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                  Titre : Les Annales politiques et littéraires : revue populaire paraissant le dimanche / dir. Adolphe Brisson

                  Éditeur : [s.n.] (Paris)

                  Date d'édition : 1883-1939

                  Type : texte,publication en série imprimée

                  Langue : Français

                  Format : application/pdf

                  Identifiant : ark:/12148/cb34429261z/date

                  Identifiant : ISSN 11494034

                  Source : Bibliothèque nationale de France, département Centre technique du livre, 2009-34518

                  Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34429261z

                  Description : Variante(s) de titre : Les Annales (Paris)

                  Description : Variante(s) de titre : Les Annales politiques et littéraires : revue universelle illustrée hebdomadaire

                  Description : Périodicité : Hebdomadaire ; Bimensuel

                  Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

                  Provenance : bnf.fr

                  Date de mise en ligne : 01/12/2010

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                  Title : Les Annales politiques et littéraires : revue populaire paraissant le dimanche / dir. Adolphe Brisson

                  Author :

                  Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5706194z/f8.image


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                  Tosca: 4 pages found

                  p.354
                  Los affaires et les plaisirs marchaient comme à l'ordinaire, et l'on causait plus volontiers de la Souris et de la Tosca que de la démission du président de la République

                  p.356
                  Cette pluie avait-elle effrayé les chapeaux roses et les toilettes, ou bien la séance de la Chambre et la première de la Tosca, attendue pour le soir, avaient-elles fait tort aux prix de vertu

                  p.360
                  PORTE SAINT-MARTIN. — La Tosca, drame en cinq actes et six tableaux, de M. Victorien Sardou

                  p.361
                  La Tosca, cantatrice célèbre, était la maîtresse de MarioTosca, n'écoutant que son amour, laisse tomber de ses lèvres le nom du malheureux

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                  360

                  LES ANNALES POLITIQUES ET LITTÉRAIRES

                  Quatre cents !

                  —Oui, monsieur ! Les arguments puissants
                  De monsieur Blancpignon ont ravi l'auditoire...
                  Quel orateur, monsieur!... Un mérite notoire!...
                  Quatre cents voix !... Pourtant, disons la vérité...
                  Les ministres, sentant le danger, ont volé.

                  Ils ont voté ! Tous ?

                  Tous !

                  Ah ! mon Dieu ! quelle joie !
                  Ils ont voté... voté!... Le hasard nous envoie,
                  Mademoiselle, un grand bonheur, bien mérité :
                  Le ministère entier, tout entier... a voté ! »

                  Elle me regardait, n'osant plus trop rien dire...
                  Etais-je sérieux? ou bien voulais-je rire?
                  Afin de la tirer de ce grand embarras,
                  D'un geste gracieux arrondissant le bras,
                  Respectueusement :

                  « Encore un tour? »

                  Mais elle :
                  « Que pensez-vous, monsieur, de cette loi nouvelle,
                  Que l'on vient de voter sur l'impôt des boissons ?
                  Vous savez que la Chambre a fait quelques façons,
                  Et regrette à présent de l'avoir acceptée...
                  Croyez-vous qu'au Sénat elle soit rejetée ? »

                  Allons ! Après la Chambre, et pour changer, voilà
                  Le Sénat, à présent !... Charybde après Scylla !

                  « Quant au groupe Crépon, avez-vous confiance?... »

                  Cette fois, c'en est trop ! Et perdant patience,
                  Pour terminer d'un coup cet absurde entretien,
                  Sans répondre, glissant mon bras contre le sien,
                  Je la prends par la taille et vivement l'entraîne...

                  Mais je levais le pied et m'élançais à peine,
                  Qu'en un dernier accord, plaintif comme un regret,

                  Harmonieusement, la valse se mourait

                  Dans l'éparpillement de la danse finie,
                  Prenant, comme toujours, une peine inouïe,
                  Pour ne pas déchirer quelque volant bouffant,
                  A sa place, j'allai reconduire l'enfant.
                  Mais quand, la saluant d'une façon polie,
                  Je relevai les yeux, elle, elle si jolie,
                  Me sembla presque laide, et son charme vainqueur
                  S'effaça de mes yeux, s'envola de mon coeur...

                  Ah ! c'est qu'en un moment j'avais compris sans doute
                  Combien, en la jugeant, j'avais fait fausse route !
                  C'est qu'en un seul moment elle m'avait donné,
                  Sans y même songer, sans l'avoir soupçonné,
                  Celte impression triste, obscurément sentie,
                  D'une illusion folle et trop vite partie...
                  C'est qu'en un mot, enfin, son étrange jargon,
                  Sa Chambre, son Sénat, son Duret, son Crépon,
                  Ses voles escomptés, ses groupes... sympathiques,
                  Son ennuyeux savoir des choses politiques,
                  Ses projets de discours et ses projets de loi,
                  Tout cela, sur l'honneur, m'avait mis hors de moi !

