Home Plain text
Text mode Audio mode
page 122 (screen 2 of 20)
Next page Previous page  
  Last page First page

122

LA VIE COLONIALE

Avantages de l'Apiculture.

L'apiculture s'impose à tout colon soucieux de l'avenir de ses récoltes et de la prospérité de son exploitation. Les abeilles, en butinant sur les fleurs, sont un des plus puissants agents de la fécondation des arbres fruitiers et des plantes de ses cultures.

Les expériences faites par Darwin sur la fécondation des fleurs par les abeilles et répétés plusieurs années de suite sont très concluantes..

Il semait devant son rucher différentes graines telles quecolza, navet, trèfle, sainfoin, sulla, etc. Au moment de la floraison, il recouvrait d'un voile en gaze'légère un nombre de fleurs,; quand la maturité des graines était terminée, il récoltait le môme nombre de capsules et comptait les graines. La différence eu faveur des fleurs fécondées par les abeilles était en moyenne de 60 0/0 et les graines parfaitement formées étaient de beaucoup plus grosses.

L'apiculture est surtout l'industrie agricole du petit ; elle peut devenir pour lui une source assez sérfeuse de bie'n-élre. Les abeilles sont les animaux domestiques qui rapportent le plus proportionnellementà-ce qu'ils coûtent!

Cent ruches en pays niellifëres et des soins appropriés nourrissent leur homme ; c'est ce que je vais essayer de démontrer, plus loin ' en m'appuyant sur ma propre expérience de douze années d'apiculture coloniale.

Une exploitation apicole ne demande ni travaux bien pénibles, ni études coûteuses et bien longues ; elle lié nécessite d'autres frais que ceux d'achat dé colonies et ne demande ni engrais, ni labours, ni: semences annuels, comme l'exploitation d'une fermé, ni des travaux quotidiens comme l'exploitation d'un troupeau ou d'une basse-cour.

L'élevage des abeilles demande relativement peu dé fonds et peu de temps, bien des préparatifs''peuvent se faire à temps perdu. Au printemps et eh été quelques journées suffisent a la> direction d'un rucher familial.

Apiculture indigène.

L'abeille fut de tout; temps exploitée par les indigènes. Au point de vue apicole les Arabes sont très adroits et de beaucoup plus forts qu'un grand nombre de nos villageois. Leurs ruches

sont en bois tressé, en écorce de chêne-liège, en poterie, en alfa et quelquefois formés décadrés juxtaposés.

Ils placent leurs ruches horizontalement côte à côte, généralement sur terre et sur deux rangées superposées ; le tout est recouvert de diss ou d'herbes sèches. Les ruches mesurent environ

I à imao de long, sur 20 centimètres de diamètre ; les deux extrémités sont fermées par une rondelle en paille ou en liège. Les rayons sont établis, tous à bâtisse chaude. Pour obtenir cette disposition l'Arabe a soin, en logeant son essaim, d'y placer auparavant dans la direction choisie un rayon de couvain pris à une autre dj'eba, qu'il fait tenir au moyen de chevilles.

Pour récolter le miel, il retire la rondelle d'arrière et taille les rayons, puis celle de devant, il taille encore, et il emporte le tout à son gourbi. La taille est si complète que la colonie se trouve ramenée à l'état d'essaim à peu près nu; malgré ce traitement elle se refait et prospère. 1

Quand la saison est bonne, il retire 4 à 5 litres de miel par djeba qu'il va vendre au marché voisin. La cire provenant de pressurage à la main est mise en boules puis vendue.

L'Arabe ne connaît pas l'ètoulfage; Pour toutes les opérations apicoles il se sert d'une sorte de sabot en terre (enfumoir primitif) garni de charbons ardents et de brindilles ou bouse de vache.

II n'a pas de voile et pas môme de pantalon et n'est que rarement piqué.

Les ruches indigènes sont assez nombreuses en Tunisie : environ 100,000 djebas contre à. peine 1,000 ruches à cadres. Beaucoup d'Arabes avecdes moyens primitifs obtiennent des résultats.,, satisfaisants. Dans les régions où les indigènes réussissent le colon réussira et peut y établir des ruches modernes et sans tâtonnement.

On peut estimer la production du miel à 3oo tonnes et celle de la cire à i5otounes. Malgré cette notable production la Tunisie a importé l'année dernière pour plus de 100,000 francs de miels étrangers. ■

Abeilles étrangères. — Sélection. Abeilles puniques.

En ce moment, il y a un engouement pour les abeilles de races étrangères. Ces abeilles étran-

Text mode Audio mode
page 122 (screen 2 of 20)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text