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Titre : Bulletin de la Societe Linneenne de Normandie

Auteur : Société linnéenne de Normandie. Auteur du texte

Éditeur : Societe Linneenne de Normandie (Caen)

Date d'édition : 1927

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : language.label.français

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Description : 1927

Description : 1927 (SER7,VOL10).

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : BNormand1

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : HNormand1

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Rtmgus1

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5475746v

Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-S-291

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34378172z

Notice du catalogue : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34378172z/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 17/01/2011

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BULLETIN

DE LA

SOCIETE LINNÉENNE

DE NORMANDIE

FONDÉE EN 1823

Et reconnue d'utilité publique par décret du 22 avril 1863

7E SÉRIE. — 10E VOLUME

ANNÉE 1927

CAEN E. LANIER, IMPRIMEUR

31, BOULEVARD BERTRAND, 31

1928


Avis relatif aux tirages à part

Les Auteurs peuvent faire faire un tirage à part de leurs communications à leurs frais et aux conditions suivantes.

L'Auteur devra en faire la demande expresse et par écrit soit en tête de son manuscrit, soit en tête du premier placard, soit par une lettre spéciale qu'il adressera en même temps que le premier placard.

Tout tirage à part devra porter la mention « Extrait du Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie » suivie de l'indication du volume.

Les tirages à part seront payés directement à l'Imprimeur conformément au tarif ci-après :

NOMBRE D'EXEMPLAIRES

NOMBRE DE FEUILLES

25 50 100 200 500

1 feuille de 16 pages . 34 » 38 » 47 » 68 » 120 »

3/4 — 12 — . . 32 » 35 » 44 » 60 « 105 »

1/2 — 8 — 23 » 25 » 30 » 40 » 70 »

1/4 — - 4 — . . 17 » 20 » 26 » 34 » 50 »

Couverture imprimée . . 28 » 32 » 35 » 45 » 70 »

— sans impression 5 » 7 50 13 » 23 » 52 »

(Satinage, brochage, pliage compris)

Composition et impression d'un faux titre, 15 francs.

Changement de folios, 5 francs par feuille de 16 pages.

Nouvelle mise en pages pour une feuille de 16 pages, 20 fr. ; pour une fraction quelconque de feuille, 13 fr.

Nouvelle correction : 4.50 l'heure.

Pour toute communication dont l'importance sera de plusieurs feuilles, l'imprimeur de la Société s'engage à faire une diminution sur le tarif ci-dessus. Cette diminution sera proportionnée au nombre de feuilles de la communication.

Les auteurs sont priés de s'entendre directement avec l'imprimeur de la Société.

INTERCALATION DE PLANCHES

50 EXEMPL. 100 EXEMPL.

Chaque planche avec onglet replié. 5 50 8 »

— avec onglet ajouté 9 50 16 »

Chaque pli en sus 5 50 8 »

Le papier employé pour les tirages à part sera le même que celui du Bulletin.

Pour les tirages de luxe et les changements de papier ou de format, les prix en seront donnés à l'avance sur la demande de l'Auteur.




BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ LINNÉENNE

DE NORMANDIE



BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ LINNÉENNE

DE NORMANDIE

FONDÉE EN 1823

Et reconnue d'utilité publique par décret du 22 avril 1863

7E SÉRIE. — 10E VOLUME

ANNÉE 1927

CAEN E. LANIER, IMPRIMEUR

31, BOULEVARD BERTRAND, 31 1928


Les opinions émises dans les publications de la Société sont exclusivement propres à leurs auteurs ; la Société n'entend nullement en assumer la responsabilité (art. 23 du règlement intérieur).

La Société Linnéenne de Normandie, ayant été reconnue établissement d'utilité publique par décret en date du 22 avril 1863, a qualité pour accepter les dons et legs dont elle serait gratifiée.

COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIETE

Pour l'année 1927

Président MM. HOMMEY (Dr J.)

Vice-Président ....... DORANLO (Dr R.)

Secrétaire BIGOT (A)

Vice-Secrétaire. ....... BUGNON (P.)

Trésorier MAZETIER (G.)

Bibliothécaire POISSON (R.)

Vice-Bibliothécaire. .... LE ROUX (Mme)

Archiviste LANGEVIN (Ed).

Sont Membres de la Commission d'impression pour l'année 1927 :

MM. les MEMBRES DU BUREAU ;

MM. BOUYGUES (Dr H.), LEBAILLY (Dr), OSMONT (Dr), sortant en 1928. MERCIER (L.), MOUTIER (Dr A.), AUDIGÉ (P.), sortant

en 1929.

Aucun Membre de la Société n'est décédé pendant l'année 1926


PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

SÉANCE DU 10 JANVIER 1927

Présidence de M. AUDIGÉ, Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 18 h. 30.

Y assistent : MM. AUDIGÉ, BIGOT, BUGNON, LANGEVIN, Mme LE Roux, MM. MAZETIER, MERCIER J., MERCIER L , Dr MOUTIER, POISSON, PORTE, Abbé TOLMER M. le Dr BOUYGUES s'est excusé par lettre de ne pouvoir prendre part à la réunion.

Le procès-verbal de la séance du 6 décembre 1926 est lu et adopté.

Les ouvrages reçus depuis la dernière séance sont déposés sur le bureau. Un lot important est parvenu de Francfort ; l'Institut géologique de Pologne continue également l'envoi de ses publications.

Prix Paul Drouet. — Sur les propositions de la Commission d'impression, la Société décide de fixer le sujet suivant pour l'obtention du prix Paul Drouet en 1927 : Etude de Diptères nuisibles aux céréales en Normandie. Il est rappelé que les manuscrits doivent être parvenus au Secrétaire avant le 31 décembre de l'année courante.

Prix de vente du Volume du Centenaire. — Ce volume sera mis en vente au prix de 10 francs. Le tirage à part de la table des travaux originaux parus dans les Mémoires de 1824 à 1924 sera vendu au prix de 2 francs.

Procès-verbaux mensuels. — L'ensemble des procès-verbaux mensuels pour 1926 comporte plus de 8 feuilles de 16 pages;


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le prix d'impression de ces 8 feuilles, augmenté du prix des tirages à part nécessaires pour les envois mensuels aux Membres de la Société, atteint environ 3.000 francs, c'està-dire la somme que la Société peut consacrer à l'impression du volume entier. Sur les propositions de la Commission d'impression, il est décidé, en conséquence, qu'à l'avenir les auteurs n'auront plus droit, à titre gratuit, qu'à une page par séance et cinq pages pour l'année entière; les pages supplémentaires seront d'ailleurs facturées aux auteurs à un prix supérieur à celui de la page des travaux originaux, en raison même du surplus de dépenses qu'entraîne le tirage à part des procès-verbaux.

Réclamations des Membres au sujet des publications de la Société qu'ils n'ont pas reçues. — il est décidé que les réclamations à ce sujet ne seront plus admises lorsqu'elles parviendront au Bibliothécaire plus de deux ans après l'expédition aux Membres des volumes réclamés ; ces volumes ne seront alors adressés qu'à titre onéreux.

Elections. — Il est procédé à l'élection des membres du Bureau pour 1927 et au renouvellement partiel de la Commission d'impression.

Sont élus successivement :

Président MM. HOMMEY (Dr J.).

Vice-Président DORANLO (Dr).

Secrétaire BIGOT (A.).

Vice-Secrétaire BUGNON (P.).

Trésorier MAZETIER (G.).

Bibliothécaire . POISSON (R.).

Vice-Bibliothécaire. LE ROUX-LEGUEUX (Mme M.).

Archiviste LANGEVIN (Ed).

Membres de la Commission d'impression pour deux ans: MM. AUDIGÉ, MERCIER, Dr MOUTIER.

Présentation. — M. GUICHARD, chargé de cours au Lycée Malherbe, est présenté par MM. Bigot et Bugnon pour devenir membre résidant.


- 7* - Admissions. — Mlle JENN et M. FÉRET DU LONGBOIS sont admis comme membres résidants. -MM. HAVEL, GENDRIN, GALICHÈRE, MAHAUX, DELAUNAY, sont admis comme membres correspondants.

Dépôt dé travaux. — R. POISSON : Une excursion zoologique au Mont-Dol (Ille et-Vilaine).

A. BIGOT : Notice explicative de la 2e édition de la feuille 44, Coutances, de la Carte géologique de la France.

COMMUNICATIONS

M. A. Bigot présente des ossements recueillis en 1910 dans une fissure du calcaire Vésulien d'Ecouché; ils ont été étudiés dans la note suivante par M. G. Dubois, professeur à l'Université de Lille.

G. DUBOIS. — Os provenant d'une fissure du calcaire Vésulien à Ecouché (Orne).

Les os récoltés par M. Bigot en 1910 dans une fissure du calcaire Vésulien d'Ecouché sont les suivants :

I. — Meles meles L. Blaireau

1° Fragment de la région rostrale gauche de la tête, sans trace de sutures; p4/ et m1/ conservées, à couronnes très usées; les autres dents sont tombées après la mort de l'animal; alvéole de p1/ non oblitérée malgré l'âge avancé de l'animal;

2° Fragment postérieur de branche mandibulaire droite avec /m1 conservée, à couronne très usée et l'alvéole de /m2

Ces deux échantillons proviennent peut-être du même individu très vieux;


— 8* —

3° Branche mandibulaire gauche, avec /m1 conservée, à couronne non usée; les autres dents sont tombées après la mort de l'animal;

4° Branche mandibulaire droite avec /p1, /p2, /m1 conservées, à couronnes non usées; les autres dents sont tombées après la mort de l'animal; les alvéoles des incisives ne sont pas conservées, la région antérieure de la branche mandibulaire étant brisée.

Ces deux échantillons proviennent très vraisemblablement d'un même individu adulte peu âgé;

5° Humérus gauche entier;

6° Fragment diaphysaire d'humérus droit;

7° Fémur gauche entier;

8° Fragment proximal de fémur droit d'un individu de grande taille;

9° Fragment d'omoplate droite montrant une partie de la glénoïde (appartient très vraisemblablement à M. meles);

10° Fragment de coxal gauche, région cotyloïdienne (appartient vraisemblablement à M. meles de grande taille).

Ces dix pièces osseuses ne proviennent peut-être que de deux individus.

II. — Canis vulpes L. Renard

11° Fragment de tête : partie du crâne postérieure à l'étranglement postorbitaire. Le développement des apophyses postorbitaires frontales (diamètre interapophysaire : 51 mm.), l'intensité de l'étranglement de l'isthme interorbitaire (diamètre 20 mm.), sont autant de caractères propres à certaines races actuelles de Canis familiaris; toutefois, l'aspect général et les dimensions de la boîte crânienne, la valeur du diamètre à


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l'étranglement postorbitaire (33 mm ), sont très caractéristiques de C. vulpes;

12° Fragment d'omoplate gauche montrant une partie de la glénoïde et le coracoïde (à rapporter avec doute à C. vulpes).

III. — Canis lupus L. Loup

13° Humérus gauche d'un très jeune animal (à rapporter avec doute à C. lupus).

IV. — Sus sérofa L. Sanglier 14° Incisive inférieure médiane droite /i1.

V. — Rangifer tarandus L. Renne

15° Fragment distal d'humérus gauche : trochlée.

À ces ossements sont associés des os de Batraciens, ainsi que Hélix nemoralis.

Conclusion : En dehors du Renne, la faune n'offre que des types forestiers.

Le gisement d'Ecouché est vraisemblablement un terrier de Carnassiers datant de la fin de l'époque du Renne (partie terminale du Flandrien inférieur).

M. L. Mercier donne ensuite connaissance des deux notes suivantes de M. LE MARCHAND :

Gracilaria azaleella. — Il a été signalé (Bull. Soc. Linn., 7e sér., 8e vol., 1925, page 26*) que Gracilariazachrysa Meyrick (Lépid. Gracilariidae) avait été trouvé, assez abondant, chez des horticulteurs de Bayeux, sur l'Azalée de l'Inde. Le nom donné est erroné; M. Meyrick avait cru en effet reconnaître, dans l'espèce en question, son zachrysa. Mais il a été démontré depuis que zachrysa vit, à Ceylan. sur le pommier et qu'il est spécifiquement distinct de l'espèce de l'Azalée, laquelle a reçu le nom de Gracilaria azaleella Brants, avec, comme synonyme,


— 10* —

Gr azaleae Busck. L'insecte a été trouvé en Allemagne, en Hollande, en Belgique, aux États-Unis et finalement en France. Il est originaire du Japon.

Glyphipteryx heptaglyphella — Une nouvelle espèce de Glyphipteryx a été découverte à Caen, en juin 1911, dans un jardin, auprès de la gare Saint-Martin. Elle vient d'être décrite dans l'Amateur de Papillons. Vol. 11, page 314 (paru en octobre 1926). Sa principale caractéristique, par quoi elle diffère de toutes les espèces voisines, est de porter à la côte, sur fond bronzé, sept stries blanches, dont la cinquième (comptée à partir de la base) n'atteint pas la côte ; une grosse liture argentée près du bord externe, non loin du tornus, est accompagnée de deux petites taches également argentées, ces trois taches ayant un reflet violet. La première strie dorsale blanche est grande et très accentuée. L'envergure est de 10 mm. Un seul exemplaire ; premiers états inconnus. Un second exemplaire a été trouvé en Belgique, à Gaushoren, fin mai, par M. de Hennin de Boussu Walcourt. La nouvelle espèce a été nommée Glyph. heptaglyphella (Fam. Glyphipterygidae).

Enfin, les communications suivantes sont présentées oralement par leurs auteurs respectifs :

L. MERCIER. - A propos d'un rarissime Tachinaire (Cadurcia casta Rond.) éclos à Bayeux chez notre confrère S. Le Marchand.

En septembre dernier, M. Le Marchand me faisait parvenir deux mâles d'un Tachinaire obtenus dans les conditions qu'il a bien voulu consigner dans la note suivante :

« Le 6 juillet dernier, je recevais de M. Lhomme,


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directeur de l'Amateur de Papillons, des cocons de Simaethis nemorana Hüb., qu'il avait recueillis à mon intention aux environs de sa propriété du Carriol (par Douelle, près de Cahors, dép. du Lot.).

« Simaethis nemorana Hüb. est un Lépidoptère de la famille des Glyphipterygidae dont la chenille vit sur le Figuier. Elle replie en dessous le bord des feuilles et vit dans cette logette, dont elle ronge l'intérieur. Elle fait un semblable pli pour y loger son cocon. Ce cocon, en soie blanche, de grande dimension (3 à 4 cent. de longueur), est donc entièrement caché, le bord replié de la feuille étant étroitement appliqué sur le limbe. Le cocon est allongé, fusiforme, composé d'une double enveloppe, l'une tapissant les parois de la loge, l'autre, intérieure, plus étroite, se prologeant par un long col ouvert jusqu'au bord du pli. C'est par là que sortira la chrysalide, qui fera saillie au dehors, à l'éclosion. Les derniers segments abdominaux de la chrysalide demeurent engagés dans le pli.

« J'ai obtenu, entre le 7 et le 16 juillet cinq éclosions de S. nemorana. Dans l'entre-temps (vers le 10) un Diptère parasite est sorti d'un cocon ; puis un second (vers le 20). Ce parasite effectue sa nymphose dans le cocon du Simaethis ; il en est sorti et l'exuvie se voit dans l'intérieur dudit cocon ».

Il me fut impossible, avec les documents que j'ai à ma disposition, de déterminer ces Diptères ; aussi, je les soumis à mon éminent ami, M. le Dr Villeneuve. Le cas en valait la peine comme il est facile d'en juger d'après le mémoire que le savant Diptérologiste vient de publier (1).

(1) Dr J. VILLENEUVE. — Sur Masicera casta Rond, et espèces affines. (Rev. Zool. Afr. XIV, 2, 1926, p 242).


Le Dr Villeneuve identifia les deux mâles du Tachinaire en question à l'espèce connue sous le nom de Masicera casta Rond. Or, de cette espèce, la femelle seule était décrite et on n'en connaissait que trois individus, signalés ; l'original, de Parme, le second de Hyères et le troisième de San Eufemia d'Arpromonte (sud d'Italie).

Grâce à la connaissance du mâle de M. Casta, le Dr Villeneuve a établi que cette espèce est apparentée à un certain nombre d'espèces africaines avec lesquelles elle doit prendre une place à part dans la nomenclature C'est pour ces espèces que le Dr Villeneuve a créé le genre Cadurcia (par allusion à la ville de Cahors qui s'est appelée Divona, puis Cadurci). Mais, en plus de l'intérêt que présente Cadurcia casta au point de vue systématique et biologique, l'observation de M. Le Marchand pose un problème intéressant pour la région normande. En effet, le genre Simaethis a une prédilection marquée pour les Urticées et les Ficacées. Or, les Figuiers ne sont pas rares en Normandie. D'autre part, il se pourrait que ce Tachinaire soit polyphage et s'attaque à d'autres espèces de Simaethis. A ce sujet, on ne doit pas ignorer que nous connaissons dans le département du Calvados 5. pariana Cb. et 5. fabriciana L. qui vivent sur les Orties et les Pariétaires.

Il n'est donc pas impossible que Cadurcia casta Rond existe en Normandie et qu'un jour prochain on y signale sa présence.

Stade hémiramphe de l'Orphie (Belone vulgaris C. et V.). — M. AUDIGÉ présente à la Société Linnéenne un certain nombre de jeunes orphies (Belone vulgaris C. et V.), capturées au cours de l'été dernier dans la Manche (région de Luc-sur-Mer) et se montrant


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toutes au stade hémiramphe. L'auteur rappelle que les Belone vulgaris C. et V., offrent au cours de leur croissance des modifications profondes portant sur l'appareil masticateur. A l'éclosion, la tête relativement allongée est munie de maxillaires peu développés ayant l'aspect de ceux des autres poissons appartenant à des familles voisines et dont les représentants sont dépourvus de rostre à l'état adulte (stade aramphe) ; plus tard, à mesure que s'accomplit l'accroissement des individus, on voit apparaître des changements marqués dans la forme et les dimensions des mâchoires. Le maxillaire inférieur s'allonge d'abord considérablement et s'étire en un bec long et aigu, creusé d'une gouttière médiane et bordé latéralement de très nombreuses et minuscules dents. Le maxillaire supérieur reste court et ne recouvre qu'une très faible partie de la région proximale du maxillaire inférieur, obturant seulement l'orifice buccal. C'est le stade hémiramphe ou à demi-bec, caractéristique des échantillons présentés. Enfin, le maxillaire supérieur s'allonge à son tour et atteint presque la longueur de la mandibule qu'il recouvre sur la plus grande partie de sa longueur. Comme celle-ci, il se garnit latéralement de dents nombreuses. On aboutit ainsi au stade définitif, au stade holoramphe ou à rostre complet, des adultes.

Ces constatations appellent quelques commentaires. On connaît dans les familles voisines des Esocidae, de même que dans la sous-famille des Belonini, à laquelle appartient l'espèce qui fait l'objet de cette communication, des poissons présentant à l'état adulte, de manière définitive, des dispositions qui ne se montrent qu'à l'état transitoire au cours des métamorphoses des Belone vulgaris C. et V.

Ainsi, Alepocephalus rostratus C. et V., poisson de la


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Méditerranée, d'une famille très voisine de celle des Esocidae, possède pendant toute sa vie un museau court, légèrement rostellé, représentant par sa configuration le stade aramphe.

Dans les mers chaudes du globe existe le genre Hemiramphus C. réparti en plusieurs espèces, et dont la mâchoire inférieure est seule allongée en un bec aigu (forme hémiramphe). La ressemblance de ces animaux avec les jeunes orphies est telle que les ichtyologistes considéraient autrefois ces dernières comme appartenant au genre Hemiramphus et Yarrel et Couch avaient créé pour elles l'espèce Hemiramphus europaeus Yarr.

Chez Belone imperialis Raf. de la Méditerrannée, la mandibule est encore d'un sixième plus longue que la mâchoire supérieure.

Enfin, Belone acus Risso et Belone vulgaris C. et V., (le premier de la Méditerranée, le second de la même mer, de l'Océan et de la Manche), qui ont, à l'état adulte, un maxillaire supérieur presque aussi long que la mandibule — il y a, à ce sujet, quelques différences individuelles — correspondent à la forme holoramphe.

Peut-on relier ces faits entre eux ?

Nous trouvons-nous ici en présence d'une série de ces « mutations fortes » que Cuénot signale dans son ouvrage classique La Genèse des espèces animales, et dont les génotypes seraient représentés chez les divers Esocidae ou les espèces voisines ?

C'est une opinion vers laquelle l'auteur inclinerait volontiers s'il n'était nécessaire de ne considérer comme définitivement acquises que les mutations indiscutablement constatées.

Ou bien s'agit-il d'une orthogenèse dont les témoins patrogoniques s'inscrivent successivement au cours du


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développement des Belone? Cette manière de voir ne paraît pas, à priori, inadmissible.

Par ailleurs, en tenant compte de la distribution géographique des espèces, dont le rostre semble s'accroître et se compléter à mesure que celles-ci vivent dans des régions plus septentrionales, ne peut-on penser qu'il s'agit seulement d'une adaptation progressive à un régime alimentaire plus particulier, cause première des transformations constatées?

Mais c'est, là encore, une hypothèse toute gratuite, laissant entière une question que l'auteur se borne à poser sans oser prétendre la résoudre dans ce bref aperçu.

BIBLIOGRAPHIE

Th. MONOD. — La Région de la Basse-Seulle. — Etude bionomique (2e thèse pour le doctorat es sciences naturelles. Presses universitaires de France, Paris, 1926, 74 pages, 1 carte).

Il semble que la zoologie purement descriptive ait vécu. Elle était nécessaire pour établir dans ses grandes lignes et ses plus minutieux détails, l'organisation de tous les types du règne animal. Elle a encore son importance quand il s'agit de décrire une forme nouvelle, ou de confronter en vue d'une détermination précise, les caractères anatomiques de plusieurs individus. Mais la tendance actuelle de la zoologie est, suivant l'expression de l'Ecole, « d'informer » ces masses d'os et de muscles, ces amas de cellules, sinon pour leur donner la vie, du moins pour les étudier dans leur métabolisme et leurs réactions en face des conditions dans lesquelles doit se dérouler leur cycle vital. De là l'intérêt qu'offrent les travaux de bionomie générale.

Mais les divers êtres du règne animal ne sont pas des « archétypes » à la Platon, créés pour vivre dans un milieu « in se», Ce sont tout simplement des « types» appelés par


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les circonstances à naître, grandir, se reproduire et mourir dans un habitat déterminé. De là découle l'importance capitale de l'Etude bionomique de telle ou telle espèce; de là dérive l'intérêt que présentent les problèmes de la bionomie d'une région particulière. A ce point de vue, la deuxième thèse de M. Th. Monod vient fort à propos, et elle ne peut passer inaperçue pour la Société Linnéenne de Normandie, puisqu'elle a pour objet la région de la Basse-Seulle.

L'auteur qui, dit-il, « s'est trouvé à son insu et presque malgré lui » engagé dans cette étude, débute par une esquisse géographique et géologique de la région, accompagnée de croquis précis. Il a grandement raison de résumer l'histoire de la Basse-Seulle, du moyen âge à nos jours, pour nous montrer à coups d'archives et de documents, la variation de son cours. Puis il aborde les conditions spécifiques du milieu : le régime maritime, le régime saumâtre, le régime dulcaquicole et le régime terrestre. L'essai de classification des faciès qui suit, indique la discrimination très nette qui peut être faite entre les flores halophile, parhalienne, intérieure ; entre les faunes qui s'étendent insensiblement depuis la mer jusqu'à la terre, en passant par les eaux saumâtres et les eaux douces. Cette classification est alors appliquée d'abord à la zone intercotidale avec sa tourbe, ses sables supérieurs et inférieurs et ses platiers; puis aux différentes parties de la rivière depuis les enrochements, les jetées, l'avant-port et le bassin de Courseulles jusqu'en amont à la route de Graye. L'étude des faciès terrestres vient logiquement ensuite, avec les zones de sables à Calamagrostis et Odontites, avec les labours, les bois, les prés, les talus, les chemins, pour finir par l'étude des marais et de l'eau douce. La monographie se termine par un appendice sur la répartition des algues que suit une conclusion sur « l'extraordinaire pauvreté de la faune véritablement saumâtre une fois les formes immigrantes et migratrices (marines ou dulcaquicoles) exclues ».

En somme, ce travail est pour notre région du plus haut intérêt, puisqu'il est susceptible de captiver le zoologiste, le


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botaniste, le géologue, aussi bien que l'archéologue passionné pour l'histoire locale.

Mais j'ai eu récemment l'occasion d'apporter une modeste contribution à l'étude de la Faune de « la Provence », ruisseau que M. Th. Monod a également examiné. En ce qui concerne le régime de ce cours d'eau, je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui. D'après mes observations et les renseignements que j'ai recueillis sur place, à l'équinoxe d'automne 1926, le flot n'a pas atteint à marée haute le barrage de galets qui se trouve à l'embouchure du rû de Ver. Du reste, ce front de galets est purement artificiel et est destiné, comme je l'ai démontré dans une note à la Société Linnéenne le 8 novembre 1926 (Bulletin, page 116*), à maintenir l'eau à un niveau capable d'alimenter un puits. De plus, si par hasard il y avait pénétration du flot, la déclivité du terrain depuis la source de Crépon maintiendrait la rapidité du courant, et l'eau resterait franchement douce. Et la faune dudit ruisseau est nettement dulcaquicole, témoin la présence abondante de Polycelis cornuta John., Echinogammarus Berillonni Catta, Asellus meridianus Raco., Ancylus capuloïdes Jan, Limnoea (Radix) limosa L., Glossosiphonia complanata (= sexoculata) L., etc.. Il est curieux de constater que M. Th. Monod n'y signale pas la présence de Paludestrina subulata (Paladilhe) qui, beaucoup plus que Gammarus marinus (Leach) trouvé par lui, et non par nous, aurait pu prêter à ambiguité au sujet du caractère saumâtre ou non du faciès.

Abbé L. TOLMER,

Laboratoire de Zoologie de la Faculté des Sciences de Caen.


18* -

SÉANCE DU 7 FÉVRIER

Présidence de M. le Dr DORANLO, Vice-Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 17 h. 50.

Y assistent : MM. AUDIGÉ, BIGOT, BUGNON, DALIBERT, Dr DORANLO, Abbé GABRIEL, GUICHARD, GUILLAUD, LANGEVIN, Mme LE ROUX, MM. MAZETIER, MERCIER J., MERCIER L, Dr MOUTIER, PORTE, Abbé TOLMER.

Absent excusé : M. le Dr BOUYGUES.

Le procès-verbal de la séance du 10 janvier 1927 est lu et adopté.

Les ouvrages reçus depuis la dernière séance sont déposés sur le bureau.

Le Secrétaire présente, au nom de M. VIGUIER, le premier fascicule du Bulletin mensuel des Archives de Botanique, publication nouvelle, dirigée par M. VIGUIER, avec la collaboration de MM. CHERMEZON, G. LE TESTU et H. PERRIER DE LA BATHIE.

Correspondance. — Le Secrétaire présente les remerciements de M. le Dr HOMMEY, élu Président de la Société pour 1927. M. le Dr Hommey attribue ce grand honneur à sa fidélité à la Linnéenne, dont il fait partie depuis 1881, et il pense que la Société a voulu aussi honorer en lui la mémoire de son père, qui a fait partie de la Société depuis 1858 jusqu'à sa mort en 1912.

Excursion annuelle. — Le Secrétaire suggère à la Société l'idée d'une excursion à la Brèche-au-Diable, en juin, au moment de la réunion annuelle ; il en montre l'intérêt, tant au point de vue pittoresque qu'aux points de vue zoologique; botanique, géologique et archéologique. La question sera étudiée pour que la Société puisse prendre une décision au cours de la prochaine séance.


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Budget. — Le Trésorier présente son compte de gestion pour l'année 1926 et fait l'exposé de la situation financière de la Société au 1er janvier 1927.

Une commission, composée de MM. Dalibert et l'Abbé Tolmer, examine les comptes du Trésorier, qui sont reconnus exacts.

Le Président adresse les remerciements et les félicitations de la Société à M. Mazetier pour son dévouement et son excellente gestion.

La Société arrête ensuite le projet de budget suivant pour l'exercice 1927.

CRÉDIT

Avoir au 1er janvier 1927 783 fr. 27

Total des Recettes 8.127 fr. 91

Formant avec l'avoir précédent un crédit de 8.911 fr. 18

DÉPENSES

Indemnité pour le service de la Bibliothèque... 250 » Frais de gestion (convocations, affranchissements,

affranchissements, etc.) 400 »

Impression du Bulletin de 1926 3.500 »

Solde de la facture de l'imprimeur, laquelle n'a

pu être payée complètement en 1926 4.228 fr. 50

Attribution du prix P. Drouet 525 »

Total 8.903 fr 50

Il resterait une somme disponible de 8.911 fr. 18—8.903 fr. 50 = 7 fr. 60.

Admission. — M. GUICHARD est admis comme membre résidant de la Société.

Radiations, — La Société prononce deux radiations.


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Dons à la Bibliothèque. — De la part de l'auteur : Abbé P. FRÉMY : Notice sur la vie et les travaux botaniques d'Auguste Besnard (1817-1890), avec un portrait (Extrait des Notices, Mémoires et Documents publiés par la Société d'Agriculture, d'Archéologie et d'Histoire naturelle du département de la Manche, 37e vol., 1926).

P. FRÉMY : Une Rivulariacée nouvelle, Calothrix Flahaulti (Extrait des Archives de Botanique, Bull, mens., janv. 1927).

Dépôt de Travaux. — P. AUDIGÉ : Rythme lunaire de la ponte chez l'Equille (Ammodytes tobianus C. et V.) et le Lançon (Ammodytes lanceolatus Lesaur.).

COMMUNICATIONS

Le Vice-Secrétaire présente la communication écrite suivante :

J. ROY. — Sur la station de Muscari Lelievrei BOREAU du parc du Prytanée militaire de la Flèche.

Les stations de plantes rares sont des curiosités qui forment la partie attrayante des excursions botaniques. Bien souvent d'ailleurs, la rareté attire les chercheurs et l'on constate des extinctions fâcheuses.

Je voudrais seulement confirmer ici l'acclimatation parfaite de Muscari Lelievrei Bor. dans le parc du Prytanée militaire de La Flèche. Cette espèce est très sporadique. Boreau, dans sa flore du centre de la France, mentionne deux localités en Maine-et-Loire, une dans le Cher, une douteuse dans l'Yonne.

Le catalogue des plantes vasculaires de la Sarthe de A. Gentil, publié en 1892, signale la station du Prytanée sur l'indication du commandant Ninck. La flore Mancelle du même auteur répète la mention en 1898.


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Depuis, la plante s'est conservée. Grâce aux détails laissés par mon prédécesseur M. Rose, j'ai pu facilement retrouver dans le parc les quelques pieds du Muscari en question. Mais là, étouffés par l'épais tapis de Pervenches, Stellaires, Ficaires, Arums, les pieds ne prospèrent plus. Peut-être aussi leur floraison précoce attire les malencontreux amateurs de bouquets !

Heureusement que, le long d'une douve, une trentaine de pieds, abrités, prospèrent. Cette deuxième station permet d'espérer une conservation encore longue de l'espèce.

Je rappelle les caractères distinctifs de cette plante : La grappe a une coloration bleu-clair, les feuilles sont très canaliculées. La période de floraison commence dès la fin de février et s'étend jusqu'à mi-mars. Lorsque les fleurs sont fraîches, elles ont un parfum fugace de violette.

La Flèche, février 1927.

J. ROY, Professeur-agrégé au Prytanée militaire.

A propos de l'Anguille de Beaulieu. —M. L. Mercier dépose en son nom et en celui de M. R. Poisson un exemplaire d'une note insérée aux comptes rendus de l'Académie des Sciences et relative à l'anguille macrophthalme de Beaulieu (L. Mercier et R. Poisson : A propos d'un cas de macrophthalmie chez une anguille (G. R. A. S., 1927, t.184, p. 123).

M. Mercier présente l'anguille en question, rappelle les conditions de sa capture ainsi que les études qu'en firent Jacques Eudes-Deslongchamps et Chevrel. Il donne ensuite, suivant l'état actuel de nos connaissances, une solution du problème posé par l'Anguille de Beaulieu. Puis M. le Dr MOUTIER rappelle, à ce sujet, qu'il est


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depuis longtemps médecin de la prison de Beaulieu et qu'il a été comme tel amené, à la suite d'épidémies de fièvre typhoïde, à rechercher les aboutissants du puits où vécut l'anguille.

La concordance des épidémies à la prison et au village de Bretteville-sur-Odon l'amène à penser que des fissures profondes relient le puits à la vallée de l'Odon. Ainsi l'Anguille jeune aurait pénétré, grâce aux fissures du sol, de l'Odon dans le puits de la prison.

Coléoptères des environs de Lessay. — M. DALIBERT croit devoir ajouter à la liste publiée dans ce Bulletin (1925, p. 179), — outre Opatrum sabulosum L., Ténébrionide de la route à proximité des dunes qui bordent la lande, Prasocuris phellandrii L., Chrysomélide des mares de la lande, et Pogonus chalceus Marsh, (dét de M Pécoud),— Dyschirius salinus Schaum (dét. confirmée par M. Puel), ces deux derniers, Carabiques caractéristiques des terrains salés ou saumâtres, trouvés au havre de Lessay; et, parmi ses captures des mares de la lande, outre Hygrotus inaequalis F., Hydroporus pubescens Gyll. et palustris L., — Hydroporus erythrocephalus L., type et variété 9 deplanatus Gyll. (1 ex.), ladite variété, « toujours plus rare » que le type (Bedel), n'étant signalée en Normandie, dans des Gozis, Tableaux de dét. des Dytiscides..., p.. 172, copiant le catalogue Fauvel Dubourgais, que de Merville (Calvados), d'Evreux (Portevin) et d'Orival — forêt de la Londe (Mocquerys), — tous ces Dytiscides revus ou déterminés par M. R. Peschet.


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SÉANCE DU 7 MARS

Présidence de M. le Dr MOUTIER, Ancien Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 17 h. 50.

Y assistent : MM. AUDIGÉ, BUGNON, DALIBERT, GUICHARD, Mlle JENN, M. LANGEVIN, Mme LE ROUX, MM. MERCIER J., MERCIER L , Dr MOUTIER, POISSON, PORTE, Abbé TOLMER.

Absents excusés : M. BIGOT et M. le Dr BOUYGUES.

Le procès-verbal de la séance du 7 février 1927 est lu et adopté.

Nécrologie. — Le Président fait part du décès récent de M. Duquesne, membre correspondant de la Société depuis 1873, et il exprime à l'adresse de la famille du défunt les plus vifs regrets de la Linnéenne.

Don à la Bibliothèque. — De la part de M. R. VIGUIER, Directeur des Archives de Botanique, le Bulletin mensuel (n° 2, tome I) de ce périodique, paru en février.

COMMUNICATIONS

M Mercier, au nom de M. ROY, puis le Vice-Secrétaire, présentent les communications écrites suivantes :

J. ROY. — Sur les Copépodes du genre Diaptomus Westwood trouvés dans la vallée du Loir.

On sait que le genre Diaptomus Westwood est représenté par des Copépodes dulçaquicoles tenant une grande place dans le plancton des collections d'eau les plus variées.


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La répartition géographique des espèces de ce genre est très intéressante car, à l'inverse des Cyclopidae et même, jusqu'à un certain point, des Harpacticidae d'eau douce, l'aire de dispersion de chaque espèce est limitée.

Dans la vallée du Loir je n'ai rencontré que deux formes :

Diaptomus castor Jurine ;

Diaptomus vulgaris Schmeil (= D. coeruleus Fischer).

Une étude faunistique parallèle menée dans la plaine de la Saône et les montagnes calcaires de la Côte-d'Or m'avait montré dans cette dernière région : Diaptomus castor Jurine et Diaptomus gracilis Sars.

D'après les conditions d'habitat, D. vulgaris Schm. occupe dans la vallée du Loir la place que tient en Côte-d'Or D. gracilis Sars.

Je puis dire que toutes les collections d'eau permanentes de quelque importance situées entre La Flèche, Baugé, Sablé, Le Mans, présentent D. vulgaris Schm. Mais la proportion de cette espèce relativement à la masse planctonique passe d'un maximum (mai à août) à un minimum (novembre à janvier inclus).

On peut trouver des ovigères durant toute l'année, mais c'est en été que se place la période de pullulation. En hiver, on observe quelques femelles et mâles clairsemés ; au printemps, ce sont les stades larvaires qui l'emportent.

Il n'est pas sans intérêt que l'espèce ait toujours été décrite avec des variations dans l'antennule préhensile du mâle. Tantôt l'antépénultième article de cette antennule présente à la fois un crochet et une membrane hyaline, tantôt la membrane est isolée. Je ferai ici une simple remarque :

Dans le Morvan, région granitique à climat très continental, les Diaptomus vulgaris S. rencontrés étaient


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munis seulement d'une membrane à ladite portion de l'antennule.

Au contraire, dans l'Ouest de la France, les individus rencontrés possédaient constamment le crochet.

Faut-il en déduire une variété géographique? Je ne saurais me prononcer avant d'avoir révisé les observations faunistiques faites sur cette espèce en d'autres régions d'Europe et en Asie septentrionale.

Pour Diaptomus Castor Jurine le cas est très différent. Sa répartition apparaît, de prime abord, comme capricieuse. Je l'ai toujours observé, tant à l'Est qu'à l'Ouest, dans des collections d'eau temporaires, entourées d'arbres et, partant, riches en feuilles et débris végétaux. Tantôt il s'agissait de mares ou de fossés situés en pleine forêt, tantôt c'étaient des eaux d'inondation comme celles du Loir dans le parc des Carmes à La Flèche.

Cependant, à la fin de 1926, j'ai eu l'occasion de suivre son extension dans des stations dont il était absent au cours de 1924 et 1925. Il s'agit d'étangs situés dans la zone marécageuse des bois du Mélinais. Au nombre de trois, ils communiquent entre eux par des ruisselets qui passent dans les marécages à Sphaignes et Bruyères (Erica tetralix et E. ciliaris).

Or, l'un de ces étangs, dit étang de la Guibonnière, fut asséché et pêché au cours de l'été 1926. L'eau n'y revint que vers novembre en drainant les fossés d'écoulement Dès que la quantité d'eau fut suffisante pour une pêche au filet fin, j'eus l'étonnement de trouver quelques D. castor. En décembre ils pullulèrent tandis que quelques individus seulement de D. vulgaris étaient visibles.

En fin janvier la décroissance de D. castor était manifeste pendant que l'autre espèce reprenait prépondérance par le nombre de ses formes larvaires.


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Mais, en janvier, D. castor s'était étendu dans les étangs voisins sous forme d'un petit nombre d'individus, si bien que l'espèce rencontrée en 1925 dans quelques fossés de cette région s'est étendue en 1926 dans les trois étangs à la suite de l'assèchement de l'un d'entre eux, suivi d'une nouvelle arrivée d'eau.

Il sera intéressant en 1927 de voir si cette acquisition faunistique est maintenue dans les grandes collections d'eau précitées.

La Flèche, février 1927. J. ROY, Professeur-agrégé au Prytanée militaire.

E. CHEMIN. — Additions et rectifications à la « Flore algologique de Luc-sur-Mer et environs ».

Une révision des Algues marines récoltées à Luc-surMer et dans les environs m'a conduit à apporter quelques additions et rectifications à la flore de cette région (1).

Porphyra leucosticta Thur. — L'un de mes spécimens de Porphyra se rapporte à cette espèce par son contour arrondi, sa couleur d'un rouge plus vif et surtout par la disposition de ses anthéridies formant de petites taches claires à quelque distance des bords du thalle. Il a été trouvé à Saint-Aubin-sur-Mer, fixé à d'autres Algues de la zone inférieure. C'est une espèce nouvelle pour la région.

Nitophyllum Hillioe Grev. — Un petit spécimen, recueilli en épaves en mai, sur le plateau de Bernières, appartient à cette espèce. C'est une Algue rare dans la

1) E. CHEMIN. — Flore algologique de Luc-sur-Mer et environs. An. des Sc. nat. Botanique, 1923.


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région parce qu'on n'y trouve pas les excavations de rochers où ne pénètre qu'une lumière diffuse, endroits que cette plante préfère. On peut cependant la rencontrer accidentellement.

Dans le Spermothamnion Turneri Aresch. tel que je l'ai décrit, il y a lieu de distinguer deux espèces différentes :

1° Spermothamnion Turneri Aresch. — C'est à cette espèce qu'appartiennent les spécimens de l'herbier Chauvin provenant de Luc et de Langrune. L'herbier Thuret en renferme de semblables qui ont été récoltés à Arromanches. J'en ai moi-même ramené de SaintAubin-sur-Mer, au mois d'août. Les touffes peuvent atteindre 4 cm. de hauteur; les filaments dressés sont très ramifiés et leurs articles sont 3 à 8 fois plus longs que larges.

2° Spermothamnion roseolum Pringsh. = Callithamnion repens Lyngb. — Harvey le considère comme une forme jeune du précédent, c'est pourquoi je ne l'en avais pas séparé. Dans l'herbier Thuret il est rangé à part ; on y trouve en particulier un échantillon provenant du Calvados et recueilli par Pelvet. De Toni le considère comme une bonne espèce. Par sa taille et son aspect général, par la longueur et le diamètre de ses articles, il m'apparaît tout différent. Cette Algue forme gazon à la surface de diverses Algues et particulièrement de Chondrus crispus. Les filaments rampants sont fixés par de nombreux rhizines élargis et digités à leur extrémité. Les tétrasporanges tétraédriques ont été observés en mai. Elle n'est pas rare dans la région.

Trailiella intricata Batters. - En septembre 1921, j'ai rencontré à Luc, sur le Quihot, des touffes rouge vif, molles au toucher, de 2 à 3 cm. de diamètre, fixées à d'autres Algues et rappelant assez bien les pompons qui ornent les bérets de nos marins. Les filaments sont


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serrés, peu ramifiés, articulés; chaque article est de 25 à 40 µ de diamètre et de 60 à 80 µ de longueur; sur chaque cloison de séparation on observe une petite cellule claire triangulaire de 8 µ en moyenne.

A défaut de renseignements suffisants, j'avais rangé cette plante avec les Spermothamnion. Depuis, j'ai pu l'identifier avec le Trailiella intricata décrit par Batters (1) grâce à l'obligeance de M. G. Hamel. La détermination est facilitée par la présence des petites cellules intercalaires où Kylin (2) a reconnu l'existence d'iode qu'il n'a pu mettre en liberté que par l'addition d'un acide.

Antithamnionella sarniensis Lyle. —J'ai signalé, sous le nom d'Antithamnion floccosum, une Algue récoltée en novembre 1921, et déterminée d'après des échantillons de Mlle Doublet. J'ai noté que les tétrasporanges sont sessiles; j'aurais pu ajouter qu'ils sont tétraédriques et que les ramules sont parfois opposés mais souvent verticillés par 3 ou 4; tous ces caractères s'opposent évidemment à ceux des véritables Antithamnion. A la même époque Miss Lyle, observant cette plante et notant les mêmes particularités, créait son genre Antithamnionella et désignait l'espèce nouvelle sous le nom d'Antithamnionella sarniensis. C'est ce nom qu'il convient désormais d'adopter. La rectification a d'ailleurs été déjà faite par M. G. Hamel (3).

Lithophyllum incrustans Philippi. — Cette espèce a été

(1) BATTERS. — Some new British Marine Algae. The Journ. ot Botany, vol. XXXIV, p. 10, 1896.

(2) KYLIN. — Ueber die Blasenzellen einiger Florideen und ihre Beziehung zur Abspaltung von lod. Arkiv for Botanik. Bd. 14, n° 5, 1915.

(3) G. HAMEL. — Sur l'apparition d'une Algue nouvelle sur les côtes de Bretagne et de Normandie : Antithamnionella sarniensis Lyle. Rev. Algologique, t. 1, n° 1, p. 50.


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observée sur des cailloux et de vieilles coquilles d'huîtres dans la zone inférieure entre Luc et Langrune par M. Robert Lami qui a bien voulu me communiquer ce renseignement. Il la considère comme très rare.

Abbé P. FREMY. — Deux champignons rares observés aux environs de Saint-Lô (Manche).

I. DROYDON CORALLOIDES (Scop.) Quél. (= Hydnum coralloides Scop. et mult. Auct). — Le 24 octobre 1926, j'ai récolté cette espèce, à Saint-Lô, dans la falaise, sur un tronc de hêtre couvert de lierre, à 2 m. 50 environ du sol. Il n'y avait qu'un seul individu. Il était d'un beau blanc de neige, sauf aux pointes qui étaient légèrement jaunâtres. Les rameaux, très nombreux, étaient très serrés et fortement entrelacés. Le champignon avait 20 cm. de diamètre et 13 de hauteur. Il pesait 770 grammes.

Nouveau pour la Normandie. — Les points les plus proches de notre région où il a été signalé sont : ANJOU, Le Meignanne (Maine-et-Loire), sur vieux troncs (HY, Indications pratiques sur les champignons comestibles de l'Anjou, 1846, p. 51). — BRETAGNE, Loire-Inférieure (MÉNIER, Aperçu de la flore, in La ville de Nantes et la Loire-Inférieure, 1900, p. 34, sans indic. de loc).

II. GEASTER RUFESCENS Fries (Dett L. Corbière). — Trouvé à Agneaux, sur une haie, parmi des souches de coudrier, le 21 novembre 1926.

Dans la Manche, n'avait été signalé qu'à Octeville, bois de la Prévalerie (CORBIÈRE L., La Flore, in Cherbourg et le Cotentin, 1905, p. 109).


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Puis, les communications orales suivantes sont présentées par leurs auteurs :

Odacantha melanura L. — M. DALIBERT signale avoir pris 1 exemplaire de cette rare espèce dans les détritus d'inondation de la Sarthe, à St-Léger-sur-Sarthe (Orne), le 22 novembre dernier. Cette espèce, signalée dans le Calvados des Marais de Percy, par Octave Fauvel (B. S. L. N., 1868, 174), et de la prairie de Caen par MM. Michel et Mazetier en 1924, ne paraît pas encore avoir été trouvée dans l'Orne. Elle est commune au MaraisVernier, et signalée, de la Seine-Inférieure, au GrandPré, à Orival (Levoiturier) et au marais d'Heurteauville (Fauvel, Régimbart, J. Thibault; cat. du Musée d'Elbeuf, p. 6). De plus l'indication Conches se trouverait dans la coll. Régimbart.

L. MERCIER. — Deux cas de cataracte naturelle apparus dans un élevage de Lapins albinos.

L. Cuénot et ses Collaborateurs (1924) (1) ont signalé deux cas de cataracte naturelle apparus dans une même portée de Lapins. Or, depuis, j'ai eu l'occasion d'observer deux cas de cette altération oculaire chez des Lapins albinos provenant d'un même élevage. Le premier cas (cataracte à l'oeil gauche) date de 1925, le second (cataracte double) est de cette année. L'élevage en question est très bien tenu; il n'y a été fait aucun apport de sujets étrangers depuis 1925.

