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Titre : Le Petit journal

Auteur : Parti social français. Auteur du texte

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Éditeur : [s.n.] (Clermont-Ferrand)

Éditeur : [s.n.] (Pau)

Date d'édition : 1877-02-19

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 146118

Description : 19 février 1877

Description : 1877/02/19 (Numéro 5169).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5932010

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j

Notice du catalogue : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 08/08/2008

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Nous commencerons très prochaine( ment un deuxième feuilleton

LA FEMME DU MORT £oman très émouvant, par Alexis Bouvier, dont nos lecteurs connaissent et apprécient le vigoureux talent. DIMANCHE 18 FEVRIER 1877

LES DRAMES DE BAGNEUX L'affaire de Bagneux prend des proportions fantastiques, plus emouvantes que le roman le mieux combiné.

Ou l'assassin de la pauvre petite Jeanne jetée dans le puits de Bagneux est fou, ce que sa lettre nous a fait supposer, ou il rêve d'égaler les exploits du trop fameux Troppmann.

Quand des crimes et des criminels arrivent à ce degré d'extraordinaire et d'émotion, ils prennent le premier rang des actualités.

C'est pourquoi, avec les renseignements que nous avons recueillis sur les lieux, xious allons reconstituer le drame qui s'est passé vendredi soir.

La famille «le Hoyaux depuis le crime Depuis la découverte de la petite Jeanne dans le puits de Bagneux, depuis surtout gue la lettre écrite au Petit Journal a révélé les sentiments de haine et de vengeance de Victor Moyaux, sa femme s'est réfugiée chez àoil père, M. Minard, dans la maison que celui-ci possède à Bagneux.

Mme Moyaukn'a jamais cru au suicide de son mari; elle s'attendait, au contraire, à le voir réapparaître menaçant, terrible, implacable.

Elle était toujours sur le qui-vive, au point qu'elle ne sortait jamais de la maison de son père, et même de sa chambre; on verra bientôt à quel point elle poussait cette séquestration.

La maison de M. Minard est située à Bagneux, à l'encoignure des rues de Châtillon et de Bagneux.

C'est une maison à un seul étage, formant comme lava-.nt-garde d'une sorte de cité au fond de la cour sont plusieurs corps de logis occupés par des locataires.

Une grande porte charretière, commune à tous les habitants, ouvre sur la rue de Bagneux, et n'est jamais fermée.

La maison, habitée par M. Minard n'a de porte qu'à Fintérieur de la cour; entre autres pièces, qu'il importe de connaître pour bien suivre le drame, elle se compose, au rez-de-chaufssée, d'une salle. à manger donnant sur la rue de Chàtillon, au premier étage d'une chambre donnant sur la rue de Bagneux, celle-ci occupée par MmeMoyaux. Mme Moraux vivait donc là à peu près recluse, avec son père, M. Minard, et la gouvernante de la maison, Mme Chantal. Les conps de revolver

Il était huit heures et demie, vendredi soir. Mme Cha.ntal ouvrait la porte intérieure ayant à la main un vase intime que l'auteur

FEUILLETON DU 19 FÉVRIER 1877 ÂNDRÊAlaCHARMEUSË PREMIÈRE PARTIE

La Rebouteuse des Huttes

XX -28-

Mort de Gervaise.

/ervaise avait été couchée dans son lit. Le médecin lui donnait ses soins, assisté de quelques femmes. Au pied du lit, Georgette Immobile, silencieuse, la poitrine gonflée, suivait avec anxiété le travail du docteur. En arrière de Georgette, Suzanne était appuyée contre un meuble, la tête baissée, les bras ballants. Ses yeux n'avaient pas de larmes, mais sa douleur n'en était pas moins grande.

Après avoir échangé un regard avec elle, le baron de Manoise avait disparu.

Devant la maison, il y avait un rassemblement de femmes, au milieu desquelles Perrine causait avec animation en faisant mouvoir ses longs bras.

Gervaise n'en reviendra pas, vous en êtes sûres, disait-elle, et demain matin, avant que les cpqs aient chanté elle sera trépasse

de l'Assommoir seul aurait le droit de décrire, contenant et contenu Mme Moyaux n'osant pas descendre de sa chambre le lui avait confié.

