664 - Série D C. R. Acad. Se. Paris, t. 289 (22 octobre 1979)
Chez ce Champignon, les croisements entre souches de types sexuels complémentaires peuvent être réalisés
de deux manières. Par spermatisation, il n'y a pas de contact cytoplasmique entre les deux souches parentales
et on observe une hérédité strictement maternelle aussi bien pour les gènes mitochondriaux [12] que pour
les états cytoplasmiques (s) et (ss) [10]. Par confrontation, les deux souches parentales sont cultivées sur la
même boite de Pétri et les anastomoses qui s'établissent permettent le mélange de leurs cytoplasmes et le
passage éventuel de « particules » cytoplasmiques. On sait par ailleurs que les noyaux ne migrent pas dans
ces conditions.
Lors de confrontations entre souches (s) et (ss) on a montré le très fort pouvoir de contagion de l'état cyto-
plasmique (s) [10]. Il a également été montré en utilisant des mutations mitochondriales l'existence de
réassociations nucléo-mitochondriales lors des confrontations et la possibilité de migration des mitochondries
([12], [13]). _
Des descriptions plus détaillées des propriétés génétiques et physiologiques du système (s)/(ss) et du mutant
mitochondrial cap' 1 peuvent être trouvées dans les références [10], [11] et [12] respectivement.
Principe des expériences de confrontation. Cette figure illustre, sur un exemple, le principe des expériences
dont les résultats sont donnés dans le tableau. Les deux mycéliums confrontés diffèrent par deux couples
d'allèles nucléaires : mt + /mt— contrôlent le type sexuel, sp 37/sp 37+ (ou 352/ 352+ ) la couleur
(blanche/noire) des périthèces. Deux types de périthèces se développent dans un tel croisement : des péri-
thèces blancs (O) issus de la fécondation d'un ascogone portant l'allèle mutant sp 37 (ou 352) par une
micro onidie portant l'allèle sauvage sp 37 + (ou 352+ ), et des périthèces noirs (•) résultant de l'événement
réciproque. Les deux souches confrontées diffèrent également par leur cytoplasme l'une porte le gène
mitochondrial cap' 1 l'autre son allèle cap" 1 contrôlant la résistance/sensibilité au chloramphénicol;
enfin chacune des souches peut être dans l'état cytoplasmique (s) ou (ss) (une seule des situations est repré-
sentée). La mesure de l'échange des facteurs cytoplasmiques au travers des anastomoses se fait : 1° par
analyse du contenu des périthèces, 2° par l'analyse des thalles issus de semis (D) prélevés de part et d'autre
de la ligne de confrontation. Les thalles issus de la germination des spores prélevées dans les périthèces
ou issus des semis prélevés sur le mycélium sont repiqués sur un milieu contenant du chloramphénicol (4g/l)
permettant d'apprécier leur résistance et sur un milieu dépourvu de chloramphénicol sur lequel ils sont
confrontés à un mycélium de génotype S ; la présence ou l'absence de « barrage » manifestation de l'incom-
patibilité cytoplasmique dans ces confrontations permet de distinguer les états (s) et (ss).
RÉSULTATS. — Le principe des expériences réalisées est schématisé sur la figure.
En confrontant des thalles différents à la fois par leur « état cytoplasmique » (s) ou (ss)
et par leurs mitochondries capr 1 ou caps 1 nous avons tenté de mettre en évidence une
relation possible entre ces deux caractères cytoplasmiques. Nous avons mesuré l'efficacité
du passage à travers les anastomoses et l'étendue de la migration dans le mycélium du
marqueur mitochondrial caps 1 et du facteur s d'incompatibilité. Ceci a été fait pour les
deux associations possibles (cis et trans) des deux facteurs (situation 2 et 3 du tableau),de
plus nous avons mesuré le passage du marqueur mitochondrial dans les deux situations
où les souches confrontées étaient dans le même état cytoplasmique (ss) ou (s) (situation
Source: gallica.bnf.fr / Institut de France. Académie des sciences