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quel il y avait plus d'ignorance que de vanité, va
se modifiant chez nous à mesure que nous sortons
de notre isolement. Tant que nous n'avons connu
ni les