Ces deux observations laissent supposer que la cata(1)

cata(1) CUÉNOT, R. LIENHART et P. VERNIER — Sur la transmissibilité d'un caractèresomatique acquis (cataracte de Lapins). (Compt. rend. Acad. Sc. T. 178, 1924, p. 1129).


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racte naturelle peut ne pas être une rareté dans certains élevages.

Nous savons d'ailleurs provoquer expérimentalement des lésions oculaires diverses chez le Lapin. Ainsi, l'ingestion de naphtaline détermine de la cataracte chez les animaux adultes ; de plus, l'intoxication naphtalinique peut entraîner des malformations oculaires chez les foetus quand on s'adresse à des femelles gestantes. De même, en injectant à des Lapines en gestation un sérum anticristallin, obtenu en préparant des Poules avec des cristallins de Lapin, Guyer et Smith ont observé des accidents oculaires variés chez les jeunes.

Mais, tandis que Guyer et Smith (1920-1924) (1) ont constaté la transmission héréditaire des lésions de l'appareil visuel qu'ils avaient obtenues expérimentalement, Cuénot et ses Collaborateurs (1923) (2), opérant par la méthode à la naphtaline, n'ont observé aucune altération oculaire dans la descendance de leurs Lapins à yeux défectueux.

En présence de la divergence des résultats obtenus par ces Biologistes, je me propose de rechercher par des croisements appropriés, si la cataracte est héréditaire ou non chez les Lapins provenant de l'élevage où j'ai observé les deux cas que ie viens de signaler.

(1) GUYER et SMITH. — Studies on cytolysins. Transmission ot induced eye detect (Journ. of. exp. Zool. T. 31, 1920, p. 171).

Further studies on inheritance of eye defects induced in rabits (Journ. of exp. zool. T. 38, 1924, p. 449).

(2) L. CUÉNOT, LIENHART (R.) et MUTEL (M.). — Expériences montrant la non-hérédité d'un caractère acquis (Compt. rend. Acad. Sc T. 176, 1923, p. 611).


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SÉANCE DU 4 AVRIL

Présidence de M. le Dr DORANLO, Vice-Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 18 h. 10.

Y assistent : MM. BUGNON, DALIBERT, Dr DORANLO, Abbé GABRIEL, Mme LE ROUX, MM. MAZETIER, MERCIER J., MERCIER L., Dr MOUTIER, POISSON, PORTE, Abbé TOLMER.

Absent excusé : M. BIGOT.

Le procès-verbal de la séance du 7 mars 1927 est lu et adopté.

Nominations. — Le Président se fait l'interprète de la Société pour adresser les plus chaleureuses félicitations à nos confrères, MM. GUILLIERMOND et TISON, qui viennent d'être nommés professeurs sans chaire.

Réunion annuelle. — La Société décide d'accepter la proposition du Secrétaire en ce qui concerne le principe d'une réunion annuelle à la Brèche-au-Diable, le dimanche 22 mai. Le programme des excursions projetées à l'occasion de cette réunion est inséré à la fin du présent procès-verbal.

Dons à la Bibliothèque. — De la part des auteurs :

R. DORANLO : Cachette de l'âge du bronze de Gouville (Manche). Considérations générales sur les découvertes de l'âge du bronze dans le département de la Manche (Conférence faite à Valognes par l'auteur au Congrès de l'Association Normande, le 30 juillet 1925), Caen, 1926.

Abbé P. FRÉMY : Petite contribution à la flore des Myxophycées de l'Inde méridionale (Extrait des Archives de Botanique, Bull. mens, n° 3, mars 1927).

Abbé P. FRÉMY : Une Stigonémacée nouvelle : Hyphomorpha Perrieri (Extrait des Arch. de Bot., Bull. mens. n° 4, avril 1927).

De la part de M. R. VIGUIER, Directeur des Archives de Botanique, le Bulletin Mensuel (n° 3, tome I) de ce périodique.


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Dépôt de travaux. — 1° pour le Bulletin :

A. BIGOT : Failles et plis dans les terrains secondaires du Calvados.

2° Pour les Mémoires :

H. PERRIER de la BATHIE : Les Dioscoréacées de Madagascar. Conformément aux précédents, l'auteur s'engage à supporter les frais d'impression de son travail.

COMMUNICATIONS

Le Vice-Secrétaire présente la communication écrite suivante :

Abbé P. FRÉMY. - Clef analytique et localités des Calothrix d'eau douce et subaériens de Normandie.

I. Filaments parfaitement cylindriques sur la majeure partie de leur longueur, épais de 5,5 — 6,5 µ; gaines minces et incolores; hétérocystes solitaires, basilaires : C. Flahaulti Frémy.

M. Mare des landes de Lessay.

II. Filaments ± épaissis à la base.

1. Plante endophyte; filaments épais de 15 µ à la base, de 10-12 µ vers le milieu; 1-2 hétérocystes basilaires: C. fusca Born. et Flah.

C. Falaise (DE BRÉBISSON) : à l'intérieur des algues muqueuses.

2. Plante épiphyte; filaments épais de 18-22 µ, s'atténuant progressivement de la base au sommet : C. adscendens Born. et Flah.

M. Saint-Lô! sur Mousses aquatiques ou sur autres algues.


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3. Plantes saxicoles ou lignicoles.

a). Gaines fortement colorées en brun, souvent épaisses, lamelleuses, étalées ; filament épais de 10-12 µ, ± épaissis à la base, non disposés parallèlement les uns aux autres : C. parietina Thur.

G. Falaise (BRÉB.). — M. La Meauffe ! Saint-Lô ! Canisy! Troisgots ! Millières! Gavray !

b). Gaines incolores ou à peine colorées en jaune, minces, uniformes; filaments épais de 9-10 µ, droits, parallèles, fortement serrés : C. Braunii Born. et Flah.

M. Landes de Lessay, sur cailloux dans les ruisseaux !

Puis les communications qui suivent sont présentées par leurs auteurs :

M. Jean MERCIER expose le contenu d'une note sur l' Age et la faune des Assises argileuses de Lion-sur-Mer. Dans cette note, qui paraîtra dans les travaux originaux du Bulletin, l'auteur donne une coupe détaillée des carrières de Lion-sur-Mer et signale la faune de chaque niveau. Il indique les conditions de dépôt, note le changement de faciès et classe, en les comparant avec celles du Boulonnais, les couches de Lion dans le Cornbrash. Suivent une liste de fossiles avec leur répartition et des observations sur quelques espèces, notamment sur les Rhynchonella Morierei Dav. et Rh. major E. Desl. (non Sow.). Dans cette discussion, M. J. Mercier montre l'identité de ces deux espèces et pense que la Rh. major Sow., espèce extrêmement douteuse, devrait être rayée de la nomenclature. D'après lui, il existe, à


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Lion-sur Mer, une espèce qui est Rh. Morterei Dav., dont une variété a été assimilée, à tort, par E.-E. Deslongchamps à la Rh. major Sow.

R. POISSON. — Notes fauniques. — Présentation :

1° De chenilles d'Acrolepia assectella Z. (vigeliella Dup.) (Teigne des poireaux). Ces chenilles ont causé de gros dégâts aux cultures de poireaux dans certaines contrées de la Normandie, et en particulier aux environs d'Alençon, pendant les mois d'août et septembre 1926. La chenille de ce Tinéide ronge d'abord les feuilles, puis bientôt pénètre à l'intérieur des tiges et fait périr la plante. Le parasite en question a causé aussi, cette même année, des dégâts importants dans la région de Reims et dans le centre de la France (L. Demaison, Bull. Soc. Ent. Fr., n° 16, p. 167, 1926). A noter que le mois d'août et le début de septembre 1926 ont été relativement secs, ce qui favorisait grandement la multiplication du parasite.

2° D'un Armadillidium vulgare Latr. (Crustacé Isopode, terrestre), recueilli par M. le Dr Osmont. Ce Crustacé, au moment de sa capture, portait un grand nombre de petits acariens rougeâtres fixés sur ses téguments et se déplaçait avec peine. Tous ces acariens, qui appartiennent à une même espèce, sont des Uropoda obscura (Kock.) au stadenymphal. A ce stade les Uropoda s'observent toujours fixés à des Arthropodes terrestres variés, à l'aide d'un prolongement postérieur qui disparaît chez l'adulte. Contrairement à ce que pensaient les anciens auteurs, l'acarien ne vit pas en parasite sur l'hôte et ce dernier lui sert uniquement d'agent véhiculateur (phorésie) (1). U. obscura est un acarien que l'on

(1) Mot de" Lesne (Bull. Soc. ent. Fr., 1896, pp. 162-165).


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trouve assez communément dans les lieux humides et sombres.

Ces cas de phorésie, où un animal se fait porter sur le corps d'un autre sans être parasite de celui-ci, sont fréquents chez les Arthropodes, surtout chez les Insectes, mais s'observent aussi parmi les Arachnides (Ch. Ferrière, 1926) (1). Chez ces derniers nous pourrions citer, outre les nymphes d' U. obscura, plusieurs Acariens du groupe des Gamasides et des Sarcoptides détriticoles qui émigrent également à l'état de nymphes en se fixant par des appareils variés (crochets, ventouses), à toutes sortes d'animaux fréquentant les substances en décomposition ou les lieux humides; les Pseudoscorpionides du genre Chernetes qui se suspendent aux pattes des Diptères et aussi un curieux Gamaside : Antennophorus uhlmanni Haller, qui se fait transporter activement et volontairement par des Fourmis du genre Lasius (Ch. Janet, 1897). Enfin, Sellnick (1926) (2) vient de décrire des formes nouvelles d'Uropodides qu'il a trouvés au Brésil sur les Fourmis du genre Eciton (Coxequesoma collegianorum, Antennequesoma Reichenspergeri, Ant. Lujai) et qui vivent fixés aux pattes ou aux antennes de ces Insectes (enroulés sur eux-mêmes comme de petits Cloportes, ou simulant de minuscules coquillages fermés), sans produire aucune lésion.

Coléoptères de l'excursion de Sées (fin). — M. DALIBERT présente :

1° NITIDULIDAE. — 4 ex. de Brachypterus glaber Stephens (= pubescens Er.) [dét. confirmée par M Henri du Buysson], pris à Chailloué, le 20 juin dernier,

(1) Mitt. ent. Gesellsch. Bd. XIII, Heft. 9 , pp. 489-496.

(2) Arch. Museu Nac. Rio de Janeiro, vol. 26, 1926, pp. 5-32.


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espèce qui semble commune dans nos régions, spécialement sur Urtica dioica;

2° CANTHARIDAE. — 1 Dasytes nigroaeneus Küst. (dét. H. du Buysson), du carrefour de la Vielle, espèce paraissant peu commune (non citée de la Manche) ;

3° ANTHRIBIDAE. — 1 Anthribus (Brachytarsus) variegatus Geoffr. Fourcr. ( = varius F.) [dét. H. du Buysson], du carrefour de la Branloire, espèce répandue dans toute l'Europe, mais qui ne semble pas commune dans nos régions : l'espèce est citée comme rare dans le Catalogue Mocquerys, et un individu seulement a pu être cité, pour la Manche, dans le catalogue de Mgr. Pasquet.

Hemiteles similis Gml. — M. L. MERCIER présente des exemplaires d'Hemiteles similis Gml. (Hyménoptère Ichneumonide) dont la détermination a été faite par M. André Seyrig, le savant spécialiste du groupe.

Le genre Hemiteles renferme environ 300 espèces européennes dont la détermination est très délicate, car la plupart de ces espèces ne sont connues que par un seul sexe et les descriptions sont souvent insuffisantes.

Les Hemiteles similis présentés par M. Mercier proviennent de Luc-sur-Mer. Les larves se développent dans les cocons ovigères d'une Araignée (probablement Lycosa leopardus Snd.) commune dans les fentes de la falaise; elles se nourrissent des oeufs.

Jusqu'à présent, cet Hyménoptère était plus particulièrement connu comme parasite d'autres Hyménoptères ou de papillons. L'observation de M. Mercier montre bien qu'il s'est adapté à vivre en prédateur d'Araignées.

Grâce à l'étude des Hemiteles capturés à Luc, M. A. Seyrig (Observations sur les Ichneumonides, 2e série.


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An. Soc. entom. de France, T. XCVI, 1927, p. 63) croit pouvoir établir que H. liostylus Thoms. tombe en synonymie avec H. similis Gml.

Tératologie. — Le Vice-Secrétaire présente, de la part de M. LEMERCIER, un épi sporifère d'Equisetum maximum anormalement ramifié dans sa région supérieure et provenant de Sévigné (Orne). De semblables anomalies sont d'ailleurs indiquées dans les traités de tératologie.

REUNION GENERALE ET EXCURSION ANNUELLE

du Dimanche 22 Mai

I. Falaise : le Château, la cluse de l'Ante; le Jurassique du plateau d'Aubigny. —II. La Brèche-au-Diable : Stations préhistoriques. — III. La Mine de Soumont. — IV. Le Calcaire de Caen de la Carrière des Ocrets.

L'excursion se fera en autocar. Départ de Caen à 7 heures, retour à Caen pour 19 heures.

Déjeuner à la Brèche-au-Diable (Emporter les vivres; on trouvera le liquide sur place).

Les confrères désireux de prendre part à l'excursion sont priés d'en aviser M. Bugnon, au Laboratoire de Botanique du Jardin des Plantes de Caen, avant le 15 Mai, dernier délai, en indiquant s'ils utiliseront l'autocar; cette indication constituera un engagement de participer à la location de l'autocar, qui devra être réservé plusieurs jours à l'avance.

Les participants à l'excursion trouveront dans le P. V. de la séance de Mai les indications complémentaires sur l'organisation de l'excursion.


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SEANCE DU 2 MAI

Présidence de M. le Dr MOUTIER, Ancien Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 17 h. 40.

Y assistent : MM. BIGOT, BUGNON, Abbé GABRIEL, Mlle JENN, M. LANGEVIN, Mme LE ROUX, MM. MAZETIER, MERCIER J., MERCIER L., Dr MOUTIER, POISSON, Abbé TOLMER.

Absent excusé : M. le Dr BOUYGUES.

Le procès-verbal de la séance du 4 avril 1927 est lu et adopté.

Correspondance, — Le Secrétaire annonce que le prochain Congrès de la Fédération des Sociétés normandes se tiendra à Evreux du 30 mai au 2 juin 1927; il en communique le programme et se met à la disposition de la Linnéenne pour la représenter à ce Congrès.

Publications de la Société. — Le 9e volume de la 7e série du Bulletin (année 1926) est paru. Il sera prochainement adressé aux Membres de la Société. En le présentant, le Secrétaire remercie au nom de la Société le Vice-Secrétaire, spécialement chargé des détails de l'impression.

Réunion annuelle. — Les Linnéens partant de Caen et utilisant l'autocar sont invités à se trouver le Dimanche 22 Mai, à 7 heures, au Bureau des Autobus départementaux, place du Théâtre. Le retour à Caen aura lieu pour 19 heures.

Don à la Bibliothèque. — De la part de son auteur :

Marcel LEGENDRE, L'ornithologie dans le département de la

Sarthe (Extrait de la Revue française d'Ornithologie, n° 215,

mars 1927).

Depôt de Travaux. — P. BUGNON : Sur le rôle de l'accroissement intercalaire dans l'évolution de l'appareil conducteur de de la jeune plante.


40*

COMMUNICATIONS

M. Poisson communique de la part de M. G. LELOUTRE, l'observation écrite suivante :

Guillemot bridé. — M. Marland, chassant au marais de Bréville, près Granville, le 31 mars dernier, a tué un Guillemot bridé. Cet oiseau était seul; sans doute avait-il été poussé vers ce marais d'eau douce par la violente tempête qui avait lieu ce jour-là sur la Manche.

M. Poisson ajoute à ce sujet les renseignements suivants :

Le Guillemot bridé : Uria troille ringvia Brünn. (1) est une sous-espèce rare d'Uria troille troille (L.), le Guillemot troille ou Guillemot à capuchon (2). Il se différencie surtout du type par la présence d'un étroit cercle de plumes blanches autour de l'oeil, cercle qui se prolonge en arrière en une fine ligne descendante (L. Brasil, fig. 36). Cet Alcidae n'a été observé qu'accidentellement sur les côtes nord de la France et en Normandie. — Répartition géographique : Islande, Feroë, Terre-Neuve.

Le Vice-Secrétaire présente ensuite la communication écrite suivante :

(1) 1914. BBASIL (L.). — Les Oiseaux d'eau, de rivage et de marais de France, de Belgique et des Iles Britanniques. J.-B. Baillière et fils, éd.

(2) 1892. GADEAU DE KERVILLE (H.). - Faune de la Normandie Oiseaux; fasc. III, p. 489.


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Abbé P. FRÉMY. — Clef analytique et localités des Calothrix marins et d'eau saumâtre de Normandie

I. Plante endophyte des Nemalion; filaments bulbeux à la base, épais, vers leur milieu, de 9-10 (rarement 12-15) µ; hétérocystes basilaires : C. parasitica Thur. M. Querqueville (Le Jolis!); Gatteville (Malard!).

IL Plantes épiphytes.

1. Trichomes érugineux ; filaments légèrement épaissis à la base, épais de 9-10 (rarement 12) µ vers leur milieu ; hétérocystes basilaires et parfois aussi intercalaires : C. aeruginea Thur.

G. Grandcamp (Debray). — M. Saint-Vaast Hariot et Malard !), Réville et Gatteville (Malard !), Le Hommet et Querqueville (Thuret, Le Jolis).

2. Trichomes bleu d'acier, violacés ou purpurins; filaments épais de 12-15 µ, très peu épaissis à la base; 1-2 hétérocystes basilaires : C. confervicola Ag. Très commun sur tout le littoral normand.

III. Plantes ni endophytes, ni épiphytes, ordinairement saxicoles. A. Hétérocystes tous basilaires.

1. Filaments épais de 9-15 µ, nettement épaissis à la base, groupés en plaques rondes, luisantes, d'un vert foncé : C. Contarenii B. et F. M. Saint-Vaast, sur la vase, les galets et les débris de liège (Hariot, Malard!). 2. Filaments épais de 10-18 µ, peu épaissis à la base, groupés en gazons indéfinis, peu compacts, d'un vert mat foncé : C. scopulorum Ag. G. Arromanches (Lebel! Pelvet!) Longues! — M. Saint-Vaast (Gomont! Hariot, Malard!), Gat-


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teville (Gomont! Malard!), étang de Gattemare! (Gomont et Malard!), Cherbourg (Le Jolis), Carteret (Lebel!), Chausey : île aux Oiseaux! 3. Filaments épais de 15-20 µ, peu épaissis à la base, rameux, groupés en couches molles, spongieuses, hirsutes, érugineuses : C. pulvinata Ag. G. Arromanches (Lenormand !). — M. SaintVaast ! Cherbourg, Portbail (Lenormand !), Granvillle et Chausey! B. Hétérocystes basilaires et intercalaires.

1. Filaments simples épais de 12-40 µ : C. crustacea Thur.

M. Saint-Vaast! îles Saint-Marcouf (Gomont!),

Cherbourg (Le Jolis), Carteret (Lenormand!).

2. Filaments très rameux vers leur sommet, épais de

12-21 µ : C. fasciculata Ag.

M. Saint-Vaast sur rochers et terre humide

(Hariot). Indiqué à tort à Equeurdreville par

Chalon, Liste, p. 44.

Puis les communications qui suivent sont présentées par leurs auteurs:

Jean MERCIER. — Anomalie de l'appareil apical et du test chez Hemicidaris luciensis d'Orb.

Dans une série d'Hemicidaris luciensis d'Orb., récoltés dans les falaises de Luc-sur-Mer, j'ai observé sur un individu une anomalie de l'appareil apical. Dans la moitié supérieure du périprocte, accolées à la plaque madréporique et aux deux plaques génitales qui sont de part et d'autre de celle-ci, se trouvent trois plaques,


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de dimensions assez grandes (plus grandes que les plaques neurales de l'apex), granuleuses. Ces plaques,

que j' appelle, par analogie avec celles du genre Acrosalenia, suranales, sont numérotées 1, 2, 3, sur la figure cicontre.

Il est curieux de voir chez une forme nettement endocyclique (calice hémicyclique)

hémicyclique) H. luciensis, une tendance à l'exocyclisme comparable à celle qu'on observe chez Acrosalenia spinosa Ag. par exemple. Cette particularité me paraît assez fréquente, bien que M. J. Lambert, qui a beaucoup étudié cette espèce, ne l'ait pas signalée. J'ai examiné à peu près 300 exemplaires d'H. luciensis, et j'ai trouvé cette anomalie chez 5 d'entre eux : 2 ex. de la collection de M. Bigot; 2 ex. de la collection de M. Mazetier; 1 ex. dans la mienne (1).

Cet Hemicidaris est un individu jeune, forme considérée autrefois comme une espèce sous le nom d'Hemicidaris langrunensis Cot. ; M. Lambert a montré que cette espèce n'est que la forme jeune d'H. luciensis d'Orb. (2).

Un autre échantillon d'H. luciensis m'a présenté une autre particularité. Dans la zone interambulacraire opposée à la madréporique, une protubérance, ayant l'aspect d'une galle, soulève le test, les deux zones ambulacraires, et la partie postérieure de l'appareil apical. On voit 5 orifices sur le pourtour de cette protubérance. Je pense que cette hypertrophie est une excroissance

(1). MM. BIGOT et MAZETIER ont eu la grande obligeance de mettre leurs collections à ma disposition. Je les prie d'agréer mes très vifs et respectueux remerciements.

(2) B. S, G. F. 1900. 3 sér., t. XXVIII, p. 476.


pathogène provoquée par une annélide. L'aspect géné ral est analogue à celui de la galle si fréquente sur le Millerecrinus marginatus d'Orb., due à un Myzostoma (1). N'ayant qu'un exemplaire présentant cette anomalie, je n'ai pas voulu le sacrifier pour faire une coupe, afin d'examiner l'intérieur de celte galle. J'ai observé une galle semblable chez Acrosalenia spinosa Ag.

R. POISSON et Mme A. POISSON. - Hémiptères de Normandie (suite) (2).

PENTATOMOIDEAE

Fam. Cydnidae. — Thyreocoris scarabaeoides (L.), sous la mousse; Caen. Cydnus nigrita (F ), dunes; Collevillesur-Orne. Geotomus punctulatus (Costa), dunes; Merville. Brachypelta aterrima (Forst.), dunes; Franceville, Merville, etc. Gnathoconus albomarginatus (Goeze), dans l'herbe; Calix, Laize-la-Ville. G. picipes (Fall.), rare; Caen. Sehirus morio (L.), dunes; Colleville, Franceville, etc. S. dubius (Scop.), dunes; Luc, Colleville,etc. S. bicolor (L.); commun, surtout au printemps. Ochetostethus nanus (H. S.), dunes et champs; Luc, Colleville, Caen, Alençon.

Fam. Plataspidae. — Coptosoma scutellatum (Geoffr.), prairies; Carentan.

Fam. Pentatomidae. — Odontoscelis dorsalis (F.), dunes ; Luc, Colleville. O. fuliginosa (L.); Luc (3). Odontotarsuspurpureo-lineatus (Rossi) ; Caen. Eurygaster maurus (L), champs de céréales; La Ferté-Fresnel, Alençon, Caen. E. maurus var. pictus (F.); Monts d'Eraines (Coll.

(1) Palaeontographica, Vol. XXXI, p. 185, pl. XVI.

(2) Voir : Bull. Soc. Linn. Norm., 7e sér., t. VIII, p. 48. 1925, Bull Soc. ent. Fr., n° 12, p. 196, 1925.

(3) M. ROYER, Bull. Soc. zool. Fr., t. XLIX, p. 624, 1924.


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Mazetier). E. meridionalis Pen. (1). Graphosoma italicum Muell., sur les Ombellifères; Alençon, Caen. Podops inuncta (F.), commun. Sciocoris cursitans (F.); PontCréon. Sc. macrocephalus Fieb.; Caen. Aelia acuminata (L.), prairies, champs de céréales; commun. A. rostrata Boh.; Caen. Neotiglossa pusilla (Gmel.); Lande de Lessay. Eusarcoris melanocephalus (F.), sur Urtica, Stachys, Ballota; La Ferté-Fresnel, Alençon, Caen. E. aeneus (Scop.) ; Caen. Peribalus vernalis (Wlff.), sur les aulnes et dans la bruyère; May-sur-Orne, Caen, Alençon, Balleroy. Carpocoris fuscispinus (Boh.), dans l'herbe; Caen. C. purpureipennis (de G.), dans l'herbe; Alençon. Codophila varia (F.); Alençon. Dolycoris baccarum (L.); commun. Eurydema ornatum (L.), sur les Crucifères; commun. E. oleraceum (L.); commun. E. festivum (L.). Piezodorus lituratus (F.); Le Havre, Bléville (coll. Mazetier). P. lituratus var. alliaceus (Germ.). Rhaphigaster nebulosa (Poda), sur les lilas, les framboisiers, etc. ; Alençon, Caen. Pentatoma rufipes (L.), haies, bois, prairies; Alençon, La Ferté-Fresnel. Acanthosoma haemorrhoidale (L.), sur le tremble; Alençon. Elasmostethus interstinctus (L.), sur les saules ; Alençon. Le Havre, Caen. Elasmucha ferrugata (F.); Caen, E. grisea (L.), sur les saules; Alençon, Caen. Cyphostethus tristriatus (F.), sur les genèvriers ; Alençon, Caen, Monts d'Eraines, Le Havre, Balleroy. Picromerus bidens (L.); commun. Arma custos (F.), sur les chênes ; Caen (rare). Rhacognathus punclatus (L.), sur Cornus sanguinea; Balleroy. Jalla dumosa (L.), un exemplaire; La Maladrerie (Caen) (2). Zicrona coerulea (L. ) ; assez commun (3).

(1) H. RIBAUT, Bull. Soc. Hist. nat., Toulouse, t. LIV, 1926.

(2) Cette espèce n'a pas été capturée dans le massif armoricain par Guérin et Péneau (Faune ent. arm. Bull. Soc. sc. méd. Ouest, Rennes, p. 34).

(3) Pentatomide présentant une vaste distribution géographique (holarctique).


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Palomena viridissima (Poda), très rare (1); Caen. P. prasina L.; commun. P. prasina var. subrubescens (Grsk) (2). Chlorochroa juniperina (L.). sur le Juniperus communis; Caen.

L. MERCIER — Une question de priorité.

Dans le Tome XIX de La Revue russe d'entomologie (1925, n° 1, p. 27), W. J. Shiperovitsh fait une étude biologique approfondie de Panorpa communis L. En particulier, il étudie l'accouplement chez cette espèce et il constate que la sécrétion des glandes salivaires des mâles joue le rôle d'un appât vis-à-vis des femelles. Or, j'ai signalé ce fait dès 1914 (L. Mercier: Caractère sexuel secondaire chez les Panorpes. Le rôle des glandes salivaires des mâles. Arch. Zool. exp. T. 55, 1914-1916, Notes et Revue n° 1, p. 1). D'ailleurs A. D. Imms a fait état de mes observations dans son « A general Textbook of entomology » (Methuen et Co, LTD, 36 Essex Street W. C. London).

(1) Un individu de cette espèce avait déjà été capturé par M. le Prof. O. Duboscq aux environs de Caen et donné à Guérin et Péneau.

(2) Voir M. Royer, Mém. Soc. Acad. de l'Aube, p. 4, 1910.


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SESSION ANNUELLE DU 22 MAI 1927

à Falaise et à la Brèche-au-Diable (Calvados)

Conformément au programme inséré dans le procès-verbal de la séance du 4 avril 1927, la Société a tenu sa réunion générale le 22 mai et elle a fait, à Falaise, à la Brèche-auDiable, à la mine de Soumont et à la carrière des Ocrets, les excursions annoncées.

Réunis à 7 heures près du Théâtre de Caen, les Membres de la Société ont été conduits directement à Falaise en autocar.

Une rapide visite du Château de Falaise a permis de prendre connaissance du site de l'ancienne forteresse. En descendant le Val-d'Ante, on a rejoint l'autocar. Après un arrêt qui a permis d'étudier le Jurassique dans les tranchées d'un chemin près du Calvaire de la route de Caen, l'autocar nous a conduits à Saint-Quentin-de-la-Roche.

Après la séance qui a suivi le déjeuner, M. le Dr Doranlo a exposé les découvertes faites sur le plateau de Saint-Quentinde-la-Roche et indiqué les caractéristiques de cette remarquable station préhistorique.

Du haut de l'escarpement au bord duquel se dresse le tombeau de Marie Joly, les Linnéens ont admiré le site réputé de la Brèche-au-Diable. La descente de la gorge du Laizon jusqu'au Moulin de Flée a conduit la Société à l'autocar qui l'a transportée aux Mines de Soumont.

M. Morette, Directeur de la Société Normande de Métallurgie, avait autorisé la Société à visiter les installations extérieures de la Mine de Soumont, où nous avons été reçus et dirigés par M. Ségaud, ingénieur-directeur. M. Ségaud nous a également accompagnés à la vaste carrière des Ocrets, ouverte dans le Vésulien, dont les calcaires sont exploités pour fournir la castine des lits de fusion de l'Usine de Colombelles.


Ces deux visites ont ajouté un grand attrait à l'excursion Linnéenne et la Société adresse ses remerciements à MM. Morette et Ségaud.

L'autocar a ramené la Société à la gare de Caen à 18 h. 45.

Un compte rendu détaillé des excursions paraîtra dans les travaux originaux du Bulletin.

Ont pris part à la session : MM. BIGOT, BRUNET, BUGNON, Dr DORANLO, GUICHARD. GUILLAUD, Dr J. HOMMEY, Mlle JENN, MM. J. LEBOUCHER, LENOIR, LE SÉNÉCHAL, LÉTONDOT, MAURY, MAZETIER, J. MERCIER, L. MERCIER, Dr MOUTIER, POISSON, TURPIN, membres de la Linnéenne et, à titre d'invités, Mme BUGNON, M. DUBOIS, Mlle JOUZEAU, Mme J. HOMMEY, Mme Ellen HOMMEY, Mlle Christiane PIGNEL, Mme POISSON, M. VIALET, ainsi que M. BOYER, Mlle COUVREUR et M. GALLIEN, étudiants à la Faculté des Sciences de Caen.

Nos Confrères, MM. DALIBERT et VAULLEGEARD ont exprimé par lettre leurs regrets de ne pouvoir participer à la Session.

SÉANCE ANNUELLE DU 22 MAI 1927

tenue à la Brèche-au-Diable (Calvados) Présidence de M. le Dr HOMMEY, Président

La séance est ouverte à 13 h. 15 et levée à 14 heures. Y assistent tous les membres participant à la Session, ainsi que les invités.


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Allocution du Président. — Le Président prononce l'allocution suivante :

Mesdames,

Mes chers Collègues,

Me conformant au traditionnel usage qui remonte à la fondation de notre Société, mes premières paroles seront un hommage rendu à la mémoire de Linné notre Parrain.

J'associe naturellement à cet hommage les noms des trois fondateurs de la Société Linnéenne de Normandie et j'adresse un souvenir à ses Membres disparus.

Maintenant, mes chers Collègues, laissez-moi vous remercier du grand honneur que vous m'avez fait, en m'appelant, cette année, à la Présidence de la Société Linnéenne.

Je me suis demandé quels étaient les titres invoqués pour justifier ce choix, quand tant d'autres de nos collègues étaient bien plus qualifiés pour diriger vos travaux.

Rarement, en effet, il m'est permis d'assister à nos réunions mensuelles, plus rarement encore je vous envoie des communications et lorsque, par hasard, mon nom figure au Bulletin, ce n'est que dans une collaboration dans laquelle je suis à l'honneur sans avoir été beaucoup à la peine.

Peut-être, mes chers Collègues, en me désignant pour ce poste d'honneur avez-vous désiré, ajoutant aux 55 années d'affiliation du père à la Société Linnéenne, les 46 années de participation du fils, honorer la fidélité d'une Famille à notre chère Société.

Mais je pense que cette longue suite d'inscription d'un même nom, sur les listes annuelles de ses membres, n'aurait pas encore été suffisante à motiver votre choix, si je n'avais eu dans la place une fraternelle amitié, née spontanément, il y a 47 ans, à une réunion de la Société Linnéenne et qui jamais un seul jour ne s'est démentie depuis.

Mon ami Bigot a certainement voulu me donner une nouvelle marque de celte amitié en me proposant à vos suf-


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frages. Et vous, mes chers Collègues, vous n'avez pas voulu refuser à celui qui est l'âme de la Société Linnéenne, celui dont la science, le dévouement et l'inlassable activité ont su, depuis 22 ans qu'il est secrétaire, et malgré les périodes difficiles que traversent toutes les Sociétés savantes, maintenir sans défaillance et porter toujours plus haut, le renom de la Société Linnéenne de Normandie.

Et, par une coïncidence heureuse, derrière laquelle je soupçonne bien une nouvelle attention de mon ami Bigot, la réunion qu'il m'était donné de présider fut fixée à Falaise et à la Brèche-au-Diable.

Aucun choix ne pouvait m'être plus agréable.

Non seulement, le naturaliste proprement dit trouve dans cette région des sujets d'étude et de recherche remarquables, mais les fervents de la préhistoire et de l'archéologie y trouvent également sans cesse à glaner.

Or, tout naturaliste, en devenant Linnéen de Normandie, ne devient-il pas quelque peu préhistorien et archéologue, sous l'influence de la mystérieuse imprégnation dont, en la créant, Arcisse de Caumont a doté, en quelque sorte, les membres de notre Société.

Mais le choix de Falaise comportait un autre charme, c'est le souvenir de cette inoubliable excursion qu'y fit la Société il y a 40 ans.

M. Morière étant souffrant, c'est toi, mon cher Bigot, qui l'organisas.

Les Linnéens du siècle dernier, que je vois aujourd'hui parmi nous et qui y assistèrent, se rappellent, sans doute, la franche cordialité qui ne cessa de régner dans cette soirée du 11 juillet 1886, cette gaîté un peu folle qui anima le banquet, l'impeccable organisation des deux journées d'excursion et l'entrain que tu avais su mettre partout dans l'accomplissement d'une tâche qui, ainsi que tu le rappelais par la suite, aurait pu effrayer des épaules moins jeunes que les tiennes.

Souvenirs lointains, mais charmants, qui, pour moi, et à d'autres titres, me sont doublement chers.

Pourquoi faut-il qu'en les évoquant aujourd'hui, devant


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mes yeux se dresse la terrible vision des heures vécues il y a un mois à peine ?

L'infinie tristesse de la réalité à Alger, à Mathieu, l'angoisse de l'attente et la cruauté de la certitude.

Pourquoi faut-il que la fatalité m'ait réservé, au cours de cette courte présidence, le plus pénible et le plus douloureux des devoirs ? Celui, mon pauvre ami, d'évoquer l'image de ta Jeanne chérie, en te renouvelant l'expression des profondes tristesses et des douloureuses sympathies que sa disparition a laissées parmi ceux qui te connaissent et qui t'aiment.

Puisse cette amitié qui soutient et console et dont l'unanimité fut, j'en suis certain, un adoucissement à ta douleur, exister toujours entre les Membres de la Société Linnéenne.

C'est par ce voeu et avec cet espoir que je termine, mes chers Collègues, la courte allocution que vous devait mon éphémère fonction, et c'est en son nom que je lève mon verre, en votre honneur, Mesdames, à vous tous, mes chers Amis, et à la prospérité de notre chère Société.

Nécrologie. — Le Vice-Secrétaire annonce le décès récent de notre Confrère le Dr Barbé, membre correspondant depuis 1888. Les regrets de la Société seront inscrits au procès-verbal.

Présentations. — M. DUBOIS, maître de conférences de physique à la Faculté des Sciences de Caen, est présenté par MM. Bigot et L. Mercier pour devenir membre résidant de la Société.

Mlle JOUZEAU, professeur agrégée au Lycée de jeunes filles de Caen, est présentée par MM. Bugnon et L. Mercier pour devenir membre résidant de la Société.

Mlle Christiane PIGNEL est présentée par MM. Bigot et le Dr Hommey, son grand-père, pour devenir membre correspondant de la Société.

COMMUNICATIONS

Le Vice-Secrétaire présente les deux communications écrites suivantes :


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M. DALIBERT. — Orthoptères de l'excursion de Sées.

Je dois signaler à la Société Linnéenne de Normandie deux captures très notables (semblant nouvelles pour la Normandie), effectuées à notre excursion du 20 juin dernier et dont la détermination a été revisée ou complétée par M. Lucien Chopard, auquel je suis heureux d'adresser ici, ainsi qu'à tous mes aimables déterminateurs d'ailleurs, mes plus vifs remerciements. Il s'agit: 1° d'Acrydium (ex-Tetrix) Kraussi Saulcy, 1 ex-, capturé au Moulin-de-Haut (commune de la Ferrière-Béchet) ; cet Acrydium, « rare et localisé », n'est signalé en France, dans la Faune de M. L. Chopard (1922, p. 139), que de la Meuse, de l'Isère et des Hautes-Pyrénées; 2° d'Acrydium subulatum, var. Sahlbergi Saulcy, 1 ex., capturé en forêt d'Ecouves, au carrefour de La Branloire. Le type de cette dernière espèce est très commun dans toute la France et a déjà été signalé dans l'Orne comme « assez commun » (abbés Letacq et Langlais, Les Orthoptères des environs d'Alençon, tirage à part du Bulletin de la Société d'Horticulture de l'Orne, 2e sem. de 1908, p. 8 ; abbé Letacq, Catalogue des Orthoptères observés dans l'Orne et aux environs d'Alençon, A. F. A. S., Rouen, 1921, p. 656); mais la variété dont s'agit, caractérisée par la réduction des ailes et du pronotum, qui dépassent à peine l'apex des ,fémurs postérieurs, est « assez rare » ; elle n'est signalée, dans la Faune précitée de M. Chopard (p. 140), que de la Moselle, du Lot, des Basses-Alpes et du Var.


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Abbé P. FRÉMY. — Clef analytique et localités des Rivularia de Normandie.

I. Plantes d'eau douce; frondes adultes globuleuses, légèrement calcifiées à leur intérieur.

A. Trichomes épais de 4-9 µ, gaines non dilatées en entonnoir : R. dura Roth. — C. Falaise et SaintPierre-sur-Dives (BRÉB. !), sur vieilles tiges de Chara hispida.

B. Trichomes épais de 9-12,5 µ, gaines dilatées: R. minutula Born. et Flah.— M. Landes de Lessay! E. Marais Vernier (Bréb. !).

II. Plantes marines ou d'eau saumâtre.

A. Frondes incrustées de calcaire : R. coadunata Foslie (=R. Biasolettiana Menegh. et mult. Auct). — A rechercher (Signalé aux îles Anglo-Normandes). — Indiqué à tort à Querqueville et aux Flamands, par CHALON, Liste, p. 46-47.

B. Frondes non incrustées de calcaire.

1. Frondes toujours pleines : R. atra Roth.— Sur bois, pierres, coquilles, autres algues, à la limite supérieure du flot. — Très répandu sur tout le littoral normand.

2. Frondes adultes creuses. a) Frondes fermes.

x. Plantes d'eau saumâtre, thalle d'un vert olivâtre : R. nitida Ag. — Saint-Vaast ! (HARIOT, MALARD !), Barfleur, anse du Crabet ! (MALARD !) Chausey, anse de la Truelle !

B. Plantes marines, thalle d'un vert gai : R. bullata Berk. — Sur rochers, zone moyenne. — M. Saint-Vaast ! (HARIOT,


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GOMONT !), env. de Cherbourg (LE JOLIS),

Fermanville (GODEY !). Granville et Chausey

(PELVET ! CHAUVIN !).

b) Frondes molles : R. polyotis Born. et Flah.—

Sur rochers vaseux, zone supérieure. —

M. Saint-Vaast (HARIOT, MALARD !)

Observations diverses. — M. J. LEBOUCHER attire l'attention de la Société sur l'apparition tardive des hirondelles cette année.

M. J. LEBOUCHER a également récolté une hampe de Pissenlit portant deux capitules; un cas tératologique du même genre a déjà été signalé à la Société (séance du 4 mai 1914) par M. Bugnon.

M. BRUNET présente un oeuf de Poule de taille normale, dans lequel est inclus un second oeuf de la dimension d'un oeuf de pigeon ; ce cas tératologique, quoique rare, est déjà connu.

BIBLIOGRAPHIE

Le Comité des plantes médicinales et à essences vient de publier la 6e série de 8 fiches en couleurs des plantes médicinales de France, comprenant : grenadier, angélique, sauge, lierre terrestre, valériane, reine des prés, houblon, ményanthe.

A la portée de tous par leur prix très modique (1 fr. 25 la série), ces fiches présentent au recto une image coloriée de la plante et au verso un texte suffisamment détaillé rappelant les caractères botaniques de l'espèce représentée, le mode de récolte, la préparation pour la vente et les usages.

En vente à l'Office national des Matières premières, 12, avenue du Maine, Paris.


55*

SÉANCE DU 13 JUIN

Présidence de M. le Dr DORANLO, Vice-Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 17 h. 50.

Y assistent : MM. BUGNON, DALIBERT, Dr DORANLO, GUILLAUD, Mme LE ROUX, MM. MAZETIER, MERCIER J., MERCIER L., POISSON, PORTE, Abbé TOLMER.

Absent excusé : M. BIGOT, Secrétaire.

Le procès-verbal de la séance annuelle du 22 mai 1927 est lu et adopté,

Expédition du Bulletin de l'année 1926. — Ce volume a été adressé aux Membres de la Société le9 juin. Les Linnéens qui ne l'auraient pas reçu sont priés d'en avertir le plus tôt possible le Bibliothécaire, M. POISSON, Chef des Travaux de Zoologie à la Faculté des Sciences.

Admissions. — M. DUBOIS et Mlle JOUZEAU sont admis comme membres résidants;

Mlle Christiane PIGNEL est admise comme membre correspondant.

Dons à la Bibliothèque. — De la part de leurs auteurs :

Dr R. DORANLO, L'Archéologie antique en Normandie (Des origines au Xe siècle). Etude bibliographique et critique sur le mouvement archéologique en Normandie pendant la période 1824-1924 (Rapport présenté au Congrès du Centenaire de la Société des Antiquaires de Normandie le 2 juin 1924, Caen, 1926, 288 pages).

L. MERCIER, Discocerinella omonvillea, genre nouveau, espèce nouvelle d'Ephydridae (Dipt.) de la région paléarctique (Extrait des Annales et Bulletin de la Société Entomologique de Belgique, t. LXVI1, 1927, p. 123-125, 3 fig.).

Abbé P. FRÉMY, A. C. J. Van Goor, 1881-1925 (Extrait de la Revue Algologique, t. III, p. 1-7, pl. I).


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Abbé P. FRÉMY, Trois Oscillariées inédites trouvées dans l'herbier Gomont (Extrait du Bulletin du Muséum, mars 1927, p. 115-117, fig. 1-3).

COMMUNICATION S

Le Vice-Secrétaire donne lecture de la communication écrite suivante ;

Abbé P. FRÉMY. — Les espèces normandes des genres Dichothrix, Isactis. Gloeotrichia, Brachytrichia.

I. DICHOTHRIX Zan. — Filaments à ramification presque régulièrement dichotomique, 2-6 trichomes dans la même gaine. — Une seule espèce actuellement connue en Normandie : D. gypsophila (Kütz.) Born. et Flah. : filaments épais de 15-18 µ, gaines largement dilatées en entonnoir. — C. Falaise (BRÉB. !). — M. Landes de Lessay !

II. ISACTIS Thur. — Thalle crustacé, plan, filaments dressés, simples, gaines hyalines : I. plana Thur. Gaines étroites, trichomes épais de 7-9 µ. — M. Saint-Vaast! îles Saint-Marcouf, Gatteville, env. de Chebourg, Carteret !

III. GLOEOTRICHIA J. Ag. — Frondes comme celles des Rivularia, plantes sporifères.

A. Plantes d'eau saumâtre, épispore granuleux: G. punctulata Thur. — M. Mare de Tourlaville (THUR.).

B. Pl. d'eau douce, épispore non granuleux.

1. Thalle dur, épispore formé d'une seule couche : G. Pisum (Ag.) Thur. — C. Falaise, Caen, Vire. M. Lessay ! Millières !


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2. Thalle mou, épispore formé de deux couches. a). Couche ext. de l'épispore très dilatée : G. natans Rab. — T. C. dans les eaux stagnantes. b). Couche ext. de l'épispore non dilatée : G. echinulata (J. E. Smith) Richt. — M. Landes de Lessay ! IV. BRACHYTRICHIA Zan. — Frondes gélatineuses, filaments nostocoïdes, ramifiés, pilifères, hétérocystes intercalaires : B. Balani (Lloyd) B. et F. — Filaments épais de 5-6 µ. — M. Env. de Cherbourg, sur Balanes et rochers submergés, dans les eaux agitées

Les communications ci-après sont ensuite exposées par leurs auteurs respectifs, avec présentation des échantillons correspondants :

P. BUGNON. — Algues marines rares ou nouvelles pour la région de Luc-sur-Mer.

1° Nitophyllum punctalum Harvey var. ocellatum Harvey. — Cette jolie Floridée n'est signalée, pour les côtes du Calvados, qu'à Cricqueville, près Grandcamp (d'après Berlot), par Debray (Florule des Algues marines du Nord de la France, 1899). J'en ai récolté un bel échantillon tétrasporangifère en épave à Luc, le 29 mai dernier. Son état de fraîcheur permettait de supposer que son lieu d'origine était proche (1) ;

2° Ectocarpus secundus Kützing (Giffordia secunda Batters). — Port-en-Bessin est, pour le Calvados, la seule localité indiquée par Debray. J'en ai récolté, en

(1) J'en ai récolté depuis, à Langrune (16 juin), une dizaine d'exemplaires.


