C. R. Acad. Se. Paris, t. 289 (10 décembre 1979) Série D - 1161
ENDOCRINOLOGIE. — Anatomie immunocytochimique des granules a dans le pancréas
endocrine humain [1]. Note (*) de Mariella Ravazzola et Lelio Orci, présentée par Maurice
Fontaine.
Une nouvelle méthode immunocytochimique utilisant la protéine A marquée à l'or colloïdal a permis de montrer
que dans les granules a des cellules A du pancréas humain, les sites antigéniques du glucagon et de la glicentine
occupent des régions distinctes du granule : l'immunoréactivité spécifique du glucagon se localise au centre dense du
granule, alors que l'immunoréactivité de la glicentine est restreinte au halo périphérique.
Using the sensitive protein A-gold technique for the démonstration of antigenic sites in thin section for électron
microscopy it was found that in the a granules ofhuman pancréas, glucagon immunoreactivity (spécifie, C-termina!) is
restricted to the dense granule core while glicentin immunoreactivity prédominâtes on the peripheral halo surrounding
the dense core.
INTRODUCTION. — Dans un travail précédent [2], nous avons pu montrer par
immunocytochimie en microscopie optique et électronique que des sites antigéniques
réagissant avec des anticorps dirigés contre la glicentine étaient présents dans les cellules L de
l'intestin grêle et dans les cellules A du pancréas et de l'estomac. Les anticorps contre la
glicentine, polypeptide de 100 acides aminés isolé et purifié de l'intestin de Porc [3] et
contenant la séquence complète du proglucagon de Tager et Steiner ([4], [5], [6]), pouvaient
être localisés dans les granules sécrétoires contenant le glucagon, les granules oc, des
cellules A pancréatiques et gastriques [2]. Disposant d'une technique d'immunocytochimie
avec un plus grand pouvoir de résolution que celle utilisée précédemment [2], nous avons
tenté, dans le travail présent, de délimiter des territoires distincts d'immunoréactivité au
glucagon et à la glicentine au sein des granules a des cellules A du pancréas humain.
MATÉRIEL ET MÉTHODES. — Des fragments de pancréas humain prélevés dans la queue de
l'organe au cours de biopsies chirurgicales ont été fixés dans de la glutaraldehyde 4 % en
tampon phosphate 0,1 M, pH 7,4, deshydratés et inclus en « Épon » 812. Des coupes fines
contenant des sections d'îlots de Langerhans ont été collectées sur des grilles porte-objets en
nickel puis incubées avec l'antisérum R64 spécifique pour la glicentine et avec
l'antisérum 15K spécifique pour l'extrémité C-terminale du glucagon puis les sites de liaison
des anticorps révélés par la technique dite de la protéine A-or colloïdal (protein A-gold, pAg)
selon Roth et coll. [7]. A la fin de l'incubation, les grilles ont été colorées par l'acétate
d'uranyle (1 % en solution aqueuse) et le citrate de plomb 10,5 % en solution aqueuse), puis
observées dans un microscope électronique « Philips EM 301 ». Des incubations de contrôle
servant à éprouver la spécificité de la réaction immunocytochimique ont été effectuées en
incubant des coupes fines avec des antisérums préalablement absorbés avec leurs propres
antigènes ou en remplaçant l'incubation avec l'antisérum non absorbé par du tampon
phosphate, avant d'appliquer le complexe protéine A-or colloïdal.
RÉSULTATS. — Dans nos conditions de fixation (glutaraldehyde sans postfixation à
l'osmium), l'aspect ultra-structural caractéristique des granules a des cellules A du pancréas
humain [8] était bien conservé : les granules a apparaissaient comme des vésicules limitées
par une membrane présentant un contenu formé d'une masse centrale arrondie de forte
densité électronique entourée d'un halo périphérique de moindre densité. L'incubation des
coupes avec l'antisérum antiglucagon provoquait le dépôt de particules d'or colloïdal —
révélant lui-même les sites de fixation de l'anticorps à l'antigène — principalement sur la
masse centrale dense des granules a (fig. a). L'incubation des coupes avec l'antisérum
antiglicentine induisait le dépôt de particules d'or principalement sur le halo de moindre
densité entourant la masse centrale qui était alors dépourvue de marquage ( fig. b). Lorsque
Source: gallica.bnf.fr / Institut de France. Académie des sciences