C. R. Acad. Se. Paris, t. 289 (29 octobre 1979) Série D - 725
IMMUNOLOGIE. — Production d'anticorps monoclonaux anti Schistosoma mansoni.
Étude préliminaire de leurs activités biologiques. Note (*) de Claudie Verwaerde, Jean-Marie
Grzych, Hervé Bazin, Monique Capron et André Capron, transmise par Jean-François Bach.
Les anticorps monoclonaux anti Schistosoma mansoni ont été produits par hybridation de lymphocytes
spléniques de Rats infectés par ce parasite et des cellules P3-X63-Ag8 BALB/c.
L'étude des activités biologiques des surnageants a permis de caractériser la production d'anticorps IgE
à forte activité réaginique et d'anticorps qui, soit en présence de complément, soit en coopération avec des
éosinophiles, ont témoigné d'une activité cytotoxique marquée pour des schistosomules in vitro. Cette métho-
dologie ouvre de nouvelles perspectives pour l'étude des fonctions des anticorps antiparasites et l'isolement
des antigènes cibles.
Monoclonal antibodies against Schistosoma mansoni hâve been produced by fusion of splenic lymphocytes
from S. mansoni infected Rats and P3-Xtt-Ag% BALB/c cells.
In vitro and in vivo studies of the biological activities of thèse antibodies hâve led to the identification of
IgE antibodies with a high reaginic activity and antibodies which in a complément dépendent or eosinophil
dépendent System were shown to hâve a marked cytotoxicity for schistosomula in vitro.
This methodology seems to open new perspectives for the study of antibody funclion in immunity against
parasites as well as for the isolation of the corresponding target antigens.
INTRODUCTION. — La relation originelle de Kohler et Milstein ([1], [2]) concernant la
possibilité de production d'hybrides cellulaires synthétisant des anticorps monoclonaux
a ouvert le champ à de nombreux travaux intéressant de multiples domaines de l'immu-
nologie.
La récente démonstration du rôle joué par certains anticorps d'isotype IgE ou IgG dans
les mécanismes immunitaires au cours de la schistosomiase humaine ou animale [3], nous
a conduit à étudier la possibilité d'utiliser cette méthodologie pour la production d'anticorps
anti-parasitaires d'activité biologique connue.
MATÉRIEL ET MÉTHODES. — Les techniques de fusion cellulaire utilisées dans le présent
travail ont été directement inspirées des études de Howard et coll. [4], MacKearn et coll. [5]
et Clevinger et coll. [6].
La fusion est réalisée entre des cellules P3-X63-Ag8 BALB/c et des lymphocytes splé-
niques de Rats mâles Fisher consanguins infestés depuis 25 à 35 jours, par 1 000 cercaires
de Schistosoma mansoni.
La caractérisation des classes d'immunoglobulines présentes dans le surnageant
de culture de cellules hybrides a été réalisée par des techniques d'immunodiffusion utilisant
des antisérums spécifiques anti-immunoglobulines de Rat [7]. L'existence d'une spécificité
anticorps antischistosome a été démontrée par technique indirecte d'immunofluorescence
effectuée sur coupe de schistosomules. L'activité biologique a été explorée par des techniques
de cytotoxicité in vitro pour les anticorps de classe IgG et IgM ([8]-[9]) et par la technique
d'anaphylaxie cutanée passive (PCA) pour les anticorps de classe IgE [10].
RÉSULTATS. — Au cours de trois expériences successives de fusion cellulaire ayant donné
heu à la production d'environ 250 populations cellulaires (non clonées), 25 ont témoigné
d'une activité spécifique antischistosome clairement décelée par les réactions d'immuno-
fluorescence.
L'exploration systématique des activités biologiques in vitro et in vivo de ces 25 surnageants
a conduit à l'identification dans deux cas d'anticorps de classe IgE, possédant une activité
réaginique démontrée par des réactions de PCA d'un titre de l'ordre de 1 /256. Ces anticorps
ont permis par ailleurs d'induire après addition d'antisérum anti-e de Rat l'activation de
macrophages péritonéaux de Rat suivant la technique décrite par Dessaint et coll. [11].
Source: gallica.bnf.fr / Institut de France. Académie des sciences