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place, des touffes fixées sur lames de Laminaria saccharina, au Quihot (Luc), le 29 mai. Les échantillons examinés jusqu'ici au microscope ne portaient que des oogones. Mais cela tient sans doute au petit nombre des observations faites ; en recueillant d'autres échantillons, à d'autres moments de l'année, on pourra vraisemblablement observer les anthéridies. Ces derniers organes, déjà décrits comme anthéridies par Thuret et Bornet (Etudes phycologiques, 1878, p. 24), puis par Bornet (Note sur quelques Ectocarpus, Bull. Soc. bot. Fr., t. 38, 1891, p 353, pl. VI), fonctionnent bien comme tels, ainsi que l'a démontré Sauvageau (Sur la fécondation hétéroganique d'une Algue phéosphorée, C. R. A. Sc., t. 123, 10 août 1896) (Observations relatives à la sexualité des Phéosporées, Journal de bot., t. 10, 1896, p. 388, fig. 1); mais, les variations géographiques observées dans d'autres types de Phéophycées, au sujet des phénomènes de reproduction, font une obligation de vérifier la présence et le rôle des anthéridies sur les individus des localités nouvelles avant d'acquérir la conviction que la plante s'y comporte comme ailleurs ;

3° Punctaria plantaginea Gréville. — Chauvin parait avoir été le seul à en récolter quelques échantillons dans la région de Luc. Chemin (Flore algologique de Luc-sur-Mer et environs, 1923), qui l'a recherchée, n'a pu la retrouver. J'en ai récolté, en place, au Quihot, le 29 mai, deux lames âgées et tronquées, n'ayant plus que 10 centimètres de longueur environ, fixées sur la base d'une touffe de Polysiphonia elongata ; quelques très jeunes lames les accompagnaient. L'espèce peut donc avoir persisté à Luc depuis l'époque de Chauvin, mais en y demeurant très rare ;

4° Asperococcus compressus Griffiths. — A l'inverse des espèces précédentes, qui peuvent demeurer inaper-


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çues en raison de leur rareté ou de leurs faibles dimensions, cette Ectocarpale attire l'attention à la fois par sa taille et par son abondance. C'est donc certainement une nouvelle venue dans la région de Luc: elle n'est d'ailleurs mentionnée ni par Debray, ni par Chemin. Je l'ai récoltée en épaves très nombreuses, tant à Langrune qu'à Luc, les 20, 26 et 29 mai. Ses lames rubanées flottent facilement; les touffes complètes ont souvent conservé un fragment de leur support : branche de Polysiphonia elongata, de Ceramium rubrum, etc. On ne tardera sans doute pas à la récolter en place. Tous les échantillons examinés étaient porteurs de sporanges uniloculaires. Les individus porteurs de sporanges pluriloculaires (Sauvageau, Sur les sporanges pluriloculaires de l'Asperococcus compressus Griff., Journ. de Bot., t. 9, 1895, p. 336-338, 1 fig.) seront à rechercher ;

5° Asperococcus echinatus Gréville. — La seule indication donnée pour le Calvados est Grandcamp, d'après Chauvin, par Debray. Comme la précédente, cette espèce n'aurait pu passer inaperçue si elle avait été installée dans la région de Luc depuis longtemps. Le 29 avril, j'en ai récolté, en place, à Langrune, de nombreuses touffes fixées aux rochers dans les cuvettes de la zone inférieure ; le large manchon de poils qui entoure les rameaux de la plante permet de distinguer dès l'abord, dans l'eau, ses touffes de celles du Scytosiphon lomentarius, avec lesquelles elles présentent quelque ressemblance. Je n'en ai pas vu d'échantillons rejetés ; je ne l'ai pas davantage observée au Quihot, le 29 mai ; 6° Desmarestia ligulata Lamouroux. — Observée pour la première fois en 1920 dans la région, en épave (P. Bugnon, Bull. Soc Linn. Normandie, 7e série, t. 3, 1920), récoltée ensuite à la drague par Chemin (loc. cit.,


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1923), cette grande espèce est devenue très commune : j'ai pu en récolter, en place, au Quihot, le 29 mai, de nombreux exemplaires de tout âge, et elle est abondamment rejetée.

Raymond POISSON. — Xenylla subwelchi Denis, Insecte aptérygote de l'ordre des Collemboles, nouveau pour la faune normande.

Notre attention a été attirée le 27 avril dernier sur la présence, en très grande abondance, de petits Collemboles au jardin botanique de Caen (1). Dans le quartier réservé aux semis, ces Aptérygotes constituaient, çà et là, sur le terreau des « couches », des plages larges comme la main, d'un gris ardoisé, représentant des amas de myriades d'individus. De même, les petits bassins réservés à l'arrosage étaient envahis à un tel point par ces insectes que la surface de l'eau n'était plus visible. L'examen de ces Collemboles a montré qu'ils appartenaient tous à une même espèce : Xenylla subwelchi Denis (2). Jusqu'à ce jour cette Xenylla n'était connue que de Monaco; c'est donc une espèce nouvelle pour la faune normande (J.-R. Denis, 1924) (3).

Le genre Xenylla est très voisin du genre Podura dont une espèce, P. aquatica (L.), est commune sur les eaux douces.

(1) Je prie mon collègue et ami M. Bugnon, maître de conférences adjoint de Botanique, de vouloir bien agréer mes remerciements pour m'avoir signalé la présence de cette intéressante Podurelle.

(2) Je remercie également M. J.-R. Denis pour tous les renseignements qu'il m'a donnés concernant cette espèce.

(3) 1924. DENIS (J.-R.). — Sur les Collemboles du Muséum de Paris (Ire partie). Ann. Soc. Ent. Fr., vol. XCIII, . 211-200.


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L'apparition d'une espèce animale en telle abondance n'est pas un fait isolé ; ce fait a été, en particulier, assez fréquemment observé chez les Insectes. En ce qui concerne X. subwelchi, elle résulte vraisemblablement de la concomitance, dans l'endroit en question, de circonstances favorables au développement de l'espèce, circonstances qui ont amené, à un moment donné, sa pullulation. A noter que dans la nuit du 26 au 27 avril et dans la matinée du 27, l'atmosphère s'est maintenue chaude et humide. Remarquons aussi que les Xenylla, comme beaucoup de Collemboles, sont très hygrophyles et que les amas grégaires (1) que j'ai observés étaient localisés dans des endroits abrités, à l'ombre, et sur du terreau humide. Mais il est bien probable que ces conditions sont insuffisantes, à elles seules, pour expliquer ces rassemblements de milliers d'individus; d'autres déterminants doivent encore intervenir comme la recherche des sexes par exemple.

Dans les jours qui ont suivi l'observation du phénomène que nous venons de mentionner, les instincts grégaires des Xenylla (ou mieux les « excitants » communs qui avaient déterminé le grégarisme) ont été progressivement en diminuant d'intensité, et actuellement il faudrait chercher ces Collemboles avec beaucoup d'attention dans le terreau des « couches » pour en recueillir quelques-uns. De plus, ils ont, en peu de temps, complètement disparu des bassins.

(1) Dans le cas présent nous n'avons pas affaire, en effet, à des Phénomènes sociaux, mais vraisemblablement à du simple grégarisme ; voir à ce sujet : Rabaud (Et.). Les rassemblements de mâles d'Halictes et le phénomène social chez les Insectes. Bull. Biol. Fr. et Belg., t, LXI, pp. 163-185, 1027.


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Jean MERCIER. — Un cas de variation méristique chez Apiocrinus Parkinsoni Mor.

Parmi les nombreux exemplaires d'Apiocrinus Parkinsoni Mor., recueillis par M. le Professeur Bigot dans la caillasse du Bradfordien des carrières de Ranville, il en est un qui présente une curieuse particularité. Cet échantillon, de belle taille et très bien conservé, comprend la partie supérieure de la tige et la plaque centrodorsale. Celle-ci est construite sur le type 3 ; sa surface de section est irrégulièrement divisée en trois secteurs: l'un de 180°, les deux autres sensiblement égaux, de 90°.

On a signalé assez fréquemment l'existence de Crinoïdes à symétrie tétramère et il existe même un Crinoïde de l'Oxfordien (Tetracrinus moniliformis Münster) qui est habituellement construit sur le type 4 avec de rares variations sur les types 3 et 5 (1). Chez T. moniliformis, la section du calice est toujours divisée en secteurs égaux, quelle que soit la variation de leur nombre, 3, 4 ou 5.

M. DALIBERT. — Pentatomides de Normandie.

Dans le procès-verbal de la séance de mai (suprà, p. 44*), M. et Mme Poisson ont donné une très intéressante liste, à laquelle je crois pouvoir ajouter certaines espèces ou localités :

1° Cydnidae. — Il faut ajouter Schirus biguttatus L. (3 ex., pris au bois de Montgoubert, commune de SaintCi) DE LORIOL. — Monog. des Crinoïdes fossiles de la Suisse. Mém. Soc. Pal. Suisse. Vol. 6, p. 243, Pl. XIX, fig. 37-48.


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Julien-sur-Sarthe (Orne), le 15 septembre dernier, et de détermination confirmée par M. le Dr Royer) ;

2° Pentatomidae. — Carpocoris fuscispinus Boh. ; je possède un exemplaire qui appartient bien, je crois, à cette forme, ayant été déterminé, en dernière analyse, par M. le Dr Royer, et qui provient de Breteuil (Eure).— Carpocoris pudicus Poda (= purpureipennis de G.) : bois de Saint-Léger-sur-Sarthe (Orne), dét. de M. le Dr Royer. — Eurydema oleraceum v. paradoxum Horv. : Caen, 31 octobre 1918 (dét. Dr Royer). — Acanthosona haemorrhoidale L. : Caen, sur tronc de sorbier des oiseleurs (dét confirmée par M. le Dr Boyer) ; j'ai pris, récemment, en forêt de Bellême, aux Sept-Bras, un autre Acanthosoma, qui est peut-être A. interstinctum L., espèce qui, je crois, aurait été prise aussi déjà dans l'Orne, par M. Gabriel Laisné. — Jalla dumosa L.; je possède, depuis bien longtemps, un exemplaire de cette espèce (dét. confirmée par M. le Dr Boyer), provenant certainement de l'arrondissement de Caen ; mais je ne puis préciser s'il vient des environs immédiats de Caen (peut-être de Bretteville-sur-Odon ?) ou du Hôme-surMer. (Je possède aussi deux exemplaires de Palomena viridissima Poda, dont un vu par M. le Dr Royer ; mais ils proviennent de la forêt de Perseigne, sise dans la Sarthe). — Adde : Troilus luridus F. : bois de SaintLéger-sur-Sarthe (dét. confirmée par M. le Dr Royer) et Monts d'Éraines !

L. MERCIER. — Discocerinella omonvillea, genre nouveau, espèce nouvelle d'Ephydridae (Dipt.) de la région paléarctique.

Je présente à la Société les exemplaires types de Discocerinella omonvillea dont j'ai donné la diagnose


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dans les Annales de la Société entomologique de Belgique (T. LXII, 1927, p. 123). Ce Diptère de la famille des Ephydridae a été capturé au cap de la Hague ; il s'ajoute à la liste que j'ai publiée récemment dans notre Bulletin (Bull. Soc. Lin. de Normandie, 7e s. t. IX, 1926, p. 129).

BIBLIOGRAPHIE

Maurice CHOISY. — Atlas lichénographique d'Europe (chez l'auteur, 55, quai Pierre-Seize, Lyon).

La détermination des Lichens est rendue souvent difficile par l'absence ou l'insuffisance des données iconographiques, celles d'ordre microscopique surtout. M. Choisy a entrepris, pour la lichénographie européenne, de combler cette grave lacune. Sous le nom de Lichenomicrogrammotheca, il a déjà publié cinq fascicules contenant environ une centaine de planches accompagnées de notes critiques. A partir de juin 1927 commence une nouvelle série, suite des précédentes, mais où l'on trouvera, en outre : 1° des figures coloriées à l'aquarelle, de la main de l'auteur; 2° des cartes géographiques représentant l'aire de chaque espèce; 3° une clef dichotomique pour l'analyse des espèces décrites.

Cette nouvelle collection n'est tirée qu'à vingt exemplaires, dont une dizaine reste actuellement disponible. Elle paraît en fascicules d'environ 20 planches, à intervalles variables, mais d'au moins deux mois. Le prix de souscription est de 25 francs par fascicule.

M. Choisy espère que les nombreux documents rassemblés lui permettront, en fin de compte, de réviser la classification des Lichens.

P. BUGNON.


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SECTION D'ALENÇON

SÉANCE DU 29 JUIN 1927

La Section alençonnaise de la Société Linnéenne de Normandie s'est réunie le mercredi 29 juin 1927, à 18 heures, dans une salle de l'Hôtel de Ville d'Alençon, sous la présidence de M. MERCIER.

Présents : MM. AMIARD, BRUNET, FOCET, Abbé GARNIER, LEBOUCHER, LENOIR, LE SÉNÉCHAL, MERCIER, TOURTEAU, TURPIN, membres de la Société; M. VIALLET, invité.

Excusés : MM. DALIBERT, Dr HOMMEY, LEMERCIER.

M. Tourteau remplit les fonctions de secrétaire.

Nécrologie. — M. LEBOUCHER signale que les Linnéens d'Alençon ont eu la douleur de perdre deux de leurs Confrères depuis quelques mois : M. le Dr BARBÉ et M. E. LEMÉE. Il rappelle les traits saillants de leur carrière. Comme naturaliste, le Dr Barbé avait constitué des collections de géologie et d'ornithologie très intéressantes. M. E. Lemée consacra ses loisirs, depuis plus de quarante ans, à l'étude des cécidies, des champignons et des insectes parasites des plantes, des monstruosités végétales. L'ensemble de ses observations sur les maladies des plantes a fait l'objet d'une importante publication. Au cours de ces dernières années, il s'était plus particulièrement préoccupé de la lutte contre la « rouille grillagée » du poirier, ainsi que de la lutte contre le puceron lanigère par l'acclimatation dans la région alençonnaise de l'Aphelinus mali.

Excursion à Saint-Germain-des-Corbéis. — Le 28 juin, un certain nombre de Linnéens et d'invités ont fait une excursion aux anciennes carrières de Saint-Germain-des-Corbéis et sur les bords de la Sarthe. La liste des insectes capturés sera donnée ultérieurement par M. DALIBERT.


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Présentations. — Sont présentés pour devenir membres correspondants : M. Georges LEMÉE, élève à l'Ecole normale d'instituteurs d'Alençon, 7, place de Lancrel, à Alençon, par MM. Leboucher et Tourteau; M. VIALLET, 40, rue Jullien, à Alençon, par MM. Leboucher et Turpin; M. Gabriel LAISNÉ, élève à l'Ecole normale d'instituteurs d'Alençon, place du Marché, le Mesle-sur-Sarthe (Orne), par MM. Leboucher et Tourteau.

COMMUNICATIONS

Aphelinus mali. — M. LEBOUCHER présente des branches de pommier attaquées par le Puceron lanigère, parasité lui-même par Aphelinus mali. L'acclimatation de ce dernier dans la propriété de M. Leboucher est donc bien établie (Voir Bull. Soc. Linn., 7e sér., 5e vol., 1923, p. 69).

Lasiocampa pruni For. — M. LEBOUCHER présente une éclosion de cette espèce.

Polygonum bistorta. — M. FOCET signale la présence sur les bords de la Rouvre, entre les Tourailles et Bréel, d'une station importante de cette plante, assez rare dans l'Orne; elle s'y trouve associée à l'Aconitum Napellus et à l'Alchemilla vulgaris.

Osmunda regalis. — Dans la même région, M. FOCET a également observé une intéressante station de cette Fougère peu commune.

Peltaria alliacea. — Cette Crucifère est florissante actuellement au jardin botanique de Rennes; elle provient du Mans d'après son étiquette ; or, comme l'a constaté M. FOCET, elle n'existe plus dans cette dernière ville.

Pterostichus tarsalis. — Au mois de mars dernier, je rapportai, d'un champ inondé par la Sarthe, près du


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bourg de Saint-Léger-sur-Sarthe (arrondissement d'Alençon), un morceau de bois d'où je fis sortir un certain nombre de Pterostichus que j'envoyais presque aussitôt et sans prendre le temps de les déterminer à M. Pierre Joffre, avec lequel j'entrais en relations d'échange. Cet excellent collègue en prépara un certain nombre qu'il soumit à la détermination de M. SainteClaire-Deville. Ce dernier y distingua Pterostichus tarsalis Apfelbeck, espèce très voisine du Pterostichus interstinctus Sturm., bien connu, dont il diffère notamment par les yeux plus convexes, la striole scutellaire et les tarses plus longs, les antennes et les pattes plus noires, les côtés du prothorax normalement imponctués en avant des hanches. Pterostichus tarsalis Apf. n'est signalé en France que de trois départements : Indre-etLoire, Loire-Inférieure et Vendée. Ayant signalé par lettre ma trouvaille à M. le marquis Henri du Buysson, celui-ci examina ses cartons et y découvrit des exemplaires qu'il avait jadis baptisés ainsi avec doute et qu'il put, après nouvel examen, affirmer. Leur capture a été faite par lui en 1909 sur les bords de l'étang de CoupeGorge, à 1 kilomètre du Vernet-Sioule (Allier), près de la route nationale n° 9 de Paris à Perpignan.

Ainsi, Pterostichus (Argutor) tarsalis Apf. existe dans le Centre (Allier) (dét. H du Buysson) et en Normandie (dét. Sainte-Claire-Deville) ; c'est à Saint-Léger-surSarthe (Orne) que se trouve actuellement sa limite septentrionale de dispersion en France.

M. DALIBERT.

Clonopsis (Bacillus) gallica (Charp.). — En août 1918, M. TOURTEAU a capturé 2 exemplaires de cet Orthoptère dans la cuisine d'un logement inhabité depuis 6 mois, à


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Dangeul (Sarthe), à 28 kilomètres d'Alençon. Cet intéressant Phasmide n'a été signalé jusqu'ici dans la région que par MM. Leboucher (Alençon, 1899-1903), Gentil (Le Mans), Abbé Letacq (Saint-Ouen-de Mimbré et Fresnay-sur-Sarthe) et Gerbault (Fresnay-sur-Sarthe). (Voir le Catalogue des Orthoptères observés dans le département de l'Orne et aux environs d'Alençon, Assoc. fr. av. Sc, Congrès de Rouen, 1921, p. 653).

Au sujet de la communication de M. Tourteau, M. MERCIER rappelle les intéressantes observations de M. l'abbé Cappe de Baillon, sur la parthénogenèse chez les Phasmides (Bul. Biologique France et Belgique, T. LX, 1926, p. 473). En ce qui concerne Carausius morasus, en particulier, sa parthénogenèse est facultative et transitoire aux Indes; elle est définitive en Europe.

Kiphargus plateaui Chev. — M. BRUNET présente deux exemplaires de ce Gammaride, capturés dans un puits à Argentan.

Paludines (Vivipara). — En raison de l'absence de ces Mollusques dans la rivière Orne et de leur présence dans la rivière Sarthe, M. MERCIER montre tout l'intérêt que présenterait une carte de répartition pour le département de l'Orne. M. Tourteau accepte de dresser cette carte.


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SEANCE DU 4 JUILLET

Présidence de M. le Dr DORANLO, Vice-Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 18 heures.

Y assistent : MM. BIGOT, BUGNON, Dr DORANLO, GUICHARD, Mlle JENN, Mlle JOUZEAU, Mme LE ROUX, MM. MAZETIER, MERCIER J., MERCIER L., MOUTIER (Dr), POISSON, PORTE, Abbé TOLMER.

Absent excusé : M. DALIBERT.

Le procès-verbal de la séance du 13 juin 1927 est lu et adopté.

Correspondance. — Notre Confrère, M. Simon LE MARCHAND, en annonçant son départ de Normandie, exprime ses regrets de quitter à la fois le milieu linnéen normand et une région qui lui a permis de si bonnes chasses microlépidoptérologiques; il restera d'ailleurs un membre fidèle de la Société.

La Cardiff Naturalisl Society célébrera cette année son soixantenaire. Elle invite la Linnéenne à se faire représenter à la séance solennelle qui aura lieu à cette occasion le 3 novembre 1927.

Echange des publications. — Diverses demandes d'échange des publications sont parvenues à la Société. Le Secrétaire signale l'intérêt particulier de celle qui émane du Musée royal d'Histoire Naturelle de Belgique. Sur sa proposition, la Société décide d'accepter, pour l'avenir, l'échange demandé et, en outre, celui de la collection de nos Bulletins et Mémoires parus et restant disponibles avec la collection complète des importants Mémoires de l'établissement belge.

Subvention de la Caisse des Recherches scientifiques. — Le Secrétaire annonce l'heureux résultat de ses démarches en vue d'obtenir une importante subvention pour les publications de la Société : la Caisse des recherches scientifiques vient d'octroyer à la Linnéenne une somme de 4.000 francs


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pour 1927. Cette subvention permettra, en particulier, d'alléger de façon notable la lourde contribution supplémentaire réclamée aux auteurs de travaux originaux.

Admissions. — MM. Georges LEMÉE, VIALLET et Gabriel LAISNÉ sont admis comme membres correspondants.

Don à la Bibliothèque. — De la part de l'auteur : A. BIGOT, 1° Les conditions de dépôt du Bathonien inférieur dans le Bessin et la région de Caen ; 2° les conditions de dépôt du Bathonien supérieur dans la région de Caen (Extraits des Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séances des 2 et 9 mai 1927).

COMMUNICATIONS

Le Vice-Secrétaire présente la communication écrite suivante :

S. LE MARCHAND. — Nouvelle contribution à la Faune des Microlépidoptères du Calvados.

La modeste liste qui suit comprend les espèces que nous avons trouvées dans le Calvados depuis la publication de notre Contribution à la Faune des Microlépidoptères du Calvados (Bull. Soc. Linn. Norm., 1924, p. 26), c'est-à-dire depuis juin 1924. Le nombre n'en est pas considérable, loin de là; les loisirs nous ont manqué; puis il faut dire qu'une fois les espèces communes recensées, la découverte d'espèces nouvelles se fait plus rare, plus difficile. On remarquera la présence de Glyphipteryx heptaglyphella Le Marchand, récemment décrite, espèce nouvelle découverte à Caen. Mais nous n'avons pu encore faire figurer ici un Scythris et un Tinea inédits et qui nécessitent encore une longue étude.


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Le nombre des espèces signalées dans le Calvados par M. Dumans et par nous se trouve ainsi porté de 763 à 798. Si l'on ajoute à ce chiffre sept espèces trouvées par MM. Dalibert et Desrivières, on arrive à un total de 805 espèces, chiffre assez respectable, en somme, étant donné le petit nombre des chercheurs.

(Les chiffres romains indiquent le mois de la capture).

Crambus geniculeus Hw., VIII, Ryes, Hérouville, Moult.

Schoenobius forficellus Thnb., VI, Bayeux

Scoparia Zelleri Wck., VIII, Longues.

Rhodophaea marmorea Hw., VIII, Laize-la-Ville.

Eulia formosana Hb., VII, Moult.

Conchylis atricapitana Stph., VI, Merville.

C. hybridella Hb., VIII, Ryes.

C. flaviciliana Wilk., VII, Monts d'Eraines.

Euxanihis meridiana Stgr., VII, Monts d'Eraines.

Olethreutes sauciana Hb., VII, Balleroy.

O. bifasciana Hw., VI, VII, Merville, Moult.

Steganoptycha rubiginosana H.-S., VI, Merville.

Notocelia incarnatana Hb., VIII, Moult.

Epiblema foenella L., VII, Moult.

Grapholitha nigricana Stph., VII, Moult.

Gr. corollana Hb., IV, Le Tronquay.

Gr. gallicana Gn., VIII, Caen (champ de Tir, route de

Creully). Pammene regiana Z., VII, Caen. Glyphipteryx heptaglyphella Le Marchand, VI, Caen. Bryotropha senectella Z., VIII, IX, Graye-sur-Mer. Gelechia interruptella Hb., V, Balleroy. Apodia bifractella Dgl., VIII, Baron. Nothris marginella F., VII, Monts d'Eraines. Psecadia decemguttella Hb., VI, Bayeux. , Depressaria cnicella Tr., VIII, Courseulles. Borkhausenia subaquilea Stt., VI, Balleroy. Scythris palustris Z., VII, Monts d'Eraines.


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Batrachedra pinicolella Dup., VII, Monts d'Eraines.

Elachista taeniatella Stt., VI, Balleroy.

Gracilaria azaleella Brants, Bayeux (importé du Japon,

parasite de l'Azalea indica). Diplodoma marginepunctella Stph., VI, Bayeux. Scardia boleti F., VII, Balleroy. Tinea parasitella Hb., V, Anctoville. Dysmasiaparietariella H. S., VIII, Courseulles. Nemophora metaxella Hb., V, Bayeux, Saint-Martin-desEntrées.

Saint-Martin-desEntrées.

Les communications ci-après sont ensuite exposées par leurs auteurs respectifs, avec présentation des échantillons correspondants :

P. BUGNON. — L'Asparagopsis hamifera (Har.) Okamura dans la région de Luc.

Cette Floridée exotique, décrite pour la première fois par Hariot, en 1891, sous le nom de Bonnemaisonia hamifera, sur des exemplaires japonais, fut récoltée en Europe d'abord sur les côtes anglaises (1893), puis à Cherbourg (1898), La plante femelle y a seule été observée et elle ne.réussit pas à former ses spores. C Sauvageau (1), qui a résumé en 1918 le peu que l'on sait sur l'histoire de son introduction dans nos régions, fait donc remarquer que le « Bonnemaisonia hamifera stérile se maintient et se propage lentement depuis 25 ans par multiplication végétative, comme font l'Elodea canadensis et bien d'autres Phanérogames » (loc. cit., p. 28).

(1) G. SAUVAGEAU, Sur la dissémination et la naturalisation de quelques algues marines (Bull, de l'Inst. Océanogr., n° 342, 1er août 1918, p. 22-24).


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On ne sait même pas quel est son véritable pays d'origine, car la même plante, fertile, a été observée en 1903 sur les côtes américaines.

E. Chemin (1), en 1926, la signale sur la côte nord du Finistère et décrit en même temps, sous le nom de Colaconema Asparagopsidis, une petite Floridée endophyte habituellement fixée sur elle.

Le 16 juin dernier, j'en ai récolté, en épave, à Langrune, une belle touffe, très fraîche ; on ne tardera sans doute pas à la trouver en place aux environs (2).

J'en dois la détermination à notre savant et très obligeant Confrère, M. Corbière, qui suit attentivement l'extension de cette algue sur la côte cherbourgeoise.

R. POISSON et Mme A. POISSON. - Remarques sur la faune hémiptérologique des Monts d'Eraines (Calvados) — (Note préliminaire).

Depuis longtemps déjà les Monts d'Eraines sont connus des Naturalistes normands comme étant une région particulièrement riche au point de vue entomologique. C'est ainsi que des espèces, considérées comme rares, soit parmi les Coléoptères (A. Fauvel, Dubourguais, G. Mazetier, etc.), soit parmi les Lépidoptères (Drs A. et F. Moutier, S. Le Marchand, etc), ont été

(1) E. CHEMIN, Une nouvelle espèce de Colaconema sur Asparagopsis hamifera Okam. (Comptes rendus Acad. Sc, t. 183, p. 900, séance du 15 nov. 1926).

(2) A. Langrune, le 28 juillet, outre une dizaine d'échantillons rejetés, j'en ai récolté, en place dans la zone inférieure, quelques touffes fortement accrochées par leurs crampons à des Cystosira granulala.

M. Chemin, à qui fut soumise une partie de la touffe récoltée en juin, n'y a pas observé la présence du Colaconema Asparagopsidis.


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capturées dans cette région. Cette richesse particulière de la faune est due vraisemblablement d'une part à ce que cette contrée n'a pas été beaucoup travaillée par l'homme, d'autre part, à sa flore particulière (Pins, Genévriers, etc.) (1), et à ses coteaux bien ensoleillés.

Au cours d'une récente excursion faite en compagnie de notre collègue M. Mazetier, nous avons commencé à étudier plus spécialement la faune hémiptérologique de la région en question. Nous donnons ci-dessous une première liste des espèces qui nous paraissent être les plus caractéristiques des Monts d'Eraines (2) :

HÉTÉROPTÈRES.

Pentatomidae. — Coptosoma scutellatum (Geoffr.), Eurygaster maurus (L.) var. pictus (F.), Peribalus vernalis (Wiff.), Carpocoris purpureipennis (de G.), Acanthosoma haemorrhoidale (L.), Cyphostethus tristriatus (F.), Arma custos (F.), Rhacognathas punctatus (L.), Jalla dumosa (L.), Chlorochroa juniperina (L.), Asopus luridus Fieb., etc.

Coreidae. — Coriomeris denticulatus (Scop.), Ceraleptus lividus (Stein.), Gonocerus juniperi (H.S.), Corizus subrufus (Gmel.).etc.

Lygaeidae. — Gastrodes abietis (L.), G. ferrugineus (L.), etc.

Capsidae. — Calocoris roseomaculatus (de G.), Poeciloscylus unifasciatus (F.), Pithanus Maerkeli (H. S.), Acetropis carinata (H. S.), Megaloceraea linearis (Fuesse). Dichrooscytus rufipennis (Fall.), etc.

HOMOPTÈRES.

Cercopidae. — Haematoloma dorsata (Germ.), etc.

Scaridae. — Ledra aurita (L.).

(1) Voir à ce sujet : Dr F. Gidon. L'ancienne steppe néolithique de la campagne de Caen. Origine de la flore, etc. Bull. Soc. Linn. Norm., sér. 7, vol. 6, p. 42, 1924.

(2) Nous ne donnons naturellement pas les espèces communes, ubiquistes, que l'on peut rencontrer un peu partout.


Jassidae. — Eupleryx germari Zett., Erythroneura flammigera (Geoffr.), Deltocephalus Minki (Fieb.), D. pauxillus Fieb. (?), Pediopsis virescens (F.).

Fulgoridae. — Delphacinus mesomelas (Boh.), Stiroma albomarginata (Curt ), Earysa lineata (Perr.), Delphax venosa (Germ ), D. collina Boh., etc.

En résumé, ces premières recherches nous montrent que dans la région dite des Monts d'Eraines s'observe une riche faune hémiptérologique constituée non seulement par des espèces communes, ubiquistes, mais encore par des espèces d'affinités franchement méridionales, telle Haematoloma dorsata (R. Poisson, 1925) (1), et aussi par des formes considérées comme rares dans le nordouest, telles Coptosoma scutellatum, Arma custos, Jalla dumosa, Ceraleptus lividus, Eupteryx germari, etc.

Pyrrochoris apterus. — M. R. POISSON présente des larves et des adultes brachyptères de Pyrrhocoris apterus (L.) (Hémipt- Lygaeidae), capturés par M. J. LEBOUCHER. à Alençon (Orne).

Cet Hémiptère, répandu dans toute la France, s'observe assez fréquemment au pied de certains arbres, surtout des tilleuls, et aussi dans les jardins où parfois il pullule (2).

P. apterus se présente, on le sait, sous deux formes : a) une forme macroptère relativement rare ; b) une forme hrachyptère dont les ailes sont réduites à l'état de courts moignons, tandis que les élytres, dépourvus de membrane, ne recouvrent que les trois premiers segments de l'abdomen.

(1) Bull. Soc. Ent. Fr.,n° 3, p. 39.

(2) Poisson (R.).— Hémiptères-Hétéroptères des environs d'Alençon

(1re contrib.). Bull. Soc. Linn. Norm., sér. 7, t. 8, pp. 48-50,1925.


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G. MAZETIER. — Coléoptères des Monts d'Eraines.

Lors d'une excursion que nous venons de faire ensemble aux Monts d'Eraines, M. Poisson, en cherchant des Hémiptères, a capturé un Coléoptère de la famille des Cerambycidae, paraissant nouveau pour le Calvados : Caenoptera umbellarum, Schreber. Cette espèce n'est, en effet, signalée, dans le Catalogue Fauvel, que de la SeineInférieure, environs de Canteleu, suivant Mocquerys. Le Catalogue des Coléoptères de la Manche de Mgr Pasquet la mentionne comme ayant été capturée à Mortain. J'en possède un exemplaire du département de l'Orne pris et offert par mon ami Raoul Le Sénéchal. Houlbert et Monnot, dans leur faune armoricaine, indiquent que l'espèce est rare et localisée.

Nous avons repris cinq exemplaires du petit curculionide, Foucartia Cremieri, J. Duval, lequel n'est signalé que des Monts d'Eraines par Fauvel et de lu France centrale et méridionale par Bedel.

Un autre curculionide, paraissant également très localisé, Magdalis linearis, Gyll., a été capturé. Il n'est signalé par Fauvel que des Monts d'Eraines et n'est pas mentionné par Bedel comme se trouvant dans le bassin de la Seine.

Précédemment, en juin 1925, nous avions pris, dans cette remarquable localité, un très intéressant curculionide : Magdalis rufa, Germ., espèce de la France méridionale, non mentionnée au Catalogue Fauvel, mais se rencontrant dans le bassin de la Seine, d'après Bedel.

Fossiles bathoniens. — M. le Dr MOUTIER présente des débris énigmatiques d'Echinodermes recueillis dans les sables du Bathonien de Giberville. M. Bigot pense que la plupart de ces débris sont des osselets d'Astérides.


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P. PORTE. — Instruments préhistoriques recueillis à Cairon.

A Cairon, dans un champ cultivé situé sur la gauche du chemin rural allant du Vieux-Cairon au lieu dit le Vey, existe un ensemble de gros blocs de pierre qui paraissent être les ruines d'un dolmen détruit à une époque inconnue.

Dans ce champ, j'ai recueilli au cours de visites régulières faites pendant six années, plusieurs centaines d'instruments semblables comme taille et comme nature du silex à ceux de toutes les stations préhistoriques de la région (Colombier-sur-Seulles, Banville, Thaon, Beuville, Fontenay-le-Marmion, Moult, etc.).

Un certain nombre d'échantillons, surtout parmi les grattoirs, ont été taillés dans des galets de silex provenant certainement des plages voisines ; beaucoup offrent encore sur certaines parties des restes facilement reconnaissables de la surface de ces galets.

D'autres instruments ont été extraits de silex grossiers intercalés en masses très irrégulières à différents niveaux dans les calcaires jurassiques de la région.

Ces silex de mauvaise qualité ont une structure grenue et les instruments qu'ils ont servi à fabriquer (presque toujours des lames ou couteaux) sont faciles à reconnaître ; d'ailleurs presque tous conservent en certains points la croûte originelle de ces silex.

Enfin quelques échantillons (très rares au Vey) sont en silex pyromaque, certainement importé, à pâte jaune ou noirâtre.

Tous ces instruments sont semblables à ceux qu'on rencontre partout dans les stations néolithiques ; je me contenterai de signaler les suivants :


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Deux petites hachettes votives en fibrolithe, d'un travail très soigné. L'une triangulaire (longueur 42 m/m, largeur 34 m/m, épaisseur 14 m/m), l'autre à talon large (longueur 47 m/m, largeur au tranchant 30 m/m, largeur au talon 21 m/m, épaisseur 15 m/m).

Deux haches polies en silex (dont l'une presque entière) ayant toutes deux subi fortement l'action du feu.

Un silex réduit à l'état de nucleus dont on a enlevé avec soin sur toutes les faces de grands éclats destinés à être utilisés. Un seul point conservant encore une partie de la surface polie permet de se rendre compte que ce nucleus était primitivement une hache polie. Il aurait suffi de détacher un éclat de plus pour faire disparaître toute possibilité de reconnaître cet instrument.

L'utilisation des haches polies en silex pour en tirer des outils plus petits était fréquente à Banville, Fontenay-le-Marmion, Beuville, etc., où on rencontre très peu de haches intactes par rapport au grand nombre d'instruments fournis par ces gisements.

Ces stations semblent être des stations néolithiques abandonnées, réhabitées à une époque plus récente et dont les nouveaux habitants, par suite de la pénurie de silex, auraient utilisé les haches retrouvées sur place, à un moment où les haches de bronze auraient remplacé les haches de pierre et où le silex n'était plus utilisé que pour la fabrication d'instruments de petite taille et d'un usage courant.

La présence des hachettes votives, apportées par les nouveaux habitants de ces stations ou importées, la rareté des scies, lames ou couteaux, l'abondance des grattoirs taillés pour la plupart avec beaucoup moins de soin qu'ils ne le sont dans les stations pures de la période néolithique, semblent appuyer cette manière de voir.


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On peut aussi admettre une destruction volontaire des haches en silex dans un but qui nous échappe.

L'absence d' instruments de bronze dans ces stations de surface n'a rien d'étonnant, car ces instruments ont toujours été recueillis par les cultivateurs et il est bien rare d'en retrouver dans des régions cultivées depuis une longue suite de siècles.


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SEANCE DU 7 NOVEMBRE

Présidence de M. le Dr DORANLO, Vice-Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 18 heures.

Y assistent : MM. BIGOT, BUGNON, DALIBERT, Dr DORANLO, Abbé GABRIEL, GUILLAUD, Mlle JENN, Mlle JOUZEAU, MM. LAN GEVIN, LEMÉE, Mme LE ROUX, MM LE TESTU, MAZETIER, MERCIER J., MERCIER L., MESLIN, MOUTIER (Dr), POISSON, PORTE, Abbé TOLMER.

Absent excusé : M. le Dr BOUYGUES.

Le procès-verbal de la séance du 4 juillet 1927 est lu et adopté.

Correspondance. — Notre confrère, M. Guichard, nommé professeur au Lycée d'Angoulême, exprime ses regrets d'avoir quitté Caen et le milieu linnéen; il fait connaître en même temps son désir de rester Correspondant de la Société.

M. le Ministre de l'Instruction publique adresse le programme du 61e Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements, qui s'ouvrira à Lille le mardi 10 avril 1928.

Prix Montagne et prix de Goincy — Le Secrétaire annonce que l'Académie des Sciences vient d'attribuer ces prix pour 1927 à deux de nos confrères, le premier à M. DAVY DE VIRVILLEpour le travail de morphologie expérimentale relatif aux mousses qu'il a présenté récemment comme thèse de doctorat, le deuxième à M. BUGNON, pour l'ensemble de ses travaux de botanique. Il se fait l'interprète de la Société pour exprimer à nos deux Confrères les plus chaleureuses félicitations.

Présentations. — Sont présentés pour devenir membres correspondants :

M. SEGAUD, directeur des Mines de Soumont, par MM. Bigot et le Dr Hommey; M. DENIS, directeur d'Ecole communale, à Argentan, par MM. Brunet et Lemercier; M. G. MARIE, à Vaux-sur-Aure, près Bayeux, par MM. Meslin et Bugnon.


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Démission. — La Société enregistre avec regret la démission de M. Lebrunet.

Dépôt de travaux. — P. BUGNON : Contribution à la flore mycologique normande.

Dons à la Bibliothèque. — De la part des auteurs :

L. MERCIER et Raymond POISSON, Adaptation de la langue chez les Poules à becs croisés (Extrait du Bulletin biologique de la France et de la Belgique, t. LXI, 1927).

L. MERCIER et Raymond POISSON, Une Laboulbéniale, Stigmatomyces Ephydrae n. sp., parasite d'Ephydra riparia Fall. (Dipt. Ephydridae) (Extrait du Bulletin de la Société zoologique de France, t. LU, 1927).

Abbé P. FRÉMY, Incrustation calcaire produite par des Algues d'eau douce (Extrait des Comptes rendus du Congrès de Lyon de l'Association française pour l'avancement des Sciences, 1926).

Abbé P. FRÉMY, Les Scytonémacées de la France (Extrait de la Revue algologique, t. Il et III, 1927).

COMMUNICATIONS

Le Vice-Secrétaire présente la communication écrite suivante :

L. BÉDEL. — Sur une nouvelle station de Tetragonolobus siliquosus Roth.

Cette plante, rare dans le Calvados, est signalée dans la Nouvelle Flore de Normandie, par M. Corbière, à Troarn et au Marais des Terriers. Chevrel (1901-1902) la mentionne aux environs de la gare de MoultArgences. Je l'ai rencontrée aussi à Emiéville en 1912.

Depuis cette époque, M. Bugnon l'a trouvée en divers


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points entre Bellengreville et Vimont, entre Vimont et le Fresne, en passant par le Moulin de Haut, le Moulin de Bas et la ferme d'Argences où elle abonde dans les herbages. Quoique cette plante soit classée parmi les hygrophiles, le même auteur l'a rencontrée aussi dans les bois de Pins plantés sur calcaires relativement secs (Bathonien moyen et supérieur), sur la plate-forme calcaire de Bellengreville jusque près de Secqueville la Campagne, sur le territoire des communes de Chicheboville, Bellengreville et Garcelles-Secqueville.

Malgré que cette espèce tende à prendre une extension de plus en plus grande depuis quelques années, son aire de dispersion semblait limitée, jusqu'à présent, à un espace assez restreint de l'arrondissement de Caen.

Cette année (juin 1927), j'en ai observé une nouvelle station à Dives-sur-Mer, sur la butte de Caumont, en terrain calcaire et relativement sec. Là, cette plante, d'introduction probablement récente, forme une plage circulaire d'environ un mètre de diamètre, près de laquelle se remarquent quelques pieds isolés. Elle croît dans un terrain découvert, limité à l'ouest par la route de Lisieux à Dives, et au nord par la route de Caumont se rendant à Houlgate, non loin de quelques pins plantés et en compagnie de Brachypodium pinnatum, Linum angustifolium, Ononis spinosa, Agrimonia eupatoria, Melilotus officinalis, Lotus corniculatus, ce dernier abondant et parasité par de nombreuses orobanches (O. cruenta).

Puis les communications orales suivantes sont exposées par leurs auteurs :


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L. MERCIER. — Une espèce de Mollusque (Cyclostoma elegans Müller) éteinte à Luc-sur-Mer (Calvados) et une espèce de Mollusque (Helix elegans Drap.) introduite dans la même

région.

Je suis certain, qu'actuellement, Cyclostoma elegans Müller n'existe en aucun point de la Côte du Calvados entre Ouistreham et Courseulles. Cependant cette espèce y a été abondamment représentée autrefois. En effet, j'ai trouvé de nombreuses coquilles de ce Mollusque dans la falaise qui s'étend entre Luc et Lionsur-Mer, à l'emplacement de l'ancien four romain. Ces coquilles, dont beaucoup présentent encore l'opercule, sont situées dans le Quaternaire au contact presque immédiat du Bathonien.

Mais l'espèce existait encore certainement, le long de la Côte du Calvados, à une période plus rapprochée de nous puisque nos Collègues, MM. Bigot et Leboucher, l'ont trouvée dans les tourbières littorales de Luc et d'Asnelles avec d'autres Mollusques dont l'abbé Letacq (1905) (1) a donné la liste.

Actuellement, la station de C. elegans la plus rapprochée de la Mer que je connaisse est la carrière de Ranville d'où M. le Doyen Bigot m'en a rapporté de nombreux exemplaires vivants (mai 1926).

Il est difficile de se prononcer sur les causes qui ont amené l'extinction de cette espèce sur la Côte du Cal(1)

Cal(1) LETACQ. — Liste des Coquilles recueillies par MM. Bigot et Leboucher dans les tourbières littorales situées entre Luc-surMer et Arromanches (Calvados) (Bull. Soc. Linn. de Normandie, 5° s., t. 10, 1906, p. 3).


vados, aux abords immédiats de la Mer. Faut-il incriminer la culture intensive de la région qui a eu pour conséquence le défrichement? ou l'influence immédiate du climat marin ?

Mais, si la région côtière de Luc a perdu une espèce, elle en a acquis une autre, Helix (Trochula) elegans Drap. Cette jolie coquille méridionale que l'on trouve communément dans le midi de la France, surtout de Cette à Bordeaux, a été rencontrée tout d'abord, au Havre, par M. F. Mazetier, le frère de notre excellent Confrère G. Mazetier. En 1920, il l'a trouvée, en abondance, en face du Palais des Régates, sur un petit coteau situé à 150 mètres environ de la Mer. Il est probable que l'espèce avait été introduite pendant la guerre, apportée par les bateaux avec des approvisionnements (fourrages, emballages).

Puisque cet Hélix pouvait vivre à la latitude du Havre; que d'autre part des Mollusques d'origine méridionale comme : Cochlicella barbara L., Helix du groupe d'H. variabilis Drap., H. pisana Müller, se sont propagés ou ont été propagés le long de nos Côtes, rien ne s'opposait de prime abord à l'introduction d'H. elegans à Luc-sur-Mer.

En 1921, j'ai donc demandé à M. G. Mazetier de me procurer des H. elegans du Havre. Avec sa complaisance habituelle, il m'en a fait envoyer une douzaine d'exemplaires que j'ai mis immédiatement en place à Luc, en bordure de la falaise. Pendant cinq ans, je crus que ma tentative d'acclimatation avait échoué; ce n'est qu'avec beaucoup de peine que je retrouvais quelques coquilles.

Or, cette année (août 1927), j'ai eu l'agréable surprise de constater que la station ensemencée avec H. elegans en 1921 était extrêmement prospère; en ce point de la


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Côte, l'espèce est presqu'aussi abondante que Cochlicella barbara.

Je me propose de suivre la propagation d'H. elegans le long de la Côte entre Ouistreham et Courseulles.

A la suite de cette communication, M. le Dr Moutier rappelle qu'il a eu l'occasion de constater, il y a quelques années, l'extrême abondance d'H. pisana sur le tronc des arbres bordant la route de Fleury-sur-Orne, à la sortie de Caen. Mais depuis, et cette année en particulier, l'espèce est beaucoup moins abondante.

Coléoptères. — Une erreur s'est glissée dans une communication faite dernièrement à la Société, à propos de quelques Coléoptères capturés aux Monts d'Eraines. C'est le Magdalis memnonia Gyll. qui a été pris et non le Magdalis linearis.

Le Magdalis memnonia, espèce méridionale, est acclimaté de longue date dans les plantations de Pin sylvestre du bassin de la Seine où, d'après M. SainteClaire-Deville, il est toutefois peu abondant.

Recueilli également aux Monts d'Eraines, Meligethes solidus Sturm., détermination de M. Falcoz.

Ces deux espèces ne paraissent pas avoir été signalées du Calvados.

En août dernier, M. Antoine a capturé à Caen, rue de Bras, un Coléoptère appartenant à la famille des Melandryidae : Serropalpus barbatus Schall. Il est possible que cet exemplaire ait été importé dans des bois de sapin, car je ne vois pas l'espèce mentionnée dans les documents relatifs à la Normandie.

Dans son Genera des Coléoptères d'Europe, Jacquelin


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du Val dit que Serropalpus barbatus vit dans les Pins et surtout les Sapins, dans la plus grande partie de l'Europe.

G. MAZETIER.

Raymond POISSON. — Sur la présence de Sciopus pallens Wied. (Diptère Dolichopodidae) et de Microdon Meig. (Diptères Syrphidae) dans le département du Calvados.

1° Sciopus pallens Wied (1). — J'ai capturé un exemplaire de ce Diptère à Caen, fin juin 1927. C'est une espèce méridionale et maritime, peu répandue dans les collections, qui a été successivement signalée de l'île de Rhodes par Loew sous le nom de Sciopus albinotatus, de Lesina (île de la côte dalmate), de Grèce et de la Riviera par Strobl.

À noter encore que Sc. pallens existe dans les collections du musée de Bruxelles, en provenance de Villersla-Ville (méridien de Bruxelles), et aussi dans la collection Macquart du Muséum de Paris, en provenance des îles Baléares.

2° Larves de Microdon sp. — J'ai recueilli un certain nombre de ces larves dans la forêt de Cinglais (environs de Fresney-le-Puceux), en août 1927.

Les larves de Microdon, très particulières, ressemblent extérieurement à de petites limaces. Aussi, lors de leur découverte, furent-elles décrites comme de nouveaux

(1) Je prie M. l'abbé O. Parent de vouloir bien agréer mes bien vifs remerciements pour les renseignements qu'il m'a donnés concernant cette espèce.


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genres de Mollusques terrestres : Parmula cocciformis (Heyden, 1823) (1), Scutelligera ammerlandia (Spix, 1824) (2) et considérées comme tels pendant plusieurs années. Ce n'est qu'en 1839 que Schlotthauber (3) montra que ces pseudo-mollusques étaient en réalité des larves de Diptères appartenant au genre Microdon Meig.

