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Titre : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir

Éditeur : Le Petit Parisien (Paris)

Date d'édition : 1915-04-03

Contributeur : Roujon, Jacques (1884-19..). Directeur de publication

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

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Description : 03 avril 1915

Description : 1915/04/03 (Numéro 14035).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k565394c

Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34419111x

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34419111x/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 31/07/2008

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LE ROLE

des chemins de fer On connait l'importance du rôle que jouent -les chemins de fer dans la guerre moderne. Ils constituant bien réellement la cinquième arme, ou la sixième, si l'on préfère,- dans l'ordre de classement pro- tocoluure, mais non dans celui de l'utilité car s'ils sont insuffisants ou s'ils fonctionnent mal, les opérations les plus géniales ..et. les. manœuvres les mieux conçues sont vouées à la stérilité.

Tout le monde sait quels avantages a tirés l'Allemagne du développement énorme de ses voies stratégiques, dont une grande partie avait été construite dans ce but nettement objectif, et quelles difficultés Ont parfois rencontrées nos amis russes par suite de la rareté des leurs. Je n'aurai garde d'exposer dans le détail les immenses services que n'ont cessé de nous rendre les nôtres, ni surtout d'insister sur ceux qu'ils sont appelés à nous rendre encore. Mais je crois intéressant de signaler, d'après un document officiel français publié par le Times, les conditions laissées jusqu'ici dans l'ombre, dans lesquelles s'est opéré' leur fonctionnement général. Que l'on veuille bien me passer ce hors-d'oeuvre, pour lequel je profite d'un jour où aucun événement saillant n'attire plus particulièrement l'attention.

Le service des chemins de fer français, nul ne l'ignore, passe, dès l'ordre de mobilisation-générale, aux mains de l'autorité militaire, représentée par des commissaires de réseaux. Mais le trafic ne cesse pas, pour cela, d'être l'affaire des compagnies elles-mêmes et c'est à leurs agents ordinaires que reviennent l'honneur et la charge d'assurer l'exécu- tion des horaires fixés par le « plan de transport Ces agents, à tous les degrés de la hiérarchie, s'en sont acquittés avec une précision remarquable et un absolu dévouement.

Dès le 31 juillet, à neuf heures du soir, commençait le transport des troupes de couverture. Il se termina le 3 août à midi, sans aucun retard, sans aucune anicroche, sans que même un seul train de service ordinaire eût été supprimé. En même temps, on procédait aux premiers transports nécessités par la mobilisation, et le seul réseau de l'Est expédiait pour sa part six cents trains. Enfin, les transports dits de concentration, c'est-àdire ceux qui ont pour objet d'amener les armées à pied d'oeuvre, furent entamés le 5 août à midi et opérés en deux ^séries, fixées par l'ordre d'urgence. La première exigea sept jours pleins, jusraidis la seconde six jours seulement, du 12 au 18 août à minuit.

Tout avait été si rigoureusement prévu, et tout fut si ponctuellement exécuté, que sur 2.500 trains mis en route pendant la première période, 20 à peine subirent quelques légers retards, tandis que, dans la seconde, on n'en signalait aucun. Pas le moindre accident sérieux !n'a affecté cette marche qui dura quatorze jours sans interruption de 4.750 trains, dont 250 portaient aux forteresses le complément de leurs approvisionnements de siège. Encore faut-il remar(quel' qu'entre temps, quatre corps d'armée avaient, pour des raisons stratégiques, reçu un changement de destination.

Mais, ce travail considérable une fois accompli, la m-ièsion des chemins de fer n'était paa terminée pour cela. Il leur fallait ensuite assurer le ravitaillement de deux millions d'hommes. Or, pendant la retraite de Charleroi, ce ne fut pas chose facile, étant donnée la nécessité de replier le matériel roulant français et belge, de déplacer les magasins temporaires, et de prendre en charge les habitants qui fuyaient leurs foyers envahis, tout cela en suivant de près le mouvement de recul. A cette tâche écrasainte, nul n'a jamais failli.

Restaient encore, et restent toujours, les transports latéraux d'un champ de bataille à un autre. Du début de la guerre à la bataille de l'Yser, ces transports ont porté sur des parcours variant de 65 400 kilomètres, et nécessitant l'emploi de 6.000 trains qui ont déplacé 70 divisions. C'est grâce en grande partie à leur rapidité et à leur exactitude, iqu'a pu être enrayée la ruée des Alleimands sur Calais.

Ce court exposé suffit, je crois, pour V justifier J'éclatant hommage que, à la fin \d'août dernier déjà, les ministres de la uerre et des Travaux publics rendaient au dévouement admirable du rsonnel des chemins de fer, qui. « par me patriotique activité dépensée jour et mutt,' sans trêve, a préparé la tâche victorieuse des armées n.

il l'a, en effet, préparée naguère. Et maintenant. il l'aide encore avec une 'abnégation toute pareille, qui contribue Jà faire.de lu.i le plus .précieux auxiliaire -dê-nôâ valeureux soldats.

Lieutenant-colonel ROUSSET.

L'état de siège

en Cochinchine et au Tonkin Saïgon, 2 avril.

A la suite d'une réunion du conseil de défense de l'tndo-Çhrae, tenue à Hanoi, !e gouverneur général a proclamé l'état de siège pour la Guehinchme et ie Tonkm et a prescrit la mobilisation de toutes les classes de réserve de l'armée active, à dater du la avril.

[D'après tcs informations que nous avons fecueàUes au ministère des Colonies, cette décision ne se rattache à aucune incident particulier. La situation est normale dans (Indo-Chine nulle effervescence ne s'y ma'ni(este parmi les indigènes

Avant sbn départ pour Hanoï, le nouveau gouverneur général, M. Rourne, acait déjà annoncé qu'il convoquerait le conseil de défense pour envisager certaines mesures de

COMMUNIQUÉS OFFICIELS 11 HEURES.

Combats d'artillerie sur différents points du front.

En Woëvre, à nous avons occupé, te village de Fey-en-Haye et. nous nous y sommes maintenus malgré plusieurs contre-attaques.

En Lorraine et dans les Vosges, rien à signaler.

rv^r~r 3 HEURES.

Rien d'important à ajouter au communiqué d'hier soir.

Au sud de Péronne, près de Dompierre, nous avons détruit à la mine plusieurs tranchées ennemies.

En Argonne, à Bagatelle, une tentative d'attaque allemande a été arrêtée net.

Au sud de Dixmude, le lieutenant-aviateur Garros a abattu un aviatik à coups de mitrailleuse.

Dans la région de l'Aisne, un autre aviateur allemand a été abattu à coups de fusil par l'aviateur Navarre.

Des avions français et belges ont jeté une trentaine d'obus sur le champ d'aviation de Hantzaerne.

LE GÉNÉRAL PAU exalte les armées russe et serbe (DE NOTFiE ENVOYÉ SPÉCIAL)

Le général Pau est arrivé à Athènes, retour de Russie. T apprends de source autorisée qu'il rapporte l'impression la plus satisfaisantc sur l'armée russe, dont l'étai actuel dépasse toutes lés espérances

Haut commandement remarquable, troupes 'parfaites, endurance, courage, entraînement, ravitaitlement parfaitement organisé, munitions et armement en abondance, réserves d'hommes inépuisables.

Une seule irolontè anime cet immense corps, d'en finir à jamais avec notre ennemi commun.

D'autre part, l'armée serbe, reposée, refaite, pleine de vaillance, est prête à reprendre la tâche glorieusement commencée.

Claude ANET.

RATES mVïïUMANï TÉ .1. La férocité allemande ne se lasse point. ~|E» EUe nous offre chaque jour de nouveaux motifs de stupeur et d'indignation. A étaient-il: que le vapeur Emma était coulé: victimes d'un côté, 17 de l'autre. Ceux qui périrent n'étaient point des combattants frappés dans une lutte loyale, mais des matelots de la marine marchande, des passagers de toute nation, les uns et les autres inôffënsifs. On ne nous dit pas encore qu'un cinématographe de Berlin ou de Francfort ait représenté la fin de l'Em.a mais la fin du Falaba a réjoui les foules tudesques, étreintes par la plus monstrueuse des ivresses, aussi barbares que les foules romaines du temps de César.

Il semble que, cette fois, le monde ait.compris. Cette guerre- n'est pas pour l'Allemagne une guerre nationale elle est une lutte pour la destruction, où les pires instincts se donnent carrière, où la clémence apparaît comme une tare et la sauvagerie comme un devoir indiscutable. Si les neutres pouvaient douter, ils ne doutent plus. Le banditisme, qui s'exerce dans la Manche et dans la mer du Nord, est plus atroce encore que celui dont Louvain, Arras, Senlis, Gerbévillers et tant d'autres villes nous offrent le spectacle inoubliable. Les différents L7 dont se pare la marine de von Tirpitz n'en veulent pas seulement aux navires et aux cargaisons ils anéantissent les vies humaines; point d'avertissement préalable, point de secours aux naufragés des ricanements devant la mort. La torpille a fait son œuvre. Mais la conscience universelle parle « Ils se sont rayés de l'humanité », dit la presse américaine. « Ils sont plus odieux que les pirates barbaresques du temps jadis », écrit la presse hollandaise.

Ceux qui ont commis le crime du Falaba et le crime de l'Emma ne relèvent plus du droit des gens. Aucun châtiment ne sera trop lourd pour eux.

tatouent ànouvean Hoïta OFFICIEL

Londres, 2 avril.

Lin auiateur naval a jeté, hier matifi, avec succès, quatre bornbes sur un sous-marin en construction à Hoboken, près d'Anvers. Un autre aviateur naval, volant au-dessus de Zeebrugge, a jeté quatre bombes sur deux sous-marins rangés de long de la jetce. On croit qu'il les a atteints efficacement. Les deux aviateurs, qui avaient quitté leur base ce matin par un beau clair de lune, y sont revenus sains, et saufs.

[D'après une note complémentaire, ces deux aviateurs seraient les lieutenants Andréa et Wilson.

LA FLOTTE BRITANNIQUE CANONNE ZEEBRUGGE

Amsterdam, 2 avril.

Le Handelsblad apprend de l'Ecluse que les navires anglais ont commencé un violent bombardemnt de la côte nord belge. A neuf heures et demie, hier soir, on entendit plusieurs explosions. Les batteries allemandes ont riposté.

A six heures du matin, les aviateurs anglais ont effectué des reconnaissances sur le littoral pour constater les résultats du bombardement dirigé contre Zeebrugge et contre le camp d'aviation établi entre Lissewghe et Zeebrugge, près du canal

tre oriental de la guerre. (Havas.) LE COMMUNIQUÉ ALLEMAND (Communiqué offimcl du avra)

Amsterdam, 2 avril.

Nous avons occupé Cloister Hoek et gagné un peu de terrain près de Dixmude nous avions fait prisonniers un officier et quarante-quatre Belges.

Le combat a cessé, hier, à l'ouest de Pontà-Mousson, autour du bois Le Prêtre. Les Français ont pénétré dans nos tranchées avancées iMr quelques points la lutte se poursuit aujourd'hui.

Les Français ont subi des pertes sévères dans les combats d'avant-poste à l'est de Lunéville.

Dans les Vosges, combats d'artillerie. Sur le théâtre oriental de la guerre, pas de changement dans la situation près d'Augustowo et de Suwalki.

Une tentative des Russes pour traverser la Rawka au sud-ouest de Skiernowitz, durant la nuit, a échoué.

Nous avons repoussé l'attaque des Russes prèsd'Opocno.

Pendant le mois de mars, l'armée allemande du front oriental a fait 55.800 prisonnier et pris neuf canons et soixante et une mitrailleuses.

A l'est de Lunéville où le conamuniqué allemand du ?*r avril prétend j'aussement que nous avons subi. des pertes sensibles dans un combat d'avant-postes, un bataitlon bavarois a été repous.eP. ainsi que l'a annoncé le communiqué d'hier, laissmiat de notnbreux morts sur le terrain. Nos pertes ont été minimes. Cet engagement heureux pour nous a eu lieu dans la récgion de Parroy. à forte distance de Lunéville qui est complètement en dehors de la zone des avant-postes.

Les Russes brisent l'offensive allemande sur le Niémen

ILS PROGRESSENT DANS LES CARPATHES ILS EXTERMINENT LES AUTRICHIENS QUI MARCHAIENT SUR CHOTINE Petrograd, 2 avril.

(Communiqué du grand état-major.) Sur le front, à l'ouest du Niémen, nous avons remporté, le mars, un succès essentiel sur les Allemands. Dans la région de Krasna, à l'ouest de Sinno, l'ennemi a entamé une rapide retraite obstinément pressé par nos troupes.

Dans les Carpathcs, notre offensive continue avec des résultats très substantiels. Nous avons atteint, le 30 mars, la région de Volia-Mitchova et de Lutoviska. Dans la région de Volia-Mitchova, nos troupes rnt escaladé des escarpements de montagnes presque à pic, avec de la neige jusqu'aux reins, en combattant obstinément dans des forêts enchevètrées de fiLs de fer. Pas à pas, elles, ont délogé Les Autrichiens de teurs tranchées et se sont emparées d'une .série de hauteurs fortifiées, dont la chatne principale est Veskid.

Dans la directiora de Lutouiska, malgré le leu uiolent de l'enn.enai et la masse de neige, nous auoras également délogé les Autrichiens de leurs positions, à d'ouest de. N.Q«tesne et au sud-est de Dvernikow. Le naars, nous avons capturé, dans les Carpathes, plus de 8h officiers et de 5';600 hommes, et nous avons pris 4 canons et 4 mitrailleuses.

Dans la direction de Chotine, plusieurs bataitlons autrichien, qui occupaient une position fortifiée dans la région des villages de Sïilouicy et Malincy, ont été, le 30 mars, entourés par nos troupes et partiellement exterminés. Leurs débris, au nombre de 1.500 hommes, orat laits prisonniers.

[On sait que Chotine est une ville russe de Bessarabie à proximité de la frontière de Bukovine.]

DES AÉROPLANES ENNEMIS BOMBARDENT DES HOPITAUX Petrograd, 2 avril.

La direction de l'état-major général communique

Le 25 mars, un aéroplane autrichien a lancé deux bombes sur notre ambulance de la station Volia-Rzendzinska, à huit verstes de Tarnoff, malgré les pavillons de la CroixRouge hissés sur toutes les tentes de l'ambulance et sur les grands pavillons spéciaux, indiquant la présence d'un -établissement hospitalier.

Le 25 mars, des aéroplanes allemands ont boCÂnrdé la gare l'Ostrolenka le bombarflee" mart[B«sv de reconnaissance indiquant, sans méprise passible, des hôpitaux et des cantines de la Croix-Rouge, ainsi que les trains d'infirmerie nM 31 et dont une partie des voitures a été endommagée.

Le personel hospitalier a été éprouvé. Les généraux autrichiens

capturés à Przemysl

Petrograd, 2 avril.

La direction de l'état-major général communique

Les généraux suivants de l'armée austrohongroise ont été faits prisonnière à Przemvsl

Le commandant dé la forteresse général d'infanterie Hermann Kusmanek, chef de la 23° division de honved le feld-maréchal lieutenant Arpad Tamasi les feld-maréchaux lieutenants Karl Weizendorfer, \Vilhelm Nikl les majors généraux Alfred Weber, Rodolphe Seide, Arthur KaJtnecker, Georg Komma et Friedrick Kloiber. L'ALLEMAGNE PRÉTEND AVOIR UNE RÉSERVE DE BLÉ

Amsterdam, 2 avril.

Le ministère de l'Agriculture allemand vient de lancer une circulaire déclarant que, grâce à un emploi économe du blé disponible, l'administration a réussi à constituer un stock pour assurer la fabrication du pain jusqu'à la prochaine récolte et de manière parfaitement satisfaisante.

Il en sera de même, dit la circulaire, si l'on ménage les stocks. Les pommes en silos (mielen) se sont si bien conservées qu'on n'aura a subir qu'un déchet inférieur à la moyenne.

On sait cependant que, par suite de la sécheresse de l'été dernier, la récolte de pommes de terre a été très inférieure aux prévisions originelles, mais ce qu'il reste de la récolte de pommes de terre suffit pour les semences et l'alimentation, si tout le monde fait preuve d'une extrême économie. Des mesures ont été prises pour que des pommes de terre soient plantées sur 3 millions 1/2 d'hectares. (Havas.; Un vapeur autrichien saute devant Belgrade Nisch, 2 avril.

La nuit dernière, un vapeur autrichien chargé d'armes et de munitions, qui se rendait de Semlin à Pantchevo, a heurté une mine dans le Danube. Aussitôt, l'artillerie serbe a ouvert le feu contre le vapeur, qui a fait explosion avec un bruit formidable. Des débris de la cargais ..ii a sont venus tomber jusque dans Belgrade. 'Havas.) COMMENT LES AUTRICHIENS

TRAITENT LES PRISONNIERS SERBES Nisch, 2 avril.

