines
le lor Mai à la place Clichy, et le Paradis des
Muguets comme apothéose du premier acte
puis les chirurgiens et leurs opérations abdo-
minales les concours des Tuileries les déco-
rations, Jeanne Bloch se révèle imitatrice
parfaite de la grande Sarah, et, pour terminer,
une fête à Fez, où- aimées, bayadères, eunu-
ques se livrent, avec Jeanne Bloch, à un in-
croyable ballet.

En résumé, l'on passe à l'Européen la plus
agréable des soirée's. .;̃•̃
Ce soir
A l'Athénée, réouverture avec la 285° repré-
sentation de Triplepatte, comédie en cinq ac-
tes, de M. Tristan Bernard et André Godfer-
naux. On commencera par le Captif, un acte
de M. Tristan Bernard

A l'Opéra.

Mlle Margyl a fait, hier soir, une brillante
rentrée dans le rôle d'Amnéris ùAïda, qu'elle
a chanté de façon supérieure. Le public, très
nombreux, ne lui a pas ménagé ses applau-
dissements. Mlle Agnès Borgo s'est montrée
excellente dans le rôle d'Aïda, qui convient à
merveille à sa voix généreuse et à son tempé-
rament artistique.

A l'Opéra-Comique..

M. Fugère fait ce soir sa rentrée dans Bar-
tholo, du Barbier de Séville. Les autres rôles
seront interprétés par MM. Ed. Clément, Del-
voye, Vieuille et Mlle Mathieu-Luz.

Un Voyage épatant, téL est le titre de la
féerie nouvelle en trois actes et trente-huit
tableaux, de MM. Victor de Cottens et Victor
Darlay, qui passera dans le courant de novem-
bre au Châtelet.

La lecture de la pièce a lieu aujourd'hui et
les répétitions commenceront dès lundi.
Ce soir samedi, aux Folies-Bergère, à mi-
nuit et demi, représentation privée réservée à
la presse et au monde médical. M. Gadbin, ex-
chansonnier montmartrois, fera, devant cet
auditoire choisi, une sorte de répétition géné-
rale de son frisson d'épouvanté. Cet homme
audacieux se mettra, le torse, nu, devant une
auto de Dion-Bouton, de 40 H. P., dans la-
quelle seront montées six personnes. Le chauf-
feur lancera l'auto à toute vitesse, et les roues
passeront sur Gadbin, qui se relèvera sou-
riant et satisfait Les débuts de l'Ecrasé vi-
vant devant le public auront lieu prochaine-
ment, à une date qui n'est pas encore fixée.
A l'Olympia, le succès de Rahda va gran-
dissant il est impossible d'imiter cette gran-
de artiste c'est à l'Olympia seulement que
l'on voit revivre, dans un décor merveilleux,
les danses lascives des prêtresses de Siva. Al
lez voir Rahda, la véritable danseuse hindoue.
A Barrasford's Alhambra, le copieux pro-
gramme du moment comporte de nombreux
numéros, tous amusants, dont le moindre fait
sensation. A noter particulièrement, Leroy,
Talma et Bosco, rois de la magie, divertissa -s
et stupéfiants dans leurs expériences. Leur tra-
vail dans la salle, au milieu des spectateurs,
tient du prodige, aussi le public, quoicrue saisi 1
d'étonnement. ne leur ménage pas ses applau-
dissements. A remarquer encore les quatre
Maisances, d'excellents clowns musicaux, puis
la désopilante fantaisie de Crabtree et Cie
scènes dans un café chantant américain. Tou-
tes les autres attractions prennent largement
leur part du succès général.

De l'air un bon fauteuil, une salle

~v # 1.. C

Choix ds SJ|f|ÇS ||M tapisserie^essîna etnut,ncénnouvjîHes.

