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Titre : Mémoire sur la mort de Louis XIV / par le Mis de Dangeau
Auteur : Dangeau, Philippe de Courcillon (1638-1720 ; marquis de)
Éditeur : Didot frères, fils (Paris)
Date d'édition : 1858
Sujet : Louis XIV (roi de France ; 1638-1715) -- Mort et sépulture
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 32 p. ; in-8
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k55404p
Source : Bibliothèque nationale de France, 8 °Lb37.4897
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb302981928
Provenance : bnf.fr
Date de mise en ligne : 15/10/2007
Mémoire sur la mort de Louis XIV: 29 páginas encontradas
p.1 (3)
T ? c :) ) O ~.f .t" ,` 7 MÉMOIRE SIR LA 'f?' MORT DE! LOUIS XIV
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MÉMOIRE • SUR LA. MORT Ï)E L0UIS XIV PAR LE MARQUIS DE DANGEAU PARIS F1HMIN DIDOT FHÈRES, FILS ET O, LIBHAIF{ES IMPRIMEURS DE L'INSTITUT DE FRANCE RUE JACOB, 56 1858
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';1 'ÈftTISSEMEîST /DES ÉDITEURS. La mort de Louis XIV n'a été racontée jusqu'à présent par les historiens que d'après des documents inexacts. Voltaire et Saint-Simon, qu'ils ont été obligés do suivre aveuglément, n'avaient pas été témoins des faits qu'ils rapportent, et durent récourir à
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. Postérieurement à l'année 1714, il n'y a plus dans cette compilation de Voltaire une seule phrase qu'on puisse retrouver dans le journal, de Dangeau, et les extraits relatifs à la mort de Louis XIV sont pris dans un document dont il a dû circuler de nombreuses
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DES ÉDITEURS. 7 copies (1), car Saint-Simon y a eu également recours. Il y a en effet, sauf la forme, identité 'entre les renseignements donnés par ces deux auteurs. Saint-Simon vit Louis XIV pour la dernière fois le 24 août, en assistant au' souper du roi avec les courtisans. « J'y observai j dit
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8 AVERTISSEMENT Il- Vtw~ rt~t'~ -v "t de Louis XIV. au Dauphin et aux courtisans. Pour prouver la vérité de ce témoignage que nous nommerions volontiers une déposition faite devant le tribunal de l'histoire reproduisons la lettre écrite par Madame, duchesse douairière d'Orléans à sa sœur
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de Maintenon. « II est vrai quo tout le mondo croyoit lo roi mort lorsque madame do Maintenon s'est retirée 'il avoit perdu connoissance pendant un long moment, mais il est (1) Ce sont les nidnes recommandations que Louis XIV fait aux courtisans dans le discours reproduit par Dangéau; il leur amande
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de piété l'Oraison dominicale- et le Symbole, et il a expiré en recommandant son âme a Dieu. » (Correspondance complète de Madame, duchesse d'Orléans, traduite et publiée par M. G. Brunct; 18o5, tome Ier.) Si Dangcau avait joint à son Journal son Mémoiro sur la maladie et la mort do Louis XIV, Saint-Simon
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DES ÉDITEURS. Il d'autres pièces manuscrites relatives aux obsèques do Louis XIV (Discours du cardinal de Rohan, lettres de Pontchàrlrainf tentures et décorations des églises de SaintDenis cl de Paris, de). Après la mort du baron de IIohendorf (Ornai 1719), sa bibliothèque tout entière fut acquise
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de Saint-Simon, composées vingt-cinq ans après la mort de Louis XIV, le document que nous puMïons aura une véritable valeur historique et littéraire! Saint-Simcn s'est servi du Journal de Dangeau et lui a emprunté des passages entiers; mais il n'a pas connu ce Mémoire, dont le manuscrit se trouvait déjà
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que la veille il dohiià audience de congé à l'ambassadeur de Perse et se tint debout pendant touteraudience et quoique dès le soir il avancé d'une heure celle de son souper, qui n'étoit jamais qu'à dix heures, il m paroissoit pas assez malade pour qu'on dûteraindre pour sa vie. Des le samedi 10
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AOUT 1718. 15 confesser, et le fut sur les onze heures du soir mais ayant un peu dormi ce matin. S M. s'est trouvé encore assez de force et de courage pour faire entrer le public à son dlner. Comme c'est aujourd'hui là Saint-Louis, qui est le jour de sa feje les tambours sont venus lui donner
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des Chasses. Le salon des pendules et i.i pièce qui devint 1)lus ta'rtl la chambre à coucher de Louis XV formaient sous Louis XiV ce qu'on nommait les cabinets du roi. Ces pièces se trouvant dei-rière l'appartement du roi, on disait des personnes qui y étaient admises qu'elles entraient par les denières
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par le duc de Noailles, et S. M. a en môme temps fait apporter sur son lit une petite table et a écrit de sa main quatre ou cinqlignes sur la quatrième page d'un codicillo qu'il avoit fait et dont les trois premières étoient remplies; et il n'y eut pendant ce temps-là, dans sa chambre que M. le chancelier
