20 ADALBERT, PRIMAT DU CHATEAU DE GRANDSON.
comtes, se serait emparé de la terre de Champvent appartenant à la couronne(?).
Toutefois cette allégation est une conjecture qui ne s'accorde pas avec la date des
faits; puisque, d'un côté, la première invasion, par le sénieur Adalbert, des pro-
priétés du monastère romain, à Champvent, eut lieu, selon la charte des griefs de
ce couvent contre lui, vers l'époque de la mort de l'abbé Odilon, survenue le 1er
janvier .1049, tandis que, d'un autre côté, on lit dans le Mémoire précité (pages 19
et 20) que les comtes de la haute Bourgogne et de Genève ayant été vaincus parle
comte Louis de Montbëliard, l'un des capitaines de l'empereur, furent réduits à se
rendre, en 1045, à Soleure, auprès de ce souverain, et obligés de lui prêter
serment de fidélité, ce qui rétablit momentanément la paix dans la Transjurane 1.
Ce fut peut-être pour se réconcilier avec le monastère romain qu'Adalbert lui
fit une donation, à laquelle s'associèrent son épouse Tiedberge et leurs fils Erluin,
Rodolphe, Adalbert et Pierre, donation qui n'est pas datée, mais qui doit avoir eu
lieu, nous semble-t-il, entre les années 1049 et 1059. Elle comprit les chésaux et
les champs que les donateurs possédaient au village d'Arnex, et leurs prétentions
sur le serf Condran, sa soeur Ledgarde et leurs enfants. Humbert 2, Aluis, Siwenus
et beaucoup d'autres non nommés en furent les témoins 3.
Le sénieur Adalbert vivait encore dans la 3e année du règne du roi Henri (IV),
soit en 1058-59. A cette date Adalbéron, prévôt de l'église de Ste. Marie de
Lausanne, ayant affranchi, par les mains de.Rodolphe, son avoué, le serf Bour-
chard,'la charte de cette manumission de servitude, datée de Lausanne, un ven-
dredi et écrite par le chancelier Odielme, fut signée par le prédit prévôt et par
Rodolphe, son avoué, témoin, puis encore par les 'témoins suivants: Adalbert,
1 Cet événement aurait déjà eu lieu l'année précédente, selon les notes et rectifications qui ac-
compagnent l'édition de 1S46 des Mémoires historiques de la république séquanoise, etc. par Gollut,
colonne 1805.
2 Par la raison que nous avons déjà indiquée, que le petit-fils, au moyen âge, portait souvent
le prénom de son aïeul, nous présumerions qu'Humberl, apparaissant ici comme témoin, est le père
d'Uldric de Cossonay, tige connue de la famille de ce nom, dont le fils et l'héritier se nommait
Humbert. Le témoin de ce nom, que nous verrons encore apparaître lors d'une donation de Rigaud
de Grandson en faveur du monastère romain, serait, dans notre opinion, le fils de l'un des deux
Uldric qui avaient siégé parmi les primats du royaume au plaid d'Eysins (voy. ci-devant, pag. 9,
note 2).
3 Pièces justificatives, N° 17.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-M-193