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pfliot 'OJ3E^OBIJME;et granité double face, le met. )) 4-QC (

luxueuse et gaie aux yeux, un spectacle atta-
chant et varié, sans cesse renouvelé, des con-
sommations de premier choisi n'est-ce point
l'idéal du concert music-hall ?.

Kursaal semble l'avoir .réalisé. Le coquet
̃:et- spacieux établissement de la place Clichy-
ïait salle comble, chaque .soir, depuis sa ré^
.çën te. ouverture, et il le mérite d'autant plus
'qu'il- a su résoudre cetterqiïadrature du cer-
cle. offrir cet ensemble inédit pour 1 franc et
1-fr. 50, consommation comprise.

Spectacle apéritif quotidien (troupe et or-
chestre), 0 fr. 50. "•

-'> Le Bal Tabarin donnera, ce soir, le bal des
Minuinettes, grande fête montmartroise. Il
sera agréable de voir les jolis minois de nos'
-gracieuses -Parisiennes,- -en -Glauéines,- danser-
la Likette, la Kraquette et les quadrilles ex-
centriques au son du merveilleux orchestre
Bosc, tant admiré par les nombreux habitués
..du Bal Tabarin. Les Cheremeteff, célèbres
danseuses russes, feront, comme chaque soir,
la joie du public qui ne cesse "de les applau-
dir.

L'agréable fraîcheur qui règne au Joyeux
bal du Moulin de la Galette, ses Jardins et sa
̃ splendide terrasse, point de ~vne" "dominant
Paris et ses environs, où. l'on respire l'air le
plus frais, attire nombre d'étrangers et le
.Tout-Paris. plaisir,' Nos jolies Parisiennes y
dansent avec un entrain sans pareil leurs
danses favorites la Kraquette et la Likette,
que l'orchestre de Mabille entonne avec un
br,io. sans égal. ̃̃
Ce soir, à huit heures et demie, grande fête
dansante.. Dimanchej matinée à deux heures.
Georges Beutiîrs.

^>r^^ i.

L'ABBILLE-DIAPASON î 1
,-lto- -savant .entomologiste' d'Allemagne,
qui est par surcroît, très amateur inusi-
que, avait depuis longtemps été frappé du
son harmonieux émis par certains insectes
pendant leur vol.-

En se servant d'un' microphone perfec-
tionné et de différents appareils pour ren-
forcer et enregistrer les sons dont il s'agit,
il est arrivé à déterminer avec beaucoup
d'exactitude, "suivant "lui, 'note donnée
par la plupart des insectes que l'on trouve
le plus commodément dans nos climats.
Un; grand nombre de ces petites .bêtes,
il est vrai, émettent en volant, des sons tel-
lement sourds, comportant si peu de vibra-
tions, qu'on doit les ranger -dans la caté-
gorie simple des. bruits auxquels l'acous-
tique n'a pas encore attribué un nom pré-
cis. Par contre, quelques insectes donnent
une note bien déterminée, toujours la mê-
me, quand les conditions d'émission sont
les mêmes la guêpe, le sol diùze la li-
bellule le la mouche domestique, le
fa l'abeille, le la, avec 440 vibrations à
seconde.

Voilà donc l'abeille transformée en dia-
pason^

̃ «*s/s __i

~t~~Hi~~

Le Monda.

Le roi de Grèce, venant d'Aix-les-Bains, ar-
rivera à Paris demain soir, à six heures.
Georges Ier ne fait que traverser Paris, cette
fois-ci. Son séjour sera de quarante-huit heu-
res. Ce n'est qu'au retour de Copenhague
il passera un mois et demi, que le roi demeu-
rera une dizaine de jours a Paris. A cette
occasion, le roi de Grèce échangera des visi-
tes avec le Président de la République," et il y
aura un déjeuner ou un dîner à l'Elysée en
son honneur.
o– Mercredi soir, M. et Mme. Martin-Feuil-
lée avaient offert, en l'honneur de M. Dujar-
din-Beaumetz, sous-secrétaire d'Etat aux
beaux-arts, en leur château du Boschet, un
grand dîner, aux notabilités de l'arrondisse-
ment de Châteaubriant, ainsi qu'aux person-
nes qui l'accompagnaient M. Chéron, sous-
chef de cabinet M. Pradel, sous-chef du se-
crétariat particulier; et M. Charles-Philippe.
Une très brillante réception a suivi, au cours
de laquelle Mlle Yvonne Dubel, de l'Opéra, a;
avec un grand talent, chanté, de sa "voix si
pure et si harmonieuse « Printemps nou-
veau », de Paul VidaJ, et des œuvres d'Henri
Maréchal. Elle a été très longuement applau-
die..

