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Pareillement, quand la sirie de Blot, apanage de Bourbon, passa dans la maison de Chau-
vigny par l'arrière-petite-fille d'Aymon II, sire de Bourbon, de Blot, de la Roche-Aymon,
en 1115, cette sirie de Blot perdit ses avantages francs, parce qu'en Chauvigny ne coulait pas
le sang salique, quelque ancienne que soit cette maison.
Finalement, ce droit salique de la perpétuelle substitution masculine et de la copropriété de
fonds sert de fondement inébranlable, et de moyen plus solide pour affirmer l'identité de cer-
taines maisons, même en tout temps, du moins particulièrement de celles des Aymon de
Bourbon et des Aymon de la Pxoche-Aymon, bien mieux encore que la conformité des armoi-
ries, prénoms ou noms de baptême, qui n'y adviennent que subsidiairement et comme des
accessoires.
Commentaires de César, Tite-
Live, Strabon, Polybe, Justin, etc.
Ce qui amène à parler du nom Haymon , qui est patronimique plutôt qu'un prénom ; car son
etymologie vient du mot heym ou haym, qui, en langue franque et germanique, signifie ha-
bitation, séjour, être chez soi, Boïorumheïm ou habitation des Boyens-Bourbonaisiens, les-
quels entreprirent, avec les Berruyers, cette célèbre irruption en Franconie, en Bavière, Bo-
hême, la Frise, etc., six cents ans avant J.-C. (oyez la traduction de Tacite sur les moeurs
des Germains, par M. de la Bletterie, pag. 45, et la remarque 65.me sur ces mots heïm ou
haïm, Boïohaïmum, pag. 175 et suiv-, tom. I de l'édition de Paris, 1755. ) De ce mot de
haïm s'est formé par déclinaison celui de Haïmum ou Haïmon, qu'on écrit maintenant sans
la lettre H, Aymon, nom que ces Gaulois-Francs retinrent, quand, invités par leurs frères
et compatriotes les Gaulois à venir les délivrer de la dure tyrannie des Romains, ils retour-
nèrent, en effet, dans leur ancienne patrie des Gaules, du Berry et du Bourbonnais. Cette
expédition militaire leur ayant si glorieusement réussi, que les Gaules en furent affranchies,
ils rentrèrent en possession de leurs anciens héritages ou dans leurs terres des Haymon, c'est-
à-dire de ces Bourbonnaisiens de retour chez soi ; car ce même mot de haïm ou haïmum est
la racine de celui de haïmkommen, qui signifie être de retour chez soi, et qui, à leur égard,
signifiait caractéristiquement qu'ils étaient de retour dans la propriété héréditaire et perpé-
tuelle de leur noble sang viril.
En sorte que ce mot Haymon ne serait ni un prénom, ni un nom de baptême, mais plutôt
il est patronimique ou nom de famille, perpétuellement affecté à la famille des chefs de ce peuple
de Francs-Bourbonnaisiens de retour dans leurs terres franches et allodiales; ce qui n'empêche
pas que ce nom ne soit devenu dans la suite un nom de baptême par la sainteté de quelques-
uns des individus qui l'ont porté comme patronimique : les anciens princes et vicomtes d'Au-
busson l'ont même porté comme nom de baptême au neuvième siècle, ainsi que celui de Renaud
ou Ranulfe, diminutif de Rainaud.
De toutes les observations précédentes il en résulterait donc que, par le droit du noble sang
viril salique de la perpétuelle substitution masculine, commun entre les Aymon de Bourbon
et les Aymon de la Roche-Aymon, ainsi que par cet autre droit imprescriptible de la co-
propriété de fonds dans tous leurs individus mâles a perpétuité, par celui de porter le même
nom, le même titre d'honneur et les mêmes armoiries, ces deux maisons sont identiques, ou
n'en font qu'une seule dans leur origine, dite des Aymon; et que les anciens sires de Bourbon-
Aymon n'ayant pas toujours possédé la terre et le château de Bourbon, tandis que les Aymon
de la Roche-Aymon ont originairement et toujours possédé leur terre salique avec leur vieux
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LM3-534