Mais il était dit que ces larves feraient commettre encore de nouvelles erreurs. En 1907, R. Simroth en ayant observé dans l'Afrique du Sud les décrivit sous le nom de Ceratoconcha schultzei et les rapprocha à nouveau des limaces. Enfin, tout récemment (1924), l'auteur espagnol A. Torres Minguez donna à ces prétendus Mollusques le nom de Buchanania reliculata (4).

Les larves de Microdon sont myrmécophiles et peuvent s'observer en compagnie de diverses espèces de Fourmis. Celles que j'ai capturées se trouvaient dans des fourmilières de Formica fusca L., installées dans de vieux troncs d'arbres abattus, déjà fortement attaqués par les Insectes.

L'alimentation des larves de Microdon fut longtemps méconnue Donisthorpe (1912-21) (5) a montré qu'elles se nourrissent de petites boulettes (boulettes de nettoyage) rejetées par les Fourmis de leur poche hypopharyngienne.

Le genre Microdon comprend actuellement six espèces paléarctiques (W. Lundbeck, 1916) (6). Il me faudra attendre l'évolution des larves, qui hivernent et ne se

(1) Isis, 1823, p. 1247.

(2) Abhandl, d. bayr. Akad. d. Wissensch., IX, 1824. 3) Isis, 1840, p. 922.

(4) Natur und Museum, Bd. 57, 1027, pp. 444-435.

(5) 1912, Donisthorpe. — Myrmecophilous notes for 1911. Ent Record, t. 24, pp. 4-10; 34-40 et t. 33, 1921, pp. 21-25,

(6) 1916, Lundbeck W. — Diptera Danica, part V, p. 582.


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transforment en pupe qu'en avril-mai, pour savoir à quelle espèce appartiennent les exemplaires recueillis dans la forêt de Cinglais.

Rectifications. — 1° Au B. S. L. N., 7e sér., 7e vol., 1924, p. 41*. — Au lieu de Pristonychus terricola Herbst, lire : Pterostichus cristatus Dufour. — 2° Au B. S. L. N., 7e sér., 10e vol., 1927, p. 63* (suprà). —L' « Acanthosoma » interstinctum L., cité des Sept-Bras, en forêt de Bellême, est l'haemorrhoidale L., d'ailleurs retrouvé presque au même endroit depuis; mais Mme Dalibert a capturé (sur moi-même à Bellême ; alors que je venais de traverser la forêt), Elamostelhus interstinctus (L.), et cette espèce a bien été prise par M. Gabriel Laisné, à la Noë-de- Gesne, commune d'Arçonnay (Sarthe), près de la frontière de ce département et de celui de l'Orne. — 3° Au B. S. L. N , 1927, p. 67* (suprà). — Pterostichus tarsalis Apf. n'a peut-être pas été trouvé dans l'Allier par M. Henri du Buysson; les trois exemplaires étiquetés ainsi, dans sa collection, ne seraient pas des Argutor selon M. Méquignon qui les a examinés.

M. DALIBERT.

M. LANGEVIN présente :

1° Un silex taillé trouvé dans un jardin de la rue Bicoquet, à Caen, et qui vraisemblement y a été introduit par des apports de terre lors de la plantation d'arbres fruitiers ;

2° Un petit nodule de grès trouvé à May dans le Silurien de la grande carrière de l'Ouest.

M. BIGOT fait remarquer que les conditions de formation de ces nodules, qui peuvent atteindre de grandes dimensions, sont encore énigmatiques. (Voir à ce sujet le compte rendu de l'excursion de la Société géologique


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de France à May-sur-Orne dans le Bulletin de cette Société, 4e série, t. IV, 1904, p. 873).

M. R. MESLIN, présente :

1° De la part de M. POTIER DE LA VARDE, une jeune poire anormale observée à Quéron, près Granville, et qui est semblable, bien que de taille plus réduite, à la poire frondipare figurée (fig. 317, p. 353) par Le Maout dans ses « Leçons élémentaires de Botanique » ;

2° De la part de M. l'abbé FRÉMY, une série de radiographies, effectuées depuis plusieurs années, se rapportant à des échantillons divers d'Histoire naturelle (Ammonites et Nummulites montrant le détail des cloisons, Zeilleria numismalis avec son appareil brachial, cristaux inclus dans des roches et non visibles extérieurement, insectes divers, remarquables extrémités de fronde de Chara, etc.).

Il présente en son nom personnel la communication suivante :

Roger MESLIN. — Le Sphagnum quinquefarium Warnst. dans le Calvados.

J'ai observé, le 28 juillet dernier, le Sphagnum quinquefarium dans son type de station habituel, pentes mouillées et ombragées, à Bény-Bocage, en descendant vers la Souleuvre; il est assez abondant et se présente sous la forme verte, var. viride Warnst. J'ai déjà signalé (Bull. Soc. Linn. Norm , sér. VII, vol. 9, p. 171) l'existence dans l'Herbier du Muséum de Paris d'un exemplaire de cette rare espèce portant la mention « Vire 1824 » sans indication plus précise. Ma découverte vient donc confirmer la présence du Sphagnum quinquefarium dans le Calvados.


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Abbé L TOLMER. — A propos de quelques animaux peu communs recueillis à Luc en août-septembre 1927.

En face des fluctuations constantes que subit la faune de Luc-sur-Mer, et qui, indépendamment de facteurs complexes, découlent du fait que la mer de la Manche n'est après tout qu'un passage, il est intéressant de noter, de temps en temps, les espèces recueillies et observées, pour tracer la courbe d'enrichissement et d'appauvrissement de cette faune.

Voici la raison d'être des observations qu'ont publiées M. Deslongchamps, mon regretté maître L. Brasil, en 1900, MM. Mercier, Audigé et Poisson, ces années passées, et dont l'intérêt est primordial pour l'histoire naturelle de notre région.

Malgré les pluies incessantes qui ont contrarié et rafraîchi l'enthousiasme des plus ardents, nous avons été assez heureux dans nos recherches pour pouvoir capturer quelques animaux réputés comme peu communs et de faire à leur endroit des constatations intéressantes.

A la fin de juillet, à la suite d'un coup de mer, les grèves de la côte de Nacre étaient envahies par des amas touffus d'algues arrachées aux grands fonds, au milieu desquels se trouvaient des quantités innombrables de Rhyzostomes, de Sepia officinalis L. et des pontes du même mollusque. Ces débris organiques formaient une masse épaisse qui pourrissait surplace, au grand désespoir des habitués de nos plages

Echinodermes : Les dragages ont ramené en abondance Psammechinus miliaris L.

A noter un exemplaire de Synapta inhoerens O. Müller, espèce peu commune, trouvé sur le Quihot.


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Mollusques : La patelle, Patella vulgaris L., espèce considérée à tort comme n'ayant pour terrain d'élection que les roches siliceuses, est de plus en plus abondante, non seulement à la Roche-Mignon où elle s'est maintenue, mais à peu près partout sur les roches calcaires.

L'huître comestible, Ostroea edulis L., que nos vieux marins ramassaient en abondance, nous montre, par les quelques exemplaires trouvés, qu'elle cesserait d'être une rareté le jour où elle ne serait plus systématiquement poursuivie. Il en est de même de la moule vulgaire, Mytilus edulis L., qu'il a été à peu près impossible de cueillir dans son gîte habituel.

Nous avons pu remarquer l'absence presque totale de la pieuvre, Octopus vulgaris Lam. et corrélativement l'abondance des crustacés, crabes, étrilles, tourteaux.

Sur les rochers nous avons recueilli une assez grande quantité de Murex (Onicebra) erinaceus L. vivants que M. Brasil, dans son catalogue des Mollusques de Lucsur-Mer, 1900, donne comme rares dans la région.

Les dragages ont ramené quelques exemplaires vivants de Thasianella (Eudora) pullus L. D'après Brasil (loc. cit.), cette espèce paraît rare dans notre région; il n'avait pu recueillir à la drague ou à la grève que quelques coquilles toutes vides.

Les Privia europaea, Montagu, vivants, autrefois assez rares, sont maintenant assez communs au Quihot dans le voisinage de la zone des Laminaires.

Un dragage a permis de ramener un exemplaire vivant de Velutina loevigata Pennant, espèce excessivement rare dans la région. L. Brasil en avait trouvé un échantillon à la drague, également vivant, et M. Mercier en signale un autre (Bull. Soc. Linn., 1924, p. 68*).

Notons la trouvaille d'une coquille de Nassa (Trito-


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nella) incrassata Müller, habitée par un pagure, Diogenes pugilator, coquille qui est toujours assez rare.

Enfin, j'ai eu la bonne fortune de recueillir au Quihot un Nudibranche dorien, Polyceris ocellata Alder et Hancock qui fera l'objet d'une prochaine communication.

Crustacés : La Sacculine, Sacculina Carcini L. est rare à Luc-sur-Mer. Nous en avons trouvé deux exemplaires à l'état jeune ou en voie d'atrophie, l'un sur Carcinus moenas L., l'autre sur une petite Pisa.

A signaler quelques échantillons de Portunus arcuatus Leach, peu commun.

Enfin, les Pinnotheres pisum L. trouvés dans des moules ou dans des mactres nous ont permis de constater la présence du Pinnotherion vermiforme Giard et Bonnier, Bopyrien parasite qu'ils hébergeaient dans la proportion de 10 %.

Poissons: Les journaux ont annoncé qu'à St-Aubin, au commencement du mois d'août, avait été capturé « un requin d'une espèce des plus dangereuses ». D'après la description qui en a été faite, il s'agirait tout simplement d'un jeune individu d'Hexacanthus griseus L., égaré sur nos côtes et tout à fait inoffensif.

Nous avons eu la bonne fortune de pêcher quelques exemplaires de Ctenolabrus rupestris L. dont M. Audigé avait déjà signalé la présence (Bull. Soc Linn., 1926, p. 137*) et un très bel échantillon de Lepadogaster microcephalus Brook, pris sur le Quihot.

Il nous faut dire un mot des Hippocampes. Ce curieux poisson, H. brevirostris Cuv., généralement peu commun, a été capturé à maintes reprises par des pêcheurs de crevettes. Une dizaine d'individus, au moins, ont été recueillis cette année près du rivage. Dans une note sur la faune de Luc-sur-Mer, L. Brasil qui constate le même fait pour l'année 1900 (p. 75) l'explique par un phéno-


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mène d'émigration. « La station habituelle de cet animal étant devenue inhabitable pour une raison quelconque » et il ajoute (p. 79) « l'abondance des poulpes provoquant directement la fuite de l'Hippocampe, ou rendant son départ inévitable par suite de la disparition de la nourriture habituelle ou de l'occupation des lieux de retraite peut encore être invoquée ? ; or, comme, cette année 1927, les pieuvres sont rares et les hippocampes assez abondants, il faudrait peut-être voir tout simplement dans la présence de ce curieux poisson, une migration nécessitée par la ponte.

Enfin, nous avons pu constater l'apparition et l'établissement d'une faunule dans les falaises près de Lion, en face d'un épi récemment construit. Cette curieuse faune établie à 1 m. 50 environ de hauteur dans le calcaire bathonien, et qui sans nul doute vient de l'apport du flot, comprend des patelles, des balanes et même des moules au milieu d'une végétation d'ulves et d'algues incrustantes.

Laboratoire de Luc-sur-Mer, 23 Septembre 1927.

Jean MERCIER. — Sur les quelques gisements de Cornbrash de la région au nord de Caen.

Continuant mes investigations sur les dépôts de Cornbrash clans le Calvados, j'ai visité les gisements indiqués par E. E. Deslongchamps (1), à Colleville-surOrne et. à la Roche de Sallenelles, et le gisement d'Hérouvillette que m'a signalé M. Bigot. Toutes ces carrières sont inexploitées depuis vingt ans au moins et comblées.

(1) Bull, Soc. Linn. Norm., 1re sér., vol. IV, p. 210.


Cependant, j'ai pu remettre en évidence, en faisant un découvert dans les alluvions anciennes qui le recouvrent, le lambeau de Cornbrash reposant sur la surface durcie et perforée du Bradfordien à la Roche de Sallenelles dite sur la carte au 1/80.000 : le Corps de Garde.

Les conditions de dépôt, la constitution lithologique, l'alternance de bancs argileux et de bancs de calcaire marneux, le brusque changement de faciès sont identiques à ceux de Lion-sur-Mer (1). La faune, moins riche, est semblable. Les Brachiopodes y sont rares.

Les gisements de Colleville-sur-Orne et d'Hérouvillette sont inobservables actuellement, mais ils sont sans doute, d'après les documents qui m'ont été prêtés par M. Bigot, identiques aux précédents.

Il me faut maintenant, à la demande de mon maître, M. Bigot, modifier, dans la note explicative de la feuille Caen de la Carte géologique détaillée de la France (2e édition) le sens de la phrase : Le Cornbrash (j,a) n'existe qu'entre Luc et Lion-sur-Mer;.. il faut lire : Le Cornbrash (j,a) n'est visible qu'entre Luc et Lionsur-Mer.

P. BUGNON et M. GUILLAUD. — Cordyceps et Elaphomyces des bois de Baron et de Mouen, près Caen.

En Normandie, la découverte d'un Cordyceps constitue toujours une rare et intéressante trouvaille. Depuis l'époque déjà lointaine où Crié (2) a fait le relevé des espèces et des localités normandes jusqu'à l'indication

(1) Bull. Soc. Linn. Norm., 7e sér., vol. X, p. 23.

(2) CRIÉ, Recherches sur les Pyrénomycètes de l'Ouest de la France (Bull. Soc. Linn, Norm., 2e sér., t. VIII, 1873-74, p. 41).


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des récoltes de R. Maire dans la forêt de Cerisy en 1910 (1) et à la note récente de R. Meslin (2), on n'en trouve aucune mention dans les publications de la Société Linnéenne de Normandie (3).

Les Elaphomyces eux-mêmes, en raison de leur habitat souterrain, ont été rarement signalés dans notre région. Depuis le mémoire de Crié, les récoltes de Lecoeur (4) à Pont-Audemer (1881), puis dans la forêt de Bellême (1888), celles de R. Maire dans la forêt de Cerisy (1910), ont seules été mentionnées dans les publications de la Linnéenne. On doit y ajouter celles de R. Lemercier, d'Argentan : notre confrère a fait une première récolte d'E. granulatus dans la forêt de Sillyen-Gouffern en mai 1922 ; il nous a communiqué des échantillons à cette époque; il en a retrouvé encore au même point tout récemment (28 octobre) : c'est dans un bois de pins et chênes ; les Elaphomyces lui ont paru en relation plutôt avec les racines de ces derniers.

Les labours des sangliers avaient guidé les recherches de Lecoeur et de Lemercier. Pour nous, comme pour R. Maire, ce sont les Cordyceps parasites des Elaphomyces qui nous ont amenés à découvrir ceux-ci.

(1) Bull. Soc. Linn. Norm., 6e sér., t. IV, 1910-1911, p. XXX.

(2) R. MESLIN, Sur un Cordyceps récolté dans la forêt de Cerisy (Bull. Soc. Linn. Norm., 7e sér., t. IX, 1926, p. 75*).

(3) Outre les indications relatives à un Cordyceps entomophage provenant de l'Oise, fournies par Antoine et Mazetier et rappelées par Meslin, on peut signaler pour mémoire deux communications d'Eudes Deslongchamps, antérieures au travail de Crié et non citées par celui-ci : elles étaient relatives à des Cordyceps exotiques, parasites sur des chenilles [C. Robertsii (C. Hugelii Corda)] (Bull. Soc. Linn. Norm., 1re sér., t. X, 1864-65, p.30 et 33).

(4) Bull. Soc. Linn. Norm., 3e sér., t. VI, 1881-82, p. 14; 4e sér., t. Il, 1887-88, p. 450.


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Une première récolte a été faite dans le bois de Baron (10 kil. S.-O. de Caen, rive droite de l'Odon), le 6 octobre, dans un taillis coupé l'hiver précédent et dont les principales essences sont le chêne, le châtaignier, le bouleau, le tremble, le hêtre, le charme, le coudrier et la bourdaine. Quelques exemplaires groupés du Cordyceps capitata (Holmskiold) Fries étaient directement insérés par leurs stipes sur des Elaphomyces granulatus Fries [E. cervinus (Pers.) Schröter], peu profondément enterrés (quelques centimètres) ; la proximité des souches des diverses essences ne nous a pas permis d'attribuer aux Elaphomyces des relations mycorhizaires avec l'une plutôt qu'avec l'autre ; il est à noter qu'il n'y avait pas de Conifères dans le voisinage immédiat. Nos recherches pour trouver de nouveaux échantillons sont restées vaines.

Le 30 octobre, dans le bois de Mouen (séparé du précédent par l'Odon), en deux points, l'un au bord d'un sentier, à proximité de chênes, pins et bourdaines, l'autre dans un taillis de chênes, nous avons découvert d'autre part une vingtaine d'exemplaires du Cordyceps ophioglossoides (Ehrh.) ; leurs stipes, isolés ou fascicules par, deux ou trois, étaient en rapport, par l'intermédiaire du mycélium jaune citron propre à l'espèce, avec des Elaphomyces variegatus Vittadini, situés à une profondeur de 10 à 20 centimètres dans du terreau spongieux (1).

(1) Les localités normandes indiquées par Crié pour ces deux Cordyceps sont : 1° C. capitata; « Falaise, avril 1840 (de Brébisson); Longpré, avril 1840 (Roberge); forêt de Cérisy, octobre 1866, sur l'Elaph. loevigatus (Godey) Icones ». — C. ophioglossoides ; « Caen (Roberge) ; Caen (Roussel) ; forêt de Cérisy (Godey) Icon. ; Falaise de Brébisson) » (loc. cit., p, 50-52).


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M. BUGNON présente, outre les échantillons correspondants à la note précédente :

1° quelques autres échantillons intéressants de la flore mycologique des environs de Caen.

Boletus parasiticus, sur Scleroderma aurantium (bois de Baron) ;

Tremellodon gelatinosum (bois de Baron) ;

Geoglossum glabrum (bois de pins sylvestres des environs de la station de Moult-Argences) ;

Microglossum viride (anciennes carrières de la Maladrerie,

Maladrerie, Caen). 2° un pied fructifié du Solanum miniatum. Cette Solanée,

introduite récemment aux abords de l'ancienne abbaye

d'Ardennes (Bull. Soc, Linn. Norm. 7e sér., t. VII, p. 76*,

séance du 1er déc. 1924), existait cette année en individus

nombreux, mélangés à des S. nigrum, dans un plant de

haricots, en bordure du chemin qui longe l'ancienne

abbaye à l'Ouest. Sa persistance vaut d'être notée.

Le Spartina Townsendi dans la baie des Veys. — Sous la direction de M. Corbière, et en compagnie de Mme A. Arber, la botaniste de Cambridge dont les travaux sur les Monocotylédones font autorité, nous avons visité la baie des Veys au début de septembre, par une journée exceptionnellement favorable ; à la vue de l'immense étendue couverte par cette graminée, là pour ainsi dire en culture pure, nous n'avons pu que partager l'émerveillement qui saisit tous les observateurs de ce spectacle grandiose, si bien dépeint par M. Corbière et par M. Oliver. Nous avons recherché en vain le Spartina stricta, qui paraît actuellement tout à fait éliminé par son puissant concurrent.

P. BUGNON


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SEANCE DU 5 DECEMBRE

Présidence de M. le Dr MOUTIER, Ancien Président

La séance est ouverte à 17 heures et levée à 18 heures.

Y assistent : MM. AUDIGÉ, BIGOT, BUGNON, DALIBERT, Dr DORANLO, MM. LANGEVIN, LEMÉE, Mme LE ROUX, MM. MAZETIER, MERCIER J., MERCIER L., Dr MOUTIER, POISSON, PORTE, Abbé TOLMER.

Le procès-verbal de la séance du 7 Novembre 1927 est lu et adopté.

Distinction honorifique. — Le Secrétaire annonce que notre Confrère, M. le Docteur Fr. MOUTIER, vient d'être nommé Chevalier de la Légion d'Honneur au titre militaire. En exprimant le regret que cette distinction si méritée ait été si tardive, le Secrétaire se fait l'interprète de la Société pour présenter à notre Confrère les plus chaleureuses félicitations

Condoléances. — Notre Confrère, M. L. CORBIÈRE, l'un des doyens de notre Société en même temps que l'un de ceux qui lui font le plus d'honneur par leur notoriété scientifique, vient d'être cruellement éprouvé, à deux reprises, dans ses affections les plus chères. Le Secrétaire se fait l'interprète de la Société pour lui adresser les plus affectueuses condoléances.

Commission d'Impression. — Sur les propositions de cette Commission, la Société décide :

1° de ramener, grâce au produit de la souscription volontaire (591 fr. 35) et à l'importante subvention (4.000 fr.) de la Caisse des recherches scientifiques, la contribution des auteurs à 5 francs par page d'impression pour les Bulletins des années 1925 et 1926 (cette contribution avait été de 10 fr.. 45 pour le Bulletin de. 1925 et elle aurait été de 18 fr. 30 pour 1926) ;

2° de faire appel à nouveau à la générosité des Linnéens pour alléger la lourde charge qu'auront à supporter les auteurs des travaux originaux publiés dans le Bulletin de 1927;


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3° de modifier la présentation des procès-verbaux des séances de manière à en faire un Bulletin mensuel, qui pourra être adressé aux membres au tarif des journaux au lieu du tarif onéreux des imprimés et dont chaque numéro sera mis en vente au prix de 1 fr. 50. Le Vice-Secrétaire est désigné pour être le gérant du Bulletin.

Admissions. — MM. SEGAUD, DENIS et MARIE sont admis comme membres correspondants.

Présentations. — M. GALLIEN, licencié ès-Sciences, étudiant à la Faculté des Sciences, est présenté par MM. Bigot et J. Mercier, pour devenir membre résidant.

M. l'abbé GOURNEY, professeur à l'Institut Notre-Dame d'Avranches (Manche), est présenté par MM. l'abbé P. Bourget et l'abbé P. Frémy pour devenir membre correspondant. Dons à la Bibliothèque. — De la part des auteurs : A. BIGOT, Les conditions de dépôt du Bathonien inférieur dans le Bessin et la région de Caen. — Les conditions de dépôt du Bathonien supérieur dans la région de Caen. (Extraits des Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séances des 2 mai et 9 mai 1927).

A. BIGOT, Failles et plis dans les terrains secondaires du Calvados (Extrait du Bull. Soc. Linn. Norm., 7e série, t.X, 1927).. A. BIGOT, Cambric fauna of the Armorican Massif. (Communication présentée au Congrès géologique international de Madrid, 25 mai 1926. —Extrait du Pan-American Geologist, vol. XLVI, déc. 1926).

L. MERCIER, Présence de Chrysomyia albiceps Wied. (Mouche du Ver épineux de la laine des moutons australiens) sur la Côte du Calvados. (Extrait des Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 17 oct. 1927).

Dépôt de travaux. — R. POISSON et Mme A. POISSON : Hémiptères-Homoptères de Normandie (2me Contribution).

L. MERCIER et ABBÉ O. PARENT : Complément à la liste des Dolichopodidac (Diptères) du Calvados.


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COMMUNICATIONS

P. AUDIGÉ. — Corella larvoeformis Hancock (Tunicata Ascidiadae) dans la baie de Seine.

Aider et Hancock (1) ont, dès 1870, séparé du genre Ascidia le genre Corella et établi deux espèces distinctes dans ce dernier : Corella parallelogramma O. F. Müller (2), espèce relativement commune sur toutes les côtes de la Manche, à l'exception toutefois des côtes sud d'Angleterre où elle est apparemment plus rare (3), et Corella larvoeformis Hancock, de beaucoup moins commune. C'est ainsi, par exemple, que l'auteur anglais qui a donné son nom à cette dernière n'avait vu que deux individus de cette espèce au moment où il la décrivit

Un dragage pratiqué par le travers de Courseulles, St-Aubin, Langrune, à un demi-mille environ au Nord de la bouée des Essarts, par une douzaine de mètres de fond, a permis de recueillir l'exemplaire présenté à la Société Linnéenne. La diagnose répond entièrement à celle qui a été donnée par le savant zoologiste anglais. Le tube atrial, considérablement développé, beaucoup plus long que celui de Corella parallelogramma qui figure dans la collection du Laboratoire de Luc (mais cependant de dimensions légèrement inférieures à celles indiquées par l'auteur), ainsi que la disposition des vaisseaux spiralés de la branchie caractérisent suffisamment l'espèce.

(1) ALDER et HANCOCK. Ann. Nat. Hist. [(4) VI (1870), p. 362].

(2) O. F. MULLER. Zool. Dan. [II (1788), p. 11].

(3) Un exemplaire de Corella parallelogramma O. F. Müller, recueilli au cours d'un dragage sous Luc, figure dans la collection du Laboratoire maritime de Luc-sur-mer.


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Au moment où j'ai pu examiner l'animal, la tunique était recouverte de macules vaseuses. Ce dépôt superficiel, joint à l'ensemble des animaux recueillis dans le même coup de drague (tubes de Choetoptères, Audouinia, etc.), semble indiquer que la station de Corella larvoeformis H. serait dans la vase ou le sable vaseux qui tapisse le fond dans ces parages.

Peut-être même pourrait-on voir une relation d'adaptation à cet habitat dans l'allongement remarquable du siphon atrial, comme cela se produit chez de nombreux arénicoles ou limicoles (Mollusques siphonés, Holothuries, etc.), mais je conviens volontiers que cette manière de voir ne relève encore que de l'hypothèse.

MARIE-L. LE ROUX-LEGUEUX. — Crustacés Amphipodes de Normandie (formes marines d'eau saumâtre et d'eau douce). 2me liste.

J'ai eu l'occasion cet été, au cours d'un séjour au Laboratoire maritime de Luc-sur-mer, de récolter un certain nombre d'Amphipodes qui viennent compléter une première liste publiée antérieurement (1).

Les espèces mentionnées dans cette deuxième liste proviennent de stations très diverses : de dragages au large de Luc-sur-mer, du Havre, de l'embouchure du canal de Caen à la mer ; enfin de la zone de balancement des marées où elles ont été capturées dans deux faciès absolument distincts compris entre le niveau des basses-mer de morte-eau et le niveau des basses-mer de vive-eau. Ces faciès sont :

(1) MARIE L. LE ROUX-LEGUEUX. — Crustacés Amphipodes de Normandie (formes marines d'eau saumâtre et d'eau douce), 1re contribution. Bull. Soc. Linn. Normandie, 7e série, t. IX, 1927. op. 34-43.


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1° Le faciès sableux de la région de Colleville-surOrne (Calvados). Cette station est formée de sables nus dans lesquels abondent Donax vittatus da Costa et Mactra subtruncata da Costa (Mollusques Lamellibranches). On y capture également, avec les Amphipodes, de nombreux Cumacés ;

2° Le faciès rocheux de la région de Luc-sur-Mer (Calvados). En ce qui concerne ce faciès, je me suis astreinte à ne rechercher les Amphipodes que dans une seule espèce d'Algue, Halopteris scoparia Sauvageau (Stypocaulon scoparium Kützing).

J'ai laissé de côté les espèces déjà signalées dans ma précédente note (loc cit.). On s'y reportera également pour la bibliographie. Pour toutes les espèces citées, on trouvera la distribution géographique complète dans le travail de Ed. Chevreux et L. Fage (1).

Famille des HAUSTORIIDAE Genre UROTHOE Dana

50. U. Grimaldii Chevreux. — Var. inermis Chevreux. — Ouistreham, à l'ouest de l'embouchure du canal, dans du sable vaseux sous des pierres qui émergent à marée basse. Cette espèce était connue d'une part du Havre, d'autre part de Jersey, Perros-Guirec, Morgat, etc. (Ch. et F., p. 100), mais n'avait jamais été signalée sur la côte du Calvados.

Famille des AMPHILOCHIDAE Genre AMPHILOCHUS Bate

51. A. neapolitanus Della Valle. — Dragage au large de Lucsur-Mer

Lucsur-Mer France, cette espèce est connue des côtes de la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée (Ch. et F., p. 113).

(1) Ed. Chevreux et L. Fage. — Faune de France, vol. 9, Amphipodes, 1925


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Famille des STENOTHOIDAE Genre STENOTHOE Dana

52. S. monoculoides Mont. —Luc-sur-Mer, à marée basse, dans Halopteris scoparia Seauvageau. Assez commun dans la Manche (Ch. et F., p. 134).

Famille des OEDICEROSIDAE

Genre PERIOCULODES O. Sars

53. P. longimanus (Bate et Westwood). — Colleville-sur-Orne, dans le sable, à marée basse. Déjà connu de Villers d'une part, Jersey et côtes de la Bretagne d'autre part (Ch. et F., p. 164).

Famille des ATYLIDAE

Genre NOTOTROPIS A. Costa

54. N. falcatus (Metzger). — Colleville-sur-Orne, dans le sable.

Dans la région, cette espèce était déjà signalée de Luc-surMer et de Villers (Ch. et F., p. 197).

Famille des GAMMARIDAE

Genre CHEIROCRATUS Norman

55. C. Sundevalli (H. Rathke). — Colleville-sur-Orne, dans le sable. Espèce déjà signalée de Luc-sur-Mer, Saint-Vaastla-Hougue, Granville, etc. (Ch. et F., p. 224).

Genre MEGALUROPUS Hoek

56. M. agilis Hoek. — Colleville-sur-Orne, dans le sable. Cette espèce connue en France de Portrieux, Le Croisic, SaintGilles-sur-Vie, île d'Oléron, Arcachon, Cannes (Ch. et F., p. 227) ; n'avait jamais été signalée en Normandie.

Famille des DEXAMINIDAE Genre GUERNEA Chevreux

57. G. coalita (Norman). — Luc-sur-Mer, à marée basse, dans Halopteris scoparia. Cette espèce déjà signalée de SaintVaast-la-Hougue, Cherbourg, île de Bréhat (Ch. et F., p. 269) ; n'était pas connue sur la côte du Calvados.


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Famille des AORIDAE Genre AORA Kröyer

58. A. typica Kröyer. — Luc-sur-Mer, à marée basse, dans Halopteris scoparia. Cette espèce avait déjà été recueillie à Luc-sur-Mer, Grandcamp-les-Bains, Saint-Vaast-laHougue (Ch. et F., p. 294).

Genre MICRODEUTOPUS A. Costa

59. M. damnoniensis (Bate). — Luc-sur-Mer, à marée basse,

dans Halopteris scoparia. Cette espèce, connue de Jersey, Guernesey, Concarneau (Ch. et F., p. 298), n'avait jamais été signalée sur la côte du Calvados.

Famille des ISAEIDAE Genre ISAEA M. Edw.

60. I. Montagui M. Edw. — Sur les pièces buccales d'un Maïa

squinado Herbst vivant, dragué au large de Luc-sur-Mer. Cette espèce est très commune sur les côtes de la Manche et de l'Océan (Ch. et F., p. 330), et on la trouve toujours dans les mêmes conditions.

Famille des COROPHIIDAE

Genre UNCIOLA Say

61. U. crenatipalma (Bate). — Dragage au large de Luc-surMer. Cette espèce était déjà connue de Luc (Ch. et F. p. 359).

Famille des CHELURIDAE

Genre CHELURA Philippi

62. C. terebrans Philippi. — Bois des brise-lames à SainteAdresse (Le Havre). C'est une espèce bien connue et abondante, qui fait de gros dégâts dans les bois des brises-lames et des jetées (Ch. et F., p. 373).

En résumé, je mentionne dans cette seconde liste 13 espèces dont l'une, Megaluropus agilis Hoek, n'avait


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jamais été signalée en Normandie et trois autres, Guernea coalita, Microdeutopus damnoniensis et Urothoe Grimaldii, qui n'étaient pas connues sur la côte du Calvados. Gomme espèces caractéristiques du faciès sableux, je signale : Perioculodes longimanus, Nototropis falcatus, Cheirocratus Sundevalli, Megaluropus agilis. Ces espèces viennent s'ajouter à celles mentionnées dans ma liste précédente (loc cit.) qui vivent dans les mêmes conditions : Bathyporeia Guilliamsoniana (Bate), Bathyporeia pelagica (Bate), Pontocrates arenarius (Bate), Nototropis Swammerdami M. Edw., Microprotopus maculatus Norman. Dans les Algues (Halopteris scoparia), j'ai recueilli : Stenothoe monoculoides, Guernea coalita, Aora typica, Microdeutopus damnoniensis. Ces espèces s'ajoutent aux suivantes déjà signalées dans les mêmes conditions d'habitat dans ma première liste (loc. cit.) : Apherusa bispinosa (Bate), Apherusa Jurinei (M. Edw.), Dexamine spinosa (Montagu), Microdeutopus anomalus (H. Rathke), et Microprotopus longimanus Chevreux.

On remarquera que les espèces du sable sont différentes de celles qui ont été récoltées dans les Halopteris. J'ai constaté une seule exception concernant Nototropis Swammerdami. Mais je n'ai trouvé dans les Halopteris que deux individus immatures et on peut supposer un apport accidentel, car N. Swammerdami est avant tout une espèce du sable.

L. MERCIER. — Les Seiches de la baie de Seine en juillet et août 1927.

Les Seiches ont été particulièrement abondantes cette année dans la baie de Seine ainsi que M. l'Abbé Tolmer l'a signalé au cours de notre dernière séance. À la fin


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de la seconde quinzaine de juillet beaucoup furent rejetées à la côte, et au début d'août les chalutiers en capturèrent un grand nombre. Ces Seiches, d'après la structure du sépion et le degré de maturité des glandes génitales, peuvent être réparties en deux catégories :

1° Des individus de grande taille possédant des glandes génitales à complète maturité. Beaucoup de ceux que j'ai examinés renfermaient des oeufs sur le point d'être pondus et d'autres avaient pondu récemment. D'ailleurs, les chaluts remontaient de nombreuses pontes et j'en ai recueilli, en place, à la côte.

Chez ces Seiches, la région du sépion correspondant aux stries d'accroissement couvre la moitié ou un peu plus de la moitié de la surface ventrale de celui-ci.

2° Des individus dont la taille était moitié de celle des précédents et qui possédaient des organes génitaux rudimentaires. Chez ceux-ci, la région du sépion correspondant aux stries d'accroissement est toujours très inférieure en longueur à la moitié de la surface ventrale de l'os.

M. Cuénot, qui s'était déjà occupé de la question des formes de Seiches vivant sur nos côtes (Sepia officinalis est une espèce en voie de dissociation. — Arch. zool. exp. T. 56, 1917, p. 315), a bien voulu me communiquer les nouvelles observations qu'il a faites sur ce sujet (IXe Contribution à la faune du Bassin d'Arcachon. — Bull. Stat. Biol. d'Arcachon 1927). Étant établi que toutes les conditions requises pour définir une bonne espèce sont réunies (légères différences morphologiques internes, éthologie différente, impossibilité de croisement), M. Cuénot admet les deux espèces : Sepia officinalis L. et S. Filliouxi Lafont.

Les Seiches de la baie de Seine formant la seconde catégorie sont des S. officinalis ; elles pondraient en


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février et leur ponte n'est pas connue. Les grands individus de la première catégorie sont des S. Filliouxi ; la période de ponte de ces Seiches a lieu, suivant les régions, d'avril à août.

Ces deux formes de Seiches sont très affines ; l'une est vraisemblablement née de l'autre par décalage de l'époque de la reproduction. Elles forment ce que j'appelle des espèces jointives. Pour bien marquer les rapports qui les unissent, je conserve pour les désigner la nomenclature trinominale, employée primitivement par Cuénot, et je désigne les Seiches capturées dans la baie de Seine au cours de l'été 1927 sous les noms de : Sepia officinalis officinalis L. et de S. officinalis Filliouxi Lafont.

L. MERCIER. — Bras supplémentaire dorsal chez une Astérie recueillie à Luc-sur-Mer.

Depuis plusieurs années, je recueille systématiquement, à Luc-sur-Mer, les Astéries (Asterias rubens L.) qui présentent des anomalies dans le nombre et la conformation des bras. Les exemplaires anormaux que je possède réalisent la plupart des cas cités par Caullery dans un travail récent (M. Caullery : Sur les potentialités régénératives de la face dorsale du disque et des bras chez les Astéries. Bull. Soc. zool. de France. T; 52, 1927, p. 221). Les Astéries qui possèdent un nombre de bras supérieur à 5 peuvent être réparties de la façon suivante :

1° Individus présentant un nombre de bras supérieur à 5 et dont l'insertion sur le disque est normale. Tel est le cas d'un échantillon à 6 bras.

2° Individus dont le nombre des bras est supérieur à 5, mais est la conséquence de la bifurcation d'un ou deux bras plus ou moins, près de la base. Cette bifur-


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cation peut s'être faite suivant deux plans différents : ou bien, elle s'est produite dans le plan même de l'Astérie, c'est-à-dire dans un plan perpendiculaire à l'axe dorso-ventral ; ou bien dans le plan sagittal de l'un des bras, de sorte que le bras supplémentaire est superposé à celui qui le porte.

Au premier cas, appartiennent les exemplaires suivants : un individu à 6 bras et un individu à 7 bras; chez d'autres, la bifurcation est plus terminale.

L'anomalie correspondant au deuxième cas, celui où un bras supplémentaire est situé sur la face dorsale d'un autre bras, paraît être beaucoup plus rare que la précédente. En ce qui concerne Asterias rubens, elle n'a été mentionnée, à ma connaissance, que par Giard (1888) et par Caullery (loc. cit.). A Wimereux, au cours des années 1926 et 1927, Caullery a observé quatre Astéries présentant cette anomalie.

Or, en 1925, au cours d'un dragage effectué au large de Luc-sur-Mer, j'avais eu l'occasion de recueillir un exemplaire d'Asterias rubens présentant un bras supplémentaire dorsal. Ce bras est situé à la base d'un bras de longueur et de structure normales, presque au contact du disque. Il a l'aspect d'un gros tubercule conique; sa face ventrale ne présente pas de sillon médian différencié.

L'apparition de bras supplémentaires chez les Astéries est liée à la régénération de bras autotomisés ou bien elle a son origine dans la duplication de certaines ébauches à un stade larvaire. Récemment, Rose et Dieuzeide (Sur un Astropecten aurantiacus L. anormal. Bull. Soc Hist. Nat. Afrique du Nord. T. 18, 1927, p. 135) viennent d'étudier un exemplaire d'Astropecten aurantiacus L. dont l'un des bras était bifurqué ; ils pensent d'après l'examen anatomique que la monstruosité est la con-


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séquence d'une anomalie de développement. Mais la dissection seule est insuffisante pour donner une certitude sur le déterminisme d'une anomalie de cet ordre

Abbé L. TOLMER : Polycera ocellata (Alder et Hancock), Nudibranche Dorien nouveau pour la région de Luc-sur-Mer.

Dans ma dernière communication à la Société Linnéenne, le 7 novembre 1927, je m'attachais à montrer par de modestes observations l'intérêt que présente l'étude d'une région déterminée pour établir la courbe d'enrichissement ou d'appauvrissement de sa faune. Des recherches méthodiques permettent souvent d'enregistrer des migrations ou des éclipses, mais quelquefois aussi de noter à côté d'espèces raréfiées ou disparues, des types non pas nouveaux, mais pour la première fois recueillis et observés.

Le 12 septembre dernier, j'ai eu la bonne fortune de trouver au Quihot, sous une pierre, un tout petit Dorien que j'ai pu observer vivant et à l'état de complète extension au Laboratoire. Immédiatement j'ai essayé de le déterminer d'après le travail d'Alder et Hancock : A monograph of the British Nudibranchiate Mollusca. L'espèce que j'avais sous les yeux se rapportait exactement à Polycera ocellata (Alder and Hancock), décrite dans ledit travail et représentée planche 23

Les auteurs donnent de l'intéressant mollusque la description suivante :

Polycera viridi-nigricans, maculis magnis, tubercularibus luteo-albidis ; tentaculis elongatis, ad basin tumidis, laminis 7-8 ; velo parvo, multilobato; appendicibus lobatoramosis, albidis.

Corps : Le corps en extension a douze millimètres,


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un peu allongé, contracté derrière la tête, il s'amincit à la partie postérieure. De couleur noir-verdâtre, la peau est couverte de larges taches jaune-pâle ou roussâtre, produites par les viscères vus par transparence.

Tentacules dorsaux : Les tentacules dorsaux sont assez longs, larges et coniques à la base jusqu'aux 2/3 de la hauteur ; alors ils portent une rangée de lames concentriques jusqu'à l'apex qui est nettement tronqué. La couleur est la même que celle du corps, cependant les côtés des lames sont plus sombres, et leurs bords et leur sommet sont jaunâtres Les yeux, difficiles à voir en raison de l'opacité du tégument, sont placés un peu en arrière des tentacules.

Tête : La tête est arrondie en avant, les côtés de la bouche sont charnus, légèrement proéminents et les angles en sont obtus.

Voile : Le voile est court, interrompu en avant, se continue autour de la tête, et porte de nombreuses saillies d'un blanc jaunâtre qui se prolongent de chaque côté en une frange tuberculée se resserrant sur le dos, et se dilatant de nouveau vers les branchies qu'ils entourent presque, pour se terminer de part et d'autre en un lobe branchial ramifié.

Branchies : Les branchies au nombre de 5 sont plumeuses, assez larges et vaguement tripennées. Les 3 antérieures sont de taille égale, les deux postérieures sont beaucoup plus courtes et partent de la base des latérales, elles sont de même couleur que le corps mais d'une teinte un peu plus claire.

Pied : Le pied tronqué, presque carré en avant, avec ses côtés légèrement proéminents s'appointit brusquement en arrière. Il est lavé de vert sombre et de fauve, cette dernière couleur est celle du foie vu par transparence


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D'après Alder et Hancock cet animal vit sous les pierres de la zone de balancement des marées. Ces auteurs le signalent à Torbay (Lyme Bay, Devon), et dans la baie de Dublin où il a été recueilli dans un dragage.

Jeffreys (British Conchology, vol. 5, p. 76) note la présence de Polycera ocellata, d'après Meyer et Möbius, à Kiel et dans l'île d'Heligoland en Allemagne, dans le Petit Belt et l'île de Samsoe au Danemark.

Aucun catalogue de Mollusques ne signalant dans le Calvados ce curieux Nudibranche, c'est donc encore une espèce nouvelle qui vient enrichir notre faune locale, et l'intérêt de cette trouvaille est d'autant plus grand que les auteurs qui ont décrit Polycera ocellata s'accordent tous à dire qu'elle n'est pas commune chez eux.

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

ALDER and HANCOCK : A monograph of the British Nudibranchiate Mollusca, by Joshua Alder and Albany Hancock, Ray Society London, 1845.

ALDER and HANCOCK: Polycera ocellata in Ann. Nat. Hist., v. 9, p. 33.

JOHNSTON : Triopa nothus? in Ann. Nat. Hist. v. 1, p. 124.

JEFFREVS : British Conchology, vol. 5, p. 76, London, 1869.

Laboratoire de Zoologie de la Faculté des Sciences de Caen, 1er Décembre 1927.

Coléoptères. — En Mai dernier, j'ai pris dans les carrières de Feuguerolles-sur-Orne, un petit Curculionide, Sibinia potentillae, Germ. (détermination de M. Hustache) à propos duquel Fauvel fait remarquer, dans son catalogue des Coléoptères de Normandie, que « Bedel dit bien a tort que cette espèce est assez commune dans tout le bassin de la Seine, car elle paraît manquer en BasseNormandie ».

G. MAZETIER.


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Insectes des environs d'Alençon. — Insectes capturés à l'Excursion d'Alençon (28 Juin 1927), à la carrière de Beauséjour (commune de Condé-sur-Sarthe) et au moulin de Saint-Germain-du-Corbéis (Orne) :

1° ORTHOPTÈRES. — Acrydium bipunctatum L. (dét. L. Chopard), espèce très commune dans l'Orne (abbé Letacq), répandue dans toute la France, sauf la Bretagne (Faune de France de L. Chopard, p. 139) ; à Beauséjour.

2° LEPIDOPTERES. - Nymphula = (Hydrocampa) stagnata Donovan, dét. confirmée par M. Le Marchand (Saint-Germain-du-Corbéis) : espèce peu commune dans nos régions, citée seulement, pour l'Orne, de Pontchardon (Gatry) in cat. Letacq et des mar. de Sarceaux (! B. S. L. N., 1923, p. 53*) ; dans le Calvados le catalogue Dumans ne la mentionne pas ; mais M. Le Marchand l'a prise à Bayeux; je la possède de l'Eure (Saint-Germainsur- Avre, A. Langlois) et, dans ce même département, M. Louis Dupont la cite des Damps, dans son catalogue.

3°COLEOPTÈRES. — Deux espèces de Carabidae : Harpalus honestus Dufts., 2 c? sous une pierre, à la carrière de Beauséjour (espèce déjà signalée de cette localité précise par M. Antoine, B.S.L. N., 1921, p. 25 et non rare, paraît-il, aux environs d'Alençon, assez rare en général, en Normandie) et Pterostichus anthracinus III, 1 Ç, en logette sous une pierre au moulin de Saint-Germain (C. partout dans les lieux humides) ; Hydrophilidae: Cyclonotum orbiculare F., au bord de l'étang de Beauséjour (A.C. dans les stations analogues); 1 Staphylinidae: Tachyporus hypnorum F. (CC. partout) ; 1 Dasytidae : Dasytes plumbeus Müll. (dét. A. Méquignon), pris à Beauséjour dans le parapluie de M. Leboucher (espèce non citée dans la Manche mais CC. dans la Seine-Inférieure, d'après le catalogue Mocquerys, si du moins le flavipes y cité est bien, comme il est indiqué, celui de Fabricius,


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et qu'il faille admettre la synonymie du flavipes F. et du plumbeus Müll.) ; 2 espèces de Chrysomelidae : des Donacia semicuprea Panz (dét. V. Laboissière) capturées en fauchant au moulin de Saint-Germain, espèce commune et un Luperus circumfusus Mrsh. (= nigrofasciatus Weise), pris sur Ulex europaeus L., espèce spéciale aux Génistées, commune çà et là dans tout le bassin de la Seine (Bedel, V, 276).

MM. Laisné et Lemée ont fait d'autres captures dont nous serons heureux de connaître la liste.

M. DALIBERT.

R. POISSON et Mme A. POISSON. — Hémiptères de Normandie (suite) (1).

COREOIDEAE

Gonocerus juniperi H'. S., sur les conifères et surtout sur le Janiperus communis ; Monts d'Eraines, Verson, Mouen. Gonocerus acuteangulatus (Goeze), même habitat que l'espèce précédente; Monts d'Eraines. Verlusia rhombea (L.) var. quadrata (F.), dans l'herbe des lieux incultes et des sous-bois; assez commun. Syromastes marginatus (L.), sur les haies et les plantes basses en particulier les Ulex, Sarothamnus et Rubus ; commun. Spathocera dalmani (Schill.), dans l'herbe des dunes du littoral maritime ; Luc-sur-mer. Spathocera lobata (H. S.) ; Colleville-sur-Orne. Pseudophlaeus waltli (H. S.), dunes du littoral; Luc-sur-Mer. Bathysolen nubilus (Fall.); Luc-surmer. Ceraleptus lividus Stein, sur le tronc des chênes et des conifères ; Monts d'Eraines. Coriomeris denticulatus (Scop.), dans l'herbe des prairies sèches et souvent sous

(1) Voir Bull. Soc. Linn. Norm., 7e sér., t. VIII, p. 48, 1925 et t. X, p. 44, 1927.


