C. R. Acad. Se. Paris, t. 289 (29 octobre 1979) Série D - 715
VOLCANOLOGIE. — Contexte tectonique du volcanisme andésitique tertiaire du
synclinal de Saint-Antonin (Alpes de Haute-Provence, France). Note(*) de Jean-Dominique
Giraud, Michel Le Guern, et Guy Turco, présentée par Jean Wyart.
Description du contexte tectonique du volcanisme tertiaire du synclinal de Saint-Antonin. La structure de ce
synclinal semble résulter d'un serrage Nord-Sud intense à l'Oligocène inférieur. Le volcanisme andésitique s'est
manifesté à l'Oligocène moyen lors d'un épisode de distension. Postérieurement au volcanisme, une reprise du
serrage Nord-Sud confère au synclinal sa structure actuelle.
The teclonic contexl of the tertiary volcanism of the Saint-Antonin syncline is hère described. The syncline
structure seems to hâve been originated through an intensive North-South compression during the low and middle
Oligocène, followedby an extension stage (middle Oligocène) with andesitic volcanism. In a later stage (upperpart of
Oligocène) a new North-South compression give to the syncline his actual structure.
INTRODUCTION. — Les travaux concernant le synclinal de Saint-Antonin (le plus vaste
des synclinaux nummulitiques sub-alpins du Sud-Est français), sont abondants. Nous
rappellerons les plus récents ([1] à [5]). Il restait cependant à définir plus précisément le
contexte des émissions andésitiques tertiaires que l'on observe dans le synclinal. Le
volcanisme de Saint-Antonin, d'âge oligocène moyen ([6], [7]), s'est manifesté à la faveur d'un
épisode distensif vraisemblablement très court intervenu dans un contexte de serrage Nord-
Sud dominant, déjà mis en évidence par les auteurs dans des régions plus septentrionales des
chaînes sub-alpines [8].
STRATIGRAPHIE DES FORMATIONS TERTIAIRES DU SYNCLINAL DE SAINT-ANTONIN. - La
série tertiaire débute par les assises nummulitiques (E6) qui constituent l'ossature du
synclinal. Elles sont surmontées par la formation (E7), d'âge priabonien inférieur. J. Bodelle
a subdivisé en trois formations les niveaux détritiques sus-jacents :
La première formation détritique est constituée par des grés, sables et conglomérats
polygéniques d'âge priabonien moyen-supérieur (Cl). Les conglomérats à galets d'andésites
surmontant cette première formation correspondent à la seconde formation détritique dans
laquelle s'intercalent des brèches volcaniques que cet auteur assimile à d'anciens lahars (C2)
et (V). La troisième formation détritique est constituée de marnes et de conglomérats
polygéniques à gros blocs d'andésite. Cette échelle stratigraphique, quoique rigoureusement
établie appelle les commentaires suivants :
— il existe, entre les marnes priaboniennes et la première formation détritique, un
changement radical de sédimentation, marqué par l'apport, dans le bassin, de roches
détritiques de plus en plus grossières, en particulier au niveau des conglomérats
polygéniques. De plus, la première formation ravine son substratum, dans la partie orientale
du synclinal;
— la base de la deuxième formation détritique est fixée par J. Bodelle au niveau de
l'apparition de galets d'andésites dont rien ne prouve encore qu'ils aient été déposés par
érosion d'un volcanisme local;
— les âges absolus obtenus sur les andésites des brèches volcaniques (V) correspondent à
l'Oligocène moyen ([6], [7]) dans l'échelle de Van Eysinga [9]. Cet âge de 33 à 35 M.A. pose le
problème de l'ancienneté de la troisième formation détritique que la micropaléontologie
datait de l'Oligocène inférieur à sa base [5].
Nous proposons une stratigraphie qui recoupe celle de J. Bodelle, mais nous mettons plus
particulièrement l'accent sur la position des brèches volcaniques qui sont intercalées entre ce
que nous nommons détritique inférieur antevolcanique (Cl) et (C2) et détritique supérieur
Source: gallica.bnf.fr / Institut de France. Académie des sciences