Naissances.

La comtesse Gaspard de Miramon, au châ-
teau de Paulhac, a donné le jour à un fils.
Les Mariages.

Le mariage du vicomte de Rohan avec Mlle
de Talhouët-Roy sera célébré au début de no-
vembre..

–o– Le mariage de M. Jacques. Aymé avec
Mlle Yvonne de Lesseville aura lieu le mardi
2 octobre.

:;̃ Paul Sandres.

>jr^^A-- ̃ ̃

Coups de CLOCHE
CHINOISERIES ADMINISTRATIVES
Voulez-vous m'autoriser à vous signaler
deux faits qui intéressent véritablement la
collectivité ?

Mon frère, M. reçoit journellement des
paquets chargés, venant d'Anvers, expédiés
par express et pour lesquels on paye un af-
franchissement très élevé. Or, depuis deux
jours, il a reçu deux envois qui, bien qu'ex-
pédiés par express, ne lui ont été remis qu'à
onze heures du matin au lieu de .sept heures
et demie, heure à laquelle ils doivent arriver
ce fait, s'étant reproduit deux jours de suite,
appelle une explication.

Comment se fait-il qu'il n'existe pas
de pays au monde les allumettes soient
aussi déplorables qu'en France ? Dans les
autres pays, on ne les fait pas payer, on les
donne ici, non seulement on les fait payer
un prix très élevé, mais elles sont de jour sn
jour plus mauvaises les allumettes bougies
se plient quand on les frotte, ou les boîtes
sont tellement mauvaises que la substance
qui sert à enflammer le phosphore s'effrite
rapidement et on ne peut plus les allumer.
Georges ASCHER.

^s^y^/v-

L'abondance des matières nous oblige â
t émettre à demain la suite de notre inté-
ressant feuilleton

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Sont-elles fabriquées en Angleterre?
Malgré l'-imprécision des détails don^.
nés par la presse anglaise et la-, réserve
•bien compréhensible que garde la polico
de Londres, il- est impossible de ne p'ns
supposer ..qu'il ;existe actuellement un
centre d'organisation .terroriste jrussa
dans cette ville..
Evidemment,. il est impassible de. for-'
muler aucune accusation bien nette con-
tre tel ou tel individu qui habite d'une
façon régulière ou qui séjourne tempo-
rairement en Angleterre. Cependant,
n'est pas. douteux que le gouvernement
russe a les plus 'fortes raisons de croire
que Londres est le centre, sinon de l'or-
ganisation terroriste, tout au moins
d'une section Importante "et redoutable
de cette organisation. Le ministère de
l'Intérieur britannique sait si bien <ju'il.
en est ainsi qu'il emploie une douzaine
d'agents les plus intelligents du Dé-
partement la police à surveiller-
activement certains personnages, et à si-1
gnaler tous leurs faits et gestes au goû-:
vernement russe.

