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dans le plus simple appareil et sur un lit très dur, car la chaleur le veut ainsi pour pouvoir dormir.

Après quoi, à Cinq heures du matin, une jeune négresse, portant du café, vint m'éveiller en murmurant à mon oreille de sa plus douce voix : « Ché Doudou, prends café. » Ces créatures ont vraiment du chic pour vous arracher au sommeil !

Une heure après nous étions réunis sur le quai et après avoir assisté aux ébats d'une foule élégante et affairée, attirée sur la plage par la fraîcheur relative de cette heure matinale, nous regagnons VAlecton qui nous ramène à Fortcle-France pour déjeuner à bord du Saint-Louis.

Les journées suivantes furent consacrées aux distractions et aux plaisirs de la ville, cette dernière expression de la France, avant de nous lancer dans l'inconnu cle la guerre. Du reste, si la racle, si le port étaient encombrés de vaisseaux chargés cle troupes, Fort-de-France présentait une animation qui tenait du vertige, envahie qu'elle était par des milliers d'étrangers, militaires ou marins; car les détachements que portaient les navires, bêtes et gens, étaient mis à terre pour se reposer pendant six ou huit jours. Les hommes étaient campés aux alentours ou cantonnés clans les casernes et clans les forts. Bon nombre d'officiers s'établirent en ville pour jouir des distractions du soir, surtout aux réunions dansantes du « Bal Mabile » cle l'endroit où on associait agréablement, les danses de caractère d'Europe et d'Amérique, notamment la havanera, la danse classique des colonies d'origine espagnole. Toutes les jeunes filles de couleur cle l'île s'étaient donné rendez-vous pour nous rendre la vie aussi agréable que possible pendant notre séjour; et elles réussirent à ravir. Les hôtels étaient envahis, même aussi les petites cases à claire-voix, domaines spéciaux des mulâtresses, avaient trouvé des hôtes. Les cafés ne désemplissaient pas et répandaient à flots les boissons rafraîchissantes ou toniques. Les restaurants étaient pris d'assaut, notamment le « Café Anglais » de Fort-dé-Francé où opérait sur des four-

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