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la mousse ; commun. Coriomeris affinis (H. S.), dunes du littoral ; Ouistreham. Coriomeris hirticornis (F.) ; Caen. Stenocephalus agilis (Scop.), sur les plantes basses, en particulier les Euphorbiacées ; Monts d'Eraines, Verson, Luc-sur-mer, etc. Stenocephalus albipes (F.), même habitat que l'espèce précédente ; Monts d'Eraines. Alydus calcaratus (L.); assez commun dans les lieux secs et arides, aussi sur les genêts. Therapha hyosciami (L.), sur diverses fleurs dans les lieux ensoleillés ; forêt de Perseigne, forêt de Cinglais, Mouen, dunes du littoral. Liorhyssus hyalinus (F.), dans l'herbe sèche des landes et des coteaux arides ; assez commun. Corizus maculatus (Fieb.). Corizus subrufus (Gmel.). Corizus parumpunctatus (Schill.). Corizus distinctus (Sign.). Corizus rufus (Schill.); tous ces Coréides s'observent çà et là sur diverses herbes des prairies et du pourtour des bois et forêts. Corizus rufus var. lepidus (Fieb.), sur des bruyères; Saint-Rigomer-des-bois (forêt de Perseigne). Rhopalus tigrinus Schill , dans l'herbe sèche des lieux incultes; Alençon, Caen, etc. Stictopleurus crassicornis (L ); sur les plantes basses en particulier les Rubus ; commun. Myrmus miriformis (Fall.), sur les bruyères, les genêts, les joncs et aussi sur les graminées sauvages de la lisière des bois et forêts ; forêts de Perseigne, de Cinglais, de Balleroy ; Banneville-la-Campagne, Verson, Mouen, Moult, Monts d'Eraines, etc. Il est curieux que ce Coréide, qui est assez commun en Normandie, n'ait pas été capturé dans la région armoricaine par Guérin et Péneau (1904) (1). Chorosoma schillingi (Schill.), sur les graminées (Psamma arenaria) des dunes du littoral maritime (R. Poisson, 1927) (2).

(1) Bull. Soc. Sc. méd. Ouest. Rennes, t. 4,1904, p. 28.

(2) Bull. Soc. Linn. Norm., 7e sér., t. X, 1927, p. 3-8.


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Présentation d'un Strix aluco aluco L. — M. Le Dr A. Moutier présente un bel individu d* de Strix aluco capturé dans les bois de Léaupartie (Calvados). Le Strix aluco (Syrnium aluco) est un oiseau de l'ordre des Strigiformes et de la famille des Strigidae que l'on désigne vulgairement sous le nom de Chouette Hulotte ou de Hulotte ChatHuant. L'espèce, en Normandie et dans l'ouest de l'Europe, présente des individus de grande taille (52 cm) dont le fond du plumage est souvent d'un roux plus ou moins vif et marron et des individus de plus petite taille (35-40 cm) (comme celui capturé par M. le Dr Moutier) qui, par ce caractère, se rapprochent de la sous-espèce spéciale aux Iles-Britaniques : Strix aluco sylvatica Shaw.

Le Strix aluco est sédentaire dans nos régions et fréquente les bois et les forêts (1).

A titre d'indication, mentionnons que le gésier du Strix en question contenait : 1° de nombreux fragments d'herbe et de graines ; 2° quelques poils et ongles d'un petit mammifère ; 3° des mandibules de gros Coléoptères; 4° de nombreuses soies de vers de terre, etc.

R. POISSON.

BIBLIOGRAPHIE

Louis GUILLAUME. — Observations sur le Bathonien moyen et

supérieur de la région au Nord et à l'Est de Caen. (C. R.

somm. Soc. Géol. Fr., 1927, p. 123, 11 juin). Louis GUILLAUME. — Note préliminaire sur les couches de

passage du Bajocien au Bathonien dans la région de Porten-Bessin

Porten-Bessin (id., p. 137, 20 juin). Louis GUILLAUME. — Note préliminaire sur le Bathonien du

Bessin (id., p. 168, 7 novembre).

(1) 1890. Gadeau de Kerville (H.). — Faune de Normandie, Oiseaux, fasc. Il, p. 81.





TRAVAUX ORIGINAUX



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R. POISSON. — Une excursion zoologique au Mont Dol (Ille-et-Vilaine). — Quelques mots sur la répartition géographique de Chorosoma Schillingi (Schill.) (Hémipt. Coreidae).

Le Mont Dol est situé entre la ville de Dol-de-Bretagne et la mer en direction Nord 18° W, à 2 km. 4 de Dol et à 3 km. 6 de la côte. C'est un bloc éruptif bordé au S.-E. par une languette de schistes de Saint-Lô. Le massif, lui-même, est en granulite, coupé par deux filons de diabases parallèles, orientés N. 20° W, S. 20° E. (1).

Les flancs et le sommet du Mont Dol sont recouverts de verdure : arbres, buissons, plantes herbacées diverses ; et, dans la partie nord, la plus élevée et la plus à pic, se trouve une petite mare. Isolée au milieu de terrains d'alluvions, à 65 m. d'altitude, située dans des conditions quelque peu différentes de toutes celles qui se trouvent aux environs, à plusieurs kilomètres à la ronde, cette station d'eau douce m'a semblé devoir présenter un certain intérêt. Les premières recherches effectuées en juillet 1926, bien que trop sommaires, m'ont permis néanmoins d'y observer les animaux suivants :

Turbellariés : Polycoelis nigra Ehr., Dendrocoelum lacteum (Müll).

Hirudinées: Glossosiphonia sp., Haemopis sanguisuga L.

Mollusques : Limnaea intermedia (Michaud), L. (Radix) limosa L., L. (stagnicola) palustris (Müll.), Bythinia (Amnicola)

(1) Ces renseignements m'ont été donnés par M. J. Mercier, assistant de géologie, que je remercie cordialement.


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celtica (Bourguignat) ; de nombreux exemplaires d'un Pisidium voisin du P. rivulare (Clessin).

Crustacés : Daphnia magna Strauss., Chydorus sphaericus Müll., Cyclops strenuus Fischer, Asellus meridianus Raco. (abondant).

Insectes : HÉMIPTÈRES; nombreux individus macroptères de Microvelia pygmaea Duf., courant sur les lentilles d'eau ; Gerris thoracicus Sch. (f. macropt.), G. lacustris (L.) (f. macropt.), G. argentata Sch. (f. macropt.), Hydrometra stagnorum (L.) (f. macropt. et brachypt.), Nepa cinerea L , Ranatra linearis L., Naucoris maculatus F., N. cimicoïdes (L ), Notonecta viridis Delc, N. glauca L. (formes à élytres très maculés), N. maculata Fab. ; Plea minutissima Fuessl. ; Corixa geoffroyi Leach., Arctocorisa hieroglyphica (Duf.), A. distincta (Fieb.), A. Falleni (Fieb.), A. lugubris (Fieb.), A. striata (L.), A. Sahlbergi (Fieb.).

Coléoptères : Agabus palustris L., Hydrous piceus L., Acilius sulcatus L., etc.

A noter aussi la présence de nombreuses larves d'Agrion sp. (Odonates) et de Cloeon simile Eaton (Ephéméroptère). Enfin, dans la mare en question, vivaient encore à cette époque : des Tritons, des Salamandres (tétards), Rana esculenta L. et Anguilla vulgaris L.

Ces premières observations montrent donc que la mare du Mont Dol, bien que de dimensions réduites, possède une faunule relativement riche en espèces et dont certaines mêmes sont intéressantes :

C'est ainsi qu'Arcoctorisa distincta, est un Corixidae rare dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest ; cependant sa présence dans cette mare n'est pas surprenante, car cet


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Hémiptère affectionne les pièces d'eau élevées des terrains granitiques (cf. Dr Populus, 1881).

Asellus meridianus Raco. est un Crustacé d'eau douce relativement commun, mais que l'on trouve peu souvent dans de petites pièces d'eau aussi isolées. Remarquons toutefois qu'il paraît se contenter d'eau moins vive qu'A. aquaticus L. et qu'il semble plus ubiquiste que ce dernier.

Parmi les Mollusques, Bythinia celtica est une forme assez rare, qu'il est curieux de trouver en cet endroit.

Quant aux Anguilles il faut supposer qu'elles y ont été apportées.

Enfin, en ce qui concerne les insectes, parmi des espèces aquatiques présentant du polymorphisme alaire, seule la forme macroptère semble avoir pu gagner la station en question. Il est à remarquer, en effet, que les Hémiptères gymnocérates capturés sont macroptères et que les représentants d'espèces comme Microvelia pygmaea et Hydrometra stagnorum, qui normalement dans nos contrées sont presque toujours brachyptères ou aptères, étaient, dans cette station élevée, tous ailés (1).

La faune terrestre du Mont Dol semble également présenter quelques particularités. Ainsi, dans l'herbe, sur le sommet du mont, où poussent quelques Châtai(1)

Châtai(1) faite de quelques individus brachyptères d'H. stagnorum. Cet état de chose peut du reste changer rapidement car, j'ai montré que chez beaucoup d'espèces d'Hémiptères gymnocérates aquatiques, un couple d'ailés donne parfois naissance, dans sa descendance, à des individus brachyptères ou aptères (R. Poisson, 1924).


gniers dans le feuillage desquels pullulent Alebra albostriella (Fall ), Typhlocyba rosae (L.) et Lethierry Edw. (Homopt. Jassidae), j'ai capturé Deltocephalus sabulicola (Curt.) (Homopt. Jassidae), Cixius venustulus (Germ.) (Homopt. Fulgoridae) et surtout Chorosoma Schillingi (Schill.) (Hétéropt. Coreidae). Ce sont là trois Hémiptères affectionnant plus spécialement la région littorale et le Chorosoma, principalement (dans nos contrées tout au moins), est en général cantonné dans les Psamma arenaria Roem. et Sch., Graminées des dunes maritimes.

Il est sans doute permis de supposer que des espèces maritimes ont pu persister dans certaines stations après le retrait de la mer. Or, le Mont-Dol faisait anciennement partie de la zone littorale et la présence dans ce lieu de Ch Schillingi, en particulier, insecte ne volant pas ou volant fort mal (R. Poisson, 1925) est peut être un exemple de ce fait d'isolement.

La répartition géographique de Ch. Schillingi est du reste curieuse. Cet Hémiptère est signalé d'Espagne, du Portugal (H. F. de Seabra, 1925), de Corse, d'Algérie, de Macédoine (M. Royer, 1923), de Syrie, du Caucase, de Turquie et du Turkestan (Oshanin). C'est donc une espèce méridionale qui, en Europe, a dû s'étendre vers le nord en suivant le littoral maritime. Sur les côtes de France la présence de Ch. Schillingi a été mentionnée çà et là, du midi au nord (Puton, A. Dominique, 1902, J. Péneau, 1924). Pour ma part je l'ai capturé à Banyuls (Pyr.-Orientales), ainsi qu'en différents points du littoral des départements des Côtes-du-Nord, d'Ille-et-Vilaine, de la Manche et du Calvados. En Angleterre, Ch. Schillingi semble également localisé à la région littorale (E. Saunders, 1892); il en est de même en Belgique (A. Lameere, 1900, J. Gérard Salm, 1926). Des stations continentales de l'espèce sont cependant connues. C'est


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ainsi, par exemple, que Ch. Schillingi a été capturé à Saclas (Seine-et-Oise), dans un lieu où s'observe, du reste, tout un ensemble d'espèces méridionales (L. Bedel, 1924), et aussi aux environs de Francfort-surle-Main (J. Gulde, 1924).

Pour terminer, mentionnons encore l'existence, au Mont-Dol, du Papilio machaon L. Ce beau Lépidoptère affectionne la région maritime et surtout les lieux élevés (1). Aussi, le Mont-Dol représente-t-il pour ce Papillon une station privilégiée. On peut voir l'adulte voler parmi les arbustes poussant dans la région Nord, ou encore autour de la chapelle construite sur le Mont. De là, les femelles n'ont que peu de chemin à faire, pour aller déposer leurs oeufs sur les Ombellifères qui abondent dans les champs et jardins des alentours.

BIBLIOGRAPHIE

1924. BEDEL (L.). — Hémiptères des environs de Saclas (Seineet-Oise). Ann. Soc. Ent. Fr . t. XCIII, p. 186.

1902. DOMINIQUE (Abbé). — Catalogue des Hémiptères (Hétéroptères, Homoptères, Psyllides) de la Loire-Inférieure. Bull. Soc. Sc. nat. de l'ouest Fr., 1902.

1924. GULDE (J ). — Die Wanzen (Hemiptera-Heteroptera) der Umgebung von Frankfurt a. M. und des Mainzer Beckens. Abh. d. Senck. nat. Gesell.. Bd. XXXVII, heft 4. s. 329.

1900. LAMEERE (A.). Faune de Belgique, t. II; H. Lamertin, Ed., Bruxelles.

(1) Voir à ce sujet S. Le Marchand : Bull. Soc. norm. d'Entom. in Ann. méd. de Caen, n° 12, p. 285, 1926.


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1924. PÉNEAU (J.). —Contribution à la faune des Hémiptères

des côtes vendéennes. Bull. Soc sc. nat. de l'ouest Fr.,

t. IV, p. 26. 1924. POISSON (R.). — Contribution à la connaissance des

Hémiptères aquatiques. Bull. Biol. Fr. et Belg.,

t. LVIII.

1924. POISSON (R ). — Sur la persistance des muscles vibrateurs

vibrateurs vol chez un Hémiptère hétéroptère brachyptère

brachyptère Schillingi (Schill.). C. R. Soc. Biol.,

t. XCII, p. 4. 1881. POPULUS. — Catalogue des Hémiptères du département

de l'Yonne. Bull. Soc. sc. hist. et nat. de l'Yonne,

vol. XXXIV, p 13. 1923. ROTER (M.). — Travaux scientifiques de l'Armée d'Orient.

Hémipt. hétéroptères. Bull. mus. hist. mat., t. XXVIII. 1926. SALM. (J.-G.). — Bull. soc. ent. Belg., t. LXVI, p. 286.

1925. SEABRA (A.-F. DE). — Observaçoes sobre a classificaçao

de algumas espécies de Hemipteros Heteropteros de Portugal. Mem. e est. do Museu zool. da Univ. deCoïmbra, ser. I, n° 5.

Laboratoire de Zoologie, Faculté des Sciences de Caen, 2 Janvier 1927.

A. BIGOT. — Notice explicative de la feuille de Coutances, n° 44, de la carte géologique de la France (1).

La feuille Coutances est terminée sur la mer par une côte régularisée, sur laquelle ne font saillie que les caps rocheux de Granville et de Carolles. Elle est traversée

(1) Les explorations et les tracés géologiques ont été faits: 1° pour la première édition, de 1879 à 1862, par M. Lecornu, ingénieur ordinaire des Mines; 2° pour la deuxième édition, de 1907 à 1926, par M. A.. Bigot, Correspondant de l'Institut, Doyen de la Faculté des Sciences de l'Université de Caen.


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de l'Est à l'Ouest par la large bande de la « Zone bocaine », formée presqu'exclusivement par des couches cambriennes et dans laquelle l'Ordovicien n'existe qu'en lambeaux, cantonnés vers le bord Est de la feuille. Une digitation de cette zone, qui a perdu sa continuité avec elle, s'aligne vers le bord Nord de la feuille, dans la direction de Montmartin-sur-Mer ; elle contient des couches dinantiennes. La bande étroite du MesnilAubert, formée d'assises cambriennes et dévoniennes est aussi un élément détaché de la zone bocaine. Ces zones synclinales, qui portent au Signal de Guilberville le point culminant de la feuille (363 m.), dominent par leur relief les régions qui les entourent et qui sont formées par des Phyllades de Saint-Lô. Parallèlement au bord Sud de la feuille s'allonge une large bande de granité, entourée d'une auréole de phyllades durcis, qui déterminent, surtout à l'Est, une région de fort relief, portant près de Vengeons l'un des sommets les plus élevés de la feuille (338 m.). Enfin, la diorite quartzique de Coutances se termine dans l'angle Nord-Ouest de la feuille. Le territoire de la feuille de Coutances est donc constitué exclusivement par les formations paléozoïques du Massif Armoricain; par l'Est, elle se rattache au Bocage de l'Orne et du Calvados; par l'Ouest, elle fait partie du Cotentin. Elle forme une région accidentée, très arrosée, boisée. Ses pâturages et ses plants de pommiers en font une région d'industrie du lait et du cidre et de leurs dérivés, ainsi que de production de jeunes chevaux et surtout de bovins d'élevage.

Description des Terrains sédimentaires

Les ALLUVIONS MODERNES forment le fond plat des vallées ; leur importance est en rapport avec la largeur


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et la profondeur de celles-ci. Dans l'estuaire de la Sienne se déposent des langues, provenant de la décantation de sables argileux très fins, chargés de matières organiques, apportés par les courants de flot. Ces tangues, exploitées comme amendement, comblent peu à peu l'estuaire, qui est transformé progressivement en « prés salés » où l'on élève des moutons estimés. Des tourbes sableuses ont été signalées sous les sables de la plage au Sud de Granville.

Des DUNES, hautes de 6 à 8 mètres, forment à l'intérieur de la ligne de rivage une bande ordinairement large de plus d'un kilomètre, qui n'est interrompue que par les saillants rocheux des caps de Granville et de Carolles. Elles s'appuient sur des cordons littoraux cheminant parallèlement à la ligne de rivage, en déplaçant l'embouchure des cours d'eau vers le Nord (ruisseaux du Thar et de Bricqueville) ou vers le Sud (Sienne).

Les LIMONS paraissent surtout provenir de l'altération des formations qu'ils recouvrent; cependant, à l'Ouest de la zone bocaine, ils débutent parfois par un lit de galets. Les limons ont été figurés surtout dans la partie occidentale de la feuille où ils sont en effet plus développés, avec une épaisseur qui peut atteindre 6 mètres (tranchée à l'Est de la Station de Saint-Planchers) ; la distribution de ces limons semble en relation avec une ancienne surface de dénudation continentale, sculptée par le réseau hydrographique actuel. Les poches de décalcification du calcaire carbonifère ont fourni à Raoul Fortin des ossements de Vertébrés de la faune froide du Quaternaire, parmi lesquels : Elephas primigenius Blum, Rhinoceros tichorhinus Cuv , Hyaena spelaea Goldf.

Les ALLUVIONS ANCIENNES forment des dépôts sans


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importance limités à des terrasses étroites, voisines du cours actuel de la Vire, et particulièrement nettes au Nord de Troisgots.

Les SABLES et GRAVIERS PLIOCÈNES sont représentés par les galets résiduels d'une formation qui devait couvrir une surface nivelée du Calcaire carbonifère, vers l'altitude de 40 mètres. Des paquets de cette formation ont été conservés dans des poches de décalcification du calcaire, et leur cimentation, par silicification, a produit des blocs irréguliers de poudingue d'une grande dureté (La Rousserie).

Le DINANTIEN est représenté, au Sud de Coutances, par les calcaires gris et noirâtres de Regnéville et de Montmartin-sur-Mer; ils ont fait autrefois l'objet d'une active exploitation dont les produits alimentaient d'importants fours à chaux, ou étaient exportés dans le Nord de la Bretagne et dans les Iles Anglo-normandes ; une seule exploitation, pour marbrerie, existe aujourd'hui à Montmartin-sur-Mer. La roche est un calcaire à crinoïdes, avec Nodosaria et Trochammina, ou plus rarement un calcaire oolithique. La faune comprend, d'après une révision inédite de M. l'abbé Delépine, Spirifer Konincki Dewalque, Syringothyris cuspidata (Martin), Chonetes papilionacea Phillips. Le Davisiella Comoides (Sow.), en grands individus confondus avec le Productus giganteus avant les études de M. l'abbé Delépine, est le fossile le plus abondant et fixe la position de ces calcaires à la base du VISÉEN. Entre Regnéville et Hyenville les calcaires sont limités au Sud par des grès, exploités près du Robillard; ils sont grossiers, ou quartziteux, avec lits argilo-sableux, noirs, charbonneux ; les grès contiennent des fragments de fusain ; des tubulures d'origine végétale, perpendiculaires au plan des strates, traversent un banc de quartzite exploité


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à l'Est de Montmartin. Le Carbonifère a donc débuté par un faciès « culm » déposé sur les schistes rouges du Cambrien, qui bordent ces grès au Sud.

Les grès du Robillard sont interrompus à Hyenville. A l'Est de la vallée de la Sienne s'allonge la crête de Montpinçon et Cérisi-la-Salle, formée de grès reposant aussi sur les schistes rouges cambriens; ils ont été maintenus dans le Cambrien par suite de leurs caractères lithologiques.

COBLENCIEN. — Des schistes, grauwackes et grès forment près du Mesnil-Aubert une bande étroite, alignée du Sud-Ouest au Nord-Est, encadrée par des failles, entre le Briovérien au Nord-Ouest et le Cambrien au Sud-Est (1). Cette bande comprend une assise supérieure, dans laquelle s'intercalent, près du Mesnil-Aubert, des calcaires à cassures miroitantes et des grauwackes à Chonetes tenuicostata OEhlert, Spirifères et articles d'encrines qui placent cette couche sur le niveau de l'horizon de Néhou. L'assise inférieure est formée de grès foncés, quartziteux, et n'a pas fourni de fossiles; elle représente peut-être le niveau des grès à Orthis Monnieri.

L'ORDOVICIEN n'a été conservé que dans une région très limitée de la zone bocaine, au Sud de Jurques, où il forme une bande de direction N. N. W., d'allure monoclinale, avec plongement vers le Nord, tronçonnée par des cassures transversales avec rejets.

L'Ordovicien est composé de deux assises : la supérieure, ou Grès de May, forme des reliefs avec bois et landages ; les grès exploités à Jurques et à Saint-Martin(1)

Saint-Martin(1) calcaire signalé par Quénault à Notre-Dame-de-Cenilli. n'a pas été retrouvé ; le gisement serait sur le prolongement du Dévonien du Mesnil-Aubert.


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des-Besaces contiennent la faune habituelle à ce niveau (Homalonotus, Orthis). L'assise inférieure des Schistes d'Angers est recouverte par les éboulis et n'a été reconnue, au Sud de la bande de Grès de May, que par les recherches de la couche de minerai de fer située à sa base. Le minerai, exploité par la concession de Jurques, est une sidérose oolithique, qu'on transforme sur place, par grillage, en hématite. Les quartzites du Grès armoricain font défaut à la base de cette série ordovicienne de Jurques, comme dans la partie de la zone bocaine située à l'Ouest de la feuille de Falaise (Saint-Rémy, Montpinçon, la Ferrière-du-Val). Cette absence ne provient ni d'une interruption dans la sédimentation, ni d'une suppression par faille; on doit admettre que l'Ordovicien inférieur, dans cette région de la zone bocaine, est représenté, en totalité ou en partie, par les schistes rouges, sans qu'il soit possible de tracer, dans cette série schisteuse, la limite de l'Ordovicien et du Cambrien.

CAMBRIEN. — La partie de la zone bocaine située sur la feuille de Coutances est, à l'exception de la région de Jurques, formée par des couches cambriennes, qui prennent sur cette feuille un grand développement en surface et en épaisseur. En général, les couches cambriennes sont peu inclinées. Le Cambrien débute par des conglomérats et des grès grossiers, discordants sur le Briovérien très redressé et subvertical. La tranchée du chemin de fer entre Torigni-sur-Vire et Guilberville montre un exemple très net de cette discordance, observée sur plusieurs autres points de la feuille. Les galets des conglomérats, ordinairement avellanaires dans la zone bocaine, sont des grès briovériens rougis et des quartz d'origine filonienne. A l'Ouest de la zone, et dans les saillants de Troisgots et de Placy-Montaigu,


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les conglomérats et les grès prennent une teinte rouge prédominante et sont surmontés par des schistes de même couleur. Au-dessus des conglomérats se développe une masse épaisse de schistes et quartzophyllades de couleur vert sale ou vert bleuâtre dans lesquels la Vire est profondément encaissée dans les régions de Campeaux et de Troisgots; près de Campeaux ces schistes sont légèrement calcarifères; on a exploité à Beaucoudray des calcaires à la base de cet horizon; mais d'une façon générale, les calcaires magnésiens du niveau de Laize manquent sur la feuille de Coutances comme à l'Ouest de la feuille de Falaise. Ces schistes sont surmontés par des schistes rouges, continuant ceux qui occupent le même niveau sur la feuille de Falaise; ils forment sur celle de Coutances une longue bande presque continue, d'allure synclinale ; on a signalé, en décrivant l'Ordovicien, que le sommet de ces schistes rouges peut représenter le Grès armoricain. Les crêtes de Guilberville et de Montabot sont formées par des grès quartziteux à grain grossier, surmontant ces schistes rouges. Au Sud de l'Ordovicien de Jurques il existe, dans les environs de la Cabosse, des grès et des conglomérats, séparés des schistes d'Angers par une étroite bande de schistes rouges; les relations de ces grès et conglomérats avec les schistes rouges et avec les schistes d'Angers sont mal connues.

L'étroite bande du Mesnil-Aubert est formée par des conglomérats recouverts au Nord-Ouest par des schistes qu'une faille sépare du Dévonien.

Le Cambrien du synclinal du Nord de la feuille a une composition assez différente de celui de la zone bocaine. Les conglomérats de la base contiennent à Coutances des galets en général assez gros, formés de quartz gras d'origine filonienne, de grès rougis et phtanites brio-


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vériens. Une bande étroite de schistes verdâtres sépare ces conglomérats d'une assise de grès et de schistes rouges surmontés par les grès durs, quartziteux, de Montpinchon et de Cerisi-la-Salle, dont l'attribution au Cambrien a été discutée en décrivant le Dinantien. Les épaisseurs de cette série cambrienne et de ses divers termes sont considérablement moindres que dans la zone bocaine. Il est possible d'ailleurs que, malgré une succession de faciès semblables, les divers termes ne soient pas du même âge dans les deux régions.

L'étage des PHYLLADES DE SAINT-LÔ, ou BRIOVÉRIEN, se présente avec ses caractères habituels : schistes tendres, se décomposant facilement, ou schistes durs, assez fissiles pour que l'exploitation en ait été tentée comme ardoises (Caumont-l'Eventé), lits et zones de grès durs, le tout en couches subverticales. Près de Coutances, une bande de quartzites fins, noirs, large seulement de quelques mètres, mais suivie sur près de 7 kilomètres, s'intercale dans un horizon de schistes graphiteux et pyriteux; ces phtanites sont semblables aux phtanites des environs de Lamballe dans lesquels Ch. Barrois et L. Cayeux ont signalé la présence de Radiolaires, Spongiaires et Foraminifères ; comme en Bretagne, ces quartzites sont exploités pour l'empierrement au Nord de Courcy (Lande des Vardes) et à Quibou (Pont de Mazé). A Granville, un poudingue, intercalé dans les Phyllades, est formé de galets de roches variées dont la liste a été donnée par Ch. Barrois ; parmi ces roches se trouvent des phtanites, des granites, des schistes granitisés variés, rappelant ceux du Massif de Coutances. Le dépôt des Phyllades de Saint-Lô, malgré l'uniformité des caractères lithologiques, comprend des épisodes de remaniement qui ont permis à Ch. Barrois de distinguer une division inférieure, avec lits de phtanites, et


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une division supérieure caractérisée par les poudingues de Granville, à galets de granite et de phtanite.

Au pourtour du Massif granitique de Vire-Carolles, les phyllades sont transformés en schistes tachetés (à pseudo mâcles) devenus très durs au voisinage immédiat du granite. Sur cette zone durcie du contact s'échelonnent des carrières pour matériaux d'empierrement.

Au voisinage de la Diorite quartzique de Coutances se continuent les modifications signalées sur la feuille de Saint-Lô, c'est-à-dire transformation en schistes amphiboliques, en cornes pyroxéniques; ces modifications n'ont pas été reconnues au bord Sud du massif de diorite.

Roches éruptives

La GRANULITE forme quelques filons étroits et de faible longueur, traversant le granité; elle est généralement pauvre en mica blanc; le quartz y prend parfois une texture graphique et elle renferme parfois de la tourmaline noire. Elle peut être exploitée pour empierrement.

Le GRANITE DE VIRE est entouré d'une auréole de Phyllades métamorphisées Au Sud de Villedieu, il est surmonté par les grès de la base du Cambrien, métamorphisés à son contact. Ce granité est typique; c'est une roche à grains moyens, d'un gris bleuâtre, à mica noir, avec orthose blanc et oligoclase blanc verdâtre, quartz vitreux en plages; au voisinage des contacts avec les Phyllades il présente des enclaves schistoïdes, très micacées; au voisinage immédiat du contact il envoie dans les Phyllades des filons dans lesquels il se transforme en granulite avec mica blanc, et plus rarement en pegmatite à grands éléments, tourmalinifère.


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Le granite est souvent décomposé en arène, exploitée comme sables pour mortiers. Les parties non altérées fournissent, surtout dans les grandes carrières de Montjoie et du Gast, un beau granite, dans lequel les enclaves sont exceptionnelles, se prêtant à la sculpture et au polissage, et dont les blocs, exportés dans la région, ou taillés à Vire et à Saint-Sever, sont utilisés pour des monuments funéraires (Dalle de la Tombe du Soldat Inconnu).

La DIORITE QUARTZIQUE à amphibole et biotite de la feuille de Saint-Lô se termine au Nord-Ouest de la feuille de Coutances. Au bord Sud de l'affleurement elle est rubanée, gneissique, par suite d'écrasement, et limitée probablement de ce côté par une faille. Elle est généralement très altérée, même complètement décomposée en arènes exploitées comme sable pour mortiers.

Filons

Plusieurs filons de DIABASE traversent le Granite et les Phyllades. Leur trajet, voisin de Nord-Sud, est indiqué par des traînées de blocs arrondis, échappés à l'altération. Aucun de ces filons n'est exploité pour l'empierrement.

Le QUARTZ blanc forme plusieurs filons, en général étroits et de peu de longueur. Cependant, le filon de Donville, qui traverse les Phyllades dans une direction Nord-Est-Sud-Ouest, a environ 3 kilomètres de longueur, et celui de Sainte-Marie-Laumont traverse du Sud au Nord, sur 4 kilomètres, les Phyllades et le Cambrien. Ces deux filons sont activement exploités pour l'empierrement. On a signalé des traces de sulfure de zinc dans les filonnets de quartz qui traversent les phyllades métamorphiques du Pignon Butor, près de

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Carolles, des traces de chalcopyrite et de galène dans le quartz de Vengeons et des « minerais de cuivre décomposés » dans les quartz des Buttes de Montabot.

Remarques Statigraphiques

Les plis et accidents de la région s'ordonnent autour de deux directions principales : l'une voisine du N. ES. O. (du Léon ou calédonienne) est celle de la région située au N. O. de Coutances (Diorite et phtanites), de la bande du Mesnil-Aubert et de ses accidents, prolongés par le bord Sud-Est de la bande de Cerisi-la-Salle et par le filon de quartz de Donville; suivant la seconde (direction de Cournouaille ou armoricaine) s'alignent le massif granitique de Vire-Carolles, l'axe de la zone bocaine à l'Est de la Sienne, la bande cambrienne de Montmartin à Cérisi-la-Salle; cette direction armoricaine résulte de mouvements postérieurs à ceux qui ont produit la première. On doit signaler l'orientation exceptionnelle au N. O.-S. E. de l'axe des saillants de Placy-Montaigu et de Troisgots, de la bordure cambrienne entre Coutances et la vallée de la Quesnellière, et de l'accident qui limite au Nord de Montmartin le calcaire carbonifère.

La dissymétrie des synclinaux est moins complète que dans les régions voisines ; elle se traduit cependant par une plus grande régularité dans la succession des assises de leur flanc Sud, par la prédominance à leur bord Nord d'accidents supprimant des assises et produisant des contacts anormaux, par la direction sinueuse du bord Nord de la zone bocaine à l'Est de la Vire, par l'allure monoclinale des lambeaux ordoviciens de la région de Jurques.

La distinction, dans la zone bocaine, de deux plis synclinaux, signalée sur la feuille de Falaise, se con-


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tinue sur celle de Coutances. L'axe anticlinal qui sépare ces deux synclinaux est jalonné par une bande de conglomérats qui se détachent de la bande Nord près de Sourdeval-des-Bois, puis se dirigeant en direction E.-O., jusqu'à Gouvets, est prolongée à l'Est de la Vire par une cassure, le long de laquelle reparaissent deux petits lambeaux de conglomérats, près de Pleines-OEuvres et de Bures. Le pli Sud est moins profond que le pli Nord; celui-ci renferme des assises qui manquent dans celuilà : Schistes rouges, grès de Montabot et de Guilberville, Ordovicien de la région de Jurques. Cette disposition suivant deux plis n'est pas apparente dans la région située à l'Ouest de la Sienne, où les couches inférieures du Cambrien deviennent subhorizontales et prennent une allure tabulaire.

L'analyse de la distribution et de l'allure des couches de la zone bocaine permet de tenter une explication de sa structure. Elle résulte d'un déplacement des assises vers le Nord, pendant les plissements hercyniens. La région située à l'Ouest de la Sienne est demeurée stable, ainsi que le bord Nord de la région entre la Sienne et la Vire. Dans la région située à l'Est de la Vire, tout l'ensemble de la zone a été porté vers le Nord et sectionné par des cassures parallèles à son axe, au-dessus desquelles les couches se sont déplacées et ont pris une allure monoclinale, à plongement Nord. La plus importante de ces cassures limite la zone bocaine entre Jurques et Troisgots et met en contact avec le Briovérien diverses assises de cette zone, en particulier les schistes rouges supérieurs. Le chevauchement des couches cambriennes, poussées vers le Nord, sur une surface des couches briovériennes, inclinée à 25° vers le Sud, a été observé au Nord de Saint-Ouen-des-Besaces. Il est légitime de considérer que cette disposition,


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constatée aussi sur la feuille de Falaise, est celle de l'ensemble des accidents de la région. Par suite, le bord Nord de la zone, disparu en affleurement depuis Jurques, existe très vraisemblablement au-dessous des assises refoulées sur lui, il n'apparaît que dans la petite bande de conglomérats des Loges, située au Nord de l'accident qui limite la zone bocaine. Dans l'effort de refoulement qui a produit ces accidents, le bord Sud de la zone bocaine, entre la vallée de la Vire et la vallée de la Sienne était compris entre une région stable située au Nord et à l'Ouest, et une région déplacée située à l'Est; il s'est morcelé en tronçons, déplacés entre cassures transversales, dont la bande discontinue de conglomérats, de direction générale Nord-Est-SudOuest, qui s'étend de Villedieu à la vallée de la Vire montre la disposition. L'extrémité Sud de cette bande était plus rapprochée de la surface du batholithe granitique qui l'atteint près de Villedieu.

Les cassures transversales n'ont pu être mises en évidence dans la plus grande partie de la feuille à cause de l'homogénéité des caractères lithologiques des formations qu'elles affectent, mais leur existence est soulignée par les divers filons qui traversent le granite et les formations sédimentaires, dans une direction voisine du Nord-Sud.

La structure de la feuille porte ainsi les traces de trois phases de dislocations, l'une antérieure au Cambrien, discordant sur les tranches des Phyllades briovériennes ; les effets de la seconde, en partie masqués par ceux de la troisième ne se traduisent que par leur direction. Les assises du Calcaire carbonifère ont été dérangées par les mouvements de la troisième phase qui est celle des mouvements hercyniens ; c'est cette dernière phase dont les effets sont les plus apparents.


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Particularités hydrologiques

Les terrains de la région sont formés de roches généralement peu perméables, dont la disposition ne se prête pas à la formation de nappes étendues et importantes; les sources sont donc nombreuses, disséminées, de débit faible et très variable, tarissant souvent l'été. La région du calcaire carbonifère est dépourvue de cours d'eau; les fissures, élargies par décalcification, absorbent les eaux de surface qui se rassemblent à la base des calcaires.

Travaux et Documents consultés

Les CARTES GÉOLOGIQUES consultées pour cette feuille sont : Les Cartes géologiques de la Manche (1827) et du Calvados (1829) par M. A. de Caumont, la Carte géologique de l'Orne, par M. Blavier, Ingénieur ordinaire des Mines (1842), la Carte géologique générale de la France, par MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont, Ingénieurs en chefs des Mines (1842), la Carte géologique de la Manche, par M. Vieillard, Ingénieur ordinaire des Mines, complétée et publiée en 1880 après le décès de l'auteur par MM. Potier et de Lapparent, Ingénieurs ordinaires des Mines, la feuille Granville de la Carte géologique détaillée de la France, par M. Ch. Barrois, Professeur à la Faculté des Sciences de Lille (1886)

TRAVAUX GÉOLOGIQUES

[1] Ch. BARROIS. — Légende de la feuille de Granville (Ann.

S. Géol. Nord, t. XII, 1884-85 [1885], pp. 154-157). [2] A. BIGOT. — L'Archéen et le Cambrien dans le Nord du

Massif Breton et leurs équivalents dans le Pays de Galles,


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Cherbourg, 1890, 202 p. (Extr. des Mém. Sc. Nat. et Math.

Cherbourg, t. XXVII, 1891). [3] A. BIGOT. — Le Massif ancien de la Basse-Normandie et sa

bordure (B. S. Géol. Fr., 4e s., t. IV, 1904 [1907], p. 925). [4] A. BIGOT. — Sur la structure de la zone bocaine (C. R. Ac.

Sc. Paris, t. CLVII, 1913, p. 1485). [5] Ed. BLAVIER. — Etudes géologiques sur le département de

l'Orne, in-8°, 94 p., 6 fig et 1 carte (Ann. Dép. Orne, 1842;

réimprimé dans Mém. Institut Provinces, t. I, 1859, p. 280). [6] BONNISSENT. — Essai géologique sur le Département de la

Manche (Mém. S. Sc. Nat. et Math. Cherbourg, t. VI à XV,

1858-1870; tirage séparé, Cherbourg, Ch. Feuardent, 1870). [7] A. DE CAUMONT — Essai sur la topographie géognostique

du département du Calvados (M S. Linn. Norm., t. IV [1828].

pp. 59-336, 2 fig., atlas de 7 pl.). [8] A. de CAUMONT. — Essai sur la distribution géographique

des roches dans le département de la Manche (M. S. LinnNorm.,

LinnNorm., V [1835], pp. 239-281, 1 pl., et t. VI, 1838, pp. 249278,

249278, pl.). [9] Paul DALIMIER. — Stratigraphie des terrains primaires

dans la presqu'île du Cotentin. Paris, Martinet, 1861, in 4°,

140 p., 2 pl., 1 carte. [10] E. EUDES-DESLONGCHAMPS. — Terrain carbonifère dans le

département de la Manche (M. S. Linn. Norm., t. X, 1855-55

[1856], pp. 53-55). [11] DUHAMEL — Mémoire sur la Minéralogie du département

de la Manche (Journal des Mines, An III [1795], t. II, n° VII,

pp. 25-64 et n° VIII, pp. 1-32). [12] R. FORTIN. — Sur un gisement de Mammifères de l'époque

pleistocène découvert à Orval (Manche) (B. S. Géol. Norm.,

t. XV, 1891 [1893], pp. 47-57, pl. VII-IX). [13] Ed. HÉBERT. — Phyllades de Saint-Lô et conglomérats

pourprés du Nord-Ouest de la France (B. S. Géol. Fr., 3° s.,

t. XIV, 1886, pp. 713-774). [14] E. JÉRÉMINE (Mme). — La prétendue syénite de Coutances

(C. R. Ac Se. Paris, t. CLXXVIII, 1924. pp. 91-101). [15] E. JÉRÉMINE (Mme). — Granite et microgranite à structure


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graphique près Périers (Manche) (C. R. Ac. Sc. Paris, t. CLXXVIII, 1924, pp. 1290-1293).

[16] L. LECORNU — Note sur la feuille géologique de Coutances (B. S. Linn. Norm., 3e s., t. VI, 1881-82, pp. 30-35).

[17] L. LECORNU. — Sur les plissements siluriens dans la région du Cotentin (B. Serv. Carte Géol. Fr., t. IV [n° 53], 1893, pp. 395-414).

[18] J. MORIÈRE. — Nouveaux gisements de marbre (M. S. Linn. Norm., t. IX, 1853, p. LXV).

[19] QUÉNAULT. — Notes sur le Calcaire carbonifère de Montmartin-sur-Mer et de Hyenville (Ann. des cinq départements de Normandie, t. XLII, 1876, p. 130 et t. LII, 1886, p. 75).

[20] F.-A. TABARD. — Mémoire sur quelques observations relatives à la botanique et à la géologie de l'arrondissement de Saint-Lô (M. S. Linn. Norm., t. X, 1854-55 [1856], pp. 324-334).

Jean MERCIER. — Sur l'Age et la Faune des Assises argileuses de Lion-sur-Mer (Calvados).

E. E -Deslonchamps a signalé dans le Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie (1) l'existence d'espèces du Cornbrash dans les argiles qui surmontent les calcaires bradfordiens à Lion-sur-Mer; mais il plaçait ces dépôts à la base du Callovien et il considérait que les espèces du Cornbrash étaient remaniées à la base de ces argiles.

Munier-Chalmas (2) a classé les argiles de Lion-surMer dans le Cornbrash ; il y a distingué plusieurs

(1) B. S. L. N., 1re sér., t. I, p. 24; t. IV, p. 216; t. VII, p. 304; t. VIII, p. 218.

(2) B. S. G. F., 1890-91, 3e Sér., T. XIX, p. CVIII.


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niveaux et signalé la présence d'Oxynoticeras Hochstetteri Op , forme caractéristique du Cornbrash et d'Eudesia cardium Lamk.

Les carrières exploitées depuis une cinquantaine d'années à l'ouest de Lion-sur-Mer et la petite falaise voisine permettent de préciser la répartition des fossiles dans les argiles. Pour l'établir, j'ai pu ajouter à mes observations personnelles les renseignements qui m'ont été fournis par M. le Professeur Bigot ainsi que les nombreux documents recueillis par lui ou qui proviennent de la collection Deslongchamps et qu'il m'a aimablement communiqués (1).

COUPE DE LA CARRIÈRE (FIG. 1)

Une des carrières, activement exploitée, m'a fourni une excellente coupe des assises argileuses. Elles surmontent la pierre blanche de Langrune dont la surface, durcie et perforée, est recouverte d'huîtres adhérentes (Ostrea Wiltonensis Lyc. — O. lingulata Walk.). Leur puissance est de 3 mètres. Leur teinte, franchement bleue à la base, ensuite gris-verdâtre, passe en haut à la couleur jaune.

On peut reconnaître dans les argiles les lits suivants, au nombre de douze, consistant en alternances de bancs argileux et de bancs de calcaire marneux.

I. Argiles bleues, compactes, devenant très dures en séchant. Epaisseur : 20 cm.

II. Petit banc de calcaire marneux, gris-jaunâtre, assez

(1) Je prie M. le Doyen Bigot de trouver ici l'expression de ma vive gratitude pour les conseils qu'il m'a donnés et la sollicitude qu'il a pour moi.


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dur, observable sur une longueur de quelques mètres seulement Epaisseur : 10 cm.

III Argiles bleues de même nature que celles de I. Epaisseur : 40 cm.

IV. Argiles gris-verdâtres. Epaisseur : 20 cm.

V. Banc dec alcaire marneux, gris, moins dur que II; assez disloqué. Epaisseur variant de 10 à 15 cm.

VI. Argiles jaunes, moins compactes que les argiles bleues. Epaisseur : 30 cm.

VII. Banc de calcaire marneux, gris-jaunâtre, de même nature que V. Epaisseur variant de 15 à 20 cm.

VIII. Argiles semblables à celles de VI. Epaisseur : 40 cm.

IX. Banc de calcaire marneux, gris-jaunâtre, disloqué, assez dur. Epaisseur : 45 cm.

X. Argiles continuant la série de VI et VIII. Epaisseur : 30 cm.

XI. Banc de calcaire marneux, jaune, très disloqué. Epaisseur très variable, pas

sant de 20 à 30 cm., ce banc formant par endroits des lentilles très allongées. XII. Argiles passant à la terre végétale. Epaisseur : 30 cm.

Les bancs calcaires ont un aspect disloqué. Cette disposition avait fait penser à E E.-Deslongchamps qu'ils étaient remaniés. Cette dislocation résulte d'altération par les eaux d'infiltration, qui ont aussi décoloré les argiles.

Coupe de la Carrière. Fig. 1


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COUPE DE LA FALAISE

La coupe donnée par la falaise de Lion-sur-Mer ne montre pas régulièrement la succession des couches de la carrière. Je n'ai pu observer que par places le banc calcaire supérieur (XI de la coupe), le reste est masqué par des éboulis ou par un mur. Ce banc a la même composition et le même aspect que celui de la carrière. Mais, grâce à une photographie prise en 1893, que m'a communiqué M. Bigot, j'ai pu me rendre compte que les bancs calcaires V-VIII et IX sont représentés dans la falaise, espacés sensiblement de la même façon que dans la carrière, avec la même épaisseur.

FAUNE DES DIFFERENTS NIVEAUX

I. Les Brachiopodes y sont abondants : Rhynchonella Morierei Dav. ; Terebratula intermedia Sow. ; T. Fleischeri Op. ; Zeilleria digona Sow ; Eudesia cardium Lamk. On trouve aussi : Pecten vagans Sow. ; Ostrea costala Sow.; O. lingulata Walk. ; O. Wiltonensis Lyc; Avicula costala Sow.

II. Il contient de nombreuses huîtres, très larges. (La dureté de la roche ne permet pas de les dégager pour les déterminer exactement). Ostrea costata Sow. ; Rh. Morierei Dav. ; T. intermedia Sow.; Eudesia cardium Lamk. Des coupes minces, faites dans ces calcaires, montrent un grand nombre de sections de Brachiopodes-

III.-IV. Faune semblable à celle de I.

V. Peu fossilifère On y voit des sections de Brachiopodes, de Serpules et de Pélécypodes.

VI.-VIII. Je réunis ici ces deux niveaux, semblables par leur faune, sous le nom de : Niveau à Céphalopodes. Dans le premier, ont été trouvés deux individus


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de Perisphinctes, assez semblables au P. subbackerise d'Orb. Un gros Nautile. (N. truncatus Sow.) est commun. On trouve dans VIII le même Nautile, Clydoniceras discus Sow., sa variété Hochstetteri Oppel, et de nombreuses Pholadomyes.

VII Ce banc calcaire, intercalé dans le niveau à Céphalopodes, est très pauvre en fossiles. Quelques débris de Brachiopodes.

IX. Certaines parties de ce niveau sont formées par une lumachelle de Zeilleria obovata Sow. avec quelques Pélécypodes (Ostrea gregarea Sow ) Pholadomyes.