Au même moment, Moyauxvenait frapper à cette porte.

En voyant un homme vètu d'une blouse et coiflé d'une casquette de soie, tout à fait imberbe, Moyaux a coupé sa moustache, Mme Chantai veut rentrer dans la maison et s'informer.

Mais elle est repoussée par Moyaux qui lui dit

Taisez-vous et allez-vous-en je ne vous en veux pas, à vous

Mme Chantal reconnaît Moyaux et pousse un cri terrible.

Misérable s'écrie Moyaux la main levée.

Mais il se ravise il espère que le cri de Mme Chantal aura fait sortir sa femme de sa chambre.

Il attend quelques secondes, et tire deux coups de revolver dans l'escalier.

Ces détonations ébranlent la maison et vont jeter l'effroi dans le village; mais les balles se perdent.

Mme Minard n'était pas sortie de sa chambre nous allons voir ce qu'elle est devenue. Mais M. lllinard, qui se trouvait au fond dp la cour, dans un endroit également intime, s'était précipité; comprenant qu'un événement extraordinaire se passait dans sa maison, il était accouru criant: Au secours! à l'assassin

Moyaux avait monté l'escalier quatre .quatre; entendant son beau-père, il est redescendu et presque à bout portant il lui a tiré un coup de revolver; puis il est remonté à la chambre de sa femme.

La porte était barricadée à l'intérieur: il l'a ouverte en pesant de toutes ses forces. La chambre était vide et la fenêtre donnant sur la rue de Bagneux grande ouverte. De rage, Moyaux s'est acharné contre les meubles qu'il a mis en pièces.

Dans la rue de Bagneux

Les premières détonations avaient jeté l'effroi dans le quartier; on les avait surtout entendues distinctement au café Hébert, si- tué presque en face.

Une même pensée était venue à tous les assistants:

Le père Minard a fait un malheur! ce malheureux est inconsolable depuis la mort de sa petite-fille!

Tous, .le maître du ca'é, les habitués, MM. Huret, Deschamps, Bancelin, etc., accourent.

Au moment où ils ouvraient la porte du café, Mme Moyaux arrivait pâle, aflolée elle venait de 'sauter par la fenêtre d'une hauteur de trois mètres.

Sauvez-moi! sauvez mon père! Moyaux l'assassine.

Moyaux Ce misérable était donc vivant, et il avait eu l'audace de revenir pour commettre d'autres crimes

A tout prix ou veut l'empêcher d'accomplir ses exécrables desseins, ou tout au moins l'arrêter et le mettre eutre les mains de la justice.

Ils s'élancent et se trouvent dans un groupe compacte réuni devant la maison.

Moyaux était apparu à la fenêtre, apostrophant la foule, l'injuriant, vomissant des injures.

Pour se venger de la fuite de sa femme, il

Mon Dieu, quel malheur! dit une autre paysanne; passe encore pour Suzanne, qui est élevée etsait travailler, elle saura setirer d'affaire; mais Georgette?.

Oui, c'est Georgette surtout qui est à plaindre, ajouta une troisième.

D'ailleurs, il fallait s'attendre à ce qui vient d'arriver, reprit Perrine, une nouvelle fosse devait être creusée dans le cimetière de Marangue; la pauvre Gervaise ne pensait guère, il y a aujourd'hui dix jours, que la fosse serait pour elle.

.C'était la nuit de la grande tempête, nous étions réunies chez Gervaise; tout à coup. Oui, oui, je sais, l'interrompit une femme; un chien a fait entendre le hurlement de la mort.

Et l'une de nous a dit tout de suite Il y aura dans quelques jours un mort ou une morte à Marangue.

Ce n'était pas douteux, reprit une autre femme, sans compter que ce matin, à la messe, pendant qu'on tintait à l'élévation, le marteau de l'horloge a sonné onze heures. Et ce n'est pas tout, dit une voisine Hier, une pie s'est perchée sur le grand prunier du jardin de Gervaise, pendant plus d'une heure elle s'est mise à agacer d'une facon sinistre.

Et pourtant, reprit Perrine, la vieille Manette prétend que tout cola c'est des bêtise s.

Au fait, la rebouteuse n'était-elle pas chez Gervaise le soir de la tempête?

tire deux coups de revolver, qui heureuse- ment n'ont blessé personne.

