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LA VIE COLONIALE

Avantages de l'Apiculture.

L'apiculture s'impose à tout colon soucieux de
l'avenir de ses récoltes et de la prospérité de
son exploitation. Les abeilles, en butinant sur
les fleurs, sont un des plus puissants agents de la
fécondation des arbres fruitiers et des plantes de
ses cultures.

Les expériences faites par Darwin sur la fécon-
dation des fleurs par les abeilles et répétés plu-
sieurs années de suite sont très concluantes..

Il semait devant son rucher différentes graines
telles quecolza, navet, trèfle, sainfoin, sulla, etc.
Au moment de la floraison, il recouvrait d'un
voile en gaze'légère un nombre de fleurs,; quand
la maturité des graines était terminée, il récol-
tait le môme nombre de capsules et comptait les
graines. La différence eu faveur des fleurs fécon-
dées par les abeilles était en moyenne de 60 0/0
et les graines parfaitement formées étaient de
beaucoup plus grosses.

L'apiculture est surtout l'industrie agricole du
petit ; elle peut devenir pour lui une source assez
sérfeuse de bie'n-élre. Les abeilles sont les ani-
maux domestiques qui rapportent le plus propor-
tionnellementà-ce qu'ils coûtent!

Cent ruches en pays niellifëres et des soins
appropriés nourrissent leur homme ; c'est ce que
je vais essayer de démontrer, plus loin ' en
m'appuyant sur ma propre expérience de douze
années d'apiculture coloniale.

Une exploitation apicole ne demande ni travaux
bien pénibles, ni études coûteuses et bien lon-
gues ; elle lié nécessite d'autres frais que ceux
d'achat colonies et ne demande ni engrais, ni
labours, ni: semences annuels, comme l'exploita-
tion d'une fermé, ni des travaux quotidiens
comme l'exploitation d'un troupeau ou d'une
basse-cour.

L'élevage des abeilles demande relativement
peu fonds et peu de temps, bien des prépara-
tifs''peuvent se faire à temps perdu. Au prin-
temps et eh été quelques journées suffisent a la>
direction d'un rucher familial.

Apiculture indigène.

L'abeille fut de tout; temps exploitée par les
indigènes. Au point de vue apicole les Arabes
sont très adroits et de beaucoup plus forts qu'un
grand nombre de nos villageois. Leurs ruches

sont en bois tressé, en écorce de chêne-liège, en
poterie, en alfa et quelquefois formés décadrés
juxtaposés.

Ils placent leurs ruches horizontalement côte à
côte, généralement sur terre et sur deux rangées
superposées ; le tout est recouvert de diss ou
d'herbes sèches. Les ruches mesurent environ

I à imao de long, sur 20 centimètres de diamètre ;
les deux extrémités sont fermées par une ron-
delle en paille ou en liège. Les rayons sont
établis, tous à bâtisse chaude. Pour obtenir cette
disposition l'Arabe a soin, en logeant son essaim,
d'y placer auparavant dans la direction choisie
un rayon de couvain pris à une autre dj'eba,
qu'il fait tenir au moyen de chevilles.

Pour récolter le miel, il retire la rondelle
d'arrière et taille les rayons, puis celle de devant,
il taille encore, et il emporte le tout à son
gourbi. La taille est si complète que la colonie
se trouve ramenée à l'état d'essaim à peu près
nu; malgré ce traitement elle se refait et pros-
père. 1

Quand la saison est bonne, il retire 4 à 5 litres
de miel par djeba qu'il va vendre au marché
voisin. La cire provenant de pressurage à la
main est mise en boules puis vendue.

L'Arabe ne connaît pas l'ètoulfage; Pour toutes
les opérations apicoles il se sert d'une sorte de
sabot en terre (enfumoir primitif) garni de char-
bons ardents et de brindilles ou bouse de vache.

II n'a pas de voile et pas môme de pantalon et
n'est que rarement piqué.

Les ruches indigènes sont assez nombreuses
en Tunisie : environ 100,000 djebas contre à. peine
1,000 ruches à cadres. Beaucoup d'Arabes avec-
des moyens primitifs obtiennent des résultats.,,
satisfaisants. Dans les régions les indigènes
réussissent le colon réussira et peut y établir des
ruches modernes et sans tâtonnement.

On peut estimer la production du miel à
3oo tonnes et celle de la cire à i5otounes. Malgré
cette notable production la Tunisie a importé
l'année dernière pour plus de 100,000 francs de
miels étrangers.

Abeilles étrangères. Sélection.
Abeilles puniques.

En ce moment, il y a un engouement pour les
abeilles de races étrangères. Ces abeilles étran-
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