X. Argiles contenant, assez nombreuses, Z. obovata Sow. ; des Pholadomyes (Homomya gibbosa Sow) et des Isocardes.

XL Ce dernier banc calcaire est très fossilifère. Par endroits, c'est une lumachelle de Pseudomonotis echinata Sow. et de Rhynchonella badensis Op. En outre, on y trouve des Gervillies, des Huîtres (O. lotharingica de Gros) des Echinodermes, avec Rh. major Desl. non Sow. ; Z. obovata Sow , Pecten vagans Sow. et Homomya gibbosa Sow.

XII. Argiles remaniées, contenant des coquilles actuelles.

ÉTAT DES FOSSILES

Les fossiles des argiles sont couverts de Serpules adhérentes et de Bryozoaires Les Brachiopodes sont souvent désarticulés ; cet état de conservation ne diffère pas de celui des Brachiopodes que l'on trouve dans les niveaux argileux de la pierre blanche de Langrune. Les Brachiopodes fermés contiennent un sédiment calcaro-marneux différent de celui de l'argile de la couche. Les Pholadomyes, toutes à l'état de moule interne, sont aussi en calcaire marneux.


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CONDITIONS DE DEPOT ET AGE DES ARGILES DE LION-SUR-MER

Les carrières de Lion présentent un changement de faciès brusque et radical, succédant à un temps d'arrêt dans la sédimentation, marqué par la surface durcie et perforée. Au faciès des sables calcaires dans des eaux riches en CaOCo2 et encroûtés parce CaOCo2 (Oolithes), déposés sous l'action de courants rapides, succèdeun faciès vaseux qui se continue pendant le Callovien et une partie de l'Oxfordien.

La limite stratigraphique est donnée par la surface durcie et perforée; la limite lithologique parle changement de faciès. La limite paléontologique n'est pas nette, des formes du Bradfordien et du Callovien étant associées à celles spéciales aux argiles.

En comparant la liste des fossiles de Lion à celles de M. H. Parent (1) et de M. A. P. Dutertre (2) on voit une certaine identité de faune entre le Boulonnais et la Normandie. Les zones inférieures de M. Parent paraissent manquer à Lion, lacune qui correspondrait au temps d'arrêt marqué par la surface durcie et perforée. Mais les zones 3, 4, 5, 6 du Boulonnais semblent correspondre, par les Céphalopodes, aux couches de Lion. Les couches supérieures semblent manquer à Lion, Zeilleria lagenalis Schl. n'ayant jamais été trouvée dans cette localité. Doit-on placer, sur la seule absence de ce fossile caractéristique et des Gastropodes qui l'accompagnent, les couches de Lion dans le Cornbrash inférieur ou Oolithe du Wast? Quoiqu'il en soit, l'âge des dépôts de Lion-sur-Mer paraît être celui des assises classées dans le Cornbrash.

(1) An. Soc. Géol. du Nord, t XXVII, p. 65.

(2) An. Soc. Géol. du Nord, t. XLVI, p. 157.


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LISTE DES FOSSILES ET LEUR RÉPARTITION

Céphalopodes,

Nautilus truncatus Sow. VI-VIII a. ab. (1).

Clydoniceras discus Sow. VIII 4 ex. Col. Bigot

Clydoniceras var. Hochstetteri Op. VIII 1 —

Perisphinctes subbackeriae d'Orb. VI 2 —

Pélécypodes.

Ostrea Wiltonensis Lyc. I-II ab.

0. lotharingica de Gros. X-XI ab.

Alectryonia costata Sow. I à V ab.

A. gregarea Sow. IX a. r.

Exogyra lingulata Walk. I-II ab.

Avicula (Oxytoma) costata Sow. I p. ab.

Av. (Pseudomonotis) echinata Sow. XI t. ab.

Opis Leckenbyi Wright 1 ex. Col. Bigot

Lima rigidula Phill. 1 — Col. Bigot

Lima sp. ?

Pinna sp. ?

Ceromya concentrica Sow. X p.ab. (moule ini.)

Homomya gibbosa Sow. VIII àXI ab. ( — )

Pholadomya deltoïdea Sow. VIII à XI ab. ( — )

Ph. lyrata Sow. X r. ( — )

Ph. ovulum Ag. X r. ( — )

Myacites modica Bean sp. VIII r. ( — )

Gresslya peregrina Phill. X p. ab.,( — )

Isocardia minima ? d'Orb. X r. ( — )

Pecten rigidus ? Sow. 1 ex. Coi. Bigot

Pecten vagans Sow. l à XI ab.

Pecten lens Sow.

Plicatula cotyloïdes Desl. r. Col. Bigot

PI. retifera E. Desl. I-II p. ab.

Gervillia acuta Sow. XI ab.

(1) r. = rare ; a. r. = assez rare : ab. = abondant ; a. ab. = assez

abondant; t. ab. = très abondant ; p. ab. = peu abondant.


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Echinodermes.

Acrosalenia spinosa Ag. 1 ex. Col. Bigot

Pseudodiadema Wrightii Cotteau XI t. r.

Penlacrinus Nicoleti de Loriol (individus entiers) . VI Col. Bigot

Bryozoaires,

Berenicea diluviana Lamrx. I-II ab.

Heteropora sp ?

Brachiopodes.

Eudesia cardium Lamk. I-II 2 ex. Col. Bigot

Terebratula intermedia Sow. I à III ab.

T. Fleischeri Op. I à V ab.

Dictyothyris coarctata Park. 3 ex.

D. reticulata Sow. 1 ex. Col. Bigot

Zeilleria digona Sow. I-II ab.

Z. obovata Sow. IX à XI t. ab.

Z. umbonella Lamk. XI r.

Rhynchonella badensis Op. XI t. ab.

Rh. Morierei Dav. I à V t. ab.

Rh. Morierei Dav. (variété) XI ab.

Vers.

Serpula plicatilis Goldf. I à V ab.

Polypiers.

Montlivaultia sp ? XI r.

OBSERVATIONS SUR QUELQUES ESPÈCES

I. — Les deux individus de Perisphincle sont été déterminés d'après la figure que donne Blake dans : Fauna of the Cornbrash, Pl. V, fig. 2 (Pal. Soc. Vol. LIX), et d'après l'examen de la cloison de l'espèce figurée par


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Siemiradzki (Monogr. Besch. der Amm. Gatt. Perisphinctes, p. 236, Palaeontographica, Vol. XLV.)

II. — Clydoniceras discus Sow.

Les cloisons des échantillons recueillis à Lion-surMer ne sont pas identiques à celles de VAm- discus figurées par M. de Grossouvre (B. S. G. F., 3e sér., t. 16, pp. 380-381, fig. 1 à 3), mais ces échantillons sont semblables à celui figuré par Oppel (Pal. Mitth. PL 47, fig. 1) et à ceux figurés dans le mémoire posthume de Lissajous (Etude de la Faune du Bathonien des environs de Mâcon, PL XXIV, fig. 2. Trav. du Lab. de Géol. de la Fac. Se de Lyon).

III. — Oxynoticeras var. Hochstetteri Oppel (Juraformation, p. 473).

La cloison de l'un des échantillons diffère de celles des Clydoniceras discus Sow. typiques par son lobe latéral. Cet échantillon est aussi moins renflé. Ces caractères concordent avec ceux indiqués par Oppel pour son Ammonites Hochstetteri, qui ne serait, d'après M. de Grossouvre, qu'une variété de l'Ammonites discus Sow.

IV. — Rhynchonella Morierei Davidson et Rhynchonella major de J.-C- Sowerby et de E. E.-Deslonchamps.

Il règne une grande confusion au sujet de ces espèces. M. Kitchin (1) révisant les Brachiopodes du Callovien de Cutch, n'a trouvé aucun échantillon pouvant être rapporté à Rhynchonella major, espèce imparfaitement figurée par J.-C. Sowerby (2), et dont le type n'a pu être retrouvé. Il faut, par suite, tenir comme très douteuse l'assimilation faite par E. E.-Deslonchamps (3)

(1) Jurassic fauna of Cutch. Mem. of Geol. Sur. of India. Sér. IX, vol. III, p. 71, MDCCCC.

(2) Trans. Geol. Soc. Lond., 2e Sér., vol. V, pl. XXII, fig. 16.

(3) Bul. Soc. Lin. de Nor., Ire sér., vol. 4, pl. IV, fig. I, Ia, Ib.


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de l'espèce si abondante dans l'argile de Lion-sur Mer avec la Rh. major de l'Inde qu'il ne connaissait pas et que l'on ne connaît que par la description peu précise et la figure très imparfaite de J.-C. Sowerby.

Une solution radicale paraît s'imposer après la révision de M. Kitchin. L'identité de Rhynchonella major de Sowerby est si incertaine qu'il serait désirable que cette espèce fut rayée de la nomenclature.

La grosse Rhynchonelle des argiles de Lion-sur-Mer est identique à la Rh. Morierei de Davidson (1) comme E E.-Deslonchamps l'avait reconnu, en plaçant cette espèce en synonymie de sa Rh. major. Mais l'échantillon figuré par E- E-Deslongchamps et que nous avons sous les yeux est un individu âgé, de grande taille, très renflé, à lobe médian de la valve dorsale très accentué. Les individus ;de cette taille sont assez rares ; on les trouve ordinairement dans le banc de calcaire marneux XI (v. fig. 1). La forme habituelle dans les argiles de Lion est plus triangulaire, moins renflée, à côtes plus anguleuses; son bourrelet est moins accusé, son bord frontal moins épais- Cette forme est identique à l'espèce du Cornbrash du Boulonnais, dont M. Bigot m'a communiqué une série d'échantillons, recueillis par E. E-Deslongchamps.

Pour conclure, l'espèce des argiles de Lion-sur-Mer doit être appelée Rhynchonella Morierei Davidson ; on peut distinguer dans ce gisement une variété, décrite par E. E.-Deslongchamps sous le nom de Rhynchonella major, dont l'identité avec l'espèce de Cutch est extrêmement douteuse. Cette variété se trouve surtout dans les couches à Pseudomonotis echinata, Rhynchonella

(1) Pal. Soc. 1852. Mon. of. Brit. Ool. et Lias. Brachiopoda. Part.IILI. pi. XVIII, fig. 13, 13 a, 13 b.


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badensis, Zeilleria obovata, tandis que la forme type est abondante dans les argiles inférieures où elle est accompagnée par la variété Fleischeri de la Terebratula intermedia Sow-'

Les Rhynchonella major Deslongchamps et Rh. Morierei Davidson ont été placées par M S. S. Buckman (1) dans son genre Kutchirhynchia, et il a donné le nom de K- idonea à l'espèce du Cornbrash du Boulonnais qui n'est autre que la Rhynchonella Morierei Davidson.

Laboratoire de Géologie et Paléontologie

delà Faculté des Sciences de Caen

Mars 1927.

Pendant l'impression de ce travail, nous avons reçu le premier fascicule du Quarterly Journal pour 1927, contenant le mémoire de M. S. S. Buckman sur le Cornbrash d'Angleterre, qu'il ne nous a pas été possible d'utiliser pour cette étude du Cornbrash de Lion-sur-Mer.

A- BIGOT. — Failles et Plis dans les terrains secondaires du Calvados.

La révision des feuilles CAEN et SAINT-LÔ de la Carte Géologique de la France m'a donné l'occasion d'observer, dans le Bessin, des accidents, failles et plis, que j'ai déjà en partie signalés en 1905 [1, p. 30]; ils se rattachent à ceux qu'Eugène Deslongchamps a décrits dans le Bessin [2, p. 23] et dont le plus connu est le système de failles du Bombement des Hachettes.

(1) Mem. of Geol. Sur. of India. Pal. Indica, New Ser. Vol. III, Mem. 2, 1917. The Brachiopoda ol Namyau beds.

3


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Les renseignements qui suivent ne sont qu'une contribution à la connaissance de ces accidents; l'état couvert du pays et son peu de relief ne permettent pas de suivre ces accidents quand leur amplitude devient faible et quand ils intéressent des couches recouvertes d'éboulis et de résidus d'altération.

I. CARTIGNY-L'ÉPINAY. — Un lambeau de Sinémurien apparaît près de cette localité, loin des limites générales de ce terrain, Il forme une bande étroite, d'environ trois kilomètres de longueur, dirigée W-N-W, dont la largeur n'atteint pas 500 mètres. Ce lambeau est entouré par les couches rouges permiennes, recouvertes au Nord et au Sud par les formations caillouteuses du Trias.

Plusieurs exploitations ont été ouvertes sur cet affleurement ; il n'en subsiste qu'une seule, située au Nord de la route de Bayeux à Périers, à l'angle du chemin de la Folie. Cette carrière est ouverte dans les calcaires marneux gris, en petits bancs, séparés par de petits lits d'argile, avec nombreuses Liogryphaea arcuata Lamk., forme type, et Mactromya liasina Agass. (Unicardium Hesione d'Orb.), grands Arielites bisulcalus (Brug.) ; c'est le faciès habituel du Sinémurien inférieur de la région.

La carrière montre des bancs disloqués par des cassures subverticales, vers lesquelles plongent les bancs. Une de ces cassures limite le Sinémurien au Nord et le fait buter contre les argiles rouges permiennes, sur lesquelles est bâtie la bluterie du four à chaux ; elle passe à l'angle Sud du four à chauxCette

chauxCette coupe la route de Bayeux à l'Ouest du çliemin de Rieu, car il existe des argiles rouges autour du carrefour ; le Sinémurien a été exploité au Sud de


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la route; il est visible dans le talus en face d'EpinayTesson. La bande de Sinémurien se rétrécit vers l'Est et les argiles rouges apparaissent au Nord du ruisseau sur le chemin.de Rieu.

Plus à l'Est, sur le chemin de Beynes, les argiles rouges sont au Sud du ruisseau; il existe d'anciennes carrières de Sinémurien en montant vers Beynes, vers le pied du petit plateau sur lequel est bâti ce village. Ce plateau est couvert de galets du Trias.

En descendant de Beynes à la vallée de l'Esque, on ne trouve plus de Sinémurien ; la vallée est ouverte dans les couches redressées du Briovérien.

Les failles de Cartigny-l'Epinay sont continuées à l'Est par un accident qui abaisse considérablement les couches qu'il limite au Sud. Un puits de recherche a rencontré jadis la houille à Moon à la profondeur de 75 pieds, et le terrain houiller n'a été atteint que vers 400 mètres dans le sondage de la gare de Lison, à 2 kilomètres au Nord.

IL FORMIGNY. — Le bourg de Trévières est bâti sur la large bande de Sinémurien qui borde au Nord la vallée de l'Aure inférieure. Au Sud de cette vallée s'étend un large plateau de galets et graviers triasiques.

Un forage de 30 mètres de profondeur, effectué à la Laiterie de Trévières, au bord de l'Aure, a atteint, à la profondeur de 16 mètres (cote — 12,48) la base des couches liasiques, reposant sur des argiles compactes, rouges, avec filets bleus, dépendant du Trias. Rien n'indique l'existence de l'Hettangien dans cette région, envahie seulement à l'époque sinémurienne par la transgression marine [3, p. 949].

Au Nord de Trévières, les couches à Zeilleria namismalis de la base du Charmouthien se trouvent dans la


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tranchée du chemin de fer départemental à l'altitude de 26 mètres, ce qui donnerait, en tenant compte du plongement des couches, une épaisseur d'environ 25 mètres pour le Sinémurien. Cette épaisseur est supérieure à celle que M. G. Dollfus a donnée à cet étage (17m) dans le sondage de Commes [4, p. 50], mais on sait que, vers l'Est, les assises supérieures du Sinémurien sont transgressives et disparaissent à l'Est de Bayeux [3, p. 949].

En quittant Trévières dans la direction de Grandcamp, le chemin de fer départemental décrit une large courbe pour s'élever de la vallée de l'Aure (+ 3,80) sur le plateau de Formigny (+ 57); il entame en tranchée l'escarpement qui limite le plateau au Sud vers la vallée de l'Aure.

Le Roc (couches à Amaltheus spinatus) qui termine le Charmouthien, a été traversé par la tranchée qui précède le chemin de Trévières à Vierville, où son sommet est à la cote + 36. La base du Charmouthien se trouvant à la cote 26, le Charmouthien aurait une épaisseur d'environ 10 mètres, comparable à celle de Subies et de Tilly-sur-Seulles. A l'Ouest du chemin commence une tranchée, longue de 500 mètres, profonde de 4 mètres à son origine, dans laquelle on pouvait suivre les couches sans discontinuité dans les observations ; elle traverse d'abord la série des couches du Toarcien du Bessin; au sommet se trouvent des calcaires marneux gris, avec petites oolithes irrégulières de limonite; ces calcaires sont très fossilifères; les fossiles sont à l'état spathique : Lioceras opalinum Rein., Myochoncha, Coelastarte.

Une faille place ces couches toarciennes et aaléniennes en contact à l'Ouest avec les couches à Z. numismalis, recouvertes par le Roc, surmonté par les couches


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à Harpoceras bifrons. Les couches à Z. numismalis se trouvent à la cote 43, ce qui donne pour la faille une amplitude de 17 mètres. Cette faille est dirigée autour de Est-Ouest; la lèvre relevée est la lèvre Nord. Dans les carrières d'Ecrammeville, au Sud de cet accident, les couches sinémuriennes plongent d'une dizaine de degrés vers le Nord.

L'état couvert du pays et l'absence de carrières ne permettent pas de suivre cet accident vers l'Est ou vers l'Ouest.

III. CUSSY. — M. G. Dollfus [4, p 50] a signalé que dans cette localité, située à 5 kilomètres à l'Ouest de Bayeux, « on exploite des lits de graviers quartzeux, plus ou moins continus, dans une argile rouge ou grise, sur une épaisseur visible de 7 mètres, avec un plongement de 5° dans la direction du N.-E. ».

J'ai vu ces carrières en exploitation en septembre 1912 ; elles sont situées entre la route de Cussy à Vaucelles et le petit ruisseau qui coule au Sud ; elles sont abandonnées et ne se signalent que par une végétation d'ajoncs et de broussailles. On voit encore (mars 1927) Un trou avec galets de taille variable, dans une gangue argilo-sableuse rougeâtre ; les galets sont formés exclusivement de roches anciennes, quartzites cambriens et ordoviciens, quartz de filon, à l'exclusion de tout galet de silex. Ces dépôts sont très différents des dépôts de galets accompagnant les sables de Saint-Vigor (pliocènes) et des dépôts d'alluvions anciennes de la région.

C'est avec raison que M. G. Dollfus a attribué cette formation au Trias, en la comparant aux couches qui affleurent entre Carentan et Bayeux. La présence du Trias à Cussy est tout à fait inattendue, car il apparaît dans un plateau de couches bajociennes recouvertes par


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des argiles à silex de décalcification, et qui se terminent vers le ruisseau de Barbeville au-dessus du Lias.

L'étendue de ce lambeau de Trias paraît très restreinte ; il n'affleure que sur une longueur de 400 mètres dans la direction Est-Ouest. Son apparition est certainement en relation avec un accident Est-Ouest, comme ceux de Cartigny et de Formigny.

IV. DUCY-SAINTE-MARGUERITE. — Un forage effectué au Château de Ducy s'est arrêté à la profondeur de 55 mètres, et a traversé, entre 51 et 55 mètres des couches à Harpoceras du Toarcien (entre + 20 et + 16 mètres).

La tranchée du chemin de fer au-dessous du pont du chemin de Condé-sur-Seulles à Chouain est dans les argiles à silex résultant de la décalcification de la mâlière. Au nord de Condé, l'oolithe ferrugineuse décalcifiée couronne cette argile à silex. Près du pont de Condé, des argiles brunes de décalcification avec fossiles de la zone à Lioceras opalinum se trouvent au niveau de la voie, vers la cote + 53, accusant une dénivellation d'une trentaine de mètres par rapport au forage du Château de Ducy, située à 1.200 mètres environ à l'Est.

A Hervieu, près du carrefour du chemin de Ducy à Chouain et du chemin de Chouain à la gare d'Audrieu, la mâlière fossilifère se trouve à une cote + 50, notablement plus élevée que celle de l'oolithe blanche bajocienne du Lieu Moussard (+ 40) et du Moulin de Ducy.

V. NONANT. — Le Lias de la région de Tilly-surSeulles s'enfonce au-dessous du niveau de la vallée de la Seulles vers Pont-Roc (Audrieu) et jusqu'à Carcagny cette vallée est creusée dans la mâlière et le Bajocien.


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De gros bancs de calcaire rognonneux du niveau de la mâlière se trouvent sur le chemin de l'Église de Carcagny au Moulin. On a exploité, près de la route de Bayeux, vers le sommet du petit plateau de Carcagny, des calcaires marneux gris, sans silex, dans lesquels j'ai recueilli Harpoceras concavum (Sow.), Haplopleuroceras subspinalum S. Buckm., Erycites, Belemnopsis Munieri E. Desl., Gervillia tortuosa Phillips,. Ostrea sublobata Desh . Terebralula perovalis Sow. (petite variété). C'est le faciès et la faune du même niveau dans la localité de Feuguerolles.

De Carcagny à Esquay, la vallée de la Seulles est de nouveau creusée dans le Lias, qui a été exploité activement autrefois sur la rive droite, dans les carrières de Vieux-Pont. La réapparition du Lias est en relation avec une faille ou un pli ; l'accident est assez important pour faire apparaître sur la rive gauche de la Seulles, au nord de Nonant, le sommet du Sinémurien, dont les petits bancs très caractéristiques, avec L. arcuata, étaient exploités dans une petite carrière en 1913.

Dans la côte qui monte de la Seulles vers Bayeux, le banc de Roc du sommet du Charmouthien se trouve vers la cote 53 mètres, alors qu'au château de Ducy il se trouve au-dessous de la cote + 16 et que le sommet du Toarcien se trouve, à Condé-sur-Seulles, au même niveau que le Roc de Vieux-Pont.

VI. CULLY. — De Brouay à Secqueville-en-Bessin, la vallée de la Thue est creusée dans le Vésulien.

Au nord de Secqueville, le fond de la vallée, sur la rive gauche, est formé par des calcaires marneux, blancs, à petites oolithes irrégulières. Le creusement d'un fossé au nord-est du moulin du Grand-Vey a rencontré, au-dessous de ces calcaires, les bancs à


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Ammonites de la base du Vésulien de Port-en-Bessin. Les calcaires blancs du fond de la vallée appartiennent donc à l'Oolithe blanche bajocienne.

La réapparition du Bajocien, disparu depuis Loucelles, se produit pour les mêmes causes que celles du Sinémurien dans la vallée de la Seulles c'est-à-dire par faille ou bombement. Peut-être même ces deux accidents sont-ils dans le prolongement l'un de l'autre.

VII. BAVENT. — Au Sud de Bavent, sur le bord des Marais de la Dives, on exploite un lambeau de Bathonien, qui figure sur la première édition de la feuille Caen de la Carte géologique. L'âge de ces calcaires est indiscutable. Leur présence en ce point, au-dessous du Callovien, est due à un bombement qui, à l'Ouest de la Butte de Sallenelles-Troarn, relève la surface de la plate-forme bathonienne d'Amfréville-Hérouvillette sur laquelle repose le Callovien.

VIII. BRUCOURT. — Le plateau de Grangues se termine à l'Ouest, au-dessus de la vallée de la Dives, par l'escarpement au profil typique de la Butte de Bassebourg, dont le sommet formé par le Cénomanien est à la cote 124 mètres.

Au pied de cette butte, le village de Brucourt est bâti sur une autre butte dont l'altitude n'est que de 51 mètres. Les travaux de terrassement d'un chemin d'accès au Château de Brucourt, à l'Ouest de la butte, ont coupé le Cénomanien bien en place. Une faille, dont l'amplitude est d'une cinquantaine de mètres, passe donc entre Brucourt et la butte de Bassebourg, abaissant sa lèvre sud.

IX. CAMBREMER. — Entre les ruisseaux de Montreuil et de Grandouet, le Corallien forme un petit plateau. Le


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chemin de Montreuil à Cambremer descend vers le ruisseau de Grandouet par une pente assez accusée; il a entamé, sur une hauteur d'une trentaine de mètres, des bancs disloqués, inclinés vers le Sud, qui descendent presque jusqu'au niveau du ruisseau.

Au Sud de ce ruisseau, le Corallien n'apparaît que beaucoup plus haut, couronnant une pente sur les argiles oxfordiennes. Cette disposition résulte d'une faille, dont la lèvre abaissée est la lèvre Nord.

X. VERSON. — J'ai pu tracer très exactement sur la feuille Caen la faille de Verson, grâce aux renseignements que j'avais recueillis lors de la construction, en 1884, de la ligne du chemin de fer de Caen à Vire et à ceux que m'ont fournis depuis les affleurements et les trous temporaires [5].

L'accident se voyait très nettement dans la tranchée à l'Ouest de la gare de Verson, mettant en contact les calcaires de la mâlière avec le Charmouthien. Le banc de Roc a été entamé par les terrassements de la gare de Verson; il était recouvert par les Argiles à poissons et les couehes à Harpoceras bifrons.

La faille, suivie sur 6 kilomètres, est dirigée E. 20° N. ; la lèvre abaissée est la lèvre nord; l'amplitude de la dénivellation atteint au moins 10 mètres, correspondant à l'épaisseur du Toarcien + mâlière, mis au niveau du Charmouthien.

La direction de cette faille croise celle N. O.-S.-E. de l'accident limite du synclinal de May, au voisinage de la vallée de l'Odon.

Dans le travail qui a été cité, M. G. Dollfus a interprété les résultats du forage de Commes et attiré


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l'attention sur les accidents qui affectent probablement les couches jurassiques du Calvados.

M. Dollfus [4, p. 54] n'est pas éloigné « de supposer qu'il existe, entre Ouistreham et Dives une faille ou une région de failles, ayant abaissé le Callovien-Oxfordien en un vaste fossé ; ces failles donneraient l'explication de la plaine singulière entre l'Orne et la Dives, et de la ligne de collines à sommet crétacé qui se poursuit du Nord-Ouest au Sud-Est ».

Mais on a vu que les renseignements que nous possédons sur ces accidents dans l'Ouest du Calvados sont trop peu nombreux et trop discontinus pour que nous puissions les relier et tracer leur direction. Il est cependant vraisemblable qu'ils s'orientent autour de la direction Est-Ouest, en se superposant, en se moulant sur les accidents plus anciens [3, p. 952].

OUVRAGES CITÉS

[1.] A. BIGOT. — Comptes rendus des collaborateurs de la

Carte géologique, Campagne de 1905 (B. Serv. Carte

Géol., 16e vol. 1904-1905). [2.] E. E.-DESLONGCHAMPS.— Etudes sur les Etages jurassiques

intérieurs de la Normandie (M. S. Linn. Norm., t. XIV,

1863-64). [3.] A. BIGOT.— Le Massif ancien de la Basse-Normandie et sa

bordure (B. S. Géol. Fr., 4e s., t. IV, 1904, p. 909). [4.]. G. DOLLFUS. — Un sondage au Château du Bosq (B. S.

Géol. Fr., 4e s., t. XIII, 1913, p. 43). [5.] A. BIGOT. — Etude géologique des tranchées du chemin

de fer de Caen à Saint-Lô, par Vire (B. S. Linn. Norm.,

3e s., t. VIII, 1884-85, p. 252).

4 avril 1927.


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P. BUGNON. — Sur le rôle de l'accroissement intercalaire dans l'évolution de l'appareil conducteur de la jeune plante.

Il est surprenant qu'un phénomène aussi bien défini et aussi facile à observer que l'accroissement intercalaire reste si souvent méconnu comme facteur structural important en anatomie végétale.

J'ai montré, sur un exemple précis (Mercurialis annua L.) [1] [2] [3] [4] [5] (1), quand et comment il se manifeste dans l'embryon et la plantule, quelles sont ses conséquences évidentes sur l'évolution de leur appareil conducteur [6].

Avant l'entrée en jeu de l'accroissement intercalaire longitudinal, dans le très jeune embryon, le cordon procambial médian de chaque cotylédon offre à sa base une bifurcation, à angle très ouvert, à branches très courtes, établissant le raccord avec les régions procambiales de la radicule destinées à devenir les deux cordons libériens. C'est suivant la bissectrice de l'angle des deux bifurcations que se différencieront plus tard les vaisseaux de raccord et, dans la première racine, les deux cordons ligneux alternes avec les cordons libériens. La proximité des bases cotylédonaires et radiculaire est telle à ce stade que l'angle des bifurcations de raccord, malgré sa grande ouverture, a son sommet dans la base des cotylédons.

Le premier effet notable de l'accroissement intercacalaire longitudinal est d'allonger l'hypocotyle embryonnaire, dont la hauteur est d'abord infime par rapport à

(1) Voir la bibliographie et les remarques à la fin de l'article.


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la longueur totale de l'embryon [7] ; puis, plus tard, au cours de la germination, d'étirer aussi de façon considérable la base des cotylédons, pendant que se poursuit d'autre part l'allongement de l'hypocotyle : les deux régions justement occupées par les bifurcations de raccord (hypocotyle et bases cotylédonaires) acquièrent finalement une longueur qui peut être mille fois plus grande qu'à l'origine, alors que leur épaisseur ne s'accroît que de vingt fois environ ; les angles ainsi étirés deviennent très aigus; les premiers vaisseaux différenciés suivant leur bissectrice, pendant que s'effectue cette énorme élongation, qu'ils ne peuvent bientôt plus suivre activement, sont vite mis hors d'usage et ils disparaissent plus ou moins complètement.

L'existence d'une bifurcation de raccord à la base du cordon conducteur médian des cotylédons, la différenciation basipète des vaisseaux de ce cordon à partir de la région où il est simple, le changement progressif d'orientation de la différenciation ligneuse du haut en bas des branches de la bifurcation, la différenciation précoce des éléments ligneux de raccord avec la racine, sont autant de caractères dont on trouve, ainsi que je l'ai montré, l'exact équivalent dans la région épicotylée [8].

Les caractères spéciaux de l'appareil conducteur dans la région cotylédonaire peuvent dont être simplement rapportés, sans faire intervenir aucune cause abstraite : 1° à la position particulière de cette région par rapport à la première racine ; 2° à l'entrée en jeu d'un intense accroissement intercalaire longitudinal localisé.

Nombreux sont les cas tout à fait comparables à celui de la Mercuriale. Le sommet de la bifurcation de rac-


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cord du cordon cotylédonaire médian peut d'ailleurs se situer, à l'origine, à un niveau très légèrement inférieur ; l'accroissement intercalaire peut se localiser seulement dans l'hypocotyle ; les éléments ligneux de raccord peuvent ne se différencier qu'à un certain niveau de la bifurcation, ou même faire entièrement défaut.

Ce sont ces diverses modalités que l'on a non seulement voulu expliquer par des variations d'intensité d'une accélération basifuge, mais que l'on a prétendu inexplicables sans elle [9].

Rappelons d'abord : 1° que, dans les cas fréquents où le nombre des cordons ligneux de la première, racine est supérieur au nombre des cotylédons, la théorie de l'accélération basifuge ne fournit plus d'explication compréhensible pour le raccord des cordons ligneux radicaux qui ne correspondent pas aux cordons médians des cotylédons [10] ; 2° que, dans les cas (Calycanthus, etc. ; type diagonal de E. N. THOMAS) [11] [12] où aucun cordon ligneux de la racine ne se différencie suivant la bissectrice de l'angle de bifurcation des cordons cotylédonaires médians, la théorie de l'accélération basifuge se trouve complètement en défaut.

Enfin, que l'on supprime par la pensée, dans tous les cas où il se produit, l'accroissement intercalaire longitudinal qui étire l'hypocotyle et les bases cotylédonaires : les phénomènes considérés comme les manifestations essentielles de l'accélération basifuge, même dans les cas décrits comme les plus favorables pour leur observation, celui de la Mercuriale, par exemple, cesseront d'avoir une existence objective ; le raccord entre les cordons cotylédonaires et la stèle radicale s'effectuera partout brusquement, sur une très faibte hauteur et sans destruction des premiers vaisseaux apparus. Le facteur essentiel dans ces phénomènes est donc bien l'accroissement intercalaire. C'est parce


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qu'on l'a méconnu, parce qu'on a négligé de comparer l'organisation anatomique de l'hypocotyle à celle de l'axe épicotylé, qu'on a eu l'illusion de trouver dans la région hypocotylée tant de caractères réputés ancestraux.

BIBLIOGRAPHIE ET REMARQUES

[1] P. BUGNON, Sur l'hypocotyle de la Mercuriale (C. R. Acad. Sc., t. 174, p. 954, 1922).

[2] P. BUGNON, L'organisation libéroligneuse de l'hypocotyle, chez la Mercuriale, reproduit-elle une disposition ancestrale ? (Ibid., t. 174, p. 1484, 1922).

[3] P. BUGNON, Sur l'accélération basifuge dans l'hypocotyle (Ibid., t. 175, p. 43, 1922).

[4] P. BUGNON, Sur la différenciation vasculaire basipète pour toutes les traces foliaires chez la Mercuriale (Ibid., t. 175, p. 897, 1922).

[5] P. BUGNON, L'organisation libéroligneuse des cotylédons et de l'hypocotyle expliquée par la théorie du raccord, chez la Mercuriale (Mercurialis annua L.) (Bull. Soc. Linn. Normandie, 7e sér., t. 5, p. 69-106, 4 fig dans le texte, 1 pl., 1922).

[6] M. Antonin TRONCHET vient de faire, à son tour, l'exposé de la théorie de G. Chauveaud et le procès des théories adverses (La morphogénèse de l'appareil conducteur chez les Phanérogames. Bull. Soc. roy. bol. Belgique, t. 59, p. 142-159, 1927). Je m'attendais à trouver dans ce travail au moins l'indication du rôle attribué à l'accroissement intercalaire, G. Chauveaud lui-même n'ayant pu contester ce rôle dans la destruction des vaisseaux au cours de la germination (C. R. Acad. Sc., t. 174, p. 1487, 1922). Mais l'auteur ignore résolument et l'accroissement intercalaire et toute mon argumentation. Par contre, M. Antonin TRONCHET sait qu'il existe un « Chef de l'Ecole Française d'Anatomie végétale », et qu'il en est un Disciple. Personne ne contestera certes que « Disciple du Chef de l'Ecole Française d'Anatomie végétale » ne constitue un fort beau titre, qu'un émule de Molière pourrait faire passer à la postérité. Mais, est-ce à dire que tous ceux qui, en France, n'encensent pas la nouvelle Trinité « Accélération basifuge — Convergent — Phyllorhize » ne peuvent plus prétendre


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à la qualité d'anatomistes ? A moins peut-être que ce ne soit la qualité de Français qu'ils n'aient plus le droit de revendiquer?

[7] P. BUGNON, loc. cit., 1. Voir notamment la figure 2, microphotographie d'une coupe longitudinale dans un jeune embryon.

[8] Sans contester la valeur de ces homologies que j'ai mises en relief entre les régions hypocotylée et épicotylée, Miss. E. N. Miles THOMAS (The primary vascular System in Phanerogams : its characters and significance, Brit. Assoc. Rep., 1924) maintient que l'organisation libéroligneuse de l'hypocotyle est d'un type archaïque, qu'elle est le reliquat d'une organisation primitive. Cependant, si ces homologies doivent être acceptées, le cordon ligneux à différenciation centripête qui peut s'établir entre les branches de la bifurcation inférieure des cordons cotylédonaires médians devient le seul trait de structure propre à l'hypocotyle; quand ce cordon fait défaut (Hedera Helix, etc.). l'hypocotyle ne présente plus aucun trait de structure dont on ne puisse retrouver l'équivalent dans l'axe épicotylé. Le plus simple et le plus naturel parait donc bien d'interpréter ce cordon comme un appareil spécial de raccord, dont les particularités s'expliquent suffisamment par les conditions spéciales dans lesquelles le raccord de la première racine doit s'établir.

Quant à M. TRONCHET (loc. cit., p. 149-150), il croit démontrer que la différenciation des cordons conducteurs ne peut être basipète dans l'hypocotyle en accusant, et cela sans aucune référence précise, tous les auteurs qui admettent cette hypothèse de croire en même temps à la priorité phylogénique de la différenciation ligneuse centrifuge par rapport à la différenciation ligneuse centripète. Pour ceux qui admettent la priorité inverse, la différenciation basipète des cordons conducteurs dans l'hypocotyle devient donc une hypothèse soutenable. Il est étrange que M. TRONCHET puisse ignorer que son argument porte à faux, en ce qui me concerne au moins, et que j'ai décrit des faits incontestables de différenciation basipète de cordons conducteurs dans l'hypocotyle de la Mercuriale (P. BUGNON, loc.cit., 5).

Le même auteur (loc. cit., p. 158-159) pense démontrer aussi que la théorie du raccord est inadmissible en affirmant que les partisans de cette théorie (A. Gravis est seul cité) considèrent les vaisseaux de raccord développés dans l'hypocotyle et les bases cotylédonaires, suivant la bissectrice des angles de bifurcation, comme « venant de la racine » : la racine n'ayant encore aucun


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vaisseau différencié alors que les vaisseaux de raccord le sont déjà dans l'hypocotyle, ceux-ci ne peuvent donc « venir de la racine ». Quand M. TRONCHET voudra connaître l'application détaillée que j'ai faite, en 1922, de la théorie du raccord au cas de la Mercuriale, il se rendra facilement compte que cet argument, déjà ancien, mais qu'il croit toujours décisif, est devenu caduc.

[9] M. TRONCHET, participant à l'aberration philosophique traditionnelle de son Ecole, ne semble pas pouvoir faire le départ entre l'existence réelle des faits d'observation et l'existence hypothétique des causes abstraites auxquelles on peut les rapporter. Il observe, par exemple, la différenciation basipète des vaisseaux dans Thypocotyle (ce qu'il exprime en disant que « la lignification des éléments vasculaires est de plus en plus précoce à mesure que l'on s'élève au-dessus de la base de l'hypocotyle ») ; il regarde ce fait d'observation comme l'un des effets par lesquels se manifeste l'accélération basifuge (loc. cit., p. 149); M. TRONCHET ne voit donc bien, d'après ses propres descriptions, que les effets de cette cause présumée, essentiellement abstraite; elle acquiert malgré tout pour lui la même réalité concrète que ses prétendues manifestations : il parle de la « découverte », de la « constatation » de l'accélération basifuge et il qualifie de théories, avec une nuance de dédain, les conceptions adverses. Il est regrettable que M. TRONCHET ignore que la différenciation basipète des vaisseaux n'est pas un caractère propre à l'hypocotyle, qu'on l'observe aussi bien sur les branches de la bifurcation de raccord du cordon conducteur médian des feuilles végétatives (P. BUGNON, loc. cit., 4) : si c'est un effet de l'accélération basifuge dans l'hypocotyle, ce doit en être un également dans la région épicotylée. Et, dans tous les cas, l'accélération basifuge n'est pas le fait qu'on observe, mais l'interprétation théorique contestable et contestée qu'on donne du fait observé.

[10] E. N. THOMAS, en particulier, l'avait déjà mis en relief (Seedling anatomy of Ranales, Rhoeadales, and Rosales, Annals of Botany, t. 28, p. 728, 1914). Je l'ai montré également à propos du Buis (P. BUGNON, loc. cit., 5, p. 102-103, 1922). H. S. HOLDEN et Dorothy BEXON ont à nouveau discuté la question à propos du Sycomore (On the seedling structure of Acer Pseudoplatanus, Ann. of Bot., t. 37, p. 590, 1923).

[11] G. CHAUVEAUD, L'appareil conducteur des plantes vasculaires et les phases principales de son évolution (Ann. Sc. nat., Bot., 9e sér., t. 13, p. 319-322, 1911).

[12] E. N. THOMAS, loc. cit., 10, p. 711.


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P. BUGNON. — Contribution à la flore mycologique normande.

Malgré l'importance des matériaux déjà rassemblés pour quelques parties de la province, le recensement des espèces de champignons qui croissent en Normandie paraît encore trop incomplet pour qu'on puisse en condenser les résultats dans une flore, comme on a pu le faire pour les Plantes vasculaires, les Muscinées et, partiellement au moins, pour divers groupes d'Algues et pour les Lichens.

De nombreuses recherches de détail seront encore nécessaires ; elles deviennent d'ailleurs de plus en plus faciles et attrayantes, au moins pour les Champignons de grande taille, grâce à la publication de nombreuses iconographies et d'excellents ouvrages de détermination, à la portée des amateurs mycophages ; actuellement, ceux-ci peuvent prétendre à devenir sans trop de peine des mycologues.

Ce sont les premiers résultats de l'exploration de trois localités des environs de Caen que je donne ci-après ; les listes, certainement incomplètes, ne comprennent que les espèces que j'ai pu récolter personnellement et identifier avec certitude ; ce ne sont que les premiers jalons d'un travail que j'espère poursuivre.

Je crois être utile à ceux qui, par la suite, auront à effectuer des recherches bibliographiques sur la mycologie normande, en annexant au présent mémoire une table, que je me suis efforcé de rendre aussi complète que possible, des travaux mycologiques publiés ou signalés dans les Mémoires et dans le Bulletin de la

4


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Société Linnéenne de Normandie depuis plus d'un siècle.

I. — Bois de Mouen et de Baron.

La feuille Caen de la Carte géologique de France indique, à 10 kilomètres au sud-ouest de Caen, un affleurement d'arkoses cambriennes, affectant la forme d'un plateau grossièrement rectangulaire, d'environ 3 kilomètres de long sur 2 de large, et dont la longueur est orientée sud-est nord ouest : c'est un lambeau isolé du flanc sud du synclinal de May ; il est enclavé, au nord-ouest et au sud-est, dans la plateforme calcaire de la « plaine de Caen », qui le domine Fig. 1). La rivière Odon, qui coule du sud-ouest au nord-est, le coupe transversalement vers son milieu, formant une vallée encaissée et pittoresque, profonde d'une quarantaine de mètres ; l'Odon reçoit, sur sa rive gauche, un petit affluent, le ruisseau de Salbey, qui, venant du plateau calcaire, s'est également creusé dans les arkoses une vallée étroite et à pentes raides ; sur la rive droite, quelques courts ruisselets, plus ou moins asséchés pendant l'été, ont eux-mêmes profondément entamé le flanc de la vallée principale.

Les pentes sont généralement boisées; leurs abords, sur le plateau, sont en majeure partie occupés par des bois entrecoupés d'herbages, surtout entre les routes de Caen à Granville (passant par Verson et Mondrainville) et de Fontaine-Etoupefour à Baron, routes à peu près parallèles à l'Odon, de part et d'autre de cette rivière : rive gauche, ce sont les bois de Mouen ; rive droite, les bois de Baron.

Les bois sont surtout peuplés de chênes, châtaigniers,


Fig. 1. — Fragment de la carte au 1/50 000 comprenant la région de Mouen et Baron ; le contour de l'affleurement d'arkoses cambriennes est marqué par la ligne . — . —.


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hêtres, charmes, bouleaux, peupliers, coudriers, bourdaines, ces diverses essences étant d'ailleurs très inégalement réparties : c'est ainsi qu'on peut trouver, çà et là, des bois de chênes ou de châtaigniers presque purs ; de plus, en de nombreux points, on a planté des pins sylvestres et il y a quelques bois de pins, d'âges divers, sans mélange d'autres essences.

Suivant leur exposition, les pentes, plus ou moins escarpées et rocheuses, sont sèches ou humides ; quelques-unes, particulièrement sèches et ensoleillées, n'ont qu'une végétation touffue d'ajoncs (Ulex européens L.) ou de bruyères (Erica cinerea L., E. Tetralix L., Calluna vulgaris Salisb. ; avec Ulex nantis Sm., etc.); sur le plateau, on trouve également quelques points relativement secs, occupés par des landes ou par des bruyères ; mais les portions humides prédominent, marécageuses et peuplées de sphaignes (Sphagnum subsecundum N. et H.) en maints endroits. Les herbages ont été conquis par l'homme sur la lande ou le bois et, lorsqu'on cesse de les défendre, la lande ou le bois ne tardent pas à regagner le terrain perdu.

Ainsi, malgré l'uniformité du sous-sol siliceux, la répartition très inégale du soleil et surtout de l'eau, l'apport de calcaire en certains points par le ruissellement, l'intervention de l'homme, ont permis la constitution, sur ces quelques kilomètres carrés, de sociétés végétales bien différentes.

D'accès facile à partir de Caen, cette région n'a pas manqué d'attirer les botanistes ; les noms de Mouen et de Baron reviennent souvent dans le « Catalogue des plantes vasculaires qui croissent spontanément dans le département du Calvados », [publié à Caen en 1848 par Hardouin, Renou et Le Clerc. Dans la « Nouvelle Flore de Normandie » de L. Corbière (Caen, 1893), on peut


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relever pour ces deux localités plus de vingt espèces peu communes ou rares dans la province (1).

Au point de vue mycologique, par contre, elles paraissent avoir été peu étudiées. Et cependant, leur richesse en champignons ne le cède en rien à leur richesse en plantes vasculaires.

La liste suivante renferme déjà près de 130 espèces. La plupart ont été récoltées au cours de l'automne 1927. La classification adoptée est celle qu'on trouve dans le récent ouvrage de A. MAUBLANC : Les Champignons de France (2e éd., t. I, 1926 ; t. II, 1928 ; Paris. Éditeur : P. Lechevalier). La majeure partie des espèces citées figurent dans cet ouvrage et elles sont rangées dans l'ordre même que l'auteur y a suivi ; on s'y reportera pour les noms d'auteurs et la synonymie.

En parcourant cette liste, on remarquera notamment l'absence d'espèces vulgaires telles que Lactarius piperatus, Craterellus cornucopioides, des grandes espèces dé Clavaria, que j'ai vainement recherchées jusqu'iciBASIDIOMYCÈTES

jusqu'iciBASIDIOMYCÈTES

AUTOBASIDIOMYCÈTES — HOMOBASIDIÉS — Hémiangiocarpes.

Agaricacées — Amanitées : Amanita phalloides — AC. bois de feuillus ou bois mixtes.

(1) Myosurus minimus L., Thlaspi perfoliatùm L., Drosera intermedia Hayne, Spergula vernalis Willd., Spergularia segetalis Fenzl, Hypericum linarifolium Wahl., Alchemilla vulgaris L., OEnothera biennis L., Callitriche pedunculata D.C., Corrigiola littoralis L. Gnaphalium luteo-album L., Antennaria dioica Gaertn., Hypochoeris glabra L., Arnoseris pusilla Gaertn., Eufragia viscosa Benth., Centunculus minimus L., Scirpus caespilosus L., Digitaria filiformis Koel., Nardurus Lachenalii Godr., Asplenium lanceolatum Huds., Cystopteris fragilis Bernh., Botrychium Lanaria Sw., Lycopodium inundatum L.


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Amanita vaginata (type et var. fulva) — PC. bois et herbages, surtout au bord des chemins.

— citrina (type et var. alba) — C bois de feuillus.

— muscaria — AC. bois de feuillus et bois de pins.

— pantherina — PC. bois de feuillus (Baron).

— rubescens — C. bois de pins surtout.

Lépiotées :

Lepiota procera — R. bois (Baron).

— hispida — R. bois (Mouen).

