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i66 DESCRIPTION DE L'EMPIRE DE LA CHINE,

les Juges du reste de l'Habitation : ce font eux qui terminent en dernier ressort tous les différends * ôt si quelqu'un refusoit de s'en tenir à leur jugement, il seroit chassé à l'instant de la Bourgade, sans espérance d'y pouvoir jamais rentrer^ & nulle autre Bourgade n'oseroit le recevoir. Us payent leur tribut aux Chinois en grains, en queues ou peaux de cerfs, ou en autres choses de cette nature, qu'ils trouvent facilement'dans l'Iíle. Pour régler ce qui concerne ce tribut, il y a dans chaque Bourgade un Chinois qui en apprend la Langue , afin de servir tl'interprête aux Mandarins. Ces interprêtes, qui devroient procurer le soulagement de ce pauvre peuple,, & empêcher qu'il ne soit surchargé, sont autant de petits tyrans qui poussent à bouillonfeulement la patience de ces Insulaires, mais même celle des Mandarins du lieu, qui font forcez de les laiíser dans leurs Emplois, pour éviter de plus grands inconvéniens.

Cependant de douze Bourgades qui s'étoient soumises aux Chinois dans la partie du Sud , il n'en reste plus que neuf : trois se sont révoltées, ont chaste leurs interprêtes, ne payent plus de tribut à la Chine, ôt se font unies avec ceux de la partie Orientale de l'Iíle. Sous l'Empereur régnant un grand nombre de Bourgades se font soumises , & on espère que peu à peu les autres suivront leur exemple.

Quoique ces peuples passent dans l'es prit des Chinois pour barbares, ils paroiísent pourtant être moins éloignez de la vraye sagesse, que plusieurs des Philosophes de la Chine. On ne voit parmi eux, de l'aveu même des Chinois , ni fourberie, ni vols , ni querelles, ni pro- ; cès que contre leurs interprêtes : ils font équitables, Ôt s'entr'aiment les uns les • autres : ce qu'on donne à l'un d'eux, . il n'oseroit y toucher, que ceux qui ont ; partagé avec lui le travail ôt la peine, ne • partage aussi le salaire. •>

Il y a apparence qu'il y a eu des Chré- "l

tiens parmi ces Infulaires,lorsque lesHoïlandois étoient maîtres du Port. On en. a trouvé plusieurs qui sçavoient la Langue des Hollandois, qui lisoient leurs Livres > ôt qui en écrivant se servoient de leurs caractères. On a vu même entre leurs mains quelques fragmens des saints

Livres en Hollandois.

Ces Peuples n'adorent aucune Idole, ils ont même en horreur tout ce qui y a quelque rapport : ils ne font aucun acte de Religion, ôt ne récitent aucune prière. Cependant on en a vu qui connois soient un Dieu Créateur du Ciel &dela Terre, un Dieu en trois personnes -, Père, Fils, & Saint-Eíprit ; ôt qui disoient que le premier de tous les hommes s'appelloit Adam, & la première des femmes, Eve i que pour avoir désobéi à Dieu, ils avoient attiré ía colère fur eux &: fur tous leurs descendans; quilestnécestaire d'avoir recours au Baptême pour effacer cette tache. Ils sçavent même la Formule du Baptême. Néanmoins on n'a pu sçavoir certainement s'ils baptifoient ou non.

Quoique l'Iíle de Formose soit peu éloignée de la Chine , néanmoins les Chinois, suivant leur Histoire, ne commencèrent d'en avoir connoiíîànce que du tems de l'Empereur Suen ti de la Dynastie des Ming, environ Tan de Grâce 143 o* que i'Eunuque Ouan fan ïao revenant d'Occident y fut jette par a tempête.

Cet Eunuque se trouvant dans une :erre étrangère, dont le.peuple lui sen> aloit aussi barbare que le Pays lui parois oit beau, y fit quelque séjour pour en ^rendre desconnoiuances,dont il pût in~ íòrmer son maître. Mais tout le irait de es foins se réduisit à quelques plantes, 3c à quelques herbes médicinales qu'il m rapporta, dont 011 se sert encore au^ ourd'hui à la Chine avec succès.

La quarante-deuxième année de l'Em>ereur Kia tsing, Tan de Grâce 1564.1e rhef d'Escadre YH taycou, croisant sur Ì Mer Orientale de la Chine , y ren-

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