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au bout ou le roi a accoutumé de Le chancelier a tiré d'une enveloppe, qui nVloit point cachetée, le papier que S. M. venoit d'écrire (1), et l'a donné à M. le duc 'l'Orléans, qui pour le lire s'est appuyé sur la table, sans s'asseoir, et le chancelier est demeuré debout, auprès de lui. Les lignes
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\e de Chai les de liante, duc de Bel iy, petit-fils de Louis XIV. 1 Ht- I lit pi'Iito-lilledu loi p.u .illi.uu i-, et petitetille du roi et de madame de Montespan, jar sa mèie l'iamuNe-Marie de Bourbon duchesse d'Orléans. (2) Elisabeth-Charlotte de Bavière, duchesse dou.iiiù'ie d'Oik;an , veuve
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des gardes du corps; le prince dé Rohan, capitainelieutenantdes gendarmes; le dùcde 'Ch aulnes, capitainelieutenant des chcvau-légers; lé marquis de Dangcau, chevalier de l'Ordre (G); le duc de Guichc, colonel au de rouis III, duc Ie Bourlwn, nommé Monsieur le Duc; elle était fille de Louis XIV
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AOUT 1713. 21 t régiment des gardes; le duc d'Antiri, surintendant des bâtiments; le duc de Lauzun, qui a les grandes entrées; le marquis de Torcy, le comte de Pontchartrain et le marquis dé la Vrillière, tous trois secrétaires d'État le cardinal de Polignac, maître de la chapelle-; M. le premier
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des gardes du corps, se sont rendus entre neuf ou dix heures du matin dans les cabinets du roi, et peu de temps après toutes les princesses; la grande galerie et l'appartement de S. M. étant remplis comme hier au soir de quantité de seigneurs et de gens de considération qui n'ont point les en trocs. Sur
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surprenante. Dans l'instant qu'elle alloit commencer, S. M. a appelé le marquis de Torcy, ministre d'État des affaires (I) M. Le Roi a inséré dans les Mémoires de la Société des sciences morales, des lettres et des arts de Selne-et-Ôise une note sur les dernières paroles de Louis XIV à son arrière
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ainsi ce passage « II envoya quérir encore M. le duc d'Orléans, h qui il dit des choses qui n'ont été sues de pd sonne. » Voici ce que dit à ce sujet un Mémoire sur madame de Mainlenon, ma
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croire lafermeté chrétienne et héroïque avec laquelle il a soutenu les approches d'une mort qu'il savoit pro- chaincetiriévitable. Il n'y a eùaucun moment, depuis hier au soirhuitheures, où il n'ait fait quelque action illustre, pieuse et héroïque non point comme ces anciens Romains qui ont affecté
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, madame de Maintcnon étant seule dans la chambre du roi, S. M. a fait venir M. le chancelier, et lui a fait ouvrir des cassettes dont il a fait brûler par le chancelier partie des papiers et lui a donné ses ordres sur les autres, avec là même présence et la même tranquP'ilé d'cspritqu'ilavoitaccoutuméde
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vingt reprises le P. le Tel lier dans sa chambre pour lui parler de Dieu (madame do MaintcnOn y a presque toujours été), et y a fait quelquefois entrer M. le chancelier. Les premiers gentilshommes de la chambre n'y sont entrés, comme hier, que dans les temps qu'il a pris des bouillons. Il a entendu
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des remèdes fort spiritueux mais peu de temps après S. M. est retombée dans la foiblesse, et on a trouvé son pouls plus mauvais, ce qui a fait que sur les quatre heures il y a eu une si grande dispute entre les médecins et les courtisans pour
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qu'il termine son récit de la mort de Louis XIV en disant « Ainsi mourut un des plus grands rois de la terre, entre les bras d'une indigne et ténébreuse épouse cl de ses doubles bâtards », et que quelques lignes plus bas il leur reproche leur abandon du roi à ses derniers jours,
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un. Il a paru quand elle l'a pris que la tète commençoit A. être fort embarrassée, et S. M. a dit elle-même qu'elle n'en pouvoit plus. Enfin, sur les dix heures et demie dû hoir oh a levé l'appareil de la jambe pour la panser, et on a trouvé malheureusement que la gangrené est dans tout le pied
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AOUT 1718, 31 t ne" avec une constitution si bonne et un tempérament si fort qu'il comluit cricoro contré la mort, il prend de la gelée et boit de temps en temps de l'eau pure, car il repousse la boisson dos qu'il y sent du \in. H dit en buvant quelques paroles,' mais tout cela mâehinalciient
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32 JOURNAI- DR DANGEAU. i Dimanche, 1" seplembre 1715. – Le roi est mort Ce matin, à huit heures un quart et demi, et il a rendu l'Ame sans aucun effort, comme une chandelle (1) qui s'éteint. La nuit s'étoit passée sans aucune conrioissanee. Aussitôt qu'il a expiré, le duc d'Orléans est allé avec