— cristata — R. bois (Baron).

Agaricées :

Agaricus arvensis — AC. herbages, bruyères.

— silvalicus — PC. bois de feuillus.

— haemorrhoidarius — R. bois de feuillu s (Baron).

Coprinées :

Coprinus comatus — PC. herbages, bords des chemins dans les bois.

— micaceus — PC. herbages, sur souches de

pommiers (Baron).

Strophariées : Stropharia aeruginosa — PC. bois de pins.

Pholiotées :

Nematoloma fasciculare — C. bois et herbages, sur souches.

— capnoides — AC. bois de pins, sur souches

(surtout à Mouen).

— sublateritium — PC. bois de feuillus, sur

souches. Pholiota squarrosa — PC. souches des pommiers, etc.

— spectabllis — R. bois de chênes (Mouen).

— mutabilis — PC. herbages, sur souches de

pommiers (Baron).


— 55 —

Cortinariées :

Hebeloma radicosum — PC. sur vieilles souches, bois de Mouen.

— crustuliniforme — PC. bois de pins. Cortinarius purpurascens — PC. bois de feuillus, Mouen.

— torvus — AC. bois de feuillus.

— violaceus — PC. bois de feuillus, Baron.

Clitopilées :

Clitopilus Prunulus — PC. bords des chemins, dans les bois de feuillus.

Entolomées ;

Entoloma rhodopolium — R. bois de chênes, Mouen.

Collybiées : Mucidula radicata — PC. bois de feuillus. Laccaria laccata (type et var. amethystea) — C. bois. Collybia maculata — PC. bruyères et bois, Baron.

— distorta — R. bois de pins, Baron.

— fusipes — PC. bois de feuillus, sur souches,

Baron. Marasmius peronatus — PC. bois de feuillus, sous les

hêtres, Mouen. Mycena pura — AC. bois de feuillus.

— galericulata — AC. bois, sur vieilles souches.

— polygramma — AC. bois, sur vieilles souches.

Tricholomées :

Melanoleuca vulgaris — AC. bois de pins. Tricholoma équestre — PC. bois mixtes, Baron. — rutilans — AC. sur souches de pins, Mouen

(rare à Baron).

— columbetta — AC. bois de feuillus.

— inamoenum Fries (1) — AC. bois de feuillus.

(1) Identifié notamment grâce à la description donnée par P. KONRAD dans « Notes critiques sur quelques champignons du Jura (Troisième série) » (Bull. Soc. mycol. Fr., t. XLIII, p. 183,1927).


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Tricholoma terreum — AC. bois de pins.

— sulfureum — AC. bois de feuillus et bois

mixtes. Clitocybe odora — PC. bois de feuillus. — geotropa — PC. bois de feuillus, Mouen.

— nebularis — C. bois, surtout de feuillus.

— infundibuliformis — AC. bois. Rhodopaxillus nudus (type et var. glaucocanus) — PC.

bois de pins ; la variété, R., bois de

feuillus. — Panaeolus — AC. herbages.

Armillariella mellea — AC bois de feuillus. Lepisla inversa — PC. bois de feuillus, Baron.

Pleurotées :

Pleurotus ostreatus — PC. sur vieille souche de pommier dans un herbage, Mouen. Panellus stipticus — AC. sur troncs abattus.

Russulacées.

Lactarius plumbeas — PC. bois de feuillus.

— controversus — AC. bois de feuillus, Baron.

— torminosus — AC. bois de feuillus.

— deliciosus — AC. bois de pins herbeux.

— vellereus — AC. bois de feuillus, Baron.

— rufus —. C. bois de pins.

— blennius — PC. bois de feuillus, Baron.-

— chrysorheus — PC. bois de feuillus, Mouen.

Russula delica — C. bois de feuillus et mixtes.

«

— nigricans — C. —

— virescens — PC. —

— cyanoxantha — C. —

— foetens — AC. —

— Queleli — C. bois de pins.

— emetica — PC. bois de feuillus,

— fragilis — AC. —-


— 57 —

Russula alutacea — R. Je n'en ai vu qu'une seule touffe de 3 individus, dont 2 de grande taille, au pied d'un pin, à Baron, le 17 octobre 1927.

Hygrophoracées.

Hygrophorus cossus — PC. bois de feuillus, Baron. .— niveus — C. herbages.

— hypolliejus — C. bois de pins.

— nemoreus — PC. bois de feuillus, Baron.

— conicus — C. herbages.

— psiltacinus — AC. herbages.

Nyclalis asterophora — PC. sur Russula nigricans, bois mixtes, à Baron.

Paxillacées.

Paxillus involutiis — PC. bois mixtes, Baron.

— atrolomentosus — AC. bois de pins, sur les souches. Gomphidius viscidus — PC. bois de pins.

Bolétacées.

Boletus luteus — C. bois de pins.

— granulatus — C. —

— bovinus — C. —

— variegatus — C. —

— badius — AC. —

— edulis — AC. bois de feuillus, bruyères.

— luridus — PC. bois.

— erythropus — PC. bois de pins.

— scaber — PC. bois de feuillus.

— rufus (le type et la sous-espèce duriusculus) —

AC. bois de feuillus.

— chrysenteron — PC bois de pins.

■— parasilicus — R. Parasite sur Scleroderma aurantium ; je n'ai vu qu'un seul Scléroderme parasité, bien que les Sclérodermes soient très abondants; bois de Baron ; 18 octobre 1927.


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AUTOBASIDIOMYCÈTES — HOMOBASIDIÉS — Gymnocarpes.

Polyporacées.

Coriolus versicolor — AC. sur souches, bois.

— abietinus (1) — R. sur branche morte de sapin, bois de Mouen, décembre 1925. Fomes hispidus — AC. notamment sur pommiers, dans les herbages. — conchatus (2) — R. Bien représenté sur un aulne, en bordure de l'Odon ; bois de Mouen ; observé là depuis décembre 1925. Lenzites flaccida (3) — AC. bois de feuillus, sur souches de chênes notamment.

Corticiacées.

Stereum hirsutum — C. surtout sur chênes abattus.

Hydnacées.

Hydnum repandum (le type et sa var. rufescens) — C. bois (la variété est moins commune que le type). Calodon zonatum (4) — PC. bois mixtes, Baron.

Cantharellacées.

Cantharellus cibarius — C. bois de feuillus.

— tubiformis — C. bois de feuillus et bois

mixtes.

Clavariacées.

Sparassis crispa — R. J'en ai vu un seul exemplaire dans un bois de pins, à la base d'une souche, le 30 novembre 1913, à Mouen.

(1) Abbé H. BOURDOT et A. GALZIN, Hyménomycètes de France, p. 567, 1928.

(2) KONRAD et MAUBLANC, Icônes Selectae Fungorum, pl. 460. 3) Abbé H. BOURDOT et A. GALZIN, loc. cit., p. 580, 1928. (4) Abbé H, BOURDOT et A. GALZIN, loc. cit., p. 460, 1928.


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Clavaria cinerea — PC. bois, Baron.

— cristata — AC. bois, Baron.

— rugosa — C. bois.

AUTOBASIDIOMYCÈTES — HOMOBASIDIÉS — Angiocarpes.

Lycoperdacées.

Lycoperdonperlatum — AC. bois.

— piriforme — AC. bois.

— giganteum — PC. herbages, Baron.

Nidulariacées.

Cyathus striatus — R. bois de feuillus, Baron.

Sclérodermatacées.

Scleroderma aurantium — C. bois, bruyères, lieux arides. Phallacées.

Ithyphallus impudicus — AC. bois.

Mutinus caninus — R bois de feuillus, Baron.

AUTOBASIDIOMYCÈTES - HÉTÉROBASIDIÉS.

Galocéracées. Calocera viscosa — AC souches de pins.

PROTOBASIDIOMYCÈTES .

Trémellacées.

Tremella mesenterica — AC. sur troncs abattus, sur branches mortes des feuillus. ■Tremellodon gelalinosum — R. Sur une souche de pin, bois de Baron.

ASCOMYGÊTES DISCOMYCÈTES — OPERCULÉS. Helvellacées. Helvella lacunosa — R. bois de chênes, Mouen.


— 60 —

Pézizacées. Macropodia macropus (Persoon) Fuckel (1) — R. sur

brindilles, bois de Baron. Otidea onotica — C. bois de feuillus, surtout à Baron — leporina (Batsch) Fuckel (1) — AC bois de pins et bois mixtes, [Baron. Bulgaria inquinans Fries (1) — AC. sur troncs d'arbres abattus, surtout de chênes.

DISCOMYCÈTES — INOPERCULÉS.

Géoglossacées. Leotia lubrica — PC. bois de feuillus.

ASCOMYCÈTES HYPOGÉS.

Elaphomycétacées.

Elaphomyces (2) granulatus (3) — R. bois de feuillus, Baron. — variegatus (3) — PC. bois de Mouen.

PYRÉNOMYCÈTES.

Hypocréacées. Cordyceps (4) capitata (3) — R. parasite sur Elaphomyces granulatus, bois de Baron. — ophioglossoides (3) — PC. parasite sur

Elaphomyces variegatus, bois de Mouen. Sphériacées. Xylaria Hypoxylon (4) — AC. sur vieilles souches.

(1) H. REHM, Die Pilze, 3e Abt,, Rabenhorst's Kryptogamen Flora, 2e éd., 1896, p. 924 et 985 ; p. 1022-1025 ; p. 495.

(2) Ed. FISCHER, Die Pilze, 5e Abt., Rabenhorst's Kryptogamen Flora, 2e éd., 1897, p. 81-101.

(2) F. BATAILLE, Flore des Tubéroïdées de l'Europe... (Bull. Soc. mycol. Fr., t. 37, 4e fasc, 1922).

(3) P. BUGNON et M. GUILLAUD, Cordyceps et Elaphomyces des bois de Baron et de Mouen, près Caen (Bull. Soc. Linn. Normandie, 7e sér., t. 10, p. 94 *-96*. 1927).

(4) G. WINTER, Die Pilze, 2e Abt., Rabenhorst's Kryptogamen Flora, 2e éd., 1887, p. 151 ; p. 872.


— 61 —

II. — Bois de pins sylvestres des environs de la station de Moult-Argences

Aux environs de la station de Moult-Argences, située sur la ligne Caen-Paris, à 14 kilomètres de Caen, les bancs calcaires du Bradfordien supérieur, qui constituent le sous-sol habituel de la « campagne de Caen », ne sont recouverts en beaucoup de points que par une faible épaisseur de terre arable, argileuse et très caillouteuse, assez aride par conséquent et se prêtant mai aux façons aratoires ; aussi a t-on souvent substitué, depuis une cinquantaine d'années surtout, des plantations de pins sylvestres aux cultures ; ce sont ces bois, d'âges divers, qui ont permis l'établissement d'une végétation fongique intéressante (1) sur ces terres plates, d'abord presque stériles sous ce rapport. Le nombre des espèces y est beaucoup plus faible que dans les bois siliceux, à essences variées, de Mouen et de Baron ; par contre, certaines espèces, et surtout l'Hebeloma crustuliniforme, y sont représentées par un nombre d'individus prodigieux.

Les 25 espèces citées sont nommées et classées en suivant les mêmes conventions que pour la liste précédente. Il en sera de même pour la 3e liste.

(1) Quelques plantes vasculaires peu communes ou nouvelles pour la région s'y sont également développées en abondance, telles que Monotropa Hypopitys, Goodyera repens, comme dans les bois voisins de Bellengreville — Chicheboville — Secqueville (P. BUGNON, Contributions à la connaissance de la flore de Normandie : observations faites en 1916; Bull. Soc. Linn. Norm., 6e sér., t. X, p. 54).


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BASIDIOMYCÈTES

AUTOBASIDIOMYCÈTES — HOMOBASIDIÉS — Hémiangiocarpes.

Agaricacées — Lépiotées :

Lepiota cristata — C. L'odeur spéciale de ce champignon l'a fait généralement considérer comme suspect ; j'en ai consommé, le 4 octobre, en quantité notable, sans être aucunement incommodé ; je l'ai trouvé excellent.

Agaricées :

Agaricus campester — PC. en bordure d'un chemin, au voisinage des prés marécageux du sud de la voie ferrée.

Strophariées : Stropharia aeruginosa — C.

Pholiotées : Nematoloma fasciculare — PC. sur, souches.

Cortinariées : Hebeloma crustaliniforme — TC. en grands cercles.

Tricholomées :

Melanoleuca vulgaris — AC.

Tricholoma rulilans — R. sur souches de pins.

— terreum — C.

— scalpturatum — C.

Rhodopaxillus nudus — C. J'ai pu en récolter environ

1 kilog. le 1er novembre. Clitocybe infundibuliformis — AC.

— aurantiaca — PC. localisé dans un bois de pins au nord de la voie ferrée ; assez nombreux individus le 4 octobre ; bon comestible ! Le 1er novembre, il n'y avait plus que quelques individus rabougris.


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Pleurotées :

Pleurolus ulmarius (1) — R. Sur un orme, en bordure d'un bois de pins, 1er novembre.

Russulacées

Lactarius deliciosus — PC.

Hygrophoracées.

Hygrophorus conicus — PC. dans l'herbe des bois coupés et des lisières. — niveus — PC. —

Paxillacées.

Paxillus atrolomentosus — R. sur souches de pins coupés.

— panuoides — PC. — Gomphidius viscidus — AC.

Bolétacées.

Boletus luteus — PC.

— granulatus — PC.

AUTOBASIDIOMYCÈTES — HOMOBASIDIÉS — Gymnocarpes.

Polyporacées.

Polyporus sulfureus — R. sur un frêne, au bord d'un

bois de pins. Leptoporus albidus (2) — AC. sur souches de pins.

ASCOMYCÈTES

DlSCOMYCÈTES — INOPERCULÉS.

Géoglossacées.

(1) R. BIGEARD et H. GUILLEMIN, Flore des Champignons supérieurs de France, p. 156, 1909. — Ce champignon n'est pas rare à Caen, sur les ormes des Cours.

(2) Abbé H. BOURDOT et A. GALZIN, loc. cit., p. 545, 1928.


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Geoglossum glabrum Persoon (1) — PC. sur le sol, dans l'herbe, en plusieurs points des bois de pins.

MYXOMYCÈTES

Physaracées.

Leocarpus fragilis Rostafinski(2) — C. nombreux plasmodes jaune-citron ou jaune-orange sur le terreau d'aiguilles de pins et sur les mousses, le 4 octobre; sporanges le 1er novembre.

III. — Anciennes carrières de la Maladrerie

Les carrières dont il s'agit sont situées à proximité de la Maladrerie (Fig. 2), lieu-dit qui constitue actuellement un faubourg-ouest de Caen, établi sur les portions contigües du territoire des trois communes de Caen, Venoix et Saint-Germain-la-Blanche-Herbe. Elles se trouvent d'ailleurs en majeure partie sur le territoire de la commune de Bretteville-sur-Odon ; leurs galeries souterraines s'ouvrent sur le flanc gauche de la vallée sèche qui descend de Carpiquet à Bretteville-sur-Odon, vallée qu'emprunte la voie ferrée Caen-Cherbourg pour gravir les 40 mètres de différence d'altitude entre la vallée de l'Orne et la halte de Carpiquet. Elles s'étendent sur une longueur d'environ 1500 mètres, depuis le passage sous la voie ferrée du chemin de Brettevillesur-Odon à l'ancienne abbaye d'Ardenne jusqu'au nord de la route de Caen à Tilly-sur-Seulles (passant par

(1) E. J. DURAND, The Geoglossaceae of North America (Annales Mycologici, t. VI, p. 425, 1908).

(2) A. et G. LISTER, A monograph of the Mycetozoa, 3e éd., p. 80, 1925.


Fig. 2. — Fragment de la carte au 1/50 000 comprenant la région à l'ouest de la ville de Caen, avec, au centre, les anciennes carrières de la Maladrerie.


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Carpiquet) ; les carrières au nord de cette route sont sur le territoire de la commune de Carpiquet.

D'autres carrières souterraines ont été ou sont encore exploitées par des puits verticaux dans l'agglomération même de la Maladrerie ; ce sont ces dernières qui sont devenues célèbres pour avoir fourni à EudesDeslongchamps les restes de son Poekilopleuron (Megalosaurus) Bucklandi (1). Toutefois, les premières seules sont indiquées sur la carte de l'Etat-Major ; les unes et les autres ont d'ailleurs été creusées, pour l'extraction de la « pierre de Caen », dans le Vésulien ; cet étage est représenté aux environs de Caen par des bancs calcaires, avec lits de silex au sommet et forte teneur en argile à la base ; l'ensemble atteint environ 35 mètres de puissance.

Les carrières à flanc de coteau ne sont plus exploitées depuis au moins 75 ans ; l'une d'elles, au nord de la route Caen-Carpiquet, sert actuellement pour la culture du champignon de couche. Leurs monticules de déblais, qui peuvent atteindre 10 mètres de hauteur, se sont généralement garnis de la végétation des pentes de la vallée sèche, c'est-à-dire celle des talus calcaires découverts de la plaine de Caen, sur laquelle le Dr F. Gidon, en particulier, a attiré l'attention (2).

(1) Mém. Soc. Linn. Normandie, VI, 1838, p. 37-146, 8 pl.

(2) Bull. Soc. Linn. Normandie, 6e sér., t. IV, 1910-11, p. 68-80. - La liste donnée par le Dr Gidon pour la localité considérée (loc. cit., p. 78) est d'ailleurs incomplète ; le Phyteuma orbiculare L., le Chlora perfoliata L., qu'il y a recherchés sans succès, y sont cependant bien représentés en plusieurs points, tant sur les talus des carrières que sur les pentes de la vallée ; on trouvera des indications complémentaires à cet égard dans quelques communications plus récentes : P. BUGNON et M. GUILLAUD, Trois Vesces adventices aux environs de Caen ; Bull. Soc. Linn. Norm., 7e sér., t. VIII, 1925,


— 67 —

Sur plusieurs de ces monticules, notamment ceux qui sont au sud de la voie ferrée, on a planté des pins sylvestres. Quelques arbres isolés d'essences différentes (frênes, ormes, aulnes, hêtres) y croissent çà et là. Sur les talus découverts, outre quelques buissons rabougris (hêtre, aulne, aubépine, frêne, troëne, orme, sureau, saule), on rencontre d'assez nombreux jeunes pins d'âges divers issus de germination. Un bois de pins finirait peut-être par garnir tous ces talus s'ils n'étaient si souvent visités par des troupes d'élèves des établissements scolaires de la ville : les jeunes pins sont inévitablement piétinés ou arrachés avant d'avoir pu prendre quelque force. Les incendies d'herbes sèches, en hiver, sont une autre cause qui vient s'opposer à l'extension de la végétation arborescenteSi

arborescenteSi ajoute qu'à l'est des carrières, au sud d'une usine d'engrais, une ancienne tranchée de carrière a ses talus plantés d'ormes, frênes, sycomores, aulnes, sureaux, avec de nombreuses vieilles souches, des troncs abattus et pourrissants, servant de support à un certain nombre de champignons lignicoles, on aura passé en revue les principales stations qu'offre la localité considérée.

Gomme aux environs de la gare de Moult-Argences et malgré le petit nombre de pins plantés, leur plantation a été certainement la cause de l'apparition des

p. 54*-56*. — Muscari comosum; Id., p. 65*. — P. BUGNON, Présentation de plantes ; Id., t. IX, 1926, p. 107*. — On peut ajouter encore que le Muscari comosum Mill., indiqué seulement sur la rive droite de la vallée sèche, existe également dans les champs calcaires secs de la rive gauche, à proximité des anciennes carrières et que, sur les talus des carrières et les pentes naturelles de la vallée, on trouve aussi en divers points le Teucrium Chamaedrys L., le Spiranthes autumnalis Rich., le Phleum Boehmeri Wibel.


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espèces de champignons appartenant aux genres Lactarius, Russula, Gomphidius, Boletus, etc ; les rapports des pins et de ces champignons sont ici tout à fait évidents (1).

BASIDIOMYCÈTES AUTOBASIDIOMYCÈTES — HOMOBASIDIÉS — Hémiangiocarpes.

Agaricacées — Lépiotées :

Lepiota naucina — PC. en quelques points sous les pins, septembre.

Agaricées :

Agaricus campester — PC. comme l'espèce précédente, octobre.

Strophariées :

Stropharia aeruginosa — PC. comme l'espèce précédente, octobre.

Pholiotées :

Nematoloma fasciculare — PC. sur souches, pentes boisées au sud de l'Usine.

Cortinariées :

Hebeloma crustuliniforme — PC. sous les pins, octobre.

Entolomées :

Leptonia euchlora — PC. talus herbeux découverts, septembre.

Collybiées :

Collybia velutipes — PC. sur souches, pentes boisées au sud de l'Usine.

(1) Voir à ce sujet le compte rendu des recherches expérimentales récentes de Costantin et Dufour : « Recherches sur les relations du pin sylvestre et du bolet granulé » (Ann. Sc. nat., 10e sér., Bot., t. IX, 1927, p. 271) ; on y trouvera la bibliographie correspondante.


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Tricholomées :

Melanoleuca vulgaris — PC. sous les pins. Tricholoma terreum — PC. —

Rhodopaxillus nudus — PC. —

Russulacées.

Lactarius deliciosus — AC. sous les pins. Russula Queleti — R. —

Hygrophoracées.

Hygrophorus niveus — AC. dans l'herbe, endroits découverts. — conicus — AC. —

Paxillacées.

Gomphidius viscidus — PC. sous les pins.

Bolétacées.

Boletus luteus — C. sous les pins.

— granulatus - C. —

— variegatus — PC. —

— chrysenteron — R. —

AUTOBASIDIOMYCÈTES — HOMOBASIDIÉS — Gymnocarpes.

Polyporacées.

Coriolus versicolor — AC. sur souches, pentes boisées au sud de l'Usine.

— unicolor (1) — AC.

Lenzites betulina (1) — PC. —

AUTOBASIDIOMYCÈTES — HOMOBASIDIÉS — Angiocarpes.

Tylostomatacées.

Tylostoma mammosum — AC. dans les endroits nus, en terrain découvert.

(1) Abbé H. BOURDOT. et A. GALZIN, loc. cit., p. 563; p. 579 ; 1928


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ASCOMYCÈTES DISCOMYCÈTES — OPERCULÉS.

Pézizacées.

Coryne sarcoides (1) (2) — R. sur vieille souche, pentes boisées au sud de l'Usine, 5 janvier 1928. J'ai récolté cette espèce plus abondamment en décembre 1925 dans le bois de Rocreuil, près de Bretteville-sur-Odon, sur le tronc d'un chêne abattu.

DISCOMYCÈTES — INOPERCULÉS.

Géoglossacées (3).

Microglossum viride (Persoon) Gillet — AC. d'octobre à janvier, sur les talus herbeux découverts exposés au nord. Les spores, d'environ 15 X 5 µ., présentent dans l'eau des mouvements browniens très nets, qui attirent l'attention surtout lorsqu'on effectue les mensurations micrométriques. Des Geoglossum peuvent être récoltés, surtout en septembre-octobre, dans les mêmes conditions que l'espèce précédente. M. le Professeur R. Maire, qui a bien voulu en examiner un premier lot, y a reconnu le Geoglossum (Trichoglossum) hirsulum Fries ex Persoon, forma variabile Durand. Mais il s'y rencontre également au moins une autre espèce, d'ailleurs assez voisine par son aspect d'ensemble; de nouvelles récoltes permettront d'élucider la question.

(1) H. REHM, loc. cit., p. 489.

(2) TULASNE. Selecta fungorum carpologia, t. III, pl. XVII et XVIII.

(3) E. J. DURAND, loc. cit., p. 411, 425 et 437.


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PYRÉNOMYCÈTES. Sphériacées. Xylaria Hypoxylon — C. sur vieilles souches, pentes boisées au sud de l'Usine.

MYXOMYCÈTES Réticulariacées.

Reticularia Lycoperdon Bulliard (1) — sur vieille souche, pentes boisées au sud de l'Usine.

Trichiacées.

Trichia persimilis Karsten (1) — sur vieille souche, pentes boisées au sud de l'Usine. Arcyriacées. Arcyria denudata Wettstein (1) — sur vieille souche, pentes boisées au sud de l'Usine.

IV. — TABLE

suivant l'ordre alphabétique des auteurs,

des NOTES, COMMUNICATIONS et TRAVAUX MYCOLOGIQUES

publiés ou signalés

dans les Mémoires et dans le Bulletin

de la Société Linnéenne de Normandie

de 1823 à 1927

Nota. — Pour abréger, les Mémoires ont été indiqués par M.. le Bulletin par B. Les nombres qui suivent ces lettres indiquent : le 1er (en chiffres arabes), la série ; le 2e (en chiffres romains), le tome ; le 3e, la date ; le 4e la page.

ALEXANDRE (Paul). — Considérations sur les études fongologiques. Vie scientifique de Fries ; B, 2, VIII, 1873-74, 112.

(1) A. et G. LISTER, loc. cit., p. 195, p. 205 et p. 235.


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ANTOINE (M.). — Notes entomologiques ; B, 7, IV, 1921, 11 (Cordyceps parasite de Carabus purpurascens, forêt d'Halatte, Oise).

BALLE (E.). — Bibl. : Mycocécidies observées aux environs de Vire ; B, 5, VI, 1902, LXXIV.

BERNARD (Noël). — Mécanismes physiques d'actions parasitaires ; B, 5, VI, 1902, 127. — À propos d'un fait de « mutation » chez une pomme de terre ; B, 5, IX, 1905, 253.

BOUTROUX. — Note sur l'habitat et la conservation des levures spontanées; B, 3, V, 1880-81, 121. — Sur les ferments alcooliques (2e note) ; Id., VII, 1882-83, 73.

BRÉBISSON (de). — Excursion de la Société Linnéenne à Falaise ; B, 1, X, 1864-65, 234 (Helvella Bulliardi DC = Mitrula phalloides Chev.).

BRUNAUD (Paul). — Contributions à la flore mycologique de l'Ouest. Description des Mélanconiées trouvées dans les environs de Saintes et dans quelques autres localités de la Charente-Inférieure et de la Charente ; B, 3, VI, 1881-82, 134. — Id. Description des Trémellinées... etc. Id. VII, 1882-83, 158.

BUGNON (P.). — Plantation de frênes (Fraxinus excelsior L.) décimée par l'attaque d'un polypore (Polyporus hispidus Fr.), à Caen, boulevard Leroy et route d'Harcourt ; B, 6, VI, 1913, 131. — Sur une maladie cryptogamique de l'Abies Nordmanniana (Communication préliminaire); Id., VII, 1914, 49. — Albugo candida sur Cardamine hirsuta; Id., IX, 1916, 236. — Contributions à la connaissance de la flore de Normandie : observations faites en 1916; Id., X, 1917, 54. — Milesina Scolopendri (Fuck.) Jaap ; B, 7, VIII, 1925, 12*. — Présentation de champignons; Id., X, 1927, 97*.


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BUGNON (P.) et GUILLAUD (M.) — Cordyceps et Elaphomyces des bois de Baron et de Mouen, près Caen; B, 7, X, 1927, 94*.

CATOIS (Dr). — Polyporas hispidus ; B, 6, VII, 1914, 40. CHEMIN (É). — Bibl. : Action d'un champignon parasite sur Dilsea edulis Stackhouse ; B, 7, V, 1922, 66*.

CHEVALIER (Aug.). — Catalogue des plantes vasculaires de l'arrondissement de Domfront, avec notes critiques et observations biologiques ; B, 4, VII, 1893, 98. (Puccinia graminis, p. 128 ; castration parasitaire d'Agrostis pumila parun Uredo). — Voir LETACQ ( Abbé).

CORBIÈRE (Louis). — Compte rendu de l'excursion annuelle des botanistes de la Société Linnéenne de Normandie faite le 15 juin 1883; B, 3, VII, 1882-83, 311. (Champignons épiphytes récoltés dans les dunes de Merville par LECOEUR, p. 321).

CRIÉ (Louis). — Recherches sur la structure de la tache dans les sphéries foliicoles du groupe des Depazea ; B, 2, VI, 1871-72, 167. — Des rapports qui existent entre la structure des feuilles du Buxus sempervirens et l'évolution des taches du Depazea baxicola ; Id., 416.

— Recherches sur divers modes de groupement des périthèces et des pycnides dans quelques Pyrénomycètes du genre Sphoeria ; B, 2, VII, 1872-73, 458. — Recherches sur les Pyrénomycètes de l'Ouest de la France ; Id., VIII, 1873-74, 41. — Mode de dissémination des spores chez le Rhytisma acerinum; Id., 132. — Note sur un cas fréquent de destruction des feuilles chez l''Hedera Hélix L. ; Id., 161. — Coup d'oeil sur la végétation fongine de la Nouvelle-Calédonie ; Id., 442.

— Recherches sur la durée de la faculté germinative dans les Stylospores pestalozziennes ; B, 3, I, 1876-77,


- 74 —

111. — Recherches sur la motilité des Spermaties dépazéennes ; Id., 139.

DANGEARD (P.-A.). — Note sur le Chytridium subangulosum; B, 3, IX, 1884-85, 88. — Note sur le Catenaria anguillulae ; Id., 126. — Note sur le développement des spores durables du Pseudospora nitellarum ; B, 3, X, 1885-86,159. — Vampyrella ; Id., 177. — Découverte du Polyphagus Euglenae ; Id , 218. — Sur les parasites végétaux ; B, 4, I, 1886-87, 342. — Sur deux nouvelles espèces de Chytridium ; Id., 152. — Chancre du pommier provoqué par Nectria ditissima ; B, 4, III, 188889, 234.

DELAVIGNE. — Hygrophorus conicus Scop. ; B, 6, IX, 1916,231.

DUFOUR. — Bibl. : Notes mycologiques ; B, 1, IX, 186364, 206.

DUHAMEL. — Observations sur la maladie de deux pommiers ; B, 4, III, 1888-89, 231.

EUDES-DESLONGCHAMPS. — Mémoire sur une Truffe trouvée dans les environs de Caen (Tuber Blotii), Truffe de Blot ; M, 1, I, 1824, 42. — Note sur la Truffe grise trouvée aux environs de Caen ; M, 1, V, 1835, 238. — Rapport sur l'Aecidium cancellatum Pers. et sur l'Ae. quadrifidum DC ; séance publique de la Soc. Linn. de Norm. , tenue à Honfleur le 28 juin 1837, p. 15. — Moisissures développées, pendant la vie, à la surface interne des poches aériennes d'un Canard eider; M, 1, VII, 1842, 62. — Note sur des moisissures trouvées à la surface des poumons d'une Mouette ; B, 1, II 1856-57, 291. — Au sujet de l'Aecidium cancellatum, Id., VI, 1860-61, 41 et 53. — Note sur des moisissures


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abondamment développées dans l'intérieur d'un oeuf de Casoar de la Nouvelle-Hollande ; Id., IX, 1863-64, 381.— Note sur des moisissures développées dans les sacs aériens de la Grue de Paradis ; Id., 385. — Note sur les Sphoeria qui se développent sur les chenilles. Première note sur un exemplaire de Sphoeria Robertis développé sur une chenille et qui s'est substitué à l'animal en lui laissant ses formes extérieures ; Id., X, 1864-65, 30. — Note relative à une autre espèce de Sphoeria, développée également sur une chenille et provenant de la Mantchourie; Id., 33.

FRÉMY (Abbé P.). — Excursions botaniques de la Société Linnéenne de Normandie, le 1er juin 1925, aux environs de Lessay (Manche); B, 7, VIII, 1925, 183. — Deux champignons rares observés aux environs de Saint-Lô (Manche) ; B, 7, X, 1927, 29* (Dryodon coralloides (Scop.) Quélet et Geaster rufescens Fries).

FRÉMY (Abbé P. ) et MESLIN (R.). — Excursion botanique dans la lande de La Meauffe (Manche), 12 juillet 1926 ; B, 7, IX, 1926, 118. — Herborisations aux environs de Gavray (Manche) ; Id., 146.

FRÉMY (Abbé P.) et POTIER DE LA VARDE (R.). — Herborisations aux environs de Vire (27 juin 1923) ; B, 7, VI, 1923, 49*.

GADEAU DE KERVILLE (H.). — Bibl. : Curieux aspect du mycélium d'un champignon hyménomycète ; B, 4, VIII, 1894, 327.

GAHÉRY. — Communication sur les champignons comestibles ; B, 4, VI, 1892, 144.

GALLIER. — Actinomycose ; B, 5, IV, 1900, XXXII. — Id., VI, 1902, VIII.


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GILLET. — Notice sur les Agaricus deliciosus et perniciosus ; B, 2, IV, 1869, 247. — Note sur cinq espèces d'Agaricinées; Id., VII, 1872-73, 153.

GODEY (Dr).— Cynophallus caninus ; B, 1, IX, 1863-64, 128. — Étude sur les Agaricinées du Calvados ; B, 2, I, 1866, 284. — Quelques jalons pour une flore mycologique normande ; Id., V, 1870, 197.

GUILLAUD (M.). — Voir BUGNON (P.).

GUIROT (L.). — Champignons supérieurs trouvés dans le parc d'O, les prés de Mortrée, les bois de Montmerrei et Sacy, pendant l'année 1913 ; B, 6, VI, 1913, 177. — Bibl. : Les Causeries de M. Robert sur les Champignons; Id., VII, 1914, 138.

HALBIQUE. — Discussion sur le seigle ergoté ; B, 1, IV, 1858-59, 86.

CINGAL. — Hydnum erinaceum; B, 1, IX, 1863-64, 128.

HOUARD (C). — Sur les zoocécidies des Cryptogames ; B, 6, IV, 1910-11, 107. — Galles algériennes ; Id , V, 1912, XXVI. — Sur la mycocécidie de l'OEnanthe crocata engendrée par le Protomyces macrosporus; Id., VI, 1913, 49. — Flore printanière du Mont-de-Grisy (Calvados) ; Id., 60. — Maladie des Epicéas en Normandie ; Id., 75. — Mycocécidies de Berberis ; Id., IX, 1916, 190. — Pézize; Id., 190. — Répertoire des Herbiers et des Collections de l'Institut Botanique et de la Galerie Botanique de Caen ; B, 7, II, 1919, 85.

HOUARD (C.) et LORTET (M.) — Endophyllum Sempervivi; B, 7, II, 1919, 253.

HOUARD (C.) et TISON (A.). — Protomyces macrosporus Ung. ; B, 6, V, 1912, XXIV.


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JOYEUX-LAFFUIE (Dr). — Sur un cas d'actinomycose ; B, 5, I, 1897, XLIII.

LANDE (F.). — Morille géante ; B, 7, VII, 1924, 71*.

LANGLAIS. — Sur l'Oïdium du chêne; B, 6, IV, 1910-11, XLVI.

LE BRETON et NIEL. — Bibl. : Champignons nouveaux ou peu connus récoltés en Normandie ; B, 4, IX, 1895, VIII.

LEBOUCHER. — Champignons observés aux environs d'Alençon ; B, 5, X, 1896, XCIV. — Rareté des champignons comestibles en 1910; B, 6, IV, 1910-11, XLVI. — Maladies végétales produites par des champignons; B, 6, VII, 1914, 155. — Maladies des plantes; Id., X, 1917, 30.

LE CLERC. — Présentation de rouille du poirier (Aecidium cancellatum, Pers.); B, 1, V, 1859-60, 12.

LECOEUR. — Elaphomyces variegatus récolté à Pont-Audemer ; B, 3, VI, 1881-82, 14. — Récolte mycologique faite pendant les excursions de Bellême ; B, 4, II, 1887-88, 450. — Les ennemis de la Chématobie ; Id., VI, 1892, 106.

LECOVEC — Note sur quelques espèces de champignons comestibles trouvés dans le Calvados ; B, 3, I, 1876-77, 125. — Communication relative à deux champignons; Id., IV, 1879-80, 328. — Note relative à la couleur des spores du genre Tricholoma de Fries ; B, 4, VI, 1892, 178. — Psalliota ammophila à Rochebanne ; B, 5, III, 1899, XXIX.

LEMÉE (E ). — Notes sur quelques zoocécidies et maladies cryptogamiques récoltées lors de l'excursion de la


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Société Linnéenne de Normandie à Saint-Léonarddes-Bois ; B, 5, VI, 1902, LXVII. — Bibl. : Les ennemis des plantes. Balais de sorcières ; B, 6, VII, 1914, 101. — Maladies végétales produites par des champignons ; Id. , 155,— Maladies des plantes; Id., IX, 1916, 39. — Id. ; Id., X, 1917, 30, 36, 40. — Rouille du poirier; B, 7, I, 1918, 33. — Roestelia cancellata; Id., VII, 1924, 33*. — Bibl. : Les ennemis des arbres fruitiers. La Rouille grillagée des feuilles du Poirier déterminée par Gymnosporangium Sabinae (Dicks.), Urédinée hétéroïque parasite sur Juniperus Sabina; Id., VIII, 1925, 40*.

LEMERCIER (R.). — Tuber excavatum: B, 7, II, 1919, 27.

— Amanita solitaria; Id., IV, 1921, LIII. — Puccinia Lolii Niels. — Polyporus sulfureus ; Id., VI, 1923, 37*.

— Sepultaria Sumneri Berk. ; Id., VIII, 1925, 41 *.

LEMERCIER (R.) et LETACQ (A.). — Liste de champignons recueillis dans les bois de la Lande à Serans (20 juillet) et la forêt de Gouffern (25 septembre) ; B, 7, V, 1922, 122.

LE ROY (Dr). — Bibl. : L'intoxication fongique, ses causes, ses effets, son traitement; B, 6, VI, 1913, 43.

LETACQ (A.). — Notices sur quelques botanistes ornais et essai sur la bibliographie botanique du département de l'Orne ; B, 4, II, 1887-88, 228. — Notice sur M. Gillet ; Id., X, 1896, XC. - Champignons des environs d'Alençon ; B, 6, VII, 1914, 154 et 157. — Excursions mycologiques aux environs d'Alençon ; Id., VIII,

1915, 73. — Champignons ; Id., IX, 1916, 31, 44, 48.

— Excursions mycologiques aux environs d'Alençon. Deuxième Note ; Id., 116. — Champignons ; Id., X, 1917, 32, 38. — Notice sur M. Léon Guirot, pharmacien à Mortrée (Orne) et naturaliste ; Id., 49. — Excursions


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mycologiques aux environs d'Alençon. Troisième Note ; Id., 98. — Excursions botaniques de la Société Linnéenne de Normandie aux environs d'Alençon et de Fresnay-sur-Sarthe (8, 9 et 10 juin 1919); B, 7, II, 1919, 117. — Champignons; Id., 182. — Observations mycologiques faites en 1919 aux environs d'Alençon ; Id., 184. — Bibl. : Excursions mycologiques faites en 1917 et 1918 dans le nord du département de la Sarthe; Id , III, 1920, 121. — Liste de champignons recueillis aux environs d'Alençon durant les mois de mars, avril et mai 1920 ; Id., 247. — Superposition de deux Psalliotes (Psalliota campestris L.) ; Id., 253. — Champignons ; Id., 306. — Observations mycologiques faites durant l'automne 1920 aux environs d'Alençon ; Id., 307. — Observations mycologiques faites en 1921 aux environs d'Alençon et dans le département de l'Orne; Id., IV, 1921, 219. — Voir LEMERCIER (R.). — Note mycologique : le Galera pubesens Gillet ; Id , V, 1922, 33*. — Liste de champignons recueillis dans les bois de Pouvray (Orne) et observations sur l'Amanita virescens Pers. (A. à verrues jaunes) ; Id., 47*. — Champignons ; Id., 79*. — Excursions de la Société Linnéenne de Normandie aux environs d'Argentan (Orne), 4 et 5 juin 1922 ; Id., 39. — Observations mycologiques faites en 1922 dans le département de l'Orne et aux environs d'Alençon; Id., 116. — Bibl. : Note sur un Haplomycète (Antromyces Copridis Frés.); Id., VI, 1923, 11*. — Note sur le Trametes hexagonoides observé à Alençon ; Id., 26*.

LETACQ (Abbé) et CHEVALIER (Aug.). — Excursions botaniques dans le Bocage ornais : marais de LandePourrie à Lonlay-l'Abbaye, 18 août, et du Crand-Hazé à Briouze, 5 septembre ; B, 7, IV, 1921, 164.


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LIGNIER. — Emploi du lysol contre les maladies végétales produites par les champignons ; B, 4, IX, 1895, XXIII.

— Polyporus hispidus ; B, 6, VII, 1914, 41.

LORTET (M.). — Sorosphoera Veronicae Schroter; B, 6, IX, 1916, 229. — Voir HOUARD (C.).

MAIRE (R.). — Champignons observés en Normandie. Sorosphoera Veronicae — Aecidium de l'Uromyces Scirpi — Rhizophidium monosporum n. sp. ; B, 6, II, 1908-09 (1re partie), LXVII. — Excursion mycologique à Caillouet et dans la Forêt de Cinglais ; liste des espèces recueillies ; Id., LXXXII. — Observations mycologiques; Id., LXXXIX.— Présentation d'un ouvrage mycologique ancien ; Id., IV, 1910-11, VIII.

— Sur la truffe de Blot ; Id., VIII. — Présentation de champignons (Cordyceps et Elaphomyces ; Cortinarius sanguineus Fr. et ses pigments); Id , XXX. — Compte rendu du Congrès international de botanique de Bruxelles ; Id., XLIX.— Sur le Melanogaster ambiguus, signalé par Deslongchamps sous le nom de Tuber griseum ; Id., L. — Sur le Mapea radiata ; Id , LX. — Bibl. : Sur quelques champignons parasites des plantes du littoral normand; Id., LXXIII. — Infection du Scirpus maritimus par l'Uromyces Scirpi ; Id., LXXXI.

MAIRE (R.) et CHEMIN (É.). — Bibl. : ■■ Un nouveau Pyrénomycète marin ; B, 7, V, 1922, 66*.

MAIRE (R.) et TISON (A.). — Sorosphoera Veronicae ; B, 6, II, 1908-09 (1re partie), LVII. — Division nucléaire du thalle de l'Ancylistes Closterii; Id., IV, 1910-11, XIX.

MAGNEVILLE (de). — Balai de sorcières sur Pin d'Ecosse et Sapin argenté ; séance publique de la Soc. Linn. de Normandie, tenue à Honfleur, le 28 juin 1837, p. 29.


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MALBRANCHE et NIEL. — Bibl. : Essai monographique sur les Ophiobolus observés en Normandie ; B, 4, IX, 1895, VIII.

MATHIEU. — Merulum lacrymans; B, 1, IX, 1863-64, 128.

MAZETIER (G.). — Coléoptères ; B, 7, VI, 1923, 69* (Cordyceps parasite de Carabus purpurascens ; récolte d'ANTOiNE, forêt d'Halatte, Oise).

MERCIER (L.) et POISSON (Raymond). — Bibl. : Une Laboulbéniale, Stigmatomyces Ephydrae n. sp., parasite d'Ephydra riparia Fall. (Dipt. Ephydridae) ; B, 7, X, 1927, 81*.

MESLIN (R.). — Liste de Myxomycètes observés dans le département de la Manche; B, 7, VII, 1924, 170. — Quelques Discomycètes de la Manche; Id., VIII, 1925, 9*. — Sur une station du Merisma giganteus (Pers.) Fr. aux environs de Saint-Lô ; Id., 10*. — A propos d'une récolte de Stilbella tomentosa (Schrad.) Bresad. ; Id., 41*. — Le Milesina Scolopendrii (Fuck.) Jaap en Basse-Normandie ; Id., 42*. — Sur un Cordyceps récolté dans la forêt de Cerisy; Id., IX, 1926, 75*. — Voir FRÉMY (Abbé P.).

NIEL (Eug.). — Bibl. : Observations sur le Cystopus candidus. Le parasite du seigle enivrant; B, 4, IX, 1895, VIII. — Voir MALBRANCHE. — Voir LE BRETON.

PERRIER (Dr Alfred). — Note sur une anomalie végétale du Boletus edulis ; B, 1, IX, 1863-64, 406, pl. V, fig. 3.

POISSON (R.). — Voir MERCIER (L.).

POTIER DE LA VARDE (R.). — Le Clathrus cancellatus L. dans le sud de la Manche ; B, 7, V, 1922, 54*. — Voir FRÉMY (Abbé P.). — Myxomycètes du Haut-Oubanghi; Id., VI, 1923, 67*.

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RAULIN. — Observations chimiques sur la végétation des Mucédinées; B, 1, X, 1864-65, 357. — Influence des sels de zinc et de fer sur la végétation des Mucédinées et surtout de l'Ascophora nigrans ; B, 2, II, 1867, 5. —

Note sur la végétation des Mucédinées dans les milieux artificiels. De leur application dans l'analyse chimique ; Id., III, 1868, 227. — De l'utilité de la silice dans le développement des Mucédinées ; Id., IV, 1869, 76.

RAVENEL. — Branche de pommier chancrée donnant des fleurs doubles ; B, 4, X, 1896, XXXI.

ROBERGE. — Liste des Hypoxylées, Mucédinées et Urédinées observées par M. Roberge dans le département du Calvados ; B, 1, X, 1864-65, 130.

ROUSSEL (Dr). — Enumération des champignons récoltés par M. Husnot aux Antilles française, en 1868; B, 2, IV, 1869, 218.

SIPIÈRE (Louis). — Bibl. : Du mildew. Son traitement par un procédé nouveau : le lysolage; B, 4, IX, 1895, XXIII.

TISON (A.). — Voir MAIRE (R.). — Voir HOUARD (C). - Bibl. : Remarques sur l'anatomie des mycocécidies produites par le Protomyces macrosporus Unger sur l'OEnanthe crocata L. ; B, 6, VII, 1914, 136.

TOPSENT (E.). — Note sur les Thallophytes marins perforants ; B, 3, X, 1885-86, 296.

VIGUIER (R.). — La botanique en Normandie et les botanistes normands depuis 1823 ; B, 7, volume supplémentaire publié à l'occasion du Centenaire de la Société, 1926, 56.


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R. POISSON et Mme A. POISSON. — Hémiptères Homoptères de Normandie (2e Contribution).

Nous avons donné, en 1926, une première liste des Hémiptères-Homoptères observés dans la région normande. Les captures que nous avons faites, au cours de l'été 1927; nous permettent déjà d'ajouter un certain nombre d'espèces à celles précédemment signalées (R. et A. Poisson, 1926) (1).

Famille CERCOPIDAE

HAEMATOLOMA Haupt.

H. dorsata (Germ.) (2). — Espèce méridionale qui, en Normandie, n'était connue que de Pont-de-l'Arche (Eure) (Coll. L. Dupont) ; nous l'avons capturée en grand nombre sur des conifères aux Monts d'Eraines (Calvados).

PHILAENUS Stal.

Ph. campestris (Fall.). — Sur les plantes basses ; lisière de la forêt de Cinglais (Fresney-le-Puceux).

Famille JASSIDAE

IDIOCERUS Lewis

I. confusus Fl. — Sur les saules et les ombellifères ; Alençon. I. herrichi Kbm. — Sur les frênes; Monts d'Eraines.

(1) 1926. R. Poisson et Mme A. Poisson. — Contribution à la connaissance des Hémiptères-Homoptères de Normandie. Bull. Soc. Linn. Norm., 7e série, t. IX, pp. 131-145.