Un habitant de Bagneux, M. Lecommandeur, s'était muni lui aussi d'un revolver; il a tiré sur Moyaux, sans l'atteindre sa balle est allée se loger dans l'enseigne d'un magasin, au rez-de-chaussée, portant Mercerie et confection.

Ce pendant l'instinct de la conservation reprend le dessus dans l'esprit de Moyaux profitant de l'émotion causée par son attaque, il redescend l'escalier et s'enfuit par la fenêtre de la salle à manger donnant sur la rue de Châtillon il était monté sur une chaise; on y a retrouvé les traces boueuses de ses pieds.

La ïbïessure de TW. Minard

M. Minard avait reçu une balle à l'épaule. Le maître et les habitués du café Hébert, en arrivant dans la maison, le trouvèrent affaissé, recevant les soins de Mme Chantal. Les souffrances n'étaient pas bien fortes la balle s'était logée dans les chairs et n'avait pas atteint l'articulation. M. Minard doit à sa corpulence de n'avoir pas été plus grièvement blessé.

On l'a transporté chez M. Bancelin, son voisin, pendant que les habitants s'empressaient d'avertir le maire et d'aller prévenir les commissaires de police de Montrouge et de Sceaux et la gendarmerie.

Une battue a été organisée immédiatement.

Bientôt est arrivé auprès de M. Minard M. le docteur Michel, médecin du petit collége Sainte-Barbe, à Fontenay-aux-Roses. M. Michel a extrait la balle sans difficulté. M. Minard n'avait pas cessé de s'inquiéter du sort de sa fille et de demander à la voir. L'opération chirurgicale étant terminée, et le médecin affirmant qu'il n'y avait aucun danger, Mme Moyaux a été amenée auprès de son père elle était affreusement pâle et i tremblait de tous ses membres, plus de la douleur que lui causait la blessure de son père, que de crainte personnelle.

Le père et la fille se sont embrassés avec effusion.

I.es recherches de la justice Pendant toute la nuit de vendredi à samedi, les brigades de gendarmerie de Bagneux. et de Montrouge, les agents amenés par lés commissaires de police de Montrouge et de Sceaux, puis les agents de M. Jacob, chef de la police de sûreté, et de M. Fouqueteau, commissaire de police, chargés de cette affaire, ont battu tous les environs de Bagneux, dirigés par leurs chefs et aidés par les habitants, et assistés de soldats requis au fort de Montrouge.

Cette battue générale, continuée hier pendant la journée, n'a malheureusement pas donné de résultat.

Moyaux cette fois s'est-il suicidé? Ou bien connaît-il une retraite introuvable? C'est un mystère qui ne tardera pas à être éclairci. Hier matin M. Prinet, juge d'instruction, s'est transporté dans la maison de M. Minard. Il a fait laisser toutes choses dans l'état où Moyaux les a mises ou laissées. La chambre de Mme Moyaux offre un amoncellement de meubles brisés chaises, glaces, objets de toilette, tout cela forme un pêle-mêle qui témoigne de la fureur de l'assassin.

Le vase intime que nous avons rencontré au début de ce récit, nous le retrouvons à la

Si, vraiment, elle nous a même dit des choses bien étranges.

Et que ie ne tiens pas à savoir dans l'intérêt de mon sa.ut, répliqua une paysanne à l'air prudeethypocrite. La sorcière n'avait pas fait parlerd'elle depuis longtemps,- continuat-elle, la pauvre Gervaise est une nouvelle victime de ses maléfices.

-Aussi, amplifia une autre femme, vous verrez que la sorcière, qui guérit les gens quand elle le veut, ne sauvera pas Gervaise. Quelqu'un de Marangue n'est-il pas monté aux Huttes pour la prévenir? Oui, répondit la femme à l'air hypocrite, mais elle ne viendra pas, car elle sait quel sort est réservé à Gervaise.

Au moment même, donnant un démenti à celle qui venait de parler, Manette Biron apparut à quelques pas des femmes. Aussitôt elles s'écartèrent comme des oiseaux ef§ans se préoccuper de leur attitude, sans même les regarder, larebouteuse entra dans la maison. Elle s'approcha du lit de Gervaise, dont les yeux étaient à demi fermés, et l'examina attentivement, les deux mains -appuyées sur son bâton.