                  Oh ! rester de son âge ! et toujours ! et sans cesse !

                  Vieux, savoir vaillamment accepter la vieillesse ;

                  Jeune, rester bien jeune, et, sans hâter le temps,

                  S'épanouir en paix au soleil du printemps !

                  Mais, comprenez-le donc, enfants, ce que l'on aime,

                  Ce qu'on adore en vous, c'est votre âge lui-même,

                  Votre simplicité, votre air naïf et doux,

                  Pour tout dire, c'est vous, toujours vous, rien que vous!

                  Oui ! pour qu'on vous chérisse, et que par vous charmées

                  Nos âmes, pressentant vos âmes embaumées,

                  Comme des papillons, en désirent le miel...

                  Oui! pour nous inspirer un amour éternel,

                  Telles que Dieu vous fit, naïves et gentilles,

                  Jeunes filles, sachez demeurer jeunes filles !

                  JACQUES NORMAND.

                  CAUSERIE THÉÂTRALE

                  COMÉDIE FRANÇAISE, La Souris, comédie en trois
                  actes, de M. Edouard Pailleron.

                  PORTE SAINT-MARTIN. La Tosca, drame en cinq
                  actes et six tableaux, de M. Victorien Sardou.

                  La Souris était attendue avec impa-
                  tience. Tout le monde comptait sur un
                  chef-d'oeuvre ; M. Pailleron ne l'a point

                  donné. La Souris n'ajoutera rien à la ré-
                  putation de l'homme d'esprit qui l'a signée.

                  Le fond de la nouvelle comédie est
                  une aventure de coeur des plus intéres-
                  santes, curieuse dans le détail, originale
                  et analysée avec une rare finesse. Mais
                  l'observation est un peu singulière ; le
                  public ne sépare guère l'amour de la
                  jeunesse. Les Arnolphes même les plus
                  aimables ont tort à ses yeux. La Souris
                  eût fait un roman délicieux: c'est une co-
                  médie ravissante par endroits, mais lan-
                  guissante dans l'ensemble. On croirait
                  entendre un chapitre de La Bruyère à la
                  scène.

                  Max de Simiers approche de la quaran-
                  taine. C'est encore un élégant cavalier.
                  Il a dit adieu à Paris et à vie mondaine,
                  parce qu'il n'y trouve plus ses succès
                  d'autrefois. Ses amis lui affirment « qu'il
                  ne paraît point son âge », et les femmes
                  lui demandent gravement « son amitié ».
                  L'heure de la retraite a sonné ; l'ancien
                  jeune premier quitte la scène; il ne se
                  sent point de' goût pour les raisonneurs.
                  Il rentre donc dans ses terres, bien ré-
                  solu à ne plus chasser que le chevreuil
                  ou le simple lapin. Mais il a rencontré
                  dans le château voisin de son domaine
                  Mme de Moisand, fort hospitalière de sa
                  nature et, de plus, mère d'une fille ravis-
                  sante, Clotilde de Woïska, née de son
                  premier mariage, et tutrice d'une fillette
                  de seize ans, Marthe de Moisand, à peine
                  sortie du couvent, « née du premier ma-
                  riage de son second mari ». Max de Si-
                  miers est devenu le familier du château ;
                  Clotilde lui plaît, et il ne déplaît point à
                  Clotilde. Son amour ne peut cependant se
                  révéler : Clotilde empêche toute décla-
                  ration. Sa mère et elle détournent avec
                  insistance son attention sur Marthe, dont
                  elles lui vantent toutes les qualités, Mme
                  de Moisand, par charité chrétienne, pour
                  se débarrasser de cette enfant qu'elle dé-
                  teste, Clotilde, par devoir et aussi par
                  affection pour Marthe, qui n'est point sa
                  soeur mais qu'elle aime comme une soeur.
                  Nous avons dit par devoir. En effet
                  Clotilde n'est point libre. Elle est mariée
                  au comte polonais Woïski. Ce mari exo-
                  tique l'a rendue aussi malheureuse que
                  possible. Débauché et brutal, il est en
                  train de finir comme il le méritait, dans
                  une maison de santé. Le malheur est que
                  Max de Simiers a toujours regardé
                  Marthe comme une fillette sans consé-
                  quence, et que plus on la loue devant lui,
                  plus il la trouve déplaisante. Les deux
                  femmes sont vraiment maladroites, mais
                  la maladresse dans l'égoïsme et dans la
                  peur est un trait de nature. Mme de Moi-
                  sand, qui est une maman craintive, plus
                  sotte que méchante, raconte ses ennuis à
                  deux jeunes femmes, Herminie de Sa-
                  gancey et Pépa Raimbault, la première
                  séparée de son mari, précieuse et senti-
                  mentale, mais au fond matérielle et sen-
                  sible, la seconde âgée de vingt-six ans,
                  évaporée et libre, dont le père était sculp-
                  teur et qui a fait son éducation à l'atelier
                  on le voit trop. Herminie et Pépa
                  étaient venues au château pour passer
                  gaiement quelques jours auprès de Clo-
                  tilde, dont elles avaient fréquenté à Paris
                  le salon, un salon l'on ne s'ennuyait
                  pas, lorsque son mari n'avait pas encore
                  roulé dans la boue. Quand elles sont
                  mises au courant de cette situation déli-
                  cate d'un prétendant aspirant à une main
                  qui ne peut lui être tendue, quand elles
                  savent surtout le nom du loup, elles res-
                  tent dans la bergerie.

