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UV. III, CHAP. V. 123

gens volontaire, indépendamment de la justice de la
cause. Rien de tout cela dans une guerre informe et
illégitime, appelée avec plus de raison un brigandage.
Entreprise sans aucun droit, sans sujet même appa-
rent, elle ne peut produire aucun effet légitime, ni
donner aucun droit à celui qui en est l'auteur. La Na-
tion attaquée par des ennemis de cette sorte, n'est
point obligée d'observer envers eux les règles pres-
crites dans les guerres en forme; elle peut les traiter
comme des brigands. La ville de Genève échappée à
la fameuse escaladera), fit pendre les prisonniersqu'elle
avait faits sur les Savoyards, comme des voleurs qui
étaient venus l'attaquer sans sujet et sans déclaration
de guerre. Elle ne fut point blâmée d'une action qui
serait détestée dans une guerre en forme.

CHAPITRE V.
De l'ennemi, et des choses appartenantes à l'ennemi.

§69. Ce que c'est que l'ennemi.

L'ennemi est celui avec qui on est en guerre ou-
verte, Les Latins avaient un terme particulier {hostis),
pour désigner un ennemi public, et ils le distinguaient
d'un ennemi particulier (inimicus). Notre langue n'a
qu'un même terme pour ces deux ordres de person-
nes, qui cependant doivent être soigneusement dis-
tinguées. Lennemi particulier, est une personne qui
cherche notre mal, qui y prend plaisir : l'ennemi ou-
blie forme des prétentions contre nous, ou se refusé
aux nôtres, et soutient ses droits, vrais prétendus,
par force dés armés. Le premier n'est jamais inno-
cent; il nourrit dans son coeur l'ànimosité et la haine.
Il est possible que l'ennemi public ne soit point animé

(«) En Tannée 1602.
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