(2) 1925. R. Poisson. — Sur la répartition géographique de deux Hémiptères : I. Haematoloma (Triecphora) dorsata (Germ.), etc. Bull. Soc. Ent. Fr., n° 3, p. 39.


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ACOCEPHALUS Germ.

A. flavostriatus (Don.). — Sur les herbes du voisinage des rivières ; prairie de Caen, Alençon.

STRONGYLOCEPHALUS FI.

S. mergelei Scott. — Prairies marécageuses ; Pont-Créon (environs de Caen).

RHYTISTYLUS Fieb.

(Glyptocephalus Edw.)

Rh. proceps (Kbm.). — Espèce précédemment signalée des dunes du littoral maritime ; nous en avons capturé de nombreux exemplaires sur les plantes basses, en bordure de la forêt de Cinglais à Fresney-le-Puceux.

PLATYMETOPIUS Burm.

P. undatus (de G.). — Sur les ormes et les bouleaux ; lisière des forêts de Cinglais et de Perseigne.

DELTOCEPHALUS Burm.

D. pauxillus Fieb. — Sur des herbes sèches ; Monts d'Eraines. D'après Oshanin (1912). cet Homoptère n'était connu que d'Autriche et de Russie.

D. minki Fieb. — Même habitat que l'espèce précédente; Monts d'Eraines.

ATHYSANUS Burm.

A. grisescens (Zett.). — Sur les herbes des lieux humides; marais de Chicheboville près d'Argences (Calvados).

THAMNOTETTIX Zett.

7. biguttatus (Fall.). — Sur les hautes herbes et les arbustes de sous-bois ; forêt de Perseigne (Saint-Rigomer-des-Bois) ; espèce d'affinités nordiques.

GRYPOTES Fieb.

G. puncticollis (H. S.). — Très abondant sur les conifères aux Monts d'Eraines.


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BALCLUTHA Kirk. (Gnathodus Fieb.).

B. punctata (Thub.). — Sur les haies, les buissons, les hautes herbes.

Var. confluens Rey. — Caen, Verson.

Var. impunctata Rey. — Brèche-au-diable, Verson, Mouen Alençon, etc.

EUPTERYX Curt.

E. germari (Zett.). — Sur les conifères ; Monts d'Eraines, Verson.

E. binotata (Leth.). — Sur le Lamium album L. ; Bannevillela-Campagne, Caen.

TYPHLOCYBA Germ.

T. nitiduta (F.). — Sur les ormes en août; Banneville-laCampagne.

T. jucunda H. S. — Sur les chênes, les aulnes et les saules du voisinage des rivières ; Alençon, Caen.

Famille FULGORIDAE

DELPHAX Fabr.

D. aubei Perr.. — Dans l'herbe des prairies ; Luc-sur-Mer. D. sordidula Stal.. — Prairies humides et herbe des sousbois; Bretteville-sur-Odon, Alençon.

Caen, le 5 décembre 1927.

L. MERCIER et Abbé O. PARENT. - Dolichopodidae (Diptères orthorrhapha brachycera) de Normandie et plus particulièrement du Calvados. — Liste complémentaire.

Nous avons donné, dans un travail antérieur (1925), la liste de 57 espèces de Dolichopodidae capturées dans la région normande et plus particulièrement le long de


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la côte du Calvados. A cette première énumération, nous pouvons ajouter, aujourd'hui, quelques espèces. Au premier abord, on sera surpris que cette seconde liste renferme beaucoup d'espèces communes, largement réparties. Si nous n'avions pas encore eu l'occasion de les capturer, la raison en est dans le fait que nos investigations ont porté sur de nouveaux lieux de chasse. Primitivement, en effet, nous nous étions particulièrement astreints à chasser le long de la côte, au voisinage immédiat de la mer ; aussi, outre quelques espèces ubiquistes, nous avions surtout recueilli des espèces marines ou maritimes.

Certaines de nos captures de 1926 et de 1927 proviennent encore du littoral ; mais la plupart ont été faites dans le ravin de la Brèche-au-Diable.

La Brèche-au-Diable, site pittoresque situé à dix kilomètres au nord de Falaise, est une profonde coupure ouverte dans le Grès armoricain. Au fond de la brèche coule une riviérette dont les bords sont ombragés par de grands arbres ; son cours est coupé de blocs de grès qui déterminent de petites cascades.

Pour l'énumération des espèces, nous suivrons l'ordre des sous-familles adopté dans notre première liste.

S. F. DOLICHOPODINAE

Genre HERCOSTOMUS Lw. (= GYMNOPTERNUS Lw.)

H. germanus Wied. (Becker, I, p. 219, Lundbeck, p. 173). — Brèche-au-Diable (juin 1927).

Cette espèce existe dans toute l'Europe ; elle est connue du Danemark, du sud de la Suède, de Finlande. L'un de nous (O. Parent, 1926 b) a signalé sa présence au Maroc.


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S. F. MEDETERINAE

Genre THRYPTICUS Gerst.

T. bellus Lw. (Becker, I, p. 356, Lundbeck, p. 310). — Mare saumâtre de Bénouville (août 1926). Espèce répandue dans toute l'Europe. Elle est connue d'Espagne, d'Angleterre, de Salonique (Parent, 1926 6) ; A. de Stackelberg (Revue Russe d'Entomologie, XIX, 1925) la signale d'Ingrie (Gouvernement de Pétrograd). Mais T. bellus est rare au Danemark, qui semble être sa limite septentrionale. Il a été capturé dans l'Afrique du Nord (Tunis) et en Egypte.

S. F. RAPHIINAE

Genre XIPHANDRIUM Lw.

X. appendiculatum Zett. (Becker, II, p. 239, Lundbeck, p. 296). — Brèche-au-Diable (juin 1927).

Ce Dolichopodide est très commun ; il existe dans toute l'Europe moyenne (Allemagne, France, Alpes, Italie) et septentrionale (Danemark, Suède, Finlande) et même en Asie mineure.

S. F. NEUROGONINAE

Genre NEUROGONA Rond.

N. quadrifasciata Fbr. (Becker, II, p. 303, Lundbeck, p. 41). — Brèche-au-Diable (juin 1927).

Espèce commune qui existe dans toute l'Europe, du nord de la Suède aux Monts Ourals.

S. F. DIAPHORINAE

Genre CHRYSOTUS Meig.

C. gramineus Fall. (Becker, III, p. 56, Lundbeck, p. 219). — Falaise de Luc-sur-Mer (août 1927).


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Espèce connue de toute l'Europe où elle a été capturée du nord de la Scandinavie jusqu'en Espagne. O. Parent (1926 b) la mentionne de Salonique, d'Algérie et du Maroc.

Genre ARGYRA Macq.

A. argyria Meig. (Becker, III, p. 66, Lundbeck, p. 240). — Brèche-au-Diable.

Europe, y compris l'Espagne, l'Italie, le sud de la Suède. En France, cette espèce est connue (Parent, 1925 a) du Maine-et-Loire, de Saint-Pierre-de-Chartreuse, de Paris-Plage, d'Arras, de Lille Sa présence a été également signalée des îles Canaries.

L'Argyra divergens O. Parent (1926 a) est synonyme d'A. argyria Meig.

A. diaphana Fbr. (Becker, III, p. 68, Lundbeck, p. 233). — Brèche-au-Diable (juin 1927).

Espèce de toute la France (Parent, 1925 a) et de toute l'Europe, du sud de la Suède jusqu'en Corse.

S. F. CAMPSICNEMINAE

Genre CAMPSICNEMUS Walk.

C. pectinulatus Lw. (Becker, III, p. 91). — Falaise de Lucsur-Mer (août 1927).

A notre connaissance, cette espèce n'a pas encore été signalée en France. D'après Becker, elle est connue de l'Europe centrale et A. de Stackelberg (Revue Russe d'Entomologie, XIX, 1925) l'a signalée d'Ingrie (Gouvernement de Pétrograd).

Genre SYMPYCNUS Lw. S. Desoutteri, O. Parent. — Marais de Carentan (octobre 1925).

Cette espèce a été décrite par O. Parent (1925 b) sur


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des exemplaires capturés à Fermanville, localité située entre Cherbourg et Barfleur; par la suite, sa présence a été signalée en Angleterre et de la Frise (Vu de Spiegerog dans la collection V. Roder).

Genre TEUCHOPHORUS Lw.

T. spinigerellus Zett. (Becker, III, p. 118, Lundbeck, p. 374). — Mare saumâtre de Bénouville (juin 1926).

Espèce connue de toute l'Europe, y compris le sud de la Suède, l'Espagne, l'Italie et l'Ingrie (A. de Stackelberg, Rev. Russe d'Entomologie, XIX, 1925).

T. spinigerellus existe également dans l'Afrique du Nord.

S. F. SCIOPODINAE

Genre SCIOPUS Zeller (SCIAPUS AUCT.)

S. platypterus Fbr. (Becker, III, p. 151, Lundbeck, p. 26). — Brèche-au-Diable (juin 1927).

Espèce commune, de toute l'Europe jusqu'au nord de la Suède.

S. pallens Wied. (Becker, III, p. 171).

Un exemplaire capturé dans une maison à Caen. Cette espèce est rare dans les collections ; elle existe, en particulier, dans la collection Jacobs du Muséum de Bruxelles, dans la collection Macquart (Paris) et dans la collection Becker. Elle est connue de l'Europe centrale et de la région circa-méditerranéenne (Dalmatie et Grèce, in Collection de l'Institut Zoologique de Hambourg). Loew l'avait signalée de Rhodes sous le nom de S. albonotatus. Si, à ces données sur la distribution géographique de S. pallens, on ajoute qu'il a été capturé à Villers-la-Ville, localité située à vingt-deux kilomètres


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au sud de Bruxelles, et à Caen, on peut admettre que ce Dolichopodide présente en Europe une aire de distribution très vaste. D'ailleurs, d'après Becker, S. pallens existe en Amérique septentrionale.

Parmi les espèces que nous venons d'énumérer, deux sont rares et méritent de retenir l'attention ; ce sont : Sympycnus Desoutteri O. Par. et Campsicnemus pectinulatus Lw. (cette dernière est nouvelle pour la faune de France). Par contre, beaucoup des espèces sont communes. Si nous ne les avions pas capturées jusqu'à présent, c'est que vraisemblablement elles ne s'approchent pas du bord immédiat de la mer et recherchent certaines conditions spéciales d'existence. Une fois de plus sont mises en évidence la diversité et la richesse faunistiques de la Normandie.

L'un de nous (O. Parent, 1927), a d'ailleurs eu l'occasion de faire ressortir ces particularités de notre faune régionale au cours de l'étude qu'il a faite de la répartition des Dolichopodides de la vallée des Moulins, petite vallée située entre Cherbourg et Barfleur.

Enfin, rappelons que certains des Dolichopodides cités dans cette liste possèdent une aire de distribution géographique très vaste qui s'étend de la région méditerranéenne à l'Europe septentrionale. Tels sont : Hercostomus germanus Wied., Thrypticus bellus Lw., Chrysotus gramineus Fall., Teuchophorus spinigerellus Zett. et S. pallens Wied.

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

1917. — TH. BECKER. — Dipterologische Studien, Dolichopodidae (Nova Acta Abh. der Kaiserl. Leop. Carol.. Deutschen Akad. d. Naturf. Bd. 102, n° 2).

1918 a). — TH. BECKER. — Id., 2e Partie (Bd. 103, n° 3).

1918 b). — TH. BECKER. — Id., 3e Partie (Bd. 104, n° 2).


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1912. — W. LUNDBECK. — Diptera Danica. Part. IV. Dolichopodidae (G. E. C. Gad, Copenhagen).

1925. — L. MERCIER et Abbé O. PARENT. — Dolichopodidae (Diptères orthorrhapha brachycera) de Normandie et plus particulièrement de la Côte du Calvados (But. Soc. Lin. de Normandie, 7e s. T. VIII, p. 67).

1925 a). — Abbé O. PARENT. — Contribution au catalogue des Diptères de France. — Dolichopodides (An. Soc. Lin. de Lyon. T. 72, p. 94).

1925 6). — Abbé O. PARENT. — Notes Diptérologiques (Ann.

Soc. Sc. de Bruxelles, T. XLIV, Ire Part. Doc. et C. R., p. 549).

1926 a). — Abbé O. PARENT. — Sept espèces nouvelles de

Dolichopodides européens (Diptera, T. III, p. 37). 1926 b). — Abbé O. PARENT. — Contribution à l'étude de la

distribution géographique de quelques espèces de

Dolichopodides (Compt. rend. du Congrès des Soc.

Savantes. Sect. Sc. Poitiers, p. 449). 1927. — Abbé O. PARENT. — Les Dolichopodides de la Vallée

des Moulins (An. Soc. scientif. de Bruxelles. T. 47,

première partie, p. 39).


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A. BIGOT. — Géologie de la région de Falaise et de la Brèche-au-Diable (1).

1. Le Massif de Falaise. — 2. Le synclinal de la Brècheau-Diable. — 3. La plaine de Falaise et les terrains secondaires. — 4. Les stations préhistoriques de la Brècheau-Diable et d'Olendon. — 5. Description de l'Excursion (2).

1) Le Massif de Falaise. — Avant de disparaître sous le Jurassique au Nord d'Argentan, la Zone bocaine forme les deux Massifs de Falaise et de Montabard, faisceaux d'assises siluriennes, alignées W. 20° N.-E. 20° S.

Cette partie de la Zone bocaine est nettement en saillie sur les régions qui là bordent ; les altitudes supérieures à 200 mètres y sont fréquentes (255 mètres à la côte de Neuvy), alors que, au pied de la zone, les altitudes n'atteignent qu'exceptionnellement 160 mètres. Le faisceau d'assises siluriennes détermine donc une importante ligne de relief, décrite comme Axe du Merlerault. La limite des Massifs de Falaise et de Montabard correspond à une dépression, préparée par une importante dislocation ; la ligne du chemin de fer de

(1) Annexe au compte rendu de la réunion de 1927 (voir Bulletin 7e série, t. X, 1927, p. 47*).

(2) Travaux et cartes à consulter : Carte géologique détaillée de la France, feuille 45, Falaise, 2e édition, par A. BIGOT, 1915. — Le Massif ancien de la Basse-Normandie et sa bordure, par A. BIGOT (B. S. S. Fr., 4e s., t. IV, 1904, pp. 908-953, spécialement les pages 928 et 953 pour le Massif de Falaise, et les pages 947 à 958 pour les relations des terrains secondaires avec le Paléozoïque.— L. CAYEUX. Structure du bassin d'Urville (Calvados) et ses conséquences au point de vue de l'exploitabilité du minerai de fer (Revue de métallurgie, février 1913).


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Caen au Mans emprunte cette dépression pour franchir le faîte de la Zone bocaine, qu'elle traverse à l'altitude de 180 m. à la gare de Montabard. Les Massifs de Falaise et de Montabard se distinguent des autres parties de la Zone bocaine parle grand développement des quartzites du Grés armoricain, absents dans les autres régions de la Zone.

Au bord S. de ces Massifs, le Grés armoricain est transgressif sur les assises cambriennes sous-jacentes ; il déborde vers Ronai les schistes cambriens supérieurs et repose sur les schistes et calcaires du niveau de Laize.

Le Massif de Falaise est constitué dans son ensemble par deux plis synclinaux parallèles, séparés par un anticlinal.

L'anticlinal médian est formé par des schistes cambriens (Niveau des Schistes du Pont de la Mousse). Par suite de la moindre dureté de ces schistes, l'anticlinal forme, par inversion du relief tectonique, une région déprimée que recouvrent presque partout les calcaires bathoniens de la plaine de Saint-Martin-de-Mieux. Le flanc Sud de cet anticlinal est accompagné par deux lambeaux de Grés armoricain (La Mauricière et SaintMartin-de-Mieux) .

Le pli méridional est monoclinal; il est limité au Nord par une faille parallèle ; il est réduit à son flanc Sud, formé d'une série très régulière de bandes plongeant vers N. 20° E. Ces bandes se traduisent sur le terrain par le relief des crètes correspondant aux roches dures (Conglomérats et grés), qui sont séparées par de longues dépressions correspondant aux couches tendres (Schistes).

Vers I'W., le Massif a une tendance à former un périsynclinal; cette disposition n'affecte que les assises cambriennes ; elle aboutit à une dislocation qui fait


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apparaître à Guinnefougère le granite traversant et modifiant les grés siluriens.

Le pli septentrional est également limité au N. par une faille qui coupe obliquement les assises ordoviciennes du pli et les met en contact avec le Briovérien.

Le Grés armoricain prend une très grande importance dans ce pli ; il forme une bande continue, souvent très large, depuis les Bois du Roi jusqu'aux Bois de Saint-André, et porte le Château de Falaise. A l'W. de Falaise, la bande de Grés armoricain se dédouble par l'apparition d'une bande de schistes rouges, formant une petite dépression au S. des Bois du Roi. Le Grés de May occupe une vaste surface au N.-E. de la route d'Argentan ; la présence de Schistes gothlandiens à la Froudière implique une disposition synclinale de ce Grés de May.

Le prolongement vers l'E. de ces assises siluriennes du pli N. est coupé brusquement à l'E. par une faille transversale.

2) Le Synclinal de la Brèche-au-Diable. — Le synclinal de la Brèche-au-Diable est situé au Nord de la Zone bocaine. Il a la forme d'une ellipse allongée, dont l'axe serait dirigé W. 20° N.-E. 20° S. Il est presque partout recouvert par le Jurassique. Le Laizon, la Laize et ses affluents coulent dans des vallées transversales à la direction des couches; ces vallées s'encaissent au-dessous de la base du Jurassique et traversent les assises qui forment le synclinal. A l'E. du Laizon, la continuation du synclinal est jalonnée par les crètes de Grès armoricain et de Grès de May qui percent le Bathonien à Olendon, Sassy, Perrières.

La vallée de la Laize, entre Moulines et Rocreux,


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près de Bretteville-sur-Laize, donne une coupe complète, synclinale dans son ensemble.

La discordance des conglomérats de base du Cambrien sur le Briovérien est évidente à Rocreux.

La courbe périsynclinale qui termine à l'W. le synclinal de la Brèche-au-Diable, est interrompue par une faille qui supprime une partie de la bande de poudingues pourprés. Le bord W., relevé, de cette faille porte sur la rive gauche de l'Orne un lambeau de poudingues pourprés (Neumer).

A son extrémité Est, le synclinal de la Brèche-auDiable se ferme par une ligne sinueuse, due à un petit relèvement anticlinal affectant le Grès armoricain et le Grès de May ; le passage de cet anticlinal se traduit dans le Grès armoricain des carrières du Breuil-de-Perrières par le tracé des affleurements et des dislocations.

Le minerai de fer oolithique de la base des schistes d'Angers existe très régulièrement dans le synclinal de la Brèche-au-Diable. Dans les travaux de recherches d'Assy, il est situé à une quarantaine de mètres au-dessus du sommet du Grès Armoricain. Le minerai est à l'état de sidérose oolithique, transformée en hématite à la tête de la couche. Il a fait l'objet de plusieurs concessions ; celle de Soumont est reliée à Caen par un chemin de fer minier et alimente en partie les hauts-fourneaux de Colombelles; les autres concessions sont celles d'Urville, Estrées-la-Campagne, sur le flanc Nord du synclinal, Barbery sur le flanc Sud.

3) La plaine de Falaise et les terrains secondaires. — Falaise est situé vers l'origine d'une longue dépression, dirigée du S.-E- au N.-W., qui vient aboutir dans la dépression de Carentan.


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Cette dépression a été creusée à la surface de la pénéplaine hercynienne pendant une période continentale ; elle est remblayée par des argiles bigarrées, des sables et des couches de galets ; ces formations ont été rapportées au Trias.

Les galets et les sables ont été remaniés par la mer liasique, dont la transgression a atteint pour la première fois cette région à l'époque du Charmouthien. Le Lias est représenté par des sables et des grés calcareux contenant des Bélemnites et des Brachiopodes (Rhynchonella tetraedra, Terebratula indentata) avec lits de galets (carrière des Fontaines), qu'il est quelquefois difficile de séparer de ceux du Trias (gare de Falaise). Les dépôts jurassiques de cette région sont, comme ceux de May, interrompus par des lacunes résultant soit d'un retrait de la mer, soit du ravinement des dépôts pendant une période de transgression, ou au moment d'une autre régression, soit d'un ravinement sousmarin, soit d'une absence de sédimentation.

Gomme à May, certains niveaux n'existent que dans les creux de la surface de l'ancienne pénéplaine hercynienne, soit parce que ces creux ont été comblés d'abord par des dépôts qui n'ont pas atteint les reliefs, soit parce que la situation de ces dépôts les a préservés du ravinement.

Le Toarcien formé de marnes et d'argiles à Hildoceras bifrons, repose directement sur le grés de May à Olendon, et il a été également rencontré dans les sondages de cette localité.

On rattache au Bajocien inférieur (Aalénien supérieur) des calcaires qui surmontent le Charmouthien de Fresnay-la-Mère et qui renferment Terebratula perovalis, Aulacothyris curvifrons ; la surface supérieure de ces calcaires est corrodée et perforée.


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Au dessus, le Bajocien est formé de calcaires blancs, durs ou sableux.

Cet horizon est épais de 2 mètres au plus. Il renferme de petits lits de galets et se termine par une surface perforée. L'âge est établi par la présence d'Ammonites caractéristiques (Stephanoceras linguiferum, Cosmoceras Garantianum, Oppelia Truellei) qu'accompagnent Amauropsis Bajocensis, Pleurotomaria granulata var. Palaemon, Limatula gibbosa, Mactromya mactroides, de très nombreux Acanthothyris spinosa.

Le Bathonien commence par des calcaires blancs, fins, qui comprennent les bancs exploités comme pierre de taille d'Aubigny et de Saint-Pierre-Canivet (Vésulien). Des silex en bancs discontinus et en gros rognons se rencontrent dans ces calcaires, autour de Soumont. La Société Normande de Métallurgie exploite aux Ocrets, près de Langannerie, une vaste carrière, profonde de 18 mètres, ouverte dans les calcaires Vésuliens, très purs, sans silex. D'après des sondages dans cette carrière, les calcaires auraient une épaisseur de 45 mètres.

Le maximum de la transgression jurassique dans la région correspond au Bradfordien. Les dépôts de cet étage surmontent souvent directement les crètes de grès ; ils ont alors un faciès particulier, en relation avec ces anciens récifs ; ils renferment souvent des galets des roches sous-jacentes, des polypiers, de grosses coquilles, ou bien une riche faune de Gastéropodes et de Pélécypodes. Cet horizon comprend aussi des formations zoogènes avec Polypiers et Bryozoaires, entourées par des calcaires oolithiques ou pisolithiques.

Eudesia cardium a été recueilli à la base de cette formation aux Ocrets, immédiatement au-dessus des calcaires Vésuliens. Cette Oolithe miliaire, Bradfordienne, contient, près de Vendeuvre-Jort, un petit


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niveau fossilifère avec Ammonites et Anabacia complanata. Ce faciès comprend peut-être une partie du Vésulien.

Les calcaires bathoniens forment une vaste Campagne, située entre la Laize et la Dives, sur laquelle s'élèvent les Monts d'Eraines, buttes de sables oolithiques préservées de la dénudation par des bancs silicifiés résistants. La plaine supporte à l'Est les premières buttes du Pays d'Auge, constituées par les argiles Calloviennes. Ces buttes s'annoncent à la surface de la plaine par des témoins de l'ancienne extension du Callovien vers l'Ouest (Escures, Mont-Jacob).

La surface de la plaine n'est accidentée que par quelques saillies des grès siluriens et par de longues ondulations. Elle est entamée par des vallées profondément ■encaissées, parcourues par des cours d'eau, telle celle du Laizon, mais le plus souvent, par suite de l'abaissement du niveau des nappes, ces vallées sont asséchées, ■en voie de remblayage par des dépôts que le ruissellement amène des versants.

Les eaux d'infiltration forment une nappe aquifère à la base du Jurassique et à son contact avec la surface des terrains paléozoïques ; l'écoulement de cette nappe au Nord-Est est contrarié par l'existence de reliefs, transversaux à cette direction, qui sont formés à la surface du paléozoïque par les bandes de grès. Il se forme ainsi en amont de ces barrages des sources importantes, telle que celle qui donne naissance au ruisseau de Perrières, en amont du Grès armoricain de La Fontaine.

Inversement, quand les cours d'eau rencontrent une des fissures de décalcification qui traversent les calcaires, ils sont absorbés et disparaissent (Ruisseau de Perrières, à La Maison-Neuve, Ruisseau d'OIendon).


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4) Stations préhistoriques. — Il existe de nombreuses traces des époques préhistoriques dans la plaine de Falaise. Au Nord d'OIendon, la station des Caillouets a fourni une énorme quantité de silex taillés, dont les formes rappellent celles de Spiennes (Belgique) ; il s'agit vraisemblablement ici d'un atelier de taille, établi sur le gisement même de la matière première, fournie par les silex vésuliens.

Les stations les plus remarquables sont celles de La Brèche-au-Diable. Le plateau de Saint-Quentin-de-laRoche (ou de Marie-Joly), a constitué depuis le creusement de la gorge du Laizon un emplacement de choix. Il a été occupé à l'époque paléolithique ; la Station des Longs-Grés est caractérisée par des outils chelléens typiques, taillés dans des silex vésuliens, pris sur place, profondément patines. Il a été occupé plus tard à l'époque de la pierre polie qui a utilisé des silex d'une nature différente, provenant probablement du Cénomanien du Pays d'Auge. L'abondance des grattoirs et des perçoirs est caractéristique de cette station. Les Néolithiques ont fréquenté aussi un abri sous roche, situé dans l'escarpement qui domine la rive droite du Laizon.

On doit à M. le Dr Doranlo la découverte d'un polissoir, formé d'une grande dalle de grès, dans la propriété du Dr Piquentin, au pied du même escarpement.

Description de l'excursion

La gare de Falaise est située sur des galets mélangés de sables, qui proviennent du remaniement des galets accompagnant les argiles triasiques.

Traversant la ville en suivant la ligne du tramway,

7


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on arrive à la promenade des Bercagnes, au pied de l'escarpement qui supporte le Château de Falaise. La cluse de l'Ante sépare cet escarpement du Mont Mirat, constitué aussi par le Grés armoricain, plongeant au Sud. Les schistes à Calymènes forment le sous sol de la Promenade des Bercagnes, et sont entamés par la tranchée du tramway ; à leur base, au pied du Mont Mirat, ils contiennent des bancs ferrugineux, mais dans le Massif de Falaise on n'a pas rencontré à ce niveau de couches de minerai de fer exploitables.

En continuant à suivre la ligne du tramway, on constate, en arrière du Grés armoricain, la présence de schistes briovériens, et par conséquent de la faille limite du Nord du massif.

Le Briovérien est entamé par une profonde tranchée par laquelle le tramway gagne le plateau d'Aubigny ; il est formé de grés fins, très durs, cornés, métamorphiques, en lits verticaux. Le granite auquel est dû ce métamorphisme n'affleure qu'à plusieurs kilomètres au S.-E. (Guinnefougère), mais il existe certainement à une profondeur indéterminée au-dessous de Briovérien.

Le tramway atteint la base des terrains secondaires horizontaux. Une longue tranchée que croise un chemin venant de la route de Falaise débute dans des argiles bigarrées, sommet des argiles triasiques ; ces argiles sont surmontées par des galets, qui sont ici très peu épais, et qui sont rattachés au Charmouthien ? Audessus viennent les calcaires sableux à Acanthothyris spinosa, puis des calcaires blancs, durs, se rattachant aux calcaires vésuliens de Saint Pierre Canivet. On observe également ces couches dans le chemin qui ramène à la route de Falaise à Caen (chemin de Leffard). Là, en face du Calvaire, se trouve une carrière aban-


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donnée où l'on observait la superposition, sur les argiles triasiques, des galets du Lias, surmontés par les calcaires à Acanthothyris.

Au-dessus des argiles est une petite nappe, située dans les sables et galets du Lias ; son eau se déverse par de


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petites émergences dans la tranchée du tramway et surtout dans le talus de la route de Caen.

La carrière est située vers le sommet d'une longue côte qui conduit, de la vallée de l'Ante, ouverte dans

FIG. 2. — Coupes sur le chemin de Leffard et dans la tranchée du

Chemin de fer départemental, près du Calvaire de la route

de Caen. 9, Calcaires blancs, visibles sur 2 mètres ; ils forment la base des

Calcaires d'Aubigny et Saint-Pierre-Canivet (Vésulien). 8, Calcaire à Acanthothyris très fossilifère, perforé au sommet;

épr : 0m35. 7, Calcaires blancs à Acanthothyris, perforés au sommet

épr : 1m70, 6, Calcaire contenant des galets de grès disséminés, à enduit

ferrugineux ; surface supérieure très irrégulière : Acanthothyris,

Parkinsonia; épr : 0m10 à 0m15. 5, Petit banc de calcaire très grossier, avec petits galets de grès,

perforé au sommet, nivelant le banc précédent; 0m10 à 0m12.

Dans la tranchée du chemin de fer, ce banc est remplacé par

un poudingue à gangue calcaire, lié aux sables inférieurs et

contenant des Bélemnites roulées. 4-3, Sables jaunes, un peu argileux, cimentés par places en blocs

de forme, irrégulière, qui paraissent être des parties non décalcifiées d'un banc qui devient continu en s'éloignant de


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l'entrée du chemin. A la partie supérieure, ces sables et grès contiennent des petits galets, des Térébratules, Bélemnites ; ces lignes de fossiles sont continues. Le sommet est raviné. Epaisseur totale 1m20.

2. Graviers jaunâtres avec galets assez gros (grosseur d'un oeuf) ; épaisseur 0m40.

1, Sables blancs, fins, visibles sur 1m30.

a, Argiles, visibles en contrebas du chemin, sur la route de Caen, et dans la tranchée du chemin de fer, où elles déterminent un niveau d'eau. Ces argiles rouges, bigarrées de gris autour des fissures, étaient exploitées sur 3 mètres d'épaisseur dans la carrière voisine.

les couches paléozoïques, d'architecture plissée, sur le plateau formé par les couches bathoniennes tabulaires de la Campagne de Falaise. La route de Caen traverse ce plateau, presque horizontal, en passant près des carrières souterraines de Villers Canivet, où les calcaires blancs du Vésulien sont exploités comme pierre de taille. La plaine est dominée en arrière, c'est-à-dire au Sud, par les reliefs boisés des grès siluriens du Massif de Falaise (Bois du Roi) ; au Nord, c'est seulement quand on arrive dans leur voisinage immédiat que les grès siluriens du Synclinal de la Brèche-au-Diable traduisent leur présence autour de la profonde échancrure que le Laizon a creusée dans le flanc Sud de ce synclinal.

Cependant, en arrivant de Falaise par la route de Saint-Quentin-de-la-Roche, le Grès armoricain s'annonce par une crète dénudée, qui est prolongée vers le Laizon par un plateau boisé. Contre ce grés le Bathonien est formé de calcaires durs, avec Polypiers et petits galets de grès ; ces calcaires décalcifiés sont accompagnés de rognons de limonite. L'extrémité occidentale du plateau domine la brèche étroite et profonde où le Laizon prend l'allure d'un petit torrent, avec


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rapides et cascades, entre des parois de Grès armoricain qui forment de véritables falaises. Du tombeau de Marie Joly, on aperçoit nettement au N. une autre crête plus basse, également boisée, formée par le Grès de May; au-delà s'étend la plaine jurassique ; les schistes à Calymènes existent dans la vallée entre les deux crêtes ; une galerie est ouverte dans la couche de minerai de fer de la base de cet horizon, sur la rive gauche du Laizon.

Le plateau autour de la petite église de Saint-Quentin est couvert jusqu'à l'escarpement par une terre noire, remplie d'éclats de silex et d'outils néolithiques, en particulier de grattoirs et perçoirs.

On descend dans la Brèche par le revers Sud de ce petit plateau. Vers la sortie de la Brèche, du côté du Nord, les parois de grès présentent des surfaces polies avec figures de percussion témoignant de l'importance des phénomènes torrentiels qui ont creusé la cluse du Laizon.

En remontant du Moulin de Soumont à la route d'Ouilly le Tesson, on couperait un affleurement de schistes à Calymènes, recouvert par un petit lambeau de Lias avec Bélemnites, et, en arrivant au plateau, on constaterait la présence d'argiles à silex résultant de la décalcification du Vésulien qui ont fourni la matière première des outils chelléens de la station des Longs Grès, située près du carrefour.

L'excursion du 22 mai 1927, en sortant de la Brèche par le Nord, s'est dirigée par Soumont vers le siège des Mines de fer, dont la visite a été dirigée par notre confrère, M. Segaud, Ingénieur-Directeur.

Les membres de la Société ont parcouru successivement l'emplacement de la descenderie, ouverte dans la


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couche jusqu'à la profondeur de 250 mètres, les appareils d'amenée des bennes au jour, les dispositifs pour la formation des stocks, la batterie des fours à grillage du minerai carbonate.

M. Segaud a accompagné la Société dans la visite de la carrière des Ocrets, près de Langannerie, où les calcaires Vésuliens sont exploités pour en tirer la castine nécessaire au lits de fusion des hauts fourneaux de Colombelles et pour la fabrication de la chaux.

La rentrée à Caen s'est faite par le même itinéraire que le matin, c'est-à-dire par la route de Falaise à Caen.

L'excursion dans la région de Falaise pourrait être complétée en gagnant la gare de Vendeuvre-Jort par Olendon, Quatre-Vents et Perrières. Ce trajet donne une vue typique de la Campagne de Falaise.

En arrivant vers la cote 165 on a une vue d'ensemble très étendue sur cette plaine et les régions adjacentes, particulièrement sur le bord du Pays d'Auge, qui se développe à l'Est, depuis la butte d'Exmes; on distingue nettement ses deux gradins, l'un formé par les buttes argileuses du Callovien, l'autre par le talus argileux de l'Oxfordien; celui-ci est surmonté par la corniche qui termine le Cénomanien du plateau.

Autour de cette cote 165 et autour de Quatre-Vents, le sous-sol est formé par des calcaires sableux oolithiques. Au hameau de la Fontaine, on retrouve les Grés armoricains du flanc Sud du Synclinal, perçant le Bathonien qui est formé de calcaires durs. En arrière de la bande de grés des Roches, la source de La Fontaine donne naissance dans la cour d'une ferme au ruisseau de Perrières, qui, après un cours de 4 kilomètres, va se


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perdre dans un herbage, près de la ferme de la Maison Neuve, dans les calcaires bathoniens ; au delà de cette perte, jusqu'à la rencontre de la Dives, près de Jort, la vallée est sèche, en voie de remblaiement.

La carrière du Breuil montre très nettement que la bande de Grés armoricain prend une allure périsynclinale dans son ensemble, mais est affectée par un petit relief anticlinal, accompagné de cassures, avec miroirs de failles. La surface du Grès armoricain est très irrégulière, elle correspond à un fond de mer du Bathonien, dont les dépôts ont nivelé les irrégularités ; en certains points, la disposition est celle des poches à Gastéropodes du Lias de May.

Le chemin de la gare de Jort à Sassy coupe dans une petite tranchée des calcaires bathoniens assez fossilifères, avec petites oolithes irrégulières, rouillées.


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LISTE DES COMMUNICATIONS

par noms d'Auteurs

ANTOINE : Capture d'un Serropalpus barbatus à Caen, p. 85*. AUDIGÉ (P.) : Stade hémiramphe de l'Orphie (Belone vulgaris

C. et V.), p. 12*. — Corella larvoeformis Hancock

(Tunicata Ascidiadae) dans la baie de Seine,

p. 100*. BRDEL (L.) : Sur une nouvelle station de Tetragonolobus

siliquosus Roth, p. 81*. BIGOT (A.) : Ossements du calcaire Vésulien d'Ecouché, p. 7*.

— A propos des nodules du grès de May, p. 88*.

— Notice explicative de la feuille de Coutances, n° 44 de la carte géologique de la France, p. 8.

— Failles et plis dans les terrains secondaires du Calvados, p. 33. — Géologie de la région de Falaise et de la Brèche-au-Diable, p. 92.

BRUNET : OEuf de Poule tératologique, p. 54*.

BUGNON (P.) : Algues marines rares ou nouvelles pour la région de Luc-sur-Mer, p. 57* — BIBLIOGRAPHIE, M. Choisy, Atlas lichénographique d'Europe, p. 64*. — L'Asparagopsis hamifera (Har.) Okamura dans la région de Luc, p. 72*. — Présentation de champignons. Solanum miniatum. Le Spartina Townsendi dans la baie des Veys, p. 97*. — Sur le rôle de l'accroissement intercalaire dans l'évolution de l'appareil conducteur de la jeune plante, p. 43. — Contribution à la flore mycologique normande, p. 49.

BUGNON (P.) et GUILLAUD (M.) : Cordyceps et Elaphomyces des bois de Baron et de Mouen, près Caen, p. 94*.


— 108 —

CHEMIN (É.) : Additions et rectifications à la « Flore algologique de Luc-sur-Mer et environs », p. 26*.

DALIBERT (M.) : Coléoptères des environs de Lessay, p. 22*. — Odacantha melanura L., p. 30*. — Coléoptères de l'excursion de Sées (fin), p. 36*. — Orthoptères de l'excursion de Sées, p. 52*. — Pentatomides de Normandie, p. 62*. — Pterostichus tarsalis, p. 66*. — Rectifications, p. 88*. — Insectes des environs d'Alençon, p. 112*.

DUBOIS (G.) : Os provenant d'une fissure du calcaire Vésulien à Ecouché (Orne), p. 7*.

FOCET (R.) : Polygonum bistorta. Osmunda regalis. Peltaria alliacea, p. 66*.

FRÉMY (Abbé P.) : Deux champignons rares observés aux environs de Saint-Lô (Manche), p. 29*. — Clef analytique et localités des Calothrix d'eau douce et subaériens de Normandie, p. 33*. — Clef analytique et localités des Calothrix marins et d'eau saumâtre de Normandie, p 41* — Clef analytique et localités des Rivularia de Normandie, p. 53*. — Les espèces normandes des genres Dichothrix, Isactis, Gloeotrichia, Brachytrichia, p. 56*. — Radiographies, p. 89*.

LANGEVIN (E.) : Silex taillé. Nodule de grès de May, p. 88*.

LEBOUCHER (J.) : Apparition des Hirondelles. Hampe de Pissenlit à deux capitules, p. 54*. — Aphelinus mali. Lasiocampa pruni, p. 66*. — Pyrrochoris apterus, p. 75*.

LELOUTRE (G.) : Guillemot bridé, p. 40*.

LE MARCHAND (S.) : Gracilaria azaleela, p. 9*. — Glyphipleryx heptaglyphella, p. 10*. — Nouvelle contribution à la faune des Microlépidoplères du Calvados, p. 70*.

LEMERCIER (R.) : Tératologie (Equisetum maximum), p. 38*.

LE ROUX-LEGUEUX (Mme M.) : Crustacés Amphipodes de Normandie (formes marines, d'eau saumâtre et d'eau douce), 2e liste, p. 101*.


— 109

MAZETIER (G.) : Coléoptères des Monts d'Eraines, p. 76*. —

Coléoptères, p. 85*. — Coléoptères, p. 111*. MERCIER (J.) : Anomalie de l'appareil apical et du test chez Hemicidaris luciensis d'Orb., p. 42*. — Un cas de variation méristique chez Apiocrinus Parkinsoni Mor., p. 62*. — Sur les quelques gisements de Cornbrash de la région au nord de Caen, p. 93*. — Sur l'âge et la faune des assises argileuses de Lion-sur-Mer (Calvados), p. 34* et p. 23.

MERCIER (L.) : A propos d'un rarissime Tachinaire (Cadurcia casta Rond.) éclos à Bayeux chez notre confrère S. Le Marchand, p. 10*. — A propos de l'Anguille de Beaulieu, p. 21*. — Deux cas de cataracte naturelle apparus dans un élevage de Lapins albinos, p. 30*. — Hemiteles similis Gml. p. 37*. — Une question de priorité, p. 46* — Discocerinella omonvillea, genre nouveau, espèce nouvelle d'Ephydridae (Ditp.) de la région paléarctique, p. 63*. — A propos de Clonopsis gallica, p. 68*. — Paludines ( Vivipara), p. 68*. — Une espèce de Mollusque (Cyclostoma elegans Müller) éteinte à Luc-sur-Mer (Calvados) et une espèce de Mollusque (Helix elegans Drap.) introduite dans la même région, p. 83*. — Les Seiches de la baie de Seine en juillet et août 1927, p. 105*. — Bras supplémentaire dorsal chez une Astérie recueillie à Luc-surMer, p. 107*.

MERCIER (L.) et PARENT (Abbé O.) : Complément à la liste des Dolichopodidae (Diptères) du Calvados, p. 85.

MESLIN (R.) : Le Sphagnum quinquefarium Warnst. dans le Calvados, p. 89*.

MOUTIER (Dr A.) : A propos de l'Anguille de Beaulieu, p. 21*. — Helix pisana, p. 85*. — Présentation d'un Strix aluco aluco L., p. 115*.

POISSON (R.) : Notes fauniques, p. 35*. — Guillemot bridé,


— 110 —

p. 40*. — Xenylla subwelchi Denis, Insecte aptérygote de l'ordre des Collemboles, nouveau pour la faune normande, p. 60*. — Pyrrochoris apterus, p. 75*. — Sur la présence de Sciopus pallens Wied. (Diptère Dolichopodidae) et de Microdon Meig. (Diptères Syrphidae) dans le département du Calvados, p. 86*. — Présentation d'un Strix aluco aluco L., p. 115*. — Une excursion zoologique au Mont-Dol (Ille-etVilaine). — Quelques mots sur la répartition géographique de Chorosoma Schillingi (Schill.) (Hémipt. Coreidae), p. 3.

POISSON (R.) et POISSON (Mme A ) : Hémiptères de Normandie (suite), p. 44*. — Remarques sur la faune hémiptérologique des Monts d'Eraines (Calvados). Note préliminaire, p. 73*. — Hémiptères de Normandie (suite), p.. 113*. — Hémiptères Homoptères de Normandie (2e Contribution), p. 83.

PORTE (P.) : Instruments préhistoriques recueillis à Cairon p. 77*.

POTIER DE LA VARDE (R.) : Poire anormale, p. 89*.

ROY (J.) : Sur la station de Muscari Lelievrei Boreau du parc du Prytanée militaire de la Flèche, p. 20*. — Sur les Copépodes du genre Diaptomus Westwood trouvés dans la vallée du Loir, p. 23*.

TOLMER (Abbé L.) : BIBLIOGRAPHIE, Th. Monod, La région de la Basse-Seulle. — Etude bionomique, p. 15*. — A propos de quelques animaux peu communs recueillis à Luc en août-septembre 1927, p. 90*. — Polycera ocellata (Alder et Hancock), Nudibranche Dorien nouveau pour la région de Luc-sur-Mer, p. 109*.

TOURTEAU : Clonopsis (Bacillus) gallica, p. 67*. — Paludines (Vivipara), p. 68*.


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TABLE DES MATIERES

Pages

Composition du Bureau de la Société pour l'année

1927 4*

Membres décédés pendant l'année 1926 4*

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

Séance du 10 janvier 1927 5*

— 7 février 1927 . 18*

— 7 mars 1927 23*

— 4 avril 1927 32*

— 2 mai 1927 39*

— 22 mai 1927 47*

— 13 juin 1927 55*

— 29 juin 1927 (Section d'Alençon) 65*

— 4 juillet 1927 69*

— 7 novembre 1927 80*

— 5 décembre 1927 98*

Admissions : Mlle Jenn, MM. Féret du Longhois, Havel, Gendrin, Galichère, Mahaux, Delaunay, p. 7*; M. Guichard, p. 19*; M. Dubois, Mlles Jouzeau et Pignel, p. 55*; MM. Lemée, Viallet, Laisné, p. 70*; MM. Segaud, Denis Marie, p. 99*.

Allocution du Président à la Séance annuelle du 22 mai : p. 49*.

Bibliographie : p. 15*, 54*, 64*, 115*.

Budget : p. 19*.

Commission d'impression : p. 98*.

Condoléances : p. 98*.

Correspondance : p. 18*, 39*, 69*, 80*.

Démissions : p. 81*.

Dépôt de Travaux : p. 7*, 20*, 33*, 39*, 81*, 99*.


— 112 —

Distinction honorifique : M. le Dr Fr. Moutier, p. 98*.

Dons à la Bibliothèque : p. 20*, 23*, 32*, 39*, 55*, 70*, 81*, 99*.

Echange de Publications : p. 69*.

Elections : p. 6*.

Excursion annuelle : p. 18*, 38*.

Excursion à Saint-Germain-des-Corbéis : p. 65*.

Expédition du Bulletin de l'année 1926 : p. 55*.

Nécrologie : M. Duquesne, p. 23*; M. le Dr Barbé, p. 51*et 65*,

M. Lemée, p. 65*. Nominations : MM. Guilliermond et Tison, p. 32*. Présentations : p. 6*, 51*, 66*, 80*, 99*. Prix de vente du volume du Centenaire : p. 5*. Prix Paul Drouet : p. 5*. Prix Montagne et de Coincy : MM. Davy de Virville et Bugnon,

p. 80*. Procès-verbaux mensuels : p. 5*. Publications de la Société : p. 39*. Radiations : p. 19*. Réclamations des Membres au sujet des Publications de la Société

qu'ils n'ont pas reçues : p. 6*. Réunion annuelle : p. 32*, 38*, 39*, 47*, 82*. Subvention de la Caisse des Recherches scientifiques : p. 69*.

TRAVAUX ORIGINAUX

Pages

1. — POISSON (R.), Une excursion zoologique au MontDol

MontDol — Quelques mots sur la répartition géographique de Chorosoma Schillingi (Schill.) (Hémipt. Coreidae) 3

2. — BIGOT (A.), Notice explicative de la feuille de

Coutances, n° 44 de la carte géologique de la France 8

3. — MERCIER (J.), Sur l'âge et la faune des assises

argileuses de Lion-sur-Mer (Calvados) 23

4. — BIGOT (A.), Failles et plis dans les terrains

secondaires du Calvados 33


— 113 —

5. — BUGNON (P.), Sur le rôle de l'accroissement

intercalaire dans l'évolution de l'appareil conducteur de la jeune plante 43

6. — BUGNON (P.), Contribution à la flore mycologique

mycologique 49

7. — POISSON (R.) et POISSON (Mme A.), Hémiptères

Homoptères de Normandie (2e Contribution). 83

8. — MERCIER (L.) et PARENT (Abbé O.), Complément

à la liste des Dolichopodidae (Diptères) du Calvados 85

9. — BIGOT (A.), Géologie de la région de Falaise et

de la Brèche-au-Diable 92

Liste des Communications par noms d'auteurs 107


LE

BON A TIRER

DE CE BULLETIN

A ÉTÉ DONNÉ

LE 31 MAI

1928



Caen — Imprimerie E. LANIER, 31, boulevard Bertrand