                  Max de Simiers est pour elles une vieille
                  connaissance. Chacun de son côté fera
                  assaut de coquetterie autour du galant.
                  Elles sauveront ainsi une amie et se mo-
                  queront d'un fat.

                  Cependant, Clotilde reçoit une dépê-
                  che. Elle rougit et pâlit tour à tour en la
                  lisant. On devine que ce petit papier bleu
                  lui apporte sa délivrance. Elle donne le
                  prétexte qu'elle est contrainte pour affai-
                  res sérieuses de s'absenter pendant quel-
                  ques jours. Elle part non sans inquiétude
                  et avec une petite pointe de jalousie.

                  Herminie et Pépa commencent les es-
                  carmouches, puis la bataille en règle :
                  l'une et l'autre sont repoussées en pure
                  perte. La victoire se déclare du côté
                  on était loin de l'attendre. C'est Marthe, la
                  Souris, comme on l'appelle, parce qu'elle
                  entre toujours sans qu'on l'entende,
                  et qu'elle disparaît sans qu'on la voie ;
                  c'est Marthe, malgré ses seize ans, qui
                  prend le coeur de Max par sa franchise et
                  sa naïveté ; par ses larmes, quand Max la
                  raille impitoyablement en ne la traitant
                  que comme une petite fille qui joue en-
                  core à la poupée ; par son langage plein
                  de grâce naturelle, de candeur et de no-
                  blesse ; par l'aveu surtout qu'elle fait in-
                  consciemment du plaisir que lui causait
                  Max en la venant voir au couvent et du
                  charme qui lui reste encore de ce souve-
                  nir. Max, étonné d'abord, puis ravi, con-
                  vaincu, sûr d'être aimé pour lui-même,
                  ne doute plus de la passion qu'il a inspi-
                  rée quand, dans ses mains, tombe l'album
                  la charmante enfant le crayonnait
                  dans toutes les poses, assis, debout, à
                  cheval ; quand de l'album glisse une lettre
                  écrite du couvent par une pensionnaire
                  non libérée encore, et le nom de Max
                  et de Marthe reviennent à chaque ligne
                  tendrement accouplés. Clotilde rentre de
                  voyage, c'est la première confidente que
                  Max prend de son nouvel amour ; il ne
                  s'aperçoit pas qu'il la torture. Car Clo-
                  tilde l'aimait. secrètement et pouvait
                  maintenant l'aimer devant tous. Clotilde
                  est véritablement vouée au sacrifice. Elle
                  ne saurait en vouloir à Marthe : n'est-ce
                  point elle qui l'a poussée dans les bras
                  de Max ? N 'a-t-elle point ouvert les yeux
                  de Max sur les qualités de sa petite pro-
                  tégée, sur son charme encore en germe,
                  et que le premier rayon d'amour ferait
                  éclore ? Elle refoule au fond de son coeur
                  ses sentiments ; et, comme avant son dé-
                  part, elle s'était toujours montrée réser-
                  vée pour Max, elle ne peut l'accuser de
                  légèreté et d'inconstance.

                  Ce qu'il y a de nouveau, de véritable-
                  ment intéressant dans cette donnée, c'est
                  la conquête de Max par Marthe de Moi-
                  sand, c'est l'amour de cette enfant de
                  dix-sept ans pour un homme qui a dé-
                  passé l'âge l'on tourne les têtes ; c'est
                  la passion sérieuse de l'orpheline pour le
                  héros de son imagination, qu'elle voit
                  dans la réalité comme il lui apparaissait
                  dans ses rêves, un peu railleur, mais no-
                  ble, généreux, vraiment homme, le pro-
                  tecteur qu'il faut à une enfant qui n'a plus
                  sa mère et se sent entourée d'indifférents
                  ou d'ennemis. Ce qu'il y a de naturel et de
                  vrai, c'est l'égoïame de Marthe acceptant
                  le sacrifice de Clotilde, qu'elle aime ce-
                  pendant, en feignant de ne le point com-
                  prendre; c'est la joie débordante de Max,
                  redevenant un amoureux de vingt ans,
                  fou, étourdi, prenant pour auxiliaire la
                  femme qu'il courtisait quelques jours
                  avant et qu'il regarde maintenant comme
                  un conseiller, un ami sérieux, expert, un


                  Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Centre technique du livre, 2009-34518

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