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188 LES PURITAINS D'ECOSSE

poste, immobiles. Cette armée ne s'élevait guère à plus de mille
hommes, dont la moitié à peine étaient bien armés, et d'une cen-
taine de cavaliers. Cependant leurs chefs étaient pleins de confiance
ne doutant pas que la force de leur position, la supériorité du
nombre, jointes à la certitude qu'après une telle démarche il n'y
avait plus de pardon à espérer, et par-dessus tout l'enthousiasme
qui les animait, ne suppléassent au manque d'armes et de disci-
pline.

Sur le revers d'une montagne, on voyait des femmes, et même
des enfants, qu'un zèle farouche avait entraînés : ils semblaient
devoir rester simples spectateurs du combat qui allait décider de
leur sort et de celui de leurs maris, de leurs pères, de leurs frères.
Les presbytériennes poussèrent des cris aigus quand elles virent
briller les armes des dragons sur la montagne opposée, et ces en-
couragements, échauffant le courage des sectaires, leur inspiraient
la résolution de combattre jusqu'au dernier soupir.

Lorsque le régiment de Claverhouse se fut déployé, les trom-
pettes et les timbales firent entendre les sons précurseurs du com-
bat : les persécutés y répondirent en unissant leurs voix en choeur.

Pendant que tous les échos des montagnes répétaient le bruit de
cette psalmodie, Claverhouse examinait avec attention le terrain
et l'ordre de bataille adopté par ses adversaires.

Il faut que ces rustres aient avec eux quelques vieux soldats !
s'écria-t-il ; celui qui a choisi cette position n'est pas un paysan.

Il paraît certain que Burley s'y trouve, dit lord Evandale. On
cite aussi Haxton de Rathillet, Paton de Meadowhead.

Je le pensais ainsi, répondit le colonel ; à la manière dont ces
cavaliers détachés ont fait franchir le fossé à leurs chevaux en re-
tournant à leur poste, il était aisé de voir qu'il y a parmi eux
quelques têtes-rondes, la vraie race du vieux Covenant. Il faut ici
autant de sang-froid que de courage. Evandale, faites venir les
officiers.

Messieurs, dit Claverhouse, je ne vous ai pas appelés pour vous
former en conseil de guerre. Jamais je ne chercherai à rejeter sur
personne la responsabilité qui revient à mon grade. Je désire m'é-
clairer de vos opinions, me réservant ensuite le droit de suivre la
mienne, comme le font la plupart de ceux qui demandent des avis.
Qu'en dites-vous cornette Grahame ? Attaquerons-nous ces misé-
rables qui beuglent là-bas ?

Tant que j'aurai l'honneur de porter l'étendard du régiment
des gardes, répondit le cornette, jamais il ne reculera de mon gré
devant des rebelles. Mon avis est : En avant, marche, au nom du
roi !
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