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Titre : Le Ménestrel : journal de musique

Éditeur : Heugel (Paris)

Date d'édition : 1899-04-16

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : Français

Langue : language.label.français

Format : application/pdf

Format : Nombre total de vues : 44462

Description : 1899/04/16 (A65,N16)-1899/04/22.

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k56155267

Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 01/12/2010

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LE MÉNESTREL

• — Le Figaro a consacré son dernier .« Five o'clock » du jeudi à un Festival Massenet, le maître accompagnant lui-même ses oeuvres. Il n'est pas besoin de dire avec quel empressement on avait répondu aux invitations de notre grand confrère et que, bien avant cinq heures, le hall était déjà plein. Au programme, les noms de M. Armand Ferté, un premier prix de piano de la classe de M. Diémer, de M. J. Hollman, de Mmes Bréval, Ackté, Carrère, Bréjean-Grarière, Emelen, de Roskilde, Nimidoff, de.MM. Alvarez et Maréchal, et de gentilles élèves de M. Mangin formant un choeur ravissant. M. Renaud et Mlle Flahaut, qui devaient également se faire entendre, en ont été empêchés par la grippe qui sévit si pernicieusement en ce moment. Le programme, fort bien composé, ne fut pour chacun des interprètes qu'une longue suite d'ovations et pour le maître français un enthousiaste élan d'admiration passionné i dont il no saurait perdre le souvenir. Ce sont d'abord les choeurs de M. Mangin qui chantent Aux Etoiles, puis M. Ferté, qui, avec l'auteur, joue élégamment et sûrement trois numéros de l'Année passée : Grand Soleil d'été, Feuilles jaunies, Jo'u-r de Pâques, et, seul, une Improvisation et Valse folle. MUo Nimidoff est très applaudie dans un air de Marie-Magdeleine, comme aussi MUe de Roskilde dans Élégie, accompagnée par lé violoncelle de M. Hollman, qui, seul, joue en perfection un fragment de la Fantaisie, et Mlle Emelen, très en beauté, dans l'air à Eros de Tha'is, et Mme Carrère, qui dit avec esprit Situ veux, Mignonne et Marquise. Le duo du second acte i'Esclarmonde, chanté à ravir par Mme Bréjean-Gravière et M. Maréchal, fait s'accroître la chaleur des applaudissements, qui augmentent encore d'intensité avec Mlle Bréval dans l'air du Cid, « Pleurez mes yeux », et qui tournent au délire lorsque M. Alvarez chante le grand air du Mage et termine cette superbe séance en enlevant magistralement avec M1Ie Ackté, qui s'était déjà montrée exquise dans le Souvenez-vous, Vierge Marie, le grand duo à'Hérodiade. Impossible de compter le nombre de rappels qui acclamèrent alors le maître et ses merveilleux interprètes. Si M. Massenet lui-même n'avait dû donner le signal du départ, les six cents invités du Figaro seraient demeurés longtemps encore dans cette salle où ils venaient de passer deux heures inoubliables.

— De Lyon : Thaïs a obtenu et continue d'avoir au Grand-Théâtre le plus franc succès. L'oeuvre si captivante de Massenet a trouvé en M. Mondaud et Mme Tournié deux interprètes de premier ordre. Le premier donne au farouche personnage d'Athanaël un relief saisissant, et ce rôle comptera parmi les meilleurs de sa carrière ; la seconde est fort touchante sous la robe de bure de la pécheresse repentie, et très séduisante sous la tunique légère de la belle courtisane. Les rôles de second plan, une mise en scène soignée, un orchestre habile complètent une interprétation qui fait grand honneur à la direction. J. J.

— De Nice : L'Opéra vient de fermer ses portes sur une très brillante reprise de Tha'is, l'exquise comédie lyrique de M. Massenet, représentée à ravir par Mlle' Frandas. On regrette unanimement que la direction n'ait pas remonté l'oeuvre plus tôt dans la saison, ce qui aurait permis d'en donner plus de deux représentations.

— D'Orléans : Le dernier concert populaire, consacré aux oeuvres de Mme de Grandval, a été un énorme succès pour l'auteur et ses interprètes : Mlle de Noce et M. Paul Séguy. Très applaudis le choeur de la Ronde des Songes, Au bord de l'eau, les Lucioles, le Vase brisé, etc.

— M. Edouard Risler vient de donner à Mulhouse un récital de piano qui lui a .valu d'innombrables ovations. Au programme, des oeuvres de Bach, Mozart, Beethoven, Schumânn, Schubert, Chopin, Wagner, Liszt, Chabrier et les Valses de M. Reynaldo Hahn, jouées avec un sentiment artistique parfait.

