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396 Les Diaboliques.

nonce par elle, m'atteignit comme une balle à
tiavers mon placard. Après ce nom, il y eut un
silence comme après un égorgement. L'a-
t-il tuée au lieu de lui répondre ? pensé-je,
lorsque j'entendis le bruit d'un cristal, jeté
violemment sur le sol, et qui y volait en mille
pièces.

« Je vous ai dit que le major Ydow avait eu,
pour l'enfant qu'il croyait le sien, un amour
paternel immense et, quand il l'avait perdu, un
de ces chagrins à folies, dont notre néant vou-
drait éterniser et matérialiser la durée. Dans
l'impossibilité il était, avec sa vie militaire en
campagne, d'élever à son fils un tombeau qu'il
aurait visité chaque jour, cette idolâtrie de la
tombe ! le major Ydow avait fait embaumer
le coeur de son fils pour mieux l'emporter
avec lui partout, et il l'avait déposé pieuse-
ment dans une urne de cristal, habituellement
placée sur une encoignure, dans sa chambre
à coucher. C'était cette urne qui volait en
morceaux.

« Ah ! il n'était pas à moi, abominable
gouge ! s'écria-t-il. Et j'entendis, sous sa
botte de dragon, grincer et s'écraser le cristal
de l'urne, et piétiner le coeur de l'enfant qu'il
avait cru son fils !

« Sans doute, elle voulut le ramasser, elle !
l'enlever, le lui prendre, car je l'entendis qui
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