La.fame.use «. Troisième. Section » de Is
police russe à Pétersbourg n'a pas hésité
à.attribuer l'attentat commis le..moig
dernier contre M." Stolypine à l'hospita-
lité que l'Angleterre accorde à de dan-
gereux individus. Elle a appris que le
dimanche qui. précéda le jour ,de l'atten-
tat, une réunion secrètQ eut lieu à Lon^
dres, dans le quartier de East End, dans
une. maison fréquentée par des Russes et
par des Polonais. Des représentants de la
« Troisième Section» 'ainsi que des
agents, de la police anglaise eurent con-
naissance. 'de cette réunion, mais il était
trop tard pour l'empêcher. On put savoir
toutefois ce quï.s'était passé dans ce ^mys-
térieux conciliabule, et des renseigne-
ments précieux furent envoyés à Péters-
bourg, à la « Troisième Section ».
II. y a tout. lieu de croire. que. la bombe
qui détruisit la villa de Mi Stolypine fut
lancée, non par aucun de ceux qui assis-
taient à la conférence en question car,
tous avaient été arrêtés mais par un
homme qui avait déjà connu les déci-'
sions prises et reçu l'ordre d'agir.

•: -̃'•.̃ ̃'̃ -̃- -̃'̃

-)

D'une façon générale, la « Troisième'
Section » est convaincue que -la plupart'
des bombes sont fabriquées en Angle-
terre et qu'elles pénètrent en Russie, dis-
simulées dans des marchandises, par la
Norvège et les provinces baltiques.
Oit soupçonne un chimiste polonais'1
habitant quelque part dans Whitecha-
pel de les fabriquer, mais jusqu'à pré-
sent on n'a pu .découvrir son domicile.
Toujours est-il que ces bombes sont'
d'un type nouveau. Elles ont une forme1,
hexagonale et sont munies d'un détona-'
teur tout à fait ingénieux.

L'individu connu sous le nom de Mar-
tin!- que la police russe suspecte d'avoir
.assassiné le père Gapbrie, "est arrivé en;
Angleterre après la mort de celui-ci. Il
trouvas un emploi dans Charlotte Street,;
mais trois semaines plus tard, il partait"
pour une destination inconnue.

Inutile de dire que les femmes jouent
un grand rôle dans toutes ces intrigues'
policières. La police secrète russe à Lon-'
dres compte plusieurs de ces femmes qui
lui ont rendu, dit-on, de grands services.
L'une d'elles est une Allemande, très co-'
quette et très élégante l'autre porte un
nom russe qui semble l'apparenter à une:
famille de la plus haute noblesse. Une'
troisième, qui agit isolément, est encore
plus mystérieuse que les deux autres.

Je.

Il n'est pas rare que la police anglaise'
et la police russe se nuisent au lieu de
s'entr'aider. Souvent les deux polices tra-
vaillent avec le môme objet en vue, mais
en agissant indépendamment l'une de
l'autre. En fait, il arrive très bien que
l'une se croit obligée de surveiller l'au-
tre. Par exemple, il se peut que le gou-
vernement russe soupçonne la police an-
glaise de ne pas s'inquiéter suffisamment'
de tel ou tel individu, et de le laisser
quitter le pays. Dans ce cas, il emploie
les services d'Anglais que ne connaît en
aucune façon la direction de la police de
Londres. Cette police est devenue d'ail-
leurs très suspecte au ministère de l'Inté-
rieur à Pétersbourg, depuis que les sym-
pathies britanniques se sont prononcées-
si nettement pour la cause de la liberté:
en Russie.

La très grande différence qui existe
dans la façon d'opérer des deux polices
est que les agents anglais sont entravés-
par des règlements administratifs très
étroits et qui ne leur laissent aucune
initiative. L'agent russe, au contraire,
est absolument libre dans ses mouve-
ments, et il dispose de sommes d'argent,
presque illimitées, aussi longtemps qu'il
peut prouver que ses dépenses ont été
utiles.

Pour finir, disons que lorsque le gou-
vernement russe a besoin de l'assistance
de la police anglaise, la correspondance
entre Londres et Pélersbourg se fait en
chiffres. Elle passe d'abord par le Poreign
Office pour être ensuite communiqués
au ministère de l'Intérieur eL de à la
police.

Robert vuiiers.

G. x

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