46 LES BATARDS DE LA MAISON DE FRANCE
« qualité, et que sa mère, qui s'expatria peu
« après, l'ait abbandonné n'ayant que 7 ans avec
« deux soeurs, ses cadettes, sans autres res-
« sources pour leur subsistance que la compas-
" sion publique qu'il tache d'exciter en traisnant
« constamment et fidellement ses soeurs. C'est
" dans cette affreuse situation que Made la Mise
« de Boulainvilliers les rencontra par hasard sur
« son chemin, et que son humanité attendrie
« par les cris, les pleurs et les tendres embras-
« sements réciproques de ces malheureux enfans
« qu'une faim excessive pressait dans ce moment,
« les secourut. Informée aussitôt qu'ils étaient
« réellement orphelins par M. le Guré de Bou-
« logne, près de la Muette, que le petit garçon
« disoit pouvoir l'attester, elle leur donna azile.
« Instruite ensuite, d'après quelques recherches
« faites par ce charitable pasteur, que leur père
« était gentilhomme, elle les fit élever honnes-
« tement. Enfin, parvenue aujourd'hui à aA'oir
« la certitude la plus complette que, quoique le
« suppliant soit d'une branche illégitime, il n'a
« pas moins l'honneur d'être issu du sang de
« Saint-Louis, et reconnaissant en luy les senti-
« mens inséparables de sa naissance, elle l'a
" encouragé à se jetter aux pieds du throne ;
" persuadée que le Roy, si justement nommé
« le Bienfaisant dès son arrivée à la Couronne,
" daignera le regarder avec les deux soeurs qui
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LM3-2610