L'artiste serbe Vladetta Dragoutinovitch, du théâtre de Raguse, avait été enfermé, avec beaucoup d'autres Serbes, à Meszider, à une distance de 40 kilomètres de Vienne. Dragoutinovitch vient d'échapper aux Autrichiens et il a donné à la Politika le récit suivant:

tt Après la remise de la note à la Serbie et avant la réponse de celle-ci, nous avons été internés au nombre de 80. Ce nombre s'est considérablement augmenté par la suite. Quand, de Karlovitzi, nous avons été emmenés à Meszider, nous étions déjà 2.000 bientôt le nombre des Serbes internés, hommes, femmes et enfants, a dépassé 5.000. On nous a mis dans des casernes et\dans des étables où, mal nourris et maltraités, nous avons terriblement souffert de maladies diverses.

Le cimetière spécial aux prisonniers compte aujourd'hui 2.000 tombes. (Havas .)

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Entre Lunéville et Nancy

Au milieu de la vaste place des Carmes, dont toutes les maisons qui la bordent ont été brûlées, la statue de l'abbé Grégoire, restée intacte, pendant que s'étendait ce brasier. L'ardent conventionnel semble contempler ce désastre, et on imagine volontiers qu'il répète sa phrase fameuse, en songeant aux souverains d'Allemagne et d'Autriche Les rois sont, dans l'ordre moral, ce que sont les monstres dans l'ordre physique. » Le pont jeté sur la Vezouze a été rétabli, avec une partie en bois. Mais les vieux logis pittoresques, le long de la rivière, restent en ruines. Puis la ville, au delà du pont, a repris son aspect habituel, sa grâce un peu vieillotte d'ancienne petite capitale avec son château, évoquant la cour lorraine d'autrecathédrale, la plus profane des églises, où on a la vision de belles dames en paniers, et où on croit toujours entendre le bruit léger de talons rouges sur les dalles. Sur le fronton, des xnges, qui ont plutôt figure d'amours, entourent une statue du Temps, qui porte sur ses épaules une horloge. Avec quel dégoût a-t-il dû marquer l'heure de l'entrée des Allemands et celle des crimes qu'ils commirent pendant l'occupation

Les traces de leur passage, on les retrouve à l'autre extrémité de la Grande-Rue, où, autour de la synagogue, apparaissent les décombres de maisons incendiées. C'est près de là que fut fusillé M. Kahn, coupable d'un geste de répulsion quand défilèrent les Bavarois.

L'autorité allemande avait multiplié les affiches. Elles ont été arrachées. Sur un mur, il reste un lambeau de l'une d'elles, imprimée en trois langues en français, en allemand et en russe, proclamation préparée d'avance, pour les villes envahies, par un ennemi qui avait pensé à tout, sauf au recul auquel il fut contraint.

LA FERME DE LÉAUMONT

Dominant une hauteur, au delà du village de Vitrimont, solide et massive comme une forteresse d'autrefois, il y avait là une grande ferme. Il n'en subsiste que des murs calcinés. Pour la possession de cette position, la lutte fut acharnée dans les batailles du 1" et du 2 septembre.

On se battait dans les blés, qui ne furent fauchés que par la mitraille, et la moisson qui fut faite, ce fut une moisson rouge. Ce coin d'une terre opulente devait dire la joie de l'abondance. Il est, aujourd'hui, d'un De la route, nous apercevons de loin des hommes qui semblent fouiller le sol, par petifs groupes. Leur attitude nous intrigue nous gravissons la pente, nous nous approchons d'eux. Hélas c'est à un lugubre travail qu'ils se livrent Les victimes de ces combats avaient été enterrées en hâte. On dépose leurs restes dans des fosses plus prof onces, avant qu'ils soient, un jour, réunis dans un ossuaire.

La douloureuse besogne s'accomplit pieusement, d'ailleurs. Mais en combien peu de temps, en cette glèbe, disparaît ce qui fut un héros Sur le bord de l'excavation gisent des loques rouges et bleues. Nous cherchons du regard le corps qui porta ces débris d'uniforme.

Cette pauvre dépouille n'est plus anonyme. Elle pourra être honorée. Nous la voyons déposer dans la fosse préparée, qu'indiquera désormais une croix, et, preu sèment, au nom de ceux qui ont aimé ce mort, nous jetons sur lui la première pelletée de terre.

HUDIVILLER (Meurthe-et-Moselle) Le village fut durement bombardé le 6 septembre. Sur un des côtés de la route qui le traverse, Ce ne sont que décombres. Les vitraux anciens de la petite église ont éclaté, se sont volatilisés on n'en a pas retrouvé le plus petit fragment. Par les fenêtres dégarnies, le vent s'engouffre dans l'édifice, fait un bruit fantastique.

Cette dévastation du village est du 6 septembre. La plupart des habitants, ne sachant où chercher un abri, s'enfermèrent dans la fournaise. Ils sont bronzés sur les horreurs de la guerre. Les enfants qui sont là, et qui jouent, ont vu des spectacles la vie a repris, autant qu'elle pouvait reprendre dans des ruines, avec cette volonté, qui a aussi son héroïsme, chez nos paysans, de recommencer l'œuvre interrompue par un désastre, avec la foi dans l'avenir réparateur. C'est cette résolution courageuse que nous avons surtout constatée chez ceuxlà mêmes qui avaient tout perdu. devant leurs maisons écroulées ou brûlées. Une force d'âme devant le malheur, une force d'âme qui est aussi une façon de combattre A peu près en face de l'église, un formiobus a creusé un large trou. Les pluies

l'ont rempli d'eau, en ont fait une mare où barbotent des canards. Ce simple tableau n'a pas, assurément, dans sa simplicité, ca contraste poétique qui, un jour, frappait Victor Hugo, voyant un rouge-gorge se poser sur le lion de Waterloo. ia est beaucoup plus humble. L'engin de mort ayant fait cette crevasse, utilisée maintenant comme à la basse-cour, nous a rappelé, cependant, ces vers du poète

L'espoir, dans ce qui fut le désespdir, naguère, Et la paix, dans la gueule horrible de la guerre RAMBERGOURT-AUX-POTS (Meuse) Là, c'est l'impression la plus saisissante qui se puisse imaginer. Après la traversée d'une plaine monotone, la route s'engage au milieu du bourg détruit. Des dënx côtés, des maisons effondrées. Pa^uïie Ame un silence de mort, une poignante désolation, l'impression, bien que quelques mois seulement se soient écoulés, d'un abandon très ancien. On marche un temps qui sembla long dans ce désert. L'anéantissement a été si complet qu'aucun refuge n'était possible dans ces rumes qui, dans un paysage déjà. triste, ont un aspect farouche. On a la sensation de je ne sais quoi d'aggravé encore, depuis la catastrophe, de plus désespéré. Dans cette solitude, les pas résonnent sur le sol étrangement. L'ouragan des obus a découpé des silhouettes fantomatiques dans ces pans de murs qui disent qu'il y avait là, avant le passage des Allemands, des hahi. tations. On n'en reconnalt plus même la forme. Et puis, cette troublante absence da tout bruit

Soudain, nous apercevons une petite fumée qui monte, sortant de dessous terre. Nous nous dirigeons de ce côté. Dans un reste de cave, une cave qui fut éventrée, en sa partie proche de la voûte, une femme est assise devant un feu de bois sur lequel elle fait la cuisine. La plus singulière apparition tant elle est inattendue dans ce lieu d'od l'existence s'est retirée

A la vérité, l'explication de sa présence est moins romantique qu'il semblerait tout d'abord, car, le soir tombant, nous avons eu la vision de quelque sorcière combinant ses philtres. L'honnête et bon visage qui se montre éloigne toute prévention cette brava femme prépare seulement le repas pour un petit poste de gendarmes, établi plus loin. EHe est leur ménagère, et elle s'est installée là où fut son logis.

C'est tout ce que les Prussiens en ont laissé, nous dit-elle avec résignation. Nous faisons quelques pas encore, jusque l'église, dont la façade, où se mêlaient les styles gothique et Renaissance, était célèbre et est aujourd'hui lamentablement mutilée. Sous le toit brûlé, la voûte calcinée tient encore, mais pour combien de temps ? Audessus d'un pilier, en face de la porte, une énorme déchirure dans la pierre, faite par des obus. La cloche est tombée, mais elle s'est curieusement accrochée à quelque distance du sol, et on a amassé de la paille sur les dalles, pour amortir sa chute imminente.

Sur la route, nous ramassons un morceau de verre fondu, d'un gris pâle irisé ces débris représentent le souvenir d'admirables vitreaux.

Au delà de l'église, qui forme, en quelque serte la frontière des ruines, un chemin descend vers un coin de village épargné, mais peu habité encore. C'est avec une transition discrète que s'opère la rentrée dans le domaine de la vie.

Paul GINISTY.

L'INCENDIE DE LA «TQURAINE» Ce que disent do Swotiorla cenïpJejéWeDt Le financier Raymond Swcbodâ est il vraiment coupable d'avoir voulu incendier la Touraine. Si la sûreté générale et le parquet du Havre ont fait arrêter le passager du transatlantique après son retour à Paris, c'est que très prnbablement ils ont eu pour cela de très sérieuses raisons, sur les- quelles malheureusement ils gardent un silence troublant. Il y a donc %eu de supposer que l'inculpation qui pèse sur le finan- cier a quelque chance d'être solidement étayée. Il n'en est pas moins vrai.que cette arres- tatinn, dès qu'elle a été connue, tant à Paris. qu'à New-York, y a fait hausser les épaules à quantité de gens. On verra plus r Icin qu'en Amérique l'associé de l'inculpé


proteste de toutes ses forces. A Paris, il est quantité de gens qui se montrent sceptiques. Ainsi que nous l'avons déjà indiqué, l'arrestation de Rolf-Raymond Swoboda a vivement surpris ceux qui étaient en relations avec lui. L'inculpé était très connu dans le monde des affaires.

-Grand et svelte, le visage entièrement rasé, toujours très élégamment vêtu, il s'exprimait en français avec un très léger accent et parlait couramment plusieurs langues. Il avait tout à fait l'air d'un citoyen des Etats-Unis, et les personnes auxquelles il fut présenté ne doutèrent pas un seul instant de sa nationalité américaine.

On connaissait sa liaison avec Mlle Treichler, qu'il disait être une cantatrice de grand talent.

Swoboda parlait rarement de la guerre. Il raconta, peu après la mobilisation, que l'autorité militaire avait réquisitionné son automobile, une forte voiture de provenance américaine. Qjuand on lui demandait son avis sur la durée des hostilités, il s'excusait de ne pouvoir répondre, disant qu'il lisait trop rarement les journaux pour être au courant de la situation des belligérants. La plupart de ceux qui l'ont approché n'ont pas gardé de lui un mauvais souvenir. De nombreuses personnes se refusent encore à croire à sa culpabilité et estiment qu'il est victime d'une erreur judiciaire. Swoboda quitta Paris vers le 5 janvier, en disant qu'il se rendait à New-York pour affaires. Quelles affaires ? Affaires financières, selon les uns affaires commerciales, d'après les autres.

De New-York, Swoboda envoya des cartes et quelques lettres pour annoncer son arrivée et dire qu'il avait effectué une excellente traversée.

Il donna, par la suite, de ses nouvelles et annonça son retour à bord de la Tourame. En arrivant à Paris, il rendit visite à ses amis. Ceux-ci, qui savaient, par les journaux, qu'un incendie avait éclaté à boni du paquebot, le questionnèrent, mais Swoboda les rassura. La presse, disait-il, avait exagéré l'importance du sinistre. Il s'agissait, en réalité, d'un petit incendie, dont on s'était rapidement rendu maître. Evidemment, la Touraine avait demandé assistance par T. S. F., mais c'était là une simple mesure de précautions. Selon lui, à aucun moment, les passagers ne s'étaient trouvés en danger. Enfin, nous a déclaré une personne de ses amis qui dirige une grande maison de commerce dans un des plus riches quartiers de Paris et qui lui avait confié sa représentation en Amérique, pas un instant il n'a cherché à se cacher. S'il eût commis le crime dont on l'accuse, ou bien il ne se serait pas embarqué sous son nom ou il ne serait pas venu reprendre à Paris la vie qu'il y menait autrefois. Et puis. nous dit-on, on ne voit pas très bien Swoboda, qui aimait la vie et la menait très large, dépensait sans compter, fréquentait les restaurants à la mode, avait plusieurs amies, risquant ainsi sa propre existence, en essuyant, en pleine mer, de faire sauter un paquebot sur lequel il avait pris passage.

Les déclarations d'un boursier

De son côté un boursier, M. Trescat, qui connu* assez bien Swoboda, partage, à son égard, le scepticisme que nous signalons A son retour d'Amérique, nous a-t-il dit. swoboda n'a pas songé à se cacher le moins du monde, comme certains l'on: prétendu, U'ost descendu à l'hôtel Majestie, avenue Kléber, et de là il est allé habiter l'hôtel Régina, où il fut arrélé. Le mobile du crime qui lui est reproché ne ^'expliquerait, à mon avis, en aucune façon. En effet, il n'avait pas besoin de l'argent de l'Allemagne.

Remisier habile, Swoboda était accrédité auprès de deux agents de change MM. Adam et Brault. Il ne fut pas l'employé de NI. Raguit, mais son associé. Le papier de la maison portait leurs» deux noms et vous pouvez encore lire sur l'annuaire du téléphone la raison sociale do la maison « Raguit-Swobôdn. »

La liquidation de fm juillet n'eut pas lieu. Le bénéfice résultant des opérations de la Bourse à terme se trouva donc immobilisé depuis le commencement des hostitilés, Swoboda ne pouvait plus se livrer a ses opérations habituelles, puisque le courtage ne donnait aucun résultat. C'est alors que lui vint l'idée de se rennre en Amérique pour y chercher une collection d'échantillons de tous les produits ou matières pouvant Intéresser le ravitaillement français et la défense nationale.

En Amérique, il visita les fabriques importantes, désignant comme répondant M. Monsson, courtier assermenté.

En perquisitionnant dans le pavillon de Flore, qu'habitait Swoboda à Viroflay, on trouva, diton. une photographie de lui en uniforme d'officier allemand. Il doit y avoir, ici encore, ou erreur ou confusion.

Pour se perfectionner dans l'étude de la langue allemandes Swoboda suivit, pendant deux ans, les cours de l'Université d'Heidelberg. C'est vraisemblablement sa photographie, en tenue d'étudiant, qui a été saisie.

Enfin, au sujet des plans qui auraient été découverts dans une de ses malles, il faut savoir que Swoboda a un oncle architecte à b'ancouver lui a probablement rendu visite à son dernier voyage. Ce parent ne serait-il pas l'auteur des plans dont il s agit ?

Pour conclure, cette arrestation m'a fort surpris, ainsi que tous les boursiers qui connaissent Swoboda depuis plusieurs années. Je vous le répète, cet Américain gagnait très largement sa vie: il possédai', une clientèle française dont ;l faisait fructifier les capitaux. La guerre, interrompant ses opérations de Bourse, il voulut momentanément faire du commerce. Et voila tout. Telle est la thèse des amis que Swoboda a conservés.

Swoboda remisier

On a lu plus haut que, d'après M. Tresest, Swoboda était accrédité en qualité de remisier auprès de MM. Adam et Hrault, agents de change.

M. Adam est décédé depuis le mars dernier. Nous avons pourtant rencontré dans pes bureaux le fondé de pouvoirs du financrier disparu qui, pour le moment, dirige la maison et qui nous a formellement déclaré

Il est inexact que Swoboda ait été accrédité auprès de M. Adam. La preuve, c'est 'que les agents de change sont tenus de roduire auprès de leur chambre syndicale fia liste de leurs remisiers. Swoboda n'y fi- curait pas. Qu'il ait connu quelqu'un de nos

N8 132. Feuilleton du Petit Parisien. HISTOIRE DE L'AVANT-GUERRE

TROISIÈME PARTIS

tE COQ GAULOIS ET LA VÎPERE ALLEMANDE XV (suite)

Et. S'il était innocent

Par une sorte de grâce surnaturelle, je Tiens de me ressaisir entièrement.

» Quand je songe à tout ce dont j'ai été le témoin, quand je réfléchis aux événements qui ont précédé mon transfert dans cette hiaison, ainsi qu'aux circonstances trouplantes qui l'on entouré, quand je constate nue malgré, je ne dis pas mes prières, mais Malgré ma volonté sur laquelle ne pèse plus Aucune autre influence que la mienne, vous Refusez. avec des mauvaises raisons. de e laisser partir.. j'ai le droit d'en conclure, madame, que vous vous rendez coupable envers moi de séquestration.

