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Titre : Voyage dans la Basse et la Haute Égypte, pendant les campagnes du général Bonaparte / par Vivant Denon

Auteur : Denon, Dominique-Vivant (1747-1825)

Éditeur : impr. de P. Didot l'aîné (Paris)

Date d'édition : 1802

Sujet : Voyageurs français -- Égypte -- 1789-1815

Sujet : France -- 1798-1799 (Expédition d'Égypte)

Sujet : Égypte -- Antiquités

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 1 vol. (XII-322 p.) ; in-4

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5787505v

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3A-2196

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30325100s

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 09/03/2010

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sont formées, sont tout ce qui reste de cette ville, jadis si délicieuse , et qui n'offre plus qu'un aspect triste et sauvage. Il est vrai que le canal dont parle Strabon, qui communiquoit d'Alexandrie à Eleusine, et qui par un embranchement arrivoit à Canope, et y apportoit la fraîcheur, a disparu de telle sorte qu'on ne peut en distinguer la trace, ni même concevoir la possibilité de son existence. Il ne reste d'eau aux environs que dans quelques puits ou citernes, si étroites et si obscures, qu'on ne peut en mesurer ni les dimensions ni la profondeur ; elles recèlent cependant encore de l'eau. Enfin cette ville,qui rassembloit toutes les délices, où affluoient tous les voluptueux , n'est plus maintenant qu'un désert que traversent quelques chacals et des Bédouins: je n'y trouvai point des derniers ; mais je vis un chacal, que j'eusse pris pour un chien, si je n'avois eu le temps d'examiner très distinctement çon nez pointu et ses oreilles dressées, sa queue plus longue, traînante, et garnie de poil comme celle du renard, à qui il ressemble beaucoup plus qu'au loup, quoique le chacal soit regardé comme le loup d'Afrique.

Ne pouvant abuser de l'escorte qui m'avoit accompagné, je repris la route d'Aboukir : j'y trouvai des dépêches pour le général en chef; on alloit expédier un détachement pour les porter : je ne pus me défendre du plaisir que me faisoit éprouver l'occasion qui s'offrait de quitter un lieu si triste. Pendant le séjour que j'y avois fait, je n'avois jamais pu éloigner de ma pensée

que ce château étoit une prison detat dans laquelle j'étais relégué.; Ce rocher exigu, battu continuellement des vagues, le bruit importun qui en résulte, le sifflement des vents, la blancheur du sol qui fatigue la vue, tout dans ce triste séjour afflige et flétrit l'aine : en le quittant, il me sembla que j'échappois à tous les tourments d'une tyrannique captivité.

Je me mis en route par une nuit obscure ; j'en fus quitte pour marcher dans là mer, m'écorcher dans les h ailiers, et tomber par fois dans les débris épars sur le rivage; mais à trois heures du matin j'arrivai à Rosette, et j'allai me reposervoluptueusement, je ne dirai pas dans mon lit, je n'en avois pas vu depuis mon départ de France, mais dans une chambre fraîche, sur une natte propre.

Lé jour de l'anniversaire de la naissance de Mahomet étoit arrivé : nous vîmes avec surprise qu'on ne faisoit aucun préparatif pour célébrer cette fête , la plus solennelle de l'année hégirienne. Vers le soir, le général Menou envoya chercher le moufti, dont notre arrivée avoit augmenté les honneurs et les honoraires ; ses réponses furent évasives : les autres municipaux questionnés dirent qu'ils avoient proposé les préparatifs d'usage, mais que, ne pouvant agir qu'en second dans une chose qui étoit du département de leur collègue le moufti, ils avoient été obligés d'attendre des ordres à cet égard. Le prêtre fut dévoilé : courtisan , il demandoit et obtenoit chaque jour une nouvelle faveur ; mais l'occasion s'étant-présentée de faire croire au peuple que nous nous opposions à ce qui