Ensuite, se tournant vers le docteur: A Ja façon dont vous soignez Gervaise lui dit-elle, "je vois que vous êtes médecin Celui-ci la regarda curieusement.

C'est bien, continua Manette, vous ne pouviez faire mieux ni plus.

Alors vous voyez la situation réelle de

fin la justice l'a fait placer 'comme pièce de conviction dans la pièce bouleversée. On n'a pas oublié qu'il n'a pas êtd vidé. v Dernière heure

Nos reporters, qui arrivent de Bagneux et des environs à minuit, ne nous apportent pas la nouvelle de l'arrestation de Moyaux. D"jux individus ont été vus postés sur la route dé Bagneux à onze heures précises. Mme Chantal et un domestique de M. M_inard ont donné l'éveil.

Les agents se sont mis à leur poursuite les individus ont disparu.

Espérons que ce misérable sera arrêté .aujourd'hui.

On ne croit pas que le mouvement sous, préfectoral puisseparattre avant mercredi ou jeudi prochain.

Le ministre de l'intérieur se rendra mardi prochain à la commission sénatoriale chargée d'examiner le projet de loi voté par la Chambre et relatif à l'abrogation du décret de 1852 sur la presse.

On assure qu'un décret v convoquer prochainement les électeurs clans chacun des colléges où il y a un député à élire.

Hier a eu lieu, au ministère de la guerre, une entrevue des députés délégués par la commission des comptes de 1870-1871 avec M. Renaudin, directeur général de la comptabilité du ministère.

Les délégués étaient au nombre de six MM. Marcel Barthe, Guicl2ard, Riotteau, Plessier, Latrade et Noël Paï-fait.

Une discussion a eu lieu sur le choix des documents que réclame la commission pour la vérification des effectifs de l'armée en 1870-1871, dont les états seules lui ont été transmis jusqu'ici.

Les obsèques de M. le Pomellec, député, décédé dans le Midi, auront lieu à SaiutServan, mardi prochain.

On écrit de Varsovie, i2 février, à la Cor-, respondance autrichienne

«Varsovie s'apprête à être dignement représenté à la fête grandiose que la France prépare à l'Europe. Un comité pour l'Exposition s'est déjà constitué sous la présidence du général Vedem. Parmi les membres de la commission, je vous nommerai le comte Joseph Zamoïski et Mme Leopold Kronenberg, le premier banquier de Varsovie. LES OBSEQUES DE CHANGARNIER La cérémonie des obsèques du généra, Changarnier a eu lieu hier a midi, à 1 Hôte' Le corps y avait été transporté la veille. Dès onze heures, hier matin, la circulation était interrompue sur l'Esplanade une brigade d'infanterie, une brigade de cavalerie et deux batteries d'artillerie étaient massées Le genéral de Bonnemains commandait les troupes.

la blessée ? demanda le docteur.

Avant le coucher du soleil, Gervaise ne sera plus, répondit-elle à voix basse. Le docteur ne put réprimer un mouve. Qui donc êtes-vous? Dans ce pays on m'appelle la vieille sorcière, répondit-elle tristement.

Ah! c'est vous qui êtes Manette Biron, la rebouteuse?

C'est moi.

Ces jours derniers on a Beaucoup parlé de vous chez M. le comte de Raucourt. -C'est vraiment me faire trop d'honneur. Souvent, paraît-il, vous avez fait des miracles on m'a parlé de guérisons vraiment merveilleuses.

J'ai eu le bonheur de réussir quelque- Est-ce'. que vous avez étudié la médecine ?

Non, mais j'ai été l'amie d'un médecin illustre dans l'Inde pendant trente ans j'ai pris part à ses travaux. C'est ainsi que je connais la vertu de certaines plantes et que je sais un peu de chimie.

Cette fois, lejeune médecinla regarda avec admiration. Puis. lui montrant Gervaise Pourquoi ne tentez-vous pas de sauveur cette femme ? demanda-t-il.

Hélas; fit-elle, parmi les secrets que je En détournant les yeux pour essuyer furtivement une larme, elle aperçut Geprgette.