Encore

Oui. madame. de séquestration. Il n'y a pas d'autre mot dans la langue franFaille pour qualifier un pareil fait.

v » Et si vous agissez de la sorte, il se crue ce soit par affection, par dévouepour votre neveu. mais c'est surtout. je m'en aperçois à votre attitude, à Votre langage. parce que vous redoutez, si Copyrtght by Arthur Bernède. 1915. Tous droits le reproduction et de traduction réserves pour tous pays.

employés, c'est possible. Il y a beaucoup de monde en Bourse et, en dépit de tous les renseignements, on peut parfois être induit en erreur sur le compte de certains personnages.

SWOBODA EST BIEN AMÉRICAIN DÉCLARE-T-ON A L'AMBASSADE On discutait beaucoup, depuis qu'on l'arrêta, sur la nationalité de l'inculpé. On est fixé maintenant.

Swoboda est citoyen américain telle est la déclaration qui nous a été faite hier à l'ambassade des Etats-Unis.

L'ancien employé de banque s'est, en effet, présenté dans les premiers jours du mois de décembre dans les bureaux de la chancellerie de la rue de Chaillot, pour qu'il lui fût délivré un passeport à destination des EtatsUnis, des Etats-Unis seulement.

Pour obtenir ce passeport il a naturellement montré les papiers d'identité nécessaires, et ces papiers, parfaitement en règle, établissa.ient indiscutablement qu'il était né à San-Francisco.

De plus, ainsi que tous les citoyens amérioains qui font une démarche analogue, Swoboda, en présentant ses papiers, a dû faire sa déclaration sous serment et laisser une de ses photographies, conservée à la chancellerie avec une fiche correspondante. l'une et l'autre y sont toujours.

C'est, du côté de l'ambassade, tout ce que nous avons pu obtenir. mais une personnalité américaine, que nous tenons pour bien renseignée, nous a dit

En supposant ou en affirmant que Swoboda avait tenté d'incendier la Touraine, on est allé peut-être un peu vite et, pour ma part, je ne le crois pas.

Je pense plutôt que Swoboda a été arrêté pour des causes bien différentes, dont le caractère de gravité d'ailleurs ne serait pas moindre il peut, en effet, se faire qu'il ait accepté il y a dans tous les pays des brebis galeuses de servir d'une façon plus ou moins misérable une nation que je ne désignerai pas autrement, vous me comprenez, et que, démasqué pendant qu'il voyageait aux Etats-Unis, on l'ait arrêté par la suite. AU HAVRE

LE JUGE POURSUIT L'ENQUÊTE Le Havre, 2 avril.

En examinant, dans les hangars de la Compagnie générale transatlantique, les colis de la Touraine qui avaient été endommagés par le feu, M. Barnaud, juge d'instruction au Havre, vient de faire une découverte de la plus grosse importance. Il a, en effet, retrouvé une planche la seule qui reste de la caisse qui fut le foyer de l'incendie allumé à bo:d du paquebot. Il paralt dès à présent établi, étant donné l'impossibilité pour l'incendiaire de pénétrer, durant la traversée, dans l'endroit où se trouvait cette caisse, qu'une main criminelle avait déposé dan le colis, avant le départ du navire, une matière combustible dont l'inflammation ne devait se produire que quelques jours plu; tara.

Si If caisse, au lieu d'être placée dans le second entrepôt supérieur, l'avait été à fond de cale, la Touraivz aurait certainement été totalement et rapidement détruite, à cause de l'extrême inflammabilité de la majeure partie de sa cargaison.

Le départ de Swoboda pour le Havre L'auteur présumé de l'incendie de la Touraine ne sera conduit au Havre qu'après l'exécution, à Paris, par la sûreté générale, de plusieurs visites domiciliaires et descentes ordonnées par M. Barnaud. Il est toutefois possible que Swoboda arrive à la fin de cette semaine au Havre, où l'ont déjà précédé deux colis contentant des objets lui ap- partenant, et qui seront ouverts en sa présence.

On vient d'apprendre que Swoboda était suspect avant l'incendie de la Touraine. Il avait fait, dit-on, à l'Angleterre, des propositions qui avaient déterminé la justice bri- tannique, après enquête sur ses antécédents, à demander à la justice française de le faire appréhender à son débarquement du paquebot. Cette arrestation ne put avoir lieu, par suite d'un vice de forme de la demande anglaise,.

L'enquête à bord de la « Touraine Le juge d'instruction a prié, par télégramme, le parquet de Bordeaux d'interroger plusieurs fonctionnaires de la Touraine, qui a, comme on le sait, repris la mer, iorsque le paquebot relâchera dans le port où il doit très prochainement faire escale. L'ASSOCIÉ DE SWOBODA

DEMANDE QU'ON LE PROTÈGE Comme nous le disons plus haut, l'arrestation de Raymond Swoboda a causé à NewYork une profonde stupéfaction. Son associé ne peut y croire et proteste de toutes ses forces, comme on le verra par la dépêche ci-dessous, que nous communique l'agence Ha vas

Washington, 2 avril.

M. Mac Lea, l'associé de Swohoda, vient d'adresser au département d'Etat une requête pour que celui-ci soit protégé. L'inculpation formulée contre le détenu est absurde, déclare-t-il. Swoboda, en réalité, s'occupait d'achats de tissus et d'autres fournitures. »

D'autre part, le correspondant du Daily Telegraph il New- York télégraphie à son journal, il la date du al mars

Il Quand Swoboda s'est présenté au bureau de la Compagnie transatlantique pour prendre un billet, il a montré un papier qui paraissait être un passeport américain il a déclaré qu'il voulait vendre des fournitures au gouvernement français.

Le chef de bureau lui permit de prendre des échantillons avec lui ces échantillons, autant qu'on a pu 1e constater, consistaient, afiirme-t-on, en une machine à gaa.oline. u

je quitte ce couvent, que je m'apprenne certaines choses qui pourraient singulièrement contrecarrer vos plans et me prouver que dana votre zèle à défendre la cause de M. Marois vous n'avez pas craint de me dissimuler ou de me maquiller la vérité. Cette fois, Yvonne Richard avait touché juste.

C'était le miracle du cœur qui continuait. miracle du cœur qui devine, du coeur qui révèle, du cœur qui ne peut pas se tromper en amour.

Et superbe. de certitude coura,geuse, la fille du colonel cnncluait

Madame, je commence à voir clair en votre jeu. Vous êtes habile. ob beau- coup plus habile que moi, certes. et je me rends très bien compte à présent que c'est vous qui, par vos réticences et vos insinuations, avez fini par me convaincre que le lieutenant Vallier était ou allait être fusillé. n Alors. montrez-moi des journaux. me prouvant, me démontrant que mes pressentiments sont faux. que mes doutes ne sont pas fondés.

Il Je suis capable de tout supporter. tout, vous m'entendez.

» Mais je veux être libre. je veux savoir

n Parlez

Elle est encore bien Française, cellelà. pensait rageusement Emma Luckner. » Eh bien, puisqu'il en est ainsi, puisque par ma persuasion je ne puis rien obtenir. employons la force et donnons le coup de massue.

Mue par une résolution subite, elle ouvrit un sac de cuir assez volumineux qu'en entrant elle avait déposé sur la table. I Elle en retira plusieurs journaux et les donna d'un geste impatient à la fille du co-

LA CHAMBRE VOTE le recensement et la révision de la classe 1917

Le projet de loi relatif au recensement et à la re vision de la classe 191? a été voté, par la Chambre, après un exposé de M. Millerand, ministre de la Guerre.

C'est devant une Chambre complète que le débat s'est engagé. M. Millerand a pris le premier la paiole. Il a tout d'abord déclaré que l'objet de la loi était de prendre des mesures préparatoires à l'utilisation de ncs ressources en hommes.

C'est, dit-il, une loi de prévoyance.

Il importe que les effectifs que nous appelons rendent leur maximum d'effet et ensuite que, quand ncus devrons recourir, si nous le jugeons utile, à l'incorporation de la classe 1917, nous ne le fassions qu'après avoir utilisé toutes les torces mises à notre disposition. (Applaudissements.) Le 12 mars, quand vous avez voté le projet d'incorporation de la classe 1916, j'ai pris acte des indications de vos deux commissions de l'armée et de t hygiène publique, en déclarant qje j'en tiendrais le plus grand compte.

J'ai donné des instructions pour tenir mon engagement.

La préparation de la classe 1916, ai-je dit, dans ma circulaire aux commandants de régions, nécessite des soins spéciaux; plus jeunes sont les contingents, plus s'impose la nécessité d'assurer la progressivité d'un entrainement à la guerre qui doit s'entourer de toutes les précautions désirables celles qui sont relatives à l'acclimatement sont particulièrement nécessaires, aussi bien pour le nettoyage et la désinfection des casernements que pour la mise de la literie suffisante à la disposition des hommes.

Le ministre veillera attentivement à ce que toutes les mesures nécessaires concernant l'habillement, l'alimentation et l'entraînement soient rigoureusement appliquées.

C'est l'application de ces mesures et le contrôle qui en sera fait d'accord avec vos commissions compétentes, dont je sollicite d'avance la collaboration (Applaudissements.) sur ce point, comme sur tous les autres (Applaudissements.) qui permettront d'incorporer, le moment venu, si ce moment doit venir, la classe 1917 dans les conditions les meilleures. (Très bien très bien Il Pour l'incorporation des recrues de la classe 1917, on aura les mêmes exigence que poux les engagements volontaires. D'autre part, on exigera, pour les réformés, la présentation du casier sanitaire.

Les engagements volontaires seront reçus jusqu'au 15 juillet, c'est-à-dire à une wte où la période de scolarité aura pris fin, Ici M. Vaillant posa une question Prendra-t-on les hommes valides des classes antérieures ?

Et M. Millerand de répondre

J'ai dit que je comptais m'adresser au Parlement, car c'est lui qui décidera par un texte spécial de l'incorporation de la classe 1917. (Applaudissements.) Nous verrons à ce moment si toutes les forces' utilisables ont été utilisées. Ce n'est que lorsque l'autorité compétente aura déclaré et que nous aurons vérifié par nous-mêmes que l'appel de cette classe est nécessaire, que nous le déciderons (Vifs applaudissements.) Ce que nous prenons, c est une précaution. Personne, plus ardemment que moi, ne souhaite que ce soit la précaution mutile. (Très bien 1 très bien I)

Les réformés n° 2 et les auxiliaires Le ministre s'expliqua ensuite sur lés dispositions visant plus spécialement les réfor- més n° 2 et les réformés à titre temporaire. Il me paraît difficile, dit-il, de critiquer une disposition dont le but est de placer les hommes réformés entre le 2 août et le 31 décembre 1914 dans la même situation que tous les autres réformés qui ont été soumis à un nouvel examen. La mesure que j'avais prise par les décrets des 9 et 2G septembre est une mesure qui, depuis la loi de 1913, est dans l'esprit et dans le texte de nos lois militaires. Ce n'est que l'application di principe inscrit dans la loi de 1913.

M. Millerand fit allusion aux auxiliaires qui auraient échappé à un nouvel examen, aux embusqués comme certains les appellent.

Je me suis expliqué devant les commissions de l'armée de la Chambre et du Sénat sur ce point J'ai énuméré toutes les mesures que j'avais prises, en vue de rechercher et d'atteindre cette catépeu intéressinte. (Mouvements divers.) J'ai demandé, si j'en avais omis, qu'on me suggérât des mesures nouvelles. Oh ne m'en a suggéré aucune. on pourrait croire, à entendre certaines réllexions, qu'i] y a une catégorie d'hommes qui se dérobent au service militaire. Cest une maladie bien française que celle qui consiste à nous dénigrer nous-mêmes. (Mouvements divers à l'extrême gauche.)

Ce qui n'est qu'un travers, en temps de paix, peut devenir funeste en temps de guerre. La confiance est un des éléments essentiels de la victoire. (Applaudissements.)

Sans doute, il faut qu'elle soit justifiée (Applaudisements.) et nous ne devons pas nous endormir dans un optimisme béat.

Le gouvernement n'a pas cessé de faire appel au contrôle du Parlement. (Bruit sur divers bancs à l'extrême gauche.)

Ce contrôle exercé, comme il l'est et doit l'être. dans un esprit de loyale et confiante collaboration ne peut que produire les plus heureux effets, car en signalant les points faibles, on met en relief ce qui mérite d'être approuvé et loué dans l'œuvre de la Défense nationale.

J'ose dire que la matière ne manque pas. M. Millerand en ayant terminé avec le projet, parla de la situation générale. Il dit ce qui a été fait depuis le 3 août.

A la mobilisation générale, qui a fourni ptus d'un dixième de la population, a succédé u,e autre mobilisation la mobilisation industrielle qui menée de concert entre les établissements de l'industrie privée et ceux de l'Etat, sous le contrôle du ministère de la Guerre, a fait surgir une énorme quantité de matériel, de munitions, d'explosifs.

Je n'ai pas le droit de citer ici les niUfres que j'ai donnés à la commission mais je puis donner une idée de l'intensité de cet effort en ùisant qu'en ce marnent, pour les munitions, en a atteint un chiffre qui est de 600 0/0 par rapport, à celui qui avait été prévu comme nécessaire au début de la guerrd et que, sous peu, il atteindra celui de 0/0

Il en a été 4e même pour les explosifs il a

lonel, tout en disant, avec une certaine epreté

Je crois avoir usé envers vous de tous les ménagements possibles.

J'aurais tant désiré vous épargner la pire des douleurs, l'humiliation suprême. » Mais vous n'avez pas voulu.

» Que votre vœu soit exaucé

» Je me refuse à endosser toute responsabilité.

Yvonne n'écoutait plus la misérable. Elle s'était jetée sur un journal, le dépliait, cherchait le procès. signalé par un titre en gros caractères. allant tout de suite au ver- dict terrible. implacable.

Comme, malgré tout son courage. un sanglot douloureux secouait sa poitrine, la la baronne de Chanzeaux, reprenant son,accent papelard, fit

Vous voyez, ma pauvre petite, que vous eussiez bien mieux fait de m'écouter. La jeune fille cherchait la date.

Le journal remontait à plus d'un mois. Que s'était-il passé depuis ce temps ? Parmi les feuilles éparses sur la table, elle en cherchait une autre, datée du jour. ou de la veille, qui pût la renseigner.

Elle la trouva vite.

A la dernière heure. soulignées au crayon bleu. elle aperçut tout de suite ces lignes fatidiques

« Le 6ruit court que l'eaécution du lieuteni/nI Vanter, condamné d mort par le conseil de guerre de la première région, aura lieu dans un délai très rapproché. » Un délai très rapproché. c'était aujourd'hui peut-être.

» Ainsi cette 'femme n'avait pas menti » Vallier allait mourir de la mort ta plue infâme.

fallu, en effet, alimenter les engins nouveaux, comme les lance bombes et les grenades. Pour l'artillerie lourde, nous avons septuplé le nombre dec batteries du début.

Le pays tout enier, tendu vers un fcat unique la victoire, consacre tous ses efforts, tontes ses ressources à la défense nationale.

Ce que lent nos troupes

et celles de non alliés

La dernière partie du discours du ministre de la Guerre fut consacrée au rôle tenu par nos armées et par les armées de nos alliés. La France de l'intérieur s'est montrée digne de ta France du front. Elle est digne de ses ailiés de la Belgique, dont l'armée, chaque jour, fait preuve des plus rares vertus militaires. (Vifs applaudissements.): de l'Angleterre qui, hier, à Neuve-Chapelle, a déployé les plus admirables qualités d'indomptable bravoure et de froide ténacité de la Russie qui, avec la prise de Przemysl, a inscrit dans son histoire un nouveau et éclatant succès dont nous commençons seulement à entrevoir les conséquences (Vifs apdissemerts enfin de l'héroïsme serbe (Vifs applaudissementsL que nous sommes fiers d'aider sous toutes les formes et de toutes les manières, dans sa lutte contre la maladie comme dans sa bataille de chaque jour contre l'ennemi commun. (Vifs applaudissements.)

A côté de ces alliés, il y a nos admirables troupes, calmes, inébranlables dans leur volonté, ments.)

A leur exemple, et aussi simplement qu'elles, faisons notre devoir. En votant ce projet de loi. qui est une mesure de prévoyance, signifiez sans emphase au monde, à nos alliés, à nos amis, à nos adversaires. que vous êtes animés de la ferme et tranquille volonté de tenir jusqu'au bout et de ne refuser aucun sacrifice pour assurer la victoire du droit et de la civilisation sur la force brutale et sur la barbarie. (Vifs applaudissements.)

La Chambre passa aussitôt à la discuscion des articles.

M. Dalbiez retira une proposition qui ten- dait à l'utilisation de toutes les ressources dont nous disposions », ce qui lui valut d'être félicité par le général Pédoya, président de la commission de l'armée.

Alors, M. Vaillant fit cette déclaration Je prends acte de la promesse formelle qu'a faite M. le ministre de la Guerre au sujet des garanties pour l'appel de la classe de 1917. Il était essentiel que le ministre déclarât qu'une loi serait nécesaire pour appeler la classe 1917. Nous enregistrons cette parole comme un contrat entre le Parlement et le gouvernement devant le pays. (Applaudissements.)