— SOIRÉES ET CONCERTS. — A la matinée musicale donnée par Mmc Lafaix-Gontié, très intéressante exécution du superbe 1" acte d'Esclarmonde, qu'interprétaient ses meilleures élèves et qu'uccompagnait Massenet lui-même, les éleetrisant de sa flamme géniale. On a aussi grandement applaudi M" 0 Gabrielle Dionis du Séjour dans l'air d'Hérodiade, « J'allais ce matin au désert » ; le choeur Aux étoiles, Eau dormante, Eau courante et Valse folle, dans

laquelle voltigeaient les doigts de M"" Antoinette Lafaix-Gontié. — Bonne audition d élèves de M" 0 Pichard, parmi lesquelles on a remarqué M" 0 L. J. (valse lente de Conncf; Delibes), M. G. R. {Aragonaise du Cid, Mar-.enet), M" 0 M. N. tair de Paul et Yirnkj' Massé), M"» A. R. et L. J. (Boléro de Coppélia, Delibes), Mllc M. N. (Prélude à'IIérodiadè Massenet), M" 0 A. R. (Entr'acte-gavotte de Mignon, A. Thomas) ; M"" Pichard s'est fait applaudir dans l'air du C 'ûd. — A Pierrefltte, au concert donné par la « Société musicale grand succès pour M. Paul Séguy dans Vieille lettre de Massenet et les Grands yeux il tout petits de Chavagnat. . .

— CONCERT > ANNONCÉS. — Samedi 22 avril, salle de la Société de Géographie, concert donné par le Quatuor tchèque. .

NÉCROLOGIE

Un excellent et trop modeste artiste, Charles-Victor Sieg, organiste de Notre-Dame de Clignancourt, est mort subitement loin de Paris, le 6 de ce mois. Fils d'un musicien distingué, mort lui-même il n'y a pas fort longtemps Sieg était né le 8 août 1837 à Turckheim (Haut-Rhin), et avait fait ses études au Conservatoire, où il fut élève de Benoist pour l'orgue et d'Ambroise Thomas pour la composition. Après avoir obtenu un second prix d'orgue en 1863, il se présentait l'année suivante au concours de l'Institut, et, quoique reçu le dernier sur cinq à l'épreuve préparatoire, il emporta d'emblée le premier prix. Sa cantate (Ivanhoé, paroles de M. Victor Roussy), fut exécutée peu de semaines après, le 18 Novembre, à l'Opéra, par Morère, Dumestre et Mlle de Taisy, et fort bien accueillie. Mais, est-ce indolence, est-ce modestie? Sieg, après ce brillant succès, sembla se renfermer en lui-même et fuir le public et la publicité. 11 accepta une place d'organiste, se livra à l'enseignement, devint inspecteur du chant dans les écoles municipales, et n'essaya même pas de faire jouer un opéra-comique qu'il avait, je crois, composé à Rome. Je ne connais de lui qu'une suite de trois compositions pour le piano, publiées à Leipzig, et je ne sache pas qu'il en existe d'autres. Sieg était un fort honnête homme et un excellent camarade. A. P.

— Le doyen et certainement l'un aes plus habiles de nos pe.ntres décorateurs, l'excellent Rubé, est mort jeudi dernier, à l'âge de 84 ans. Il avait de qui tenir au point de vue du talent, ayant été élève de Cicéri, dont il avait épousé la fille. Il a travaillé durant soixante ans et, on peut le dire, jusqu'à son dernier jour, si bien qu'il ne verra pas ses deux derniers décors, ceux qu'il a peints avec M. Moisson pour la Cendrillon de Massenet (Ie 1' acte, chez Mme de la Haltière », 2* tableau du 3° acte, « le chêne des fées J), Rubé fut longtemps associé avec Nolau, et plus tard, après la mort de celuici, avec M. Chaperon. Avec ce dernier il a fait entre autres, à l'Opéra, les décors de Saplw (1er acte), du Roi de Lahore (5e acte), de UAfricaine (4e acte), de la Muetle (oe acte), d'4ïrfa (4e acte), de la Korrigane (2e acte), et de la Farandole (1er acte). Tous deux ont fait, avec. M. Jambon, ceux du Cid (3e acte), de Pairie (3* acte) et de Tabarin (2e acte). Il serait bien impossible, d'ailleurs, de rappeler tous les travaux exécutés pendant plus d'un demi-siècle par cet artiste si distingué. Signalons encore, au hasard de la mémoire, le tableau si saisissant du cimetière à'Hamlet, un paysage parisien délicieux dans Jean de Tliommeray à la Comédie-Française, les décors de la Dame dépique à l'OpéraComique, etc. C'est, en son genre, un grand artiste qui disparaît en la personne de Rubé.

— On nous annonce de Bordeaux la mort d'un musicien distingué, Charles Haring, qui était depuis plusieurs années chef d'orchestre du Grand-Théâtre de cette ville. Il était, né en 1849 à Toulouse, où il avait commencé par être second chef au théâtre du Capitole, tout en dirigeant une société orphéonique qu'il avait fondée et pour laquelle il écrivit plusieurs choeurs de bonne allure. Il fit représenter au Capitole, en 1877, un opéra-comique en un acte int tulé le Docteur Pyramide; on en connaît de lui quelques autres : le Roi Pan, Brimbinus, et aussi la musique de plusieurs ballets.

HENRI HEUGEL, gérant-directeur.

Paris, AU MÉNESTREL, 2 bis, rue Vivienne, HETJOEEL et Cie, éditeurs-propriétaires pour tous pays.

IMPRIMERIE CENTRALE DES ClIEJIIJiS DE'FER'. -- IMPRIMERIE CHAIX, RUE BERGÈRE, 20, PARIS. — ÏH0M LorffleoeQ.