602 - Série D C. R. Acad. Se. Paris, t. 289 (8 octobre 1979)
racines du Haricot et du Suaeda. Des conditions favorables de salinité (129 mM de NaCl
pour le Suaeda et 0 mM pour le Haricot) provoquent la manifestation d'une activité
glutamine synthétasique maximale et glutamate déshydrogénasique minimale. Inversement
en conditions défavorables (0 mM de NaCl pour le Suaeda et 51 à 102 mM pour le Haricot),
l'activité GDH devient prépondérante. Chez le Suaeda maritima var. macrocarpa le sel
est donc nécessaire pour privilégier le fonctionnement de la voie GS-GOGAT et assurer
ainsi une intense assimilation de l'ammoniaque. Stewart et Rhodes [14] ont observé une
même exaltation glutamine synthétasique sans relever une diminution parallèle de l'activité
glutamate déshydrogénasique sous l'effet de la salinité chez le Suaeda récolté à différents
niveaux du littoral. Cette divergence est sans doute liée au fait que la comparaison des
valeurs obtenues à partir de Végétaux cultivés en conditions précises de salinité avec celles
provenant de plantes récoltées sur le terrain dans des conditions mal définies est difficile
à établir.
En milieu salé, le Haricot développe une forte activité GDH tout particulièrement dans
les racines. Or dans ces conditions ces organes accumulent la presque totalité du sodium
absorbé ([15], [16]). Pour qu'il y ait une bonne assimilation de l'ammoniaque chez le
Haricot placé en milieu salé il faudrait donc qu'à la forte activité GDH corresponde une
bonne séquestration cellulaire du sodium. Le seuil de résistance au sel du Haricot pourrait
correspondre à la salinité pour laquelle les possibilités de séquestration du sodium sont
dépassées. Par contre, chez le Suaeda, l'assimilation de l'ammoniaque dépend de l'activité
glutamine synthétasique qui, en milieu salé, est forte et insensible au NaCl in vitro. Pour
cette espèce, la compartimentation intracellulaire des ions n'apparaît pas aussi déterminante
que chez le Haricot.
Cette étude sera approfondie en précisant la localisation de la GS dans les différents
domaines de la cellule au niveau des racines et des parties aériennes.
(*) Remise le 17 septembre 1979.
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[14] G. R. STEWART et D. RHODES, New PhytoL, 80, 1978, p. 307-316.
[15] F. SLAMA, Comptes rendus, 280, série D, 1975, p. 37.
[16] M. HAMZA, Thèse Doctorat d'État, Paris, 1977, 252 p.
Laboratoire de Physiologie végétale, U.E.R. Sciences,
Université de Caen 14032 Caen Cedex.
Source: gallica.bnf.fr / Institut de France. Académie des sciences