Nous avons la certitude que toutes les garanties demandées pour l'incorporation de la classe 191G seront prises pour la classe 1917. En ce qui concerne la revision, les mêmes garanties seront prescrites pour l'examen des hommes que celles qui sont prises pour l'examen des engagés volontaires. Nous enregistrons cette promesse. (Applaudissements.)

Ce sont là des mesures de prévoyance, nous en prenons acte, nous le savons bien, nous qui voulons la défense nationale victorieuse et nous ne refuserons aucun sacrifice à cet effet. (Vifs applaudissements), puisqu'il s'agit non seulement du salut du pays, mais de la liberté des peuples. (Applaudissements.)

Nous ne ferons appel à ces jeunes gens que lorsque nous aurons utilisé toutes les forces défensives de la nation et nous pensons que la victoire couronnera nos efforts avant que cette classe 1917 n'ait été appelée. (Applaudissements.) Toujours les réformés n° 2

De nombreuses questions furent posées au ministre de la Guerre. Il promit à M. Diagne de déposer prochainement un projet de loi relatif à l'incorporation des contingents coloniaux, et à M. Doizy de donner des instrctions précises aux conseils de revision. La question des réformés n° 2 retint assez longuement l'attention de l'Assemblée. M. Bouveri. M. le ministre de la Guerre a déclaré tout à l'heure que les réformés n» 1 ne seraient, dans aucun cas, soumis à une nouvelle revision. Or, nous devons faire une distinction entre les réformés n° 1 et n° 2. II en est dé ces derniers qui ont reçu des blessures à la guerre, qui sont en instance de justification, qui restent sans ressources dans leur commune ils n'ont pas droit au secourss de 1 fr. 70 par jour; ils ne peuvent gagner leur vie. Vont-ils être dans l'obligation de venir se faire reviser?

M. Millerand. Oui.

M. Bouveri". Cependant, ils sont blessés M. Millerand La décision sera confirmée. M. Treignier. Les hommes dont parle M. Bouveri auront la faculté de se présenter immédiatement devan', 'les commissions de réforme qui statueront aux lieu et place des conseils de révision. La décision de la réforme no 2 .ne pourra qu'être confirmée par ces commissions. Et pour qu'il n'y ait aucune confusion, M. Millerand précisa

Les hommes qui ont été réformés entre le 2 août et le 31 décembre 1914 seront convoqués devant les conseils de revision de la classe 1917. Par conséquent, tous ceux qui ont été munis d'un titre de réforme, quelle que soit l'autorité qui le leur ait délivré, doivent subir un nouvel examen.

Le malentendu vient de ce qu'en vertu du décret du 9 septembre 1914, les hommes qui avaient I été placés en réforme avant la guerre ont dû repasser devant les conseils de revision qui ont maintenu ou non la décision prise en ce qui les concerne.

Ceux qui ont été réformés une première fois avant la guerre et qui ont été maintenus une seconde fois dans la position de réforme, ne seront pas soumis à un troisième examen. Les articles du projet furent votés sans modification. On y ajouta une disposition additionnelle de M. Doizy, ainsi conçue « Une loi spéciale fixera la date d'appel sous les drapeaux de la classe 1917, » Cette dernière disposition adoptée, la loi sur le recensement de la classe 1917 se trouve ainsi libellée.

Article Les tableaux de recensement de la classe 1917 seront dressés, publiés et affichés dans chaque commune, suivant les formes prescrites, de telle manière que l'unique publication qui en sera faite ait lieu, au plus tard, le dimanche 25 avril 1915.

Le délai de un mois prévu à l'article 10 de la loi du 21 mars 1905, modifié par l'article 6 de la loi du 7 août 1913, est, par exception, réduit dix jours.

Art. 2. Les conseils de revision de la classe 1917 ne seront pas assistés d'un sous-intendant militaire,.

En cas de nécessité absolue, le préfet pourra déléguer le sous-préfet pour présider, dans son arrondissement, les opérations du conseil de revision.

Art. S Les commissions médicales militaires prévues par l'article 10 de la loi du 7 août 1913 ne seront pas constituées pour la revision de la classe 1917.

» Qui sait si en ce moment précis, à genoux devant le poteau d'exécution, il n'essuyait pas la décharge mortelle, s'il ne tombait pas la poitrine criblée de balles, devant la garnison assemblée ?.

Ainsi, le léger espoir qui, en un instant trop court, avait ranimé Yvonne, s'écroulait, fragile édifice, ne laissant après lui que l'atroce réalité faite de désespéranoe éternelle. et de honte ineffaçable.

Cette fois, c'en était trop.

Sans un cri. doucement. comme un ciseau qui meurt, la fimcée de Raymond laissa retomber a tête sur son épaule. puis. elle s'affaissa doucement. glissant sur le parquet, tandis qu'en un souffle, cette phrase d'indéracinable foi. de sainte et mystérieuse prédestination s'échappait de ses lèvres

S'il était innocent 1.

Pendant quelques secondes, Emma Lückner contempla le corps de sa victime étendu à terre.

Puis, avec un rictus féroce, elle grinça Elle est vraiment belle, et je comprends que von Herfeld.

» Mais, par exemple, je crains qu'il n'ait bien de la peine à la conquérir.

» Enfin, cela ne me regarde pas.

J'aurai fait le nécessaire et tenu ma parole.

» Il n'a pas le droit d'en exiger de moi davantage.

Et. détournant son regard de la malheureuse enfant, l'espionne de Guilaume ouvrit la porte. appelant soeur Sainte-Madeleine qui était restée dans le couloir.

décidions des conseils de révision de la clause a leg&i-d des hommes classés dans les 3o et- catégories (ajournés et exemptés) seront définitives sans l'intervention de la coinmission spéciale de féfoinn" prévue par l'article 9 de ta loi du 7 août 1313.

Art. 4." ̃– Les ajournes des classes 1913, 1914 et 1915 seront convoques devant les conseils de révision de la classe 1917.

Art. 5. Les hommes quf ont été réformés par congé n8 2 ou rétormés temporairement, sntre le premier jour de la mohilisation et je 31 décembre 1914. seront convoqués devant les conseils de revision de la classe 1917. à L'exception de ceux qui auront contracté un engagement volontaire pour la durée de la guerre.

Ceux d entre eux qui seront reconnus, à la suite de cet examen, aptes au service militaire, seront soumis aux obligations de leur classe. Ceux qui ne se rendront pas à la convocation seront considérés comme aptes au service onné. Toutefois, les hommes des catégories susvisées pourront, sur leur demande et sans attendre- la réunion des conseils de revision, se présenter devant une commission de réforme qui statuera aux lieu et place du conseil de revision. Art. 6.- Les dates de l'appel sous les drapeaux des ajournés des classes 1913, et 1916 et des réformés visés à l'article.5 de la présente loi sepont fixées par le ministre de la Guerre. LES COLIS AUX SOLDATS

LE MARIAGE PAR PROCURATION

DES MILITAIRES ET RIARINS

Au cours de li même séance, la Chambre a repoussé une proposition de M. Paul Meunier, tendant à assurer la gratuité complète des envois de colis aux soldats Le ministre du Commerce a répondu que la mesure préconisée par le député de l'Aube se traduirait par une perte de 3 millions par mois et par un encombrement considérable des services postaux.

Par contre la Chambre adopta un projet déterminant les conditions' d'achat des navires de commerce allemands capturés par l'Angleterre;

Un projet autorisant, pendant la guerre, le mariage par procuration des militaires et des marins sous les drapeaux.

L'admirable peuple suisse Un certain nombre de prisonniers civils de Saint-Quentin, emmenés prisonniers en Allemagne et qui viennent d'être rapatriés, s'adressent au Petit Parisien pour le prier de remercier en leur nom le peuple suisse pour la chaleureuse réception dont ils ont été l'objet à leur arrivée sur la terre suisse. Les larmes, disent-ils, nous sont venues aux yeux en voyant avec quelle sollicitude, quelle tendresse, la population suisse nous a accueillis. Rien ne fut épargné. Un copieux déjeuner nous fut servi par des personnes qui, le sourire aux lèvres, nous réconfortèrent par des paroles pleines de bonté. Des gens charitables nous donnèrent ensuite des vêtements et, durant le trajet de Zurich à Annemasse, on nous combla de friandises et on nous donna même de l'argent.

Le coeur ne peut rendre :ses impressions et les lèvres ne peuvent les exprimer les évacués s'en souviendront et diront à leurs compatriotes combien la Suisse est bonne et généreuse et mérite l'admiration de tous les Français.

La sortie et la réexportation des monnaies Le Journal o{{iciel publie le décret suivant: Article premier. Sont prohibées la sortie et la réexportation sous un régime douanier quelconque des monnaies de nickel, de cuivre et de billon.

Toutefois, des exceptions à cette disposition pourront être accordées, sous. les conditions qui seront déterminées par le' ministre des Finances.

Une lettre iiûiéral Mrs Ha Sodé tins du littnr Au cours de sa récente assemblée générale; la Société des gens de lettres avait adopté, à l'unanimité, sur la proposition de son président, l'ordre du jour suivant Rendant hommage à ceux qui sont morts pour que l'esprit français vive, la Société croit être l'interprète de leurs dernières volontés en f1ffirmant que leur sacrifice dicte, à tous les écrivains qui restent, le devoir d'associer leurs efforts pour maintenir l'union des cœurs et des énergies. Sachant que la littérature française ne peut conserver son rayonnenement que si la patrie est triomphante, la Société des gens de lettres en même temps quelle salue la mémoire des héros tombés pour la sauvegarde de notre pays, exprime son admiration et sa gratitude à ceux de nos soldats qui, toujours debout, continuent à se battre pour lui. au chef de nos armées, aux généraux et aux officiers qui conduisent à la victoire la France fermement résolue ainsi que l'un des nôtres, le chef de l'Etat, l'a dit solennellement à-nos alliés devant la nation et devant l'armée à ne pas déposer les armes avant d'avoir obtenu, pour le droit violé. des réparations définitives et, pour la paix, des garanties inébranlables.

La Société des gens le lettres s'étant fait un devoir d'envoyer cet ordre du jour au commandant en chef des armées françaises le général Joffre vient d'y répondre par une lettre, adressée à M. Georges Lecomte, président de la société, et où il dit

.4u grand quartier général

Le 99 mars

Monsieur le président,

En déjendant la France, nos héroïques soldats savent qu'ils défendent, non seufement notre sot nationaL mais aussi, comme cous le dites, la pensée et la langue françaises.

Pnr une victoire totale et définitive. nous roulons libérer notre pays de toutes tes servitudes et assurer ainsi, oax lettres, aux sciences et au x arts la liberté indispen.sablc leur essor. Grâce à t'action de tous les écrivains de totre société, la confiance inébranlable de nos troupes dans le succès prochain se commnniquera au pays tout entier,

A la QUATRIEME P,tGE

UNE VISITE A LA COLONIE BELGE DE CAEN

La doctoresse Hedwige Zendorf accourut aussitôt.

Voyant la jeune fille évanouie, elle fit Ah ça, que s'est-il dont passé ?

La Française a voulu que je lui mette les points sur les i. Je lai fait, révélait l'aventurière.

» Voyez le résultat.

Mais ce n'est pas très grave. Elle 'est robuste. et vous êtes habile.

Dans quelques jours, il n'y paraîtra plus rien.

Veillez de plus en plus sur elle. Isolement complet, absolu.

» Mais je crains bien que vous n'ayez affaire à une pensionnaire extrêmement récalcitrante.

» Aussi n'hésitez pas à employer les grands moyens.

Le bromure.

Et si le bromure ne suffit pas. le cachot, et la camisole de force.

Sans plus s'occuper de rien, Emma Lückner quitta la chambre, laissant face il. face Yvonne Richard et'sa geôlière. Quelques instants après, l'espionne de Guillaume quittait Namur.

Sous un nouveau déguisement. elle allait gagner Lille, pour assister à l'exécution de Vallier fixée au lendemain matin. Or, au lieu de voir l'innocent tomber sous les balles de ses frères d'armes, elle avait vu Chantecoq apparaître tout à copp en libérateur et en vengeur.

Mais, si elle s'était enfuie à la vue de son redoutable adversaire, miraculeusement ressuscité, la misérable n'avait pas lâché sa proie.

Et c'était elle que le grand détective allait à présent lui disputer!

[La perte du «Bouvet» LE RÉCIT DU» OFFICIER Sft^DKrON» Toulon, avril.

Une lettre d'un jeune officier de-marine, l'enseigne de vaisseau Victor Berrela, embarqué depuis le mois de juillet 1913 sur la Ireadnought Dataton lettre datée dû 25 mars, fait un récit des victimes ae iexplosfori du'Bout'eT' NI. Berreta écrit à son frère

Mon cher ëharies- ~~Z~

Toujours en excellenie-*aJSiâ,;jnalgifé iês. fcCDsmarins et les mines. Pourquoi tous nos camarades n'ont-iLs pas lu même chance ue nous ? Tu as du lire dans les journauX la.QJÏ glorieuse du Bouuel et la bravoure als^qtnpâges du Gaulois et du Suffren.

Ce qu'il y a de navrant pour le Bouvet, c'est qu'après avoir, avec sa division, attaqué avec une audace et un mépris du danger que 1 on ne peut s'imaginer et avoir fait taire des foris-qui tiraient à bout portant* il revenait ea.-awww pour la relève, sans avarie, sa tâche, terminée, lorsqu a rencontré-une misérable mine en derive à un endroit ou. depuis "deux semaine, 'on se promène comme chez sot et, eiv trqis minutes il était au fond ̃ avons tous eu; mais -nous soatmçg- ners la. séance continue et on ira Cn en a six cen ts de plus, à. venger J'aurais voulu t'envoyer le journal jtrecqni raconte la cérémonie qui a eu lieu pour 'Vtriî'mfeVsion de ceux du Bouvet qtl'dn S retrouvés et de quelques tués du ftaffren et des dragueurs: 'On n'avait jamais vu quelque chose d'aussi émouvant. Tous les navtres.. français, et,aaglai3.qui n'étaient pas de service étaient rangés en demicercle devant File 'de Tenedbs.

Pendant qu'à bord les- aumânters disaient' la messe, récitaient la prière des morts,' sur i* rivage le clergé et la population grecque, et m6me turque, s'étaient assemblés. Les prêtres catholiquelles la foule répondait. Lorsqu on eut commencé à faire glisser les corps 4 l'eau, les .J>r5tres se mirent à balancez les encensoirs vers l'escadre, tandis que les femôias et ies>- jet»aes filles lançaient des fleurs: dans la. iBer. en" pleurant. --•̃̃ ̃ ̃ A ce moment même, les -navipss- de- servie» -recommençawnt l'attaque dés forts' et, en. êcôiitïht les salves, il était tragique de penser qu'à cet insfant d'autres mouraient pour venger ceux qui allaient dormir à jamais dans les eaux pour la: liberté desquelles ils' avaient donné hnirvis'.1 Les yachts de plaisance et la défense nationale Avant la guerre, les yachts n'étaient considérés que comme Ses -bâtïmeais de plaisance. Depuis, ila ôflt-ëlé utiirsés pour làdé- fense nationale et 'croisênÇ-dâiiS- le. parâge des côtes C'est l'exempte des yachtmen d'Angleterre qui a donné aux nôtres l'idée de les offrir au pays pour cet usage. Actuellement. les .plus confortables » des yachts français', dont les teintes gaies ont été remplacées par les sombres couleurs des/vaisâeatTîc "de 'guerre, contribuent à la garde de. notre littoral Les arrivages anglais

de sulfate de, cuivrai .et ae..soufre A la demande que Il. Perreau, sénateur, lui adressait, de bien vouloir prendre des mesures pour assurer..aux viticulteurs, les quantités de sulfate de cuivre, et. (je..soufre nécessaires, le ministre de l'Agriculture a répondu qu'un arrangement était intervenu avec le gouvernement britannique, en vue d'établir le rentrait de la prohibition dont ce produit était frappëà 'sa 'sortie clÀï'Royàum«Uni.

Des arrivages réguliers se sont déjà effectués. Il suffit aux syndicats agricoles de s'adresser à l'ambassade de France à Londres, en indiquant le nom et l'adresse de leurs fournisseurs anglais.

Le prix actuel dû sulfate, quoique ividemment influencé par lés prix du frefe't de l'assurance, ne dépasse pas ceux qui ont déjà été constatés dans des circonstances moins graves. Enfin, l'accaparement de ce produit n'est guère à craindre, les acheteurs pouvant, par l'intermédiaire de l'ambassade de France, s'adresser directement aux fabricants.

On retrouve vivant un soldat dont la mort était «confirmée» Toulon, 2 avril.

Le maréchal des logis de gendarmerie maritime Boissin. avait été. avisera kAeus. reprises, par le dépôt du que -on fils Marius Bojssin avait disparu le 25 août, puia qu'il avait été tué le 29 août au combat de la Salle, dans les Vosges.

Le 31 octobre et le 14 novembre, un iroisième et un quatrième avis parvenaient an maire de Toulon," confirmant- là mort du t soldat Marins Boissin. La famille avait pris le deuil et fait Or. le maréchal des logis Boissin vient d'être avisé, par une carte du Comité de ia CroixRouge, à la date du 29 .rnaçs, -fue ? 4 fiL° *–♦ prisonnier à Ulm_(\Vurtembêrg>.

NI. Jacques Danguy.,éjtu,4iev.dans lft.V,pui>e«« Revue du 1er avril, lés conditions dans lesquelles. selon lu4, pourrait être <xjnc!ue la paix victorieuse qui mettra fin à 4a guerre mondiale.

Qn sait que la moitié des Arènes'de Lutèce,-I« premier théâtre de Paris, a été déblayée en paiv, tie. ll est actuellement procédé à leur dégage. ment définitif. ̃ Les crédits nécessaires l'exécution des foù'iîl'é» avaient été votés, en"V31'4,pair ie consetr rnint. cipal. a la suite des instantes démarches de -M.* Charles Normand. Ces.fouilles, enUeprises- depuis plusieurs semaines, ont permis d'exhumer: 1& partie encore enfouie du pourtour, dont les murs sont excessivement bien conservés, malgré l'amas. de terres et de décombres, qui les"recouyc.ait' jjg-. puis bientôt deux mille -ans.

Mouseignenr Ht» Stermans et son vicaire Vers dix heures «{«rÔtaG» UtKliaœââîi au modèle antique et attelée de deux chevaux visiblement' (ares ét-^pfus1 ôû-i»ê«is poussifs, gravissait péniblement la route qui conduit de la vllle-de" Namur au sommet des collines où .a'élev.ajt le raooastenï du ZZ A l'intérieur de te~vtriture conduite par un cocher tout aussi âgé et non moins asthmatique que • aes --deax harklçèles, étaient assis deux ecclésiasiiques.

L'un était un évêque' missionnaire," à lagrande barbe blanche; qui, n'eussent été 'un nez en bec d'aigle et des yeux singulièrement perçants, lui eut donné une reèsem- blance parfaite avec ces bons patriarches de la Bible, si bien faits pour immédiatement confiance et respect.

Le prélat portait sur sa poitrine une magniflque croix pastorale, ornée de pierreries qui avaient l'air d'être précieuses.

Des gants de soie violette/cachaient" ses mains, qui paraissaient plus; robustes- fines. Des souliers vernis à boucles Repassaient sous sa soutane noire munie de boutons de même couleur que les gants.

Enfin, un large chapeau, entouré d'im ru- ban teinté er vert empire et qui sê terminait par deux gros glands d'or, recouvrait une abondante chevelure bouclée, rejetéë en arrière, à la iJossuet.

Tel qu'il était, le type ne manquait ni de' majesté ni d'allure.

(A suivre.J àrthub Bernêde.


DERNIÈRE HEURE

Le torpillage

du vapeur français Londres, 2 avril.

vapeur français, allant Bordeaux, a été coulé en Manche Dix-sept personnes se sont noyées. Le vapeur a été tor'pïl!ë"sâns aucun." avertissement, hier après 'midypf'ès dé Beacfty-Head. Il a coulé en .moins" W trois minutes..

Un autre vapeur français, qui se trouvait -dans le voisinage, échappa heureusement Deux hommes de l'équipage de l'Emma, ^auv^s^ar un,,sontre-tprgilleur, ont été dé'̃i fee oprrespondarit du Daily Telegraph à '̃Do"nvres"éonaë-<iss détails d'après les récits -de- .MM. Albert Dussin et François Dures, naufrage

On vit tout à' cotfp un sous-marin aile•.mand-qui-iançà-une torpille contre le na.vire.. L'Emma étant. sur lest, et par conséquent léger, ne put se détourner pour éviter le-coup.. Une explosion, terrible se produisit, i tûâTàldêle'pcrsohnel des machines et "icttùpà'presqtie le vaisseau en doux.

en trois minutes sans ,^ue 1© -temps, nous fût laissé de lancer les «embarcations de sauvetage. »

MM. Dussin et Duros, qui sont des nargeurs. très expérimentés, ont pu, au prix des au tourbillon, \j(naisjjs ont subi la pénible épreuve de voir se neyer- quelques-uns de leurs camarades. Ils furent- pendant une- heure et demie le des ..flots; lorsqu'un contre-torpilleur anglais les recueillit,-ils étaient dans on compte! état'a'êp&isemenf.

'foas deux ont exprimé leur reconnais"eanc'e aux marins anglais.

Nous étions éremtés affirment-ils, les ..officiers- anglais. nous ont donné des vêtement, secs," des. cordiaux,, de la nourriture et/nous ont devant un bon feu. Nous n'oublierons, jamais leur bonté.

Le « Itondlnien Seven Seas Londres, 2 avril. Hittt" du -,Vapeur Londonien S^tcn "Salis, qui fut torpillé et coulé sans aviS'pYêarâfilë,. hier, après-midi, par un sousfnârin: .allemand,, près dé Beachy-Head, sont débarqués à Newhaven. Il y a eu neuf hom` mes de l'équipage' noyés dont le patron, le premier officier et le second et le mécanicien-chef. (Fournier.) 1^' Amérique et le ̃ Falaba Washington, 2 avril.

On a reçn-% Washington, un rapport préliminaire de l'ambassadeur et du consul américains à- Londres. D'après ce document, les recherches faites parmi ceux des surivivants du Faiaba, qui connaissaient M. Thrasher indiquent que ce dernier a bien éié noyé.

On s'attend à ce que des investigations ul"têriè'urës donnent au département d'Etat tous les renseignements dont il a besoin. Démenti suspect

Amsterdam, 2 avril.

Une dépêche officieuse de Berlin déclare ttnensongère l'affirmation que l'équipage d'un, Tsous-marin' allemand a ricané au moment 'de l'agonie des passagers du Falaba.

La procédure anglaise, qui donne des ;primes pour les attaques réussies contre les 'sous-marins par les navires marchands, oblige, dit cette dépêche, les sous-marins à .vies humaines est maintenant un devoir pour les sous-marins. LA CIRCULATION MARITIME N'EST PAS ATTEINTE

• Londres, 2 avril. Malgré les circonstances abominables qui ont rendu les opérations des sous-marins allernands, pendant la semaine passée, plus odieuses -que- jamais, le chiffre des pertes en tonnage et en navires est sensiblement moindre que pendant certaines semaines antérieures les arrivées et les départs des longs courriers dans les ports anglais se sont élevés au chiffre de 1.559 qui n'a été atteint dans aucune autre semaine depuis le commencement du prétendu blocus.

Bilan de pertes

Londres, 2 avril.

L'Amirauté annonce que, du 25 au 31 mnrs,' 5' navires anglais, jaugeant ensemble 16.220 tonnes, ont été coulés par des sous.marins allemands.

Le ajoute qu'un autre martre a. été torEillé, mais a pu regagner son port.

Les précautions prises

Londres, 2 avril.

"L'Amirauté britannique publie un avis d'après lequel, vers-' le- 1er avril, deux ba- teauï'feux- seront < mouillés dans la Manche, dans les partages de Folkestone, le premier avec éclat vert, à deux milles et demi de l'extrànùté de la jetée de Folkestone le éclat blanc, à 900 mètres de l'extrémité de la jetée.

Les. bateaux-feux seront. munis de signaux jdê brame.

Lés navigateurs sont avisés que tout le trafic dans. une partie du détroit de Dou- Vres, qui s'étend eutte.J'écueil de Varne et

N" 63. Feuilleton du Petit Parisien. BÊCIT PB LA GBANDB GUBRRB DEUXIÈME PARTB

l£ WASSACRrOES INNOCENTS

Vers l'ouragan de fer et de feu. Va. prendre la garde jusqu'à notre départ. Ce sera ta punition f.

'–̃Je déserterai.

Eh bien, déserte, animal, et flanquebioila paix 1. Tu m'embêtes, à la fin 1. "MHgnificat leva les yeux vers la voûte de l'ardoisière.

Certainement il appelait à son aide toutes les foudres du ciel.

Elles ne vinrent pas.

Alors, ils. s'éloigna, en grognant. On l'entendait -répéter à l'un et à l'autre

Un saltimbanque. un réprouvé si t'est pas. dégoûtant! Et un curé qui jure Georges fit ses adieux dans l'après-midi. Lassagne était prêt, une besace sur le dos, Chargée de bottes de conserves.

Tout le monde voulut embrasser l'enfant. Les deux bébés et lès deux chèvres avaient été confiés à. là fermé de Malgrétout.

Georget avait--le coeur un peu serré en quittant ses hardis compagnons.

Puis l'homme et l'enfant s'engagèrent dans les sentiers de la forêt, au hasard de tous les dangers et de toutes les aventures. ayant pour se conduire l'étoile des Mages

Folkestone devra passer entre les deux bateaux-feux. Les navires qui prendraient une autre route le feraient à Ieurs risques et périls.

Cette notification correspond à un ensemble de mesures prises en ce moment par l'Amirauté britannique et qui doivent avoir des résultats très efficaces contre les raids des sous-marins allemands.

L'affaire du ̃ William P. Frye Washington, 2 avril.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Berlin- présenté au gouvernement allemand une demande de compensation, au nom des armateurs à qui appartenait le vq.ilier William P. Frye coulé par le croiseur auxiliaire allemand Prince Eitel Friedrich.

Aucune demande d'indemnité n'est faite en ce qui concerne la cargaison de blé qui appartenait à un Anglais.

On croit savoir que le gouvernement allemand, ne voulant pas justifier l'action du croiseur Prince Eilel Friedrich réglera immédiatement cette affaire. (Agence Fournier.) l'ENTENTE IMPOSSIBLE

ENTRE L'AUTRJÇHE ET L'ITALIE Rome, 2 avril.

Dans le Corriere délia Sera, NI. Torre, député, déclare qu'il croit impossible une entente entre l'Autriche et l'Italie au sujet des compensations territoriales.

Pour réussir, dit M. Torre, les négociations eussent dû englober tous les éléments rcles questions intew»tk>ïia.1es actuellement mises sur le tapis, ce qu'il est impossible de concevoir.

En ce qui concerne la cession même des territoires, elle est absolument improbable, envisagée au point de vue de l'Autriche, qui considérerait comme profondément humiliant et dangereux pour son prestige d'abandonner des terres sans y avoir été obligée par une guerre.

Du côté de l'Italie, le problème consiste .en ceci réalisation de l'unité nationale, sécurité militaire des frontières terrestres et de l'Adriatique enfin, précision des rapports futurs avec les peuples slaves du sud sur ce dernier point encore, les intérêts autrichiens sont en désaccord avec ceux des Italiens.

M. Torre conclut donc que l'accord est impossible.

L'existence de l'Allemagne est menacée Bâle, 2 avril.

On mande de Berlin

Il Commentant les événements, la Gazette de l'Allemagne du Nord écrit qu'une lutte pour la vie ou la mort est maintenant déchaînée autour de l'Allemagne. Celle-ci doit défendre son existence dans une lutte sans égale. La moitié du monde s'est levée pour anéantir l'Allemagne. »

Cet article de l'organe officieux, reconnaissant la gravité de la situation, montre que le pessimisme envahit les sphères officielles. Malgré tout, le kaiser manifeste publiquement sa confiance, assurant, dans ses discours, que Dieu tout-puissant continuera è protéger la patrie allemande, menacée aufourdliui. ;Fournier.) L'échec du plan allemand En clôturant la série d'articles intitulés « Six mois de guerre », le Times conclut en ces termes

On peut affirmer avant tout .que le plan initial de l'état-major allemand a complètement échoue. lt s'agissait d'écraser la France par une attaque brusqué" et ~dê lu réduire à l'impuissance': en moins d'un mois. L'Allemagne n'a pas réussi. Notre armée est non seulement intacte, mais a encore été renforcée elle a pleine confiance en ses chefs et elle est profondément pénétrée de la certitude du succès final.

En récapitulant, nous nous apercevons que l'état-major allemand a enregistré, depuis le début des hostilités à part la faillite de son plan générale sept défaites d'une grande- significaSon savoir défaite de l'attaque brusquée sur Nancy, défaite de la marche forcée sur Paris, échec de l'enveloppement de notre gauche en août. échec d'une même tentative en novembre, échec de l'attaque sur la côte pour atteindre Dunkerque et talais, échec de la tentative de percer notre centre, en septembre, et enfin échec de l'attaque sur Ypres.

Les pertes des armées allemandes sont à tous égards bien supérieures aux nôtres. La princi- pale raison consiste d'abord en la supériorité de notre artillerie et aussi dans les méthodes de combat de l'infanterie allemande, qui attaque en formations plus serrées que la nôtre. On sait maintenant de source certaine que les pertes de nos adversaires se chiffrent en double des nôtres. La capacité de l'armée allemande, au point de vue effectifs, diminuera de plus en plus. La population allemande capable de porter les armes est, en comparaison avec la population française dans la proportion de 3 à 2. A l'heure actuelle. elle a sur le front français, y compris le landsturm, une quantité d'hommes représentant les deux tiers de ses ressources, tandis que l'autre tiers se trouve sur le front oriental. A cause des défaites autrichiennes, l'Allemagne se verra obligée de renforcer de plus en plus les troupes qu'elle a à opposer aux Russes par contre, ses effectifs sur le front occidental diminueront graduellement. Le temps ne peut qu'améliorer notre position, attendu que, d'un côté, les pertes allemandes seront toujours supérieures aux nôtres, tandis que, d'autre part, la Grande-Bretagne lioiirïa pnvSyei" dés renforts considérables sur le continent. H est également établi que les pertes alleman- des en officiers dépassent de beaucoup les nô- tres nous aurons donc certainement un avan- tage à ce point de vue, si nous ne l'avons déjà. (Fournier. j

d'autrefois, lorsqu'ils cherchaient l'enfant divin.

Pour nme et l'enfant, c'était l'étoile de la Vicl

Ils marchaient vers elle. c'était elle qui les appelait. et qui leur montrait la France

Le soir, le caporal Bloquet rendit l'appel. Manque Jonas, sergent. Faut-il le porter disparu. ou déserteur ?

Ni l'un ni l'autre, fit Jodoigne qui souriait. Porte « Chargé d'une mission de confiance qui exigeait un homme courageux et rusé. »

Et nous, sergent, est-ce que nous ne partirons pas bientôt ?

Demain, à quatre heures du matin. Nous empoiterons tout ce que nous pourrons, comme vivres et cartouches, mais surtout comme vivres. Et en route! Direction, sergent ?

Puisque c'est là qu'on se bat la Marne 1

Or, Lassagne s'était pris d'une affection paternelle pour Georges.

Ne lui avait-il pas sauvé la vie au Prieuré? Et il l'aimait en raison du service qu'il lui avait rendu.

Non seulement il avait accepté avec fierté la mjssion délicate qu'on lui avait confiée, mais il en était heureux.

En chemin, il expliquait son plan, sans accent anglais

Nous allons tâcher, petit, de filcr sur Sedan et vers Laon et Soissons. De ce côté- là, il ne doit pas y avoir beaucoup de Boches, bier. que, qnand la vermine se met quelque part Et nous finirons bien par rencontrer des troupes françaises. Je connais un peu tous ces pays du Nord et de

Les Hollandais réclament Mépeùcfije la Belgique La Haye, 2 avril.

La revue hollandaise Vragen van den Dag publie un article du docteur Schepers, qui soutient, énergiquement, la thèse que les Pays-Bas orit un intérêt primordial à voir maintenir l'indépendance de la Belgique. Le gouvernement allemand a pris soin lui-même, par sa communication du 4 août, de déclarer que l'annexion de la Belgique ne aerait efficace que si on v joignait quelques provinces hollandaises. L'auteur engage ses concitoyens à méditer les leçons de l'histoire et surtout à ne pas oublier le télégramme du 4 août 1914 (pièces 157 du Livre bleu anglais).

Le Telegraaf reprend, de son côté, cette thèse dans un article sur le <c danger allemand». Il s'efforce de démontrer aux Hollandais de quel côté est leur véritable intérêt dans le conflit actuel. Il rappelle qu'avant la guerre, il n'existait pas aux Pays-Bas de dispositions antiallemandes et qu'on considérait, en ce pays, la politique allemande sans aucune arrière-pensée et sans inquiétude. Cet état d'esprit s'eat modifié complètement à la suite des événements, et la guerre aura été une leçon qui ne doit pas être perdue. « Aussi longtemps, déclare le Telegraaf, que l'autocratie militaire régnera à Berlin, la Hollande doit se tenir sur ses gardes. L'Allemagne a besoin, en effet, des ports néerlandais et de la Belgique pour écraser le commerce anglais. Elle ne connait que le droit du plus fort ».

Le même point de vue est développé dans un article publié dans YAmsterdammer, par le professeur van Hamel, qui montre que l'expansion allemande a une indéniable tendance à absorber les pays situés sur la mer du Nord, et que les Pays-Bas constitueraient un anneau de plus dans la grande chaîne qui comprend déjà ie Stesvig-Holstein, le Hanovre, Hambourg et Brème. TENSION GERMANO-HOLLANDAISE Londres, 2 avril.

On mande de Rotterdam au Daity Mail à la date du 1er avril

u On estime que la situation entre la •"Hollande et l'Allemagne est extrêmement critique, mais les Hollandais, calmes et confiants en eux-mêmes, ne se montrent pas excités, ils ont foi dans leur gouvernement. Les autorités militaires travaillent avec une énergie tranquille les soldats en congé ont été ra.ppelés on a convoqué également des réservistes.

Le taafic des marchandises avec l'Allemagne a virtuellement cessé.

Les opérations aux Dardanelles Athènes, 2 avril.

D'après des informations parvenues de Tenedos, plusieurs unités des puissances alliées continuent un bombardement intermittent, mais dana le but de protéger uniquemeht les opérations de dragage et d1empêcher l'installation de nouvelles batteries turques.

Les aviateurs alliés continuent à effectuer des reconnaissances. (Havas.) La mission de l'amiral Coundouriotis (Quelques 'journaux "âïtriE uent" le' caractère d'une mission spéciale à la présence de l'amiral Coundouriotis parmi les alliés aux Dardanelles.

Mais le Kairi dit apprendre de source gouvernementale que l'amiral a seulement été chargé d'inspecter les installations de la marine dans les ports des lies de la mer Egée.

Torpilleur turc coulé par les Russes Londres, 2 avril.

On télégraphie d'Athènes au Daily Telegraph

La flotte russe a coulé dimanche dernier un torpilleur turc et en a endommagé un autre. »

LES TURCS APPRÉHENDENT UNE ATTAQUE BULGARE Londres, 2 avril.

Le correspondant à Bucarest du Daily Telegraph apprend de bonne source que les Turcs disposent de 180.000 à 200.000 hommes de troupes de première ligna, mais qu'ils manquent de munitions de guerre. Quatre divisions se trouvent dans la péninsule de Gallipoli et le reste à Anarinople et à Constantinople. Il y a près de 600 officiers allemands parmi les Turcs.

Les Dardanelles sont défendues par des soldats et des officiers allemands. Les Turcs redoutent une attaque de la Bulgarie. Presque tous les membres du Sénat, ainsi que le grand-vizir et l'héritier présomptif, sont favcrables à la paix, mais n'ont pas le courage de renverser Enver pacha. L'ambassadeur d'Allemagne règne à Constantinople. Des canons a'Andrinople ont été amenés dans les environs de la capitale. Même la mosquée de Sainte-Sophie est entourée de cancns.

L'ambassadeur d'Italie a reçu l'ordre de rester à Constantinople, si la flotte francoanglaise apparaît devant la ville. Le ministre de Roumanie restera également.

l'Est. Je les ai parcourus dans le temps avec le Cirque-Royal. Un chouette nom, où il n'y avait de royal que la purée. On ne faisait pas une recette pour nourrir les chevaux. Alors, tu comprends, je te conduirai mieux que n'importe qui. Oh! il y aura des atouts. et avant de réussir peut-être qu'il faudra crever de faim et de misère, mais nous arriverons. C'est moi qui te le dis Nous passerons au nez et à la barbe des Boches

Avec un ton d'arrière rancune

C'est pas l'Eau-Bénite qui pourrait t'en dire autant 1!

Ils marchèrent tout le jour, sans s'arrêter. A la nuit, ils avisèrent une masure ruinée, pauvre maison de cantonnier, isolée,' sur un éperon qui dominait la Semoy, vers Tôurnavaux. Elle était brûlée, ouverte à tous les vents. Les Barbares, aussi, étaient passés là. Il n'y avait pas longtemps, car les cendres étaient encore chaudes. Sur le bord d'un étroit chemin qui rejoignait à deux cents mètres, la grand'route de Monthermé, une tombe fraîche, avec une croix. Le clown fit flamber une allumette et put lire l'inscription. Elle était toute simple, sans nom, sans qu'il fût demandé de prières, et portait: « Le père, la mère, et leurs trois filles. n Etait-il besoin qu'on priât pour ces martyrs ?

Un toit à porcs était seul resté debout. Après avoir pris un repas discret il fallait ménager les provisions Georget et son compagnon s'y glissèrent. Presque aussitôt ils s'endormirent.

Combien de temps le clown avait-il dormi ?

Il ne le sauvait.

Mais il se dressa soudain.

On venait de lui frapper sur l'épaule:

LE REICHSTA& CÉLÈBRE LE CENTENAIRE DE BISMARCK Amsterdam, 2 avril.

Les membres du Reichstag et les autontés se trouvaient réunis à Berlin pour célébrer le centenaire du prince de Bismarck. Le chancelier de l'empire, prenant la parole. a dit

Aucun Allemand ne permettra qu'on détruise l'œuvre de Bismarck.

Les ennemis font rage autour de l'empire nous les battrons.

Bismarck nous a enseigné à rie craindte que Dieu, à faire front contre l'ennemi et à croire en notre propre peuple.

C'est ainsi que nous combattrons et que nous vaincrons pour l'empereur et pour l'empire.

Le président du Reichstag a proposé un triple (c hoch » en l'honneur de l'empereur. Les membres du Reichstag ont poussé le cri avec enthousiasme, puis ils ont entonné l'hymne « Heil dir im Siegeskranz et chanté ensuite l'hymne national.

Des couronnes avaient été déposées au pied du monument élevé au prince de Bismarck celle qu'a offerte l'empereur portait l'inscription suivante « Au chancelier de fer en un âge de fer ».

On lisait, sur celle du Reichstag « Du peuple uni au créateur de l'unité de l'empire. (Ha2as.) Un message du kaiser

Amsterdam, 2 avril.

On mande de Berlin que, répondant à une dépêche du chancelier, à l'occasion de l'anniversaire de Bismarck, le kaiser a télégraphié du quartier général dans les termes suivants

Votre message, concernant l'émouvante célébration bismarckienne, m'a causé une grande joie. J'aurais, personnellement assisté avec plaisir à l'hommage rendu au grand chancelier, à l'occasion de son cente'-Raire. J'aurais déposé 'au pied de son monument, au milieu des représentants de l'empire et du peuple, l'expression de mon respect reconnaissant pour l'homme qui, surtout pendant la grande époque actuelle, nous est cher comme la personnification de la force et de la détermination allemandes. Mais mon devoir envers le peuple allemand en armes est de soutenir La lutte ardente sur le champ de bataille, de protéger et d'augmenter la puissance de l'empire à l'étranger. La première garantie de notre succès est la grâce de Dieu puis la volonté unanime de vaincre, qui nous inspire tous, et enfin notre vœu solennel, que les événements ont mis à l'épreuve, de faire tous les sacrifices pour la patrie.

L'esprit d'unité qui, chez nous et sur le champ de bataille, a aidé le peuple à surmonter tout ce qui nous divisait survivra, je l'espère, au fracas de la guerre, et quand la victoire aura été assurée, accroîtra de sa bénédiction généreuse le développement intérieur de l'empire.

Alors, comme prix de la victoire, grandira une vie nationale dans laquelle la nationalité allemande pourra s'épanouir librement et fortement. Alors, l'œuvre fiere dont Bismarck a posé les fondements se trouvera couronnée. » (Havas.) Un complot allemand pour fomenter des grèves (De notre correspondant particulier!

Londres, 2 avril.

Tous les journaux" annoncent ce matin, d'après des renseignements venant manifestement de l'Amirauté, qu'on a découvert un complot, organisé par des agents allemands, pour fomenter des grèves parmi les ouvriers anglais. Le but principal des organisateurs de ce complot était de retarder ou d'empêcher l'exécution de contrats pour la fabrication de munitions de guerre et ia construction de navires, et sans doute les agents allemands employés à cette oeuvre essayaient d'obtenir en même temps des renseignements sur les procédés techniques. Des preuves convamcantes de l'existence de cette intrigue sont entre les mains de l'Amirauté, et il est inutile d'ajouter que les autorités prennent toutes les mesures nécessaires.

L'intérim du Foreign Office Londres, 2 avril.

Sir Edward Grey prenant trois semaines de vacances. M. Asquith remplira, par intérim les fonctions de ministre des Affaires étrangères. (Havas.) AÉROPLANES AI TIICHIEW 1 CETTIGNÊ Cettigné, 2 avril. Des aéroplanes autrichiens continuent à survoler Cettigné et à jeter des bombes sur la population civile, composée surtout Ce vieillards, de femmes et d'enfants, tous les hommes valides étant sous les armes. Ces fréquentes attaques, sans raisins militaires, sont loin d'effrayer les habitants et ne font que provoquer l'indignation contre ces procédés barbares.

Hier soir, à minuit, un aéroplane ennemi lança sept bombes, qui tombèrent au milieu de la ville, près du palais au prince héritier, blessant quatre personnes, do.it une ¡ grièvement, et endommageaut plusieurs maisons.

La lune brillait, et la porte de la cabane venait de s'ouvrir.

Se profilant sous la lumière de la lune, Lassagne aperçut une maigre silhouette. un corps rabougri, efilanque. et des yeux méchants qui le regardaient.

La silhouette parla. à voix basse.

A voix basse, car Georget dormait et il ne fallait pas l'éveiller.

V'là deux heures que je monte la garde, vieux. c est ton tour de faction. c'est mon tour de roupiller.

La silhouette empoigna la jambe de Lassagne et le tira dehors, poliment.

Puis elle prit sa place, entra sous le toit en se baissant.

Elle grondait

On lui confie un gosse On lui dit que c'est précieux comme un trésor. et ça dort. Ça ne pense même pas à veiller la nuit. Si c'est pas dégoûtant

Le ciown, vexé, prit la garde.

Il murmura

Aoh Eau Bénite, je étais dans le tort. dans le très grand tort

Magnificat n'avait pas déserté.

TROISIÈME PARTIE

FACE AUX BARBARES

1

Le sang de Ia. mère française Frédéric et Roger Holmutz avaient rejoint leur régiment en Normandie. Roger était simple soldat, mais Fred était sous-lieutenant et tous deux avaient obtenu de combattre non seulement dans le même bataillon, mais dans la même compagnie. En temps de guerre, les règlements deviennent moins ri- goureux et certaines permutations se font

Les relations suspectes de la « belle Lison » La sûreté générale observe la plus grande réserve au sujet de la « belle Lison », l'ancienne maltresse d'Ullmo, dont nous avons, hier matin, annoncé l'arrestation Rue des Saussaies, on ne nie pas le fait qui est rigoureusement exact mais, comme l'enquête n'en est qu'à ses débuts, on ne veut donner encore aucun renseignement. Nous croyons savoir, toutefois, que l'inculpation qui pèse sur Louise Welsch est assez sérieuse et que l'instruction de cette affaire révélera oes détails intéressants.

La « belle Lison n avait été, nous a-t-on dit, dirigée, dès le début de la guerre, sur un camp de concentration, étant donné sa nationalité imprécise. Mais elle ne tarda pas à en sortir. La sûreté générale ne la perdit pas de vue, et ayant acquis ces temps derniers la conviction que, dans ta banlieue de Paris, elle se livrait à des actes d'espionnage très caractérisés, elle l'arrêta mercredi après midi, ainsi qu'un autre personnage, qui serait son complice.

L'ancienne maltresse a'Ullmo a été mise à la disposition de l'autorité militaire. Si nous en croyons quelques renseignements qui nous sont parvenus, on aurait trouvé, sur elle, des documents établissant qu'elle entretenait des relations avec diverses personnes habitant les environs de Reims. Le cynisme allemand On n'a pas oublié l'indignation feinte que manifesta bruyamment le .gouvernement allemand lorsque fut découverte à Bruxelles une prétendue convention militaire anglo-belge. L'Allemagne en profita pour soutenir que la neutralité belge avait été violée par la Belgique elle-même et fit répandre à profusion des reproductions, avec commenttaires venimeux, des entretiens des attachés militaires anglais et des chefs d'état-major belges, de façon à impressionner les puissances neutres.

Le netteté des explications fournies à ce sujet par le gouvernement belge ne parvint point partout à détruire l'effet produit par la thèse allemande.

Mais voici que le roi Albert vient de porter un coup décisif à l'argumentation de nos ennemis en établissant que l'attaché militaire alemand, le comte Renner, avait été tenu par lui-même au courant de ces entretieno, à tel point qu'il ne se gênait point pour railler, dans les salons de Bruxelles, la possibilité d'une intervention armée de l'Angleterre.

Et cela prouve, une fois de plus, que les Allemands sont de cyniques Tartufes. Lille acclame des prisonniers français ÇA LUI COUTE 500.000 FRANCS

Environ 600 prisonniers français ont été dernièrement conduits et intarnés à la citadelle de Lille, en attendant qu'ils fussent transportés en Allemagne. D'après la Trierer Zeitung, que cette constatation met en rage, les Lillois ont chaleureusement acclamé leurs infortunés compatriotes. Dans les rues, d'enthousiastes cris de « Vive la France Vive l'armée » furent poussés, à leur passage, par une foule nombreuse, qui leus jetait cigares, cigarettes et provisions de bouche par-dessus la tête des soldats allemands de l'escorte.

« Ainsi, écrit la feuille teutonne, non seulement ces gens ne se montrent nullement abattus, mais üs sont insolentes et arrogants. Leur conduite leur coûtera cher, du reste. La municipalité de Lille, qui paie déjà un million et demi de francs de contribution de guerre par mois, vient d'être frappée, par les autorités allemandes, d'une pénalité de cinq cent mille flancs pour la réception qui a été faite aux prisonniers français. » Une pénalité de 500.000 francs pour cette réception jugée trop chaleureuse, c'est cher. Mais patience Un jour viendra, qui n'est plus loin, où les Allemands devront rendre l'argent. Ce jour-là, iJ y aura encore d'autres comptes à régler.

Les projets de Sarah Bernhardt Notre confrère Paul Berthelot de la Petite Gironde, s'est entretenu à la villa d'Andernos, où elle achève sa convalescence, avec Sarah Bernhardt. La. grande artiste, dont la foi patriotique vibre et s'affirme dans les moindres paroles, nourrit de grands projets pour l'avenir. Elle a confirmé son intention de venir à Paris donner son concours à une soirée pour les blessés. Puis elle compte faire une tournée, en Amérique et y affronter bravement le public germano-américain, car les manifestations ne sont pas pour l'effrayer. Enfin, elle compte revenir en France pour célébrer la victoire qui, d"ift-elle, ne saurait manquer d'inspirer et d'enrichir la littérature française.

lie eommissaire général Talon est arrivé au Haure

M. Talon, le nouveau commissaire général du gouvernement de la République près le gouvernement belge, est arrivé au Havre. Il a rendu visite aux divers membres du gouvernement, auxquels il a été présenté par le lieutenant des Cachons.

PETITES NOUVELLES

•»« On a découvert dans la Vendée, au moulin de la Roche, près Fontenay-le-Comte, le cadavre du soldat Guilbaud, du territorial. Accident probable.

•»-> En gare Saint-Jean, à Bordeaux, un manœuvre, .nommé Garrigues, vingt ans, a été tam- ponné par une rame de wagons et tué sur le coup. •

avec les plus grandes facilités, afin de rapprocher des amis les uns des autres. On n'en affronte que mieux les dangers et on n'en supporte que plus gaillardement les fatigues. Certes, les amitiés se font vite, à la guerre, mais elles n'en sont que plus vives lorsqu'elles y arrivent toutes faites. Elles se renforcent de tous les souvenirs communs, de toutes les confidences reçues, souvent des peines et des joies partagées. Il y a qua»d même, aux premiers jours, un peu de solitude dans la grande famille. ainsi la solitude disprrait.

Il*-«*oient obéi à leur ordre d'appel. Ils n'eurent qu'à consulter la feuille rouge de leur livret pour savoir ce qui leur était ordonné et comment ils devaient obéir. Ils prirent congé de Marthe, qui leur dit avec une nuance d'hésitation

Vous ferez votre devoir de Français Ils répliquèrent avec un bon sourire En doutez-vous ?

Et ils ajoutèrent, pour lui bien faire comprendre

Notre mère n'était-elle pas Française ? Car l'âme, chez eux, primait tout. Elle avait été pétrie par les soins pieux d'une mère jalouse et tendre. Certes, oui, ils res- semblaient à Holmutz. L'homme vigou- reux, plus puissant que la femme malade et débile, avait marqué physiquement les deux jeunes gens de son empreinte. Mais là s'arrêtait image. Ils ne sentaient, ne se réjouissaient, ne s'attristaient pas comme Karl Holmutz. Toutes les sensations qui les avaient fait vivre étaient celles de la femme. Ces deux grands garçons robustes, aux yeux tendres, aux fraîches couleurs, de santé florissante, étaient très timides et très doux. Ils avaient des Ames féminines très sensibles, promptes aux exagérations, recevant

SÉNAT

Le Sénat adopte un certain nombre de projets et propositions précédemment votés par la Chambre

Il Le projet portant ratification du décret du 17 décembre 1914 accordant aux veuves des officiers des différents corps de la marine et des quartiers-maltres et marins dé- cédés sous les arapeaux la moitié des allocations de solde de leurs maris

2° Le projet tendant à assurer pendant la durée de la guerre le fonctionnement des conseils municipaux

3° La proposition complétant, en ce qui concerne les actes de décès de militaires ou civils tués à l'ennemi, les articles du code civil sur les actes de l'état civil (addition de la mention « mort pour la Fronce 4° La proposition tendant Il protéger les propriétaires de valeurs mobilières dépossédés, par suite ae faits de guerre, dans des territoires occupés par l'ennemi. La loi n'étant pas applicable aux rentes françaises, MM. Albert Gérard et Habert demandent comment les propriétaires de rentes françaises pillés seront protégés. NI. Ribot, ministre des Finances, répond M. Pibot. Les arrérages des rentes sont payés en France à bureaux ouverts par plus de cinq mille guichets il serait grave pour proté- ger les propriétaires de titres volés de prendre des mesures qui seraient susceptibles de nuire au crédit de l'Etat. Donc, sur ce point, je «e peux prendre d'engagement.

Quant aux titres, au capital le principe est que la rente française n'est pas susceptible d'opposition. Cependant, on pratique aujourd'hui « l'empêchement administratif qui a pour but de protéger les propriétaires volés. Ce système est évidemment imparfait. J'examinerai les moyens de le perfectionner en interdisant aux agents de change de négocier un titre de rente au porteur irappé d'opposition pour cela, il me faudri peut-être demander aux Chambres un texte législatif. (Très bien

5° Projet sur la réhabilitation des condamnés qui, appelés sous les drapeaux, ent été l'objet d'une citation à l'ordre du jour. LES REPRÉSENTANTS DES RÉGIONS ENVAHIES Les membres du groupe parlementaire des représentants des départements envahis se sont réunis hier matin au Sénat, sous la présidente de M. Léon Bourgeois.

MM. Charles Humbert Lucien Hubert et Lugol ont rendu compte Je l'entretien au'ils ont eu avec les membres du comité de secours national et de 1«accord intervenu entre eux au sujet de l'organisation d'une u Journée des réfugiés » qui sera organisée par le Secours national et le groupe parlementaire des représentants des départements envahis et qui portera le nom de « Journée française du secours national ».M. Léon Charpentier a exposé les nouvelles conclusions de son rapport, tendani à transformer les secours de chômage en offres de travail qui, pour pouvoir donner satisfaction aux légitimes réclamations des sans-travail, demandent la mise en application, de la part du. ministre de la Guerre, des décrets Millerand prévoyant un minimum des salaires.

La prochaine réunion du groupe aura lieu le vendredi 9 courant.

[NFOR MATIONS POLITIQUES Questions douanières. La commission des douanes a procédé hier, à l'examen de divers décrets pris par le gouvernement depuis-le mois de janvier dernier et tendant, soit à des prohibitions de sortie ou à des diminutions de droit sur le papier de journal, les rails, éclisses etc. Elle a décidé d'entendre, à ce sujet, le ministre du Commerce, afin d'être fixée sur la nécessité de ces décrets, au point de vue de la défense nationale. La spéculation sur le sulfate de cvh:re. Le groupe viticole de la Chambre, réuni .->jUS la. présidence de M. Lafferre. a décidé qu'une démarche serait faite auprès du ministre de l'Agriculture, pour appeler son attention sur les effets de spéculation sur les sulfates de cuivre. X_iJBjS9 M. X3L 1.J JfcS MZé B9 Hazebrouck, 2 avril.

Merville, près Hazebrouck, a reçu hier la visite de plusieurs avions allemands qui ont lancé en ville une dizaine de bombes. Celles-ci, fort heureusement, n'ont point fait de victimes.

Les répercussions de la guerre Depuis quelques mois, il est difficile de s** procurer les savons GIBBS si connus, et bien don commerçants en ont manqué.

Le transport des troupes anglaises en France a gêné l'approvisionnement des fournisseurs des célèbres savons pour la barbe et dentifrices, en même temps que la plupart des usines qui fabriquaient les milliers d'étuis nécessaires à leur vente, étaient arrêtées ou réquisitionnées par la guerre.

Chose curieuse d'ailleurs, la consommation du savon pour la barbe et du savon dentifrice a pris, ces derniers mois, un développement prodigieux, qui se comprend à la réflexion.

Quoi de plus pratique en effet en campagne, soit dans les cantonnements, soit dans les tranchées ?

Les étuis et les boîtes de GIBBS sont, de tous les objets de toilette et d'hygiène quotidienne. les plus indispensables.

Et pour ceux que l'âge retient à l'arrière, combien ont dû faire l'économie de leur coiffeur? Depuis quelques semaines, on retrouve du GIBBS partout grands et petits étuis pour lA barbe grands et petits modèles de Savon dentifrice.

C'est que, malgré le bluff de l'amiral von Tirpitz, GIBBS passe le détroit, et nous sommes désormais certains de nous raser et laver avec plaisir.

NÉCROLOGIE

On annonce la mort de

Ni. Ch. Rouvier ambassadeur de France, grandofficier de la Légion d'honneur. M. Ch. Rouvier avait été ministre à Buenos-Ayres, Stockholm et Lisbonne.

M. Monestès. évêque de Dijon dont nous avions signalé, récemment, l'état alarmant.

douloureusement certains .chocs dont d'autres n'eussent été qu'effleurés. mois réagissant vite. Ils avaient tirés peu vécu en dehors d'eux-mêmes et nous avons dit qu'ils avaient l'un pour l'autre une affection si profonde, si absolue, qu'elle avait résista à la jalousie. Leur amour commun pour Marie-Blanche aurait pu faire de Fred et de Roger deux frères ennemis. au jour où la jeune fille eût arrêté entre les deux son choix. Cela leur avait paru impossible. alors qu'ils espéraient encore -en MarieBlanche. Et maintenant qu'ils avaient vu se lever devant eux la redoutable rivalité d«Beaufort alors qu'ils sentaient confusément que Marie-Blanche leur échapperait, qu'ils auraient beau faire et qu'elle n'appartiendrait ni à l'un ni à l'autre, leur peine avait été infinie, et se sachant malheureux pour la même cause, leur affection en avait encore grandi.

Depuis deux jours à Rouen, où était leur dépôt, tout équipés, prêts à partir, ce ne fut pas sans surprise qu'ils virent arriver un soir à la caserne, dans une fournée des derniers réservistes, Simon Beaufort. Tout d'abord même, ils hésitèrent à le reconnaître. Ils savaient Beaufort, en cas de guerre, attaché comme chimiste aux établissements militaires de Puteaux, et s'il rejoignait ainsi un régiment de l'active, c'est qu'il s'était engagé, désireux de se battre au lieu d'occuper une situation, utile oertes, mais sans péril, loin du front.

Ils ne se demandaient point si la présence de Beaufort dans leur régiment était due à un simple hasard.

LA suivre.) JULES MARY. Copyright by Jules Mary, 1915. Tons droits de reproduction et de traduction réservées pow tous pays.


Une visite a la colonie belge de Caen

(DE XlïLTvE ENVOYÉ SPÉCIAL)

Caen, 2 avril.

Comme cela se produit dans beaucoup de villes éloignées du théâtre de la guerre, le voyageur qui débarque à Caen éprouve tout d'aburd l'impression que -ier. n'est change dans la coquette cité normande, la ver- dtoyàhte reinfuro. Mais il suffit de parcou- rir* la ville, et d'observer, pour constater que la prospérité du chef-lieu du Calvados n'exclut pas la tristesse qui pèse sur tuutes les âmes françaises, depuis que la patrie a fait appel yi-s s pour la défense de son D'autant que les Caennais ont doublement compris leurs devoirs de Français, car en même temps qu'ils envoyaient à la frontière les plus valides d'entre eux, ils accueillaient à bras ouverts nos vaillants amis belges chassés de leur territoire violé par les barbares.

Dans l'œuvre de fraternité patriotique qui s'offrait à eux, les habitants voulurent tous faire acte de solidarité. L'exemple leur fut d'ailleurs donne -Ni. Hendlé, préfet du Calv ados Ni. Perrotte, maire de Caen M. Lecherpv, député et conseiller général, et M. Henry Chéron, sénateur, ancien ministre, dont on retrouve le nom dans toutes les manifestations de solidarité sociale.

il r eut aussi une personnalité belge qui organisa une permanence au mieux des intérêts de wed compatriotes et dont on ne saurait trop louer l'initiative généreuse, morale et matérielle. J'avais bien promis, à sa demande, de ne pas révéler son nom Mais je sais que je déplairais aux Belges de Caen, si je ne disais qu'il s'agit du professeur A. Richard, de Bruxelles, président du comité qui sait si bien secourir les réfugies malheureux.

Tout d'abord, la permanence belge commença par instituer un vestiaire, afin de Vêtir chaudement et confortablement hommes, femmes et enfants qui avaient dU fuir en hâte devant l'envahisseur. La générosité publique trouva même l'occasion de gâter les tout-petits on offrit aux plus ages des lainages de choix ou. de fantaisie et les derniers nés furent comblés de jouets et de Mais comme la colunie belge de Caen comptait près de quatre mille personnes, il fallut songer à trouver des emplois à ceux qui pouvaient travailler. C'est là que la population du Calvados s'employa activement venir en aide aux réfugiés. A l'heure actuelle il v a environ trois mille cinq cents Belges placés, gagnant leur vie par le tra%rail, par conséquent tiers de ne pas devoir à des secours leur existence et celle des leurs.

J'ai tenu àl relever les emplois occupés par nos vaillants amis, et voici la liste qui m'a été fournie. On jugera cumbien elle est intéressante par la diversité des situation. Pharmaciens, médecins, ouvriers agricoles métallurgistes, mineurs, maréchaux ferrants, carriers, tisserands, cordonnière, peintres w bâtiment, mécaniciens et employés de chemins de fer, brasseurs, typographes, emplo-yés de bureau, culottières, giletières, ca-squetiières, couturières, employées de magasin et de bazars, chacun fut placé suivant ses aptitudes, dans l'emploi qui lui convenait, afia de donner ainsi satisfaciion à 1 employeur et à l'employé.

Oiiant aux femmes sans mari, mais avec enfanta et qui ne pouvaient travailler, eues ont obtenu d'être logées et nourries gratuitement, pendant 'm durée de la guerre, chez des particuliers qui se sont fait un devoir d'héberger ces victimes momentanément sans foyer. Il y a ainsi dans le Calvados huit cents personnes hospitalisées fraternelle'Le 'bureau permanent a distribué 30.000 kilos dc houille, kilos de pommes oe terre. Il a 'ihli un service postal pour la remise des en Belgique et une section des recherches pour les familles dis-

NOUVELLES MILITAIRES Les engagés réformés

'On sait que par suite d'un engagement volontaire, la clas.se hvoc laquelle doivent marcher les engagés ne se trouve plus être celle de leur âge; ils peuvent donc être dégages de leurs obligations militaires avant les hommes de leur âge. Cette disposition a été fréquemment perdue de vue par les conseils de revision chargés de la visite des réformés.

Le ministre de la Guerre vient de rappeler que les engagés volontaires reconnus aptes au service ne sont astreints qu'aux obligations incDmbant à leur classe de mobilisation, En conséquence, les engagés appartenant Il' des classes e mobilisation ̃ antérieures à 1887 doivent être conaidtivis comme dégages de toute obligation militaire..

Les réformés titulaires d'une pension

Le. ministre du la Guerre vient d'adresser aux préfets une circulaire leur -prescrivant de faire rayer dés listes établies par les mairies les homaras réformes titulaires d'une pension pour infirnîitfts et qui .miraient, été reconnus bons pour le' ia suito de la nouvelle, visite médicale prescrit»' par lo décret du 9 ticplenTbrc1 dernier. Rn outre, ces. -hommes seront, signalés mime«itatenvmt an recrutement aux fins de radiation (les contrôlas et de service immédiat en cas d'apnê\ sons Ks drapeaux. Toutefois <-es prescripHOhe ne s'apoluiueront pas aux réformés simgratification soit permanenle soit renouvelable. Le fait d'ailleurs d'être rappelé 'sons les drapeaux n'a. pas pour effet de taire perdre le l»Vi<Mlo' de la gratification quand elle est'attribii/tf titre permanent. NOS POILUS Vus •̃•'Pflii'iv.- n'">>m< journal humoristique, flebdnmSdn.u'fi. il!i-i.liv. plein de bonne humeur et de vaiRarm'. fera la joie aussi .bien de nos soldats et; (ie nos çllios que des civils qui les admirent..Vtu -l'iiitiiit, <Pst l'esprit nièine de la France, Siérdïquç, itioq'ueuse et gaie.

Le nré-min- numéro est en veille 10 centimes. ̃ -♦̃ REJET DE pourvoi Le chambre criminelle de la cour de cassation il rejeté, hier, le pourvoi formé par le nomiûé Descroix contre FarnH de la cour d'assises de la Seine-Inférieure qui, le 3 mars dernier, l'avait condamné à la peine de mort pots* assassinat.

persées. Le service médical est organisé gratuitement avec le concours du docteur Canart, médecin belge, et du docteur L. Guuvry, médecin-chef à l'hôpital mixte de Caen.

Les jennes gens n'ont pas été oublies et, suivant leur âge, les uns vont dans les écoles, les autres au lycée certains même suivent les cours des facultés. Geox en âge de porter les armes sont mis il la disposition ou général belge Ruwet, dont le siège du commandement est à Caen.

Enfin, pour couronner son œuvre, le bureau belge a fait arrêter de nombreux espions allemands qui se faisaient passer pour sujets du roi Albert, On eut tôt fait de découvrir les l3uches, qui croyaient qu il suftirait d'émailler leur conversation de quelque s'i ou plalt n ou d'autre » savez-vous », pour tromper la vigilance des Belges. Au cours de la visite que j'ai rendue fi nos braves alliés réfugiés dans le Calvados, je me suis fait narrer les douloureux récits des exilés. Quel calvaire, quelle tristesse, que o'angoisses que d'heures d'épouvante et que de lamentables odyssées

C'est M. Nolinnvaux, de Taintegnies, dans la province de Haitiaut, qui, soue le bombarde-nient et tandis que l'on incendiait sa maison, est obligé de s'enfuir en passant par une lucarne, avec sa petite fille de onze ans. Le père et la fille restent durant six heures blottis derrière une haie puis, en rampant, en passant iL travers bois, arrivent enfin. en Ce sont lfmes Julia Mercier-Demartin, Roekere Dropsy qui ont évoqué devant nous les terribles journées de l'exode la fuite dans la nuit, sous la mitraille, avec les vieilles mères et les jeunes enfants. l'allri sous les arbres pendant l'orage, le sommeil dans les granges, le réveil en alerte, les bombes défonçwnt les caves où l'on s'est réfusé, les courses à travers champs ou parfois il faut se coucher par crainte des rafales de mitrailleuses.

Mme Dropsy nous avouait. qu'elle avait voulu se tuer avec ses enfants, en arrivant à Caen, sa détresse lui paraissant trop grande. Aujourd'hui elle vit, sinon très heureuse, du moins à l'abri du besoin. Comme elle nous le disait elle ne retrouvera son bonheur qu'en retrouvant sa maison, là-bas, du c6té de Mons, si toutefois elle existe encore. M. Dewez cultivateur de Rossignol, province du Luxembourg, fut obligé de quitter sa petite ville le 20 août. Sa maison était en Flammes et il fallut en retirer Mme Dewez qui, la veille môme, avait mis au monde un petit garçon. Avec t'aide d'un voisin, Ni. Deplaça sa femme et 'son nouveau-ne sur brancard et le précieux fardeau fut emporté, sous les balles, au prix de quels efforts, il travers les bois, jusqù a Cangnan, dans les Ardennes, où la malheureuse femme et son bébé reçurent enfin des soins. Fort heureusement, par miracle pourraiton dire, cette famille est aujourd'hui sauvée. l'Ile vit il l'abri du besoin dans un château de Cambes-les-Caen.

Et c'est encore une petite fille que j'interrogeais et dont le témoignage se résumait dans cette déclaration naivc

Donc, les Anglais sont venus et le commandant nous a dit comme a « C'est le théâtre de la guerre, le canon tonne, il tant vous en aller. » Donc, on n'est pas resté sur le théâtre de la guerre et on est parti. » Et ces mots, « le théâtre de la guerre n. prenaient une importance énorme mais mal définie dans la petite cervelle de la gamine. C'était pour elle, dans son esprit, comme une terrible représentation de cinéma, quelque drame èffrayant dont elle ne pqottaisHait que le prologue. Quand elle sera plus grande, en évoquant sa vision d'enfance, elle appréciera toute l'horreur de la tragédie où elle faillit jouer le rôle de victime et elle perpétuera au cœur des siens la haine de l'Allemagne. H. MONTËGUT.

