C. R. Acad. Se. Paris, t. 289 (12 novembre 1979) Série D - 865
PHYSIOLOGIE DES INSECTES. — Recherches sur les eedystéroïdes hémolympha-
tiques et ovariens de Thermobia domestica (Insecta Thysanura). Note (*) de Jacques Bitsch,
Alain Rojo de la Paz, Jocelyne Mathelin, Jean-Paul Delbecque et Jean Delachambre,
présentée par Pierre-Paul Grasse.
Des dosages radio-immunologiques montrent les variations de la teneur en eedystéroïdes hémolymphatiques chez
les femelles adultes de Th. domestica au cours des cycles de mue. Les ovaires renferment des eedystéroïdes, dont la
quantité croît avec la maturation des ovocytes terminaux, mais diminue brusquement avant la ponte. Les oeufs
fraîchement pondus contiennent également des eedystéroïdes. Ces faits sont mis en évidence pour la première fois
chez un Aptérygote.
Radio-immunological methods show the variations of eedysteroid titres in the haemolymph of adull female
Th. domestica during each moulting cycle. The ovaries contain eedysteroid, the quantity of which increases with
terminal oocyte maturation, but abruptly decreases before oviposition. The freshly-laid eggs also contain
eedysteroids. Thèse data are reportedfor the first time in an Apterygot.
Peu de recherches physiologiques concernent les Aptérygotes qui présentent pourtant
parmi les Insectes un type de développement très particulier caractérisé, chez les adultes, par
la coexistence de cycles de mue et de cycles reproducteurs. Mis à part un article consacré au
Collembole Folsomia candida [1], l'étude des hormones de mue chez ces Insectes primitifs n'a
pas été entreprise jusqu'à présent. Chez le Lépisme Thermobia domestica,où les exuviations et
les pontes alternent régulièrement ([2], [3], [4]), le dosage des eedystéroïdes
hémolymphatiques et ovariens a été réalisé en fonction de l'âge des Insectes; des recherches
en cours visent à identifier ces hormones.
MATÉRIEL ET MÉTHODES. — Dans les conditions d'élevages au laboratoire (37°C et 80 % H.R.) les cycles de mue
des femelles durent en moyenne 11 jours; la ponte, qui renferme environ 20 oeufs, survient le 6e jour. Pour l'étude des
eedystéroïdes circulants, on prélève au niveau du cou une quantité moyenne de 2 ul d'hémolymphe servant à des
dosages individuels. L'état du tégument est jugé sur coupes semi-fines d'un tibia et du réceptacle séminal. Le
prélèvement des gonades ou des oeufs juste après la ponte fournit le matériel nécessaire à l'étude des eedystéroïdes
ovariens. La longueur des ovocytes terminaux rend compte de l'état de maturation ovarienne.
La quantité des eedystéroïdes est mesurée grâce à des dosages radio-immunologiques (RIA), selon la méthode de
De Reggi et coll. [5]; les résultats sont exprimés en picogrammes d'équivalent eedystérone. L'identification des
eedystéroïdes a été effectuée en associant les dosages radio-immunologiques et la chromatographie liquide
à haute performance [6], après purification préalable des extraits par chromatographie sur couche mince
de silice. Cette technique permet de séparer des fractions de l'échantillon, de mesurer leur réponse RIA et de
comparer les histogrammes obtenus à des standards d'ecdysone et d'ecdystérone.
RÉSULTATS. — 1. Les eedystéroïdes hémolymphatiques. Le taux des eedystéroïdes
hémolymphatiques présente d'importantes variations au cours des cycles de mue. La courbe
obtenue ( fig. 1) montre une quantité très faible ou nulle pendant les 6 premiers jours, ainsi
que le 11e jour. Par contre un grand pic est présent au 9e jour; il correspond à une valeur
moyenne d'environ 2400 pg/ul d'hémolymphe; la valeur maximale mesurée a été d'environ
9 300 pg/ul. Pendant les jours 7 et 8 une légère augmentation des eedystéroïdes pourrait
correspondre au petit pic noté chez certaines larves de Ptérygotes ([7] à [10]).
Au moment de l'exuviation, à la fin du 1 Ie jour d'un cycle moyen, l'hémolymphe contient
très peu d'ecdystéroïdes. Le grand pic du 9e jour est à peu près synchrone du décollement de
l'ancienne cuticule (apolyse), qui se situe en moyenne entre le 9e et le 10e jour. Mais cette
observation, basée sur des moyennes établies sur des lots de femelles, demanderait à être
vérifiée individu par individu.
Source: gallica.bnf.fr / Institut de France. Académie des sciences