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394 Les Diaboliques.

joyeuse, comme si elle lui eût dansé des entrechats sur le coeur ! — Or, cette idée — qu'elle ne l'avait jamais aimé — était ce qu'il y avait de plus féroce, de plus affolant pour ce fat heureux, pour cet homme dont la beauté avait fait ravage, et qui^ derrière son amour pour elle, avait encore sa vanité ! Aussi arriva-t-il une minute où, n'y tenant plus, sous le dard de ce mot, impitoyablement répété, qu'elle ne l'avait jamais aimé, et qu'il ne voulait pas cioire, et qu'il repoussait toujours :

« — Et notre enfant ?— objecta-t-il, l'insensé ! comme si c'était une preuve, et comme s'il eût invoqué un souvenir !

« — Ah ! notre enfant! —fit-elle, en éclatant de rire. — Il n'était pas de toi !

« J'imaginai ce qui dut se passer dans les yeux verts du major, en entendant son miaulement étranglé de chat sauvage. Il poussa un juion à fendre le ciel. — Et de qui est-il? garce maudite ! — demanda-t-il, avec quelque chose qui n'était plus une voix.

« Mais elle continua de rire comme ■ une hyène.

i — Tu ne le sauras pas! — dit-elle, en le narguant. Et elle le cingla de ce tu ne le sautas pas! mille foic lépété, mille fois infligé à ses oreilles ; et quand elle fut lasse de le dire, —le croiriez-vous? — elle le lui chanta comme une