Un fou tient pendant huit heures la force armée en échec

Pierre Grigis est un maçon italien, originaire de Selvino qui habite Paris depuis une vingtaine d'années. Mercredi soir, il avait loué une chambre à 'l'hôtel Gaillard, 14, rue des Bernardins. Le matin, vers six heures. pris d'un subit accès de folie, il s'imagina qu'on voulait le guillotiner et s'enfuit, poussant des cris de terreur. En un rien de temps il eut gagné la toiture dẽ.bte..• ;il s' Accompagnés de gardiens de la paix, MM. Guillaume, commissaire divisionnaire Philippon, commissaire du quartier M. Boulanger, officier de paix, accoururent. Bientôt survinrent les pompiers, et une chassie à l'homme commença.

Le fou se réfugia sur.le toit d'iifte maison de la rue de Bièvre. Comme il» demanda it/in prêtre, on pria un abbé ,de Tè"glîse SatntNieolas de venir parlemcnter avec, lui. D'une maison voisine l'abbé invita le dément' à descendre, mais vainement.

,En vain également on offrit à l'Italien, qn1 avait faim, du fromage et du vin blanc, lui proposant ensuite'une partie de cartes, Tbut fut inutile. L'Italien refusait de se laisser approcher, menaçaht de tuer quiconque -essaierait de le prendre. De quatre heures du matin à midi, on le vit arpenter les toits, gesticulant et apostrophant les pompiers qui lé cernaient. Aux abords, la foule était considérable. Finalement, on amena une pompe pour l'arroser. Mais la douche ne fut pns nécessaire à midi vingt, au moment où la pompe allait fonctionner, le caporal des pempiers Giuseppi, arrivant par derrière, tandis que le fou était occupé à discourir, sauta sur lui et le renversa aidé des sapeurs postés sur les toits voisins et accourus à son aide. il ligota Grigis qui, solidement ficelé: tut enfin descendu Grigis, qui avait sur lui cent cinq francs et des armes diverses, fut dirigé sur l'infirmerie spéciale.

Les enfants helgeti nés en France PEIDINT LA GUERRE ILS CONSERVERONT LA NATIONALITE DE LEURS PARENTS

Au nom de la commission de législation civile M. Maurice Braibant vient de présenter à la Chambre un rapport concluant à l'adoption du projet modiliant l'article 8 du code civil, en faveur des enfants nés en Franoe de parents belges.

Dans sou rapport, M. Braibant explique clairement le but poursuivi par la nouvelle ici.

« L'article 9 du code civil, dit le rapporteur, autorisait tout individu né en France d'un étranger à réclamer, dans l'année, dès sa majorité, et sous certaines conditions de domicile, la qualité de Français.

L'enfant né en France d'un étranger était donc réputé étranger jusqu'à sa majorité, et c'est seulement alors qu'il pouvait deve^ nir Français sur sa demande.

La loi du 26 juin complétée par la loi du 28 juillet devenue' le para· graphe 3 de l'article 8 du code civil, a ren'versé le principe. On n'a plus admis que l'individu né en Fraacé fût présumé étranger. Si le père étranger est lui-même né en France, l'enfant est Français de droit, si c'est la mère qui est née en France, il a la faculté de décliner, dans l'année qui suivra sa majorité, la qualité de Français.

Les seules conditions sont les suivantes il doit prouver qu'il a conservé La nationalité de ses parents par une attestation en due forme de son gouvernement, et qu'il produise, s'il y a lieu, un certificat constatant qu'il a répondu à l'appel sous les drapeaux, conformément la loi militaire de son pays. Ainsi, pendant sa minorité, l'intéressé ne peut, ni lui-même, ni par son représentant légal, renoncer à la qualité de Français. En temps normal, cette disposition est absolument juste elle ne prête pas à la discussion. Mais, à 1 heure actuelle, de nombreudes femmes belges, chassées par l'invasion, verront naître, sur notre sol, des enfants qui, par le fait de leur naissance, seraient Français jusqu'à leur majorité.

Le gouvernement a pensé qu'il serait abusif de profiter des hasards de la guerre pour créer aux enfants nés dans ces conditions une situation qui porte atteinte à leur droit, d'étranger. C'est dans ces conditions que le gouvernement a introduit un projet d'après lequel le représentant, légal d'un enfant de parents belges, que les circonstances font naître en France, doit avoir le droit de renoncer pour cet enfant ir la qualité de Français, de façon qu'il conserve la nationalité belge. » Le colonel Royal

réintégré dans son grade Par décret du Président de la République rendu sur la proposition du ministre de la Guerre, M. Florian-Joseph Royal, lieute* nant-colonel d'infanterie territoriale, rayé des cadres, sous-lieutenant de réserve au régiment d'infanterie, est réintégré dans le grade de lieutenant-colonel, pour être affecté aux armées.

Le colonel Royal, porte-orapeau du a été, ces jours derniers, cité à l'ordre de l'armée pour sa belle conduite au feu. Les décisions

de la chambre de commerce La chambre de commerce de Paris vient d'adopter les conclusions de nombreux rapports, qui lui ont été soumis par ses commissions commerciales et industrielles,. Y.aifij les plus Importantes décisions sous foi-me d'avis favorable ou défavorable prises par la chambre de commerce.

Rejet des propositions de loi tendant à établir en France la semaine anglaise, c'est-à-dire le tepos de l'après-midi du samedi.

Adoption de la proposition de loi de NI. Joseph Denais, exonérant de la plante les voyageurs de commerce qui 'ne font point de négociations pour leur rbmpte,

Adoption de la création de trois stations nouvielles Wagram, Bayen et Suchet, et d'une autre au pont Lalo, sur ta ligne d'Auteuil à SaintLazare.

Rejet du projet ayant pour objet le doublement des voies rue Didot, entre le boulevard Brune et la rue Jonquoy. Adoption du projet de doublement des voies de la '.iffhe 22 dans la traversée de Montreuil, rue de Paris, «n.tr© la rue de Vinconnes et la porte de Montreuil. Rejet du projet qui a pour objet le doublement de voie de la ligne (j dans la rue de Fontenay, à Vincennes, au droit du cimet'ère.

Rejet du projet de suppression éventuelle du mandat-poste et du mandat-carte.

Adoption du projet de loi tendant à rendre obligatmre la déclaration de tous les biens des sujets des pays ennemis.

L'ACTIVITÊ ALLEMANDE EX SUISSE M. Lazare Weiller, qui vient de faire un voyage d'études en Suisse, a communiqué à la commission des affaires extérieure^ 'une note des plus intéressantes sur l'activité des Allemands dans ce pays.

Au cours de son voyage, le député de la Charente a constaté que la situation prépondérante occupée il y a huit mois par l'Allemagne dans l'opinion helvétique est maintenant perdue pour elle, en dépit de la propagande acharnée qu'elle avait organisée par le journal, le livre et la conférence et aussi des fausses nouvelles qu'elle « répandues sur les faits de guerre.

M. Lazare Weiiler s'est également documenté sur les tentatives des agents installés en Suisse par nos ennemis pour faire passer en contrebande les métaux, prinoipalement le cuivre, dont ils sont depuis quelque temps, dépourvus.

Des observations qu'il a faites, l'honorable député conclut qu'aujourd'hui la Suisse éprouve pour la France de profondes sympathies, dont elle ne cesse d'ailleurs de donner la preuve par l'accueil affectueux qu'elle réserve aux Français renvoyés d'Allemagne après une longue et pénible captivité. Toutefois, il importe, estime M. Lazare Weiller, que nous ne nous lassions point de çombatt.re la propagande antifrançaise organisée par les Teutons dans les pays neutres. La meilleure façon de le faire serait, d'après lui, d'y envoyer des i( personnalités importantes, distinguées, aptes, par retir situation personnelle et par l'aide du gouvernement, à faire pénétrer dans tous les milieux la parole et l'influence de la France ». Qu'il soit publié périodiquement. tous les trois mois par exemple, des listes complètes, par ordre alphabétique, pour les citations à l'ordre de l'armée, ainsi que pour les'promotions dans la Légion d'honneur et la médaille militaire.

̃»~~ Que, pour favoriser La lutte économique contre les produits austro-allemands, la plus large publicité dénonce non seulement les maisons placées sous séquestre, mais encore les genres de produits fabriqués par elles. Chaque semaine, les svndicats industriels et agricoles pourraient faire afficher dans les écoles et mairies ou chez les principaux commerçants, une liste des marques bien françaises.

Que les officiers G. V. C. du secteur de Reims touchent l'indemnité de linge de corps et de chaussures qu'ils attendent depuis les premiers jours de la mobilisation et qui a été réglée presque partout depuis longtemps. Un G. V, C. rémois.

Trois fois cité à l'ordre de l'armée Une maman bien fière.. c'est Mme^ veuve Drogrey, à Yelesmes, mais .bien inquiète aussi.

Ses cinq garçons et son gindre sont actuellement sous les drapeaux. Trois ont déjà été blessés et sont relournés au front. L'un des fils-de Mue Dro^re-yT" 'sous-lieu-. tenant au 60e d'infanterie, depuis le mois de. septembre dei'nicr, a 'au les honneurs de trois citations l'ordre de l'armée.

La première remonte au 20 septembre Chargé d'assurer avec, une quinzaine d'hommes la défense d'une barricade fermant le débouché'. d'un village, ont arrête ..toutes les tentatives de l'ennemi, très supérieur en nombre, pour en sortir. Lui ont fait par. un-U'ir. ajusté, de' grosses pertes et n'ont quitte leur poste que sur un ordre réitéré du commandant de la compagnie. Quelques semaines plus tard, nouvelle citations Ln sous-lieutenant Emile Drogrey. du d'infanterie, seul olfîder de sa compagnie, a porté son iniilfi à l'attaque avec une belle énergie, sur un terrain sans abri et sous le feu rapproché de hlusieurs mitrailleuses allemandes. Déjà cité à, l'ordre (ordre général no 53). Dans les débuts du mois dernier, troisième citation à l'ordre de l'armée .Seul avec quelques hommes, et séparé de sa compagnie, a occupé une corne de bois abandonnée a chargé à la baïonnette sous un feu très violent pour repousser une forte attaque allemande a rendu la lisière du bois inviolable. S'est maintenu à cette lisière pendant toute une journée n'a rejoint sa compagnie que par ordre. UN MARI ASSOMME SA FEMME Troyes, 2 avril.

René lietzel, trente-quatre aiis, employé de chemin de fer; et sa femme, née Jeanne Pigeon, trente-sept ans, bonnetière, domiciliés boulevard du Quatorze-Juillet, faisaient mauvais ménage lui était d'un caractère sournois et violent, elle n'était pas un modèle de tempérance.

Hetzel, venant de dîneur, rencontra au bas de l'.escalier sa fille Germaine, âgée de dix ans, qui portait un litre de vin dissimulé sous son tablier. Il prit le litre et, remontant vivement chez lui, gourmanda sa femme, puis, au cours de la dispute qui suivit, il lui brisa la bouteille sur la tête.

La pauvre femme a. succombé à sa blessure. Le mari à été arrêté.

Les prisonniers allemandes en France Toulon, 2 avril,

La délégation parlementaire, composée de MM. libelle, Talon, Gelqs et Perreau-Pradier, a terminé par la Corse sa, mission sur les internements d'Austro-Allemands. La délégation a visité le Var, les Alpes et la Corse son enquête lui permet d'affirmer hautement aux puissances neutres que les prisonniers, austro-allemands soni internés dans des camps très salubres et sont partout très bien traités.

Une folle se suicide

après avoir tué son jeune fils Auxerre, 2 avril.

Mme Marc, femme d'un professeur de musique d' Auxerre, qui s'était retirée à Char vannes, dans sa famille, depuis là mobilisa- tion, a ét'è prise, hier, d'un accès Vie ffflië.' Elle a tué son enfant, âgé de oauze ans, d'un coup de rasoir, puis elle s'est suicidée avec la même arme. Elle était âgée de trente-trois ans.

La journée d'hier, 2 avril

En France, les pluies, qui cmt. été très abon(huiles par places, dans le Sud-Ouest et le Midi, ont donné 2ï)m/m d'eau à Nice, 22 à Toulon, 16 à Marseille, 10 à Biarritz le matin, il est tombé un peu de nerge à Briançon, de la pluie -dans quelques stations du Midi dans les autres régions, le temps a eté assez beau il y avait du brouillard sur les côtes de la Manche et de la Bretagne, au Havre et à Lorient. La température a été un peu moins basse que ta veille il y a en de feibles gefr'jes le matin dans l'Ouest, l'Est et le Centre à 7 heures du matin, le thermomètre marquait au-dessus de zéro à Belfort, 2o a Paris et à Clermont-Farrand, 3o au Mans et à Bordeaux, 4° à Toiikmse, 5° à Brest et à Dunkerque, 90 Biarritz, à Monaco. Les geléesétaient encore fortes sur les montagnes; on notait au-dessous de zéro au mont Meunier, 50 au puy de Uôme, au fort de Servance. Dans la journée, le temps s'est adouci sans que la température ait dépassé toutefois celle de cette époque de l'année.

Le temps probable pour aujourd'hui En France, le temps sera nuageux ou beau dans toutes les régions, il y aura de là brume le matin et le soir: le brouillard sera plus fort dans l'Ouest, le Nord et l'Est. La température sera un peu fraiche le matin, des gelées blanches se produiront dans le Nord et fEst 'il y aura des rosées abondantes un peu partout. Le temps s'adoucira notablement dans la. journée, et, en moyenne, la température sera plus élevée, surtout dans le Nord elle se rapprochera de celle de la saison.

♦̃

Hauteur' des eaux du 2 avril, à sept heures du matin

Haute-Seine. Pont de Seine a Montereau, Im6!); éclase de Varennes, 3m25 pont de Meiun, 2m77; pont de Gorbeil, l°Mii; écluse de Port-àl'Anglais, -1-54.

Marne. Ecluse de Cumières, 2m33; écluse de Chalifert, écluse de Charenton, Basse-Seine, Austerlilz, lm40 pont de la Tournelle, I«i31 pont Royal. 2m'i2; écluse de Suresnes, 5m23 barrage de Bezans, 3™17 pont- de Mantes, 3miô écluse de Méricourt, 5mS3. LE MIROIR 1 montre cette semaine

LES CRIMES

ALLEMANDS

LE MARTYRE

DE REIMS

DE BEAUSÉJOUR AU

MESNIL- les ̃ HURLUS

BRUXELLES

GERMANISÉE

LES ALLIÉS DANS

LES DARDANELLES

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™~ Dehray.E., sergent 69' bat. chas% in" Ci,% sfet. Tech- Pierre, qui nnt quitté Reims 10 sept, pour- DHlies Adolphe; de Totiffiers, dem-nouv fam;; atuia. Ecr. CheYferie génie, camp Chiliens

Evacués récemment du canton de Vermatid rf priés écrire à Cordier. 8. Jardin-Evetjue, Evreux. ̃ Fayet. Vignon Léon, »7«,S. flfc--K», -Qulape», dem. nouv. par. • « « Geo. reçu lettre &«otte. Même adresse. Dépôt hussards. Corné

~~v Henri Dulrenelle, S wjueaiin Corrù»a.iJ8aj:l1 tous du art, 71« bat. Avor (C), d. nouv. par., amis. Henri Vasseur, de Chauln«s i£»nime),Dji^oQnier à Darmstadt (AlIemagnei^ Ciel 3' bat. dem. H. Dhinzelin, de Bnixelles, reen. fain Liénard Alex., de Maubeuge. Ecr.SS.r.du Hocher, Paris. Jules 'hôpital Selle.v.sur-rher^fLolT-W-^âS^1 '1-nrdemandent nouvelles de leurs' Tâffini.

Langrand P: Oul*ry-la-Mnr' ch. II. Delrue à la Thi. c*lle. Lewarde, Non' tp R. Xantes (L.-Inf.)..CI ^cuveUes fatnUle ^.i.am tigné-Ferchaud (Ille-éCMlàlnë). réch m'a-rT. '̃' "̃ Mme Régnier, 30. l'Ampère, Ivry ser. -rec. c. ou mil. donn. rens. Alexandre Régnirr, soldar;jr>7* inf., 7' Cie, Nsp. 27 sept,, à Fay-en-Haye(;tnat. 07.J42. ̃ M. Deiaby Augustin, deJBauvjn <N. rech. tam. Menu-Dupuis, Menu-DelaJûirae BaùTia.. et XliêryPélaby; d'Arras et Il aiwréf. Fosse n" 9,rWjns, no 17. Barlin ..Pas-iiépCalais; MM. Maudbuy. chef, Camus. Lhnillier, Prévost, gare Pierrepont. Villière, chef, Joppécourt (Meurthe-et-Moselle), évacués Chàtillon-s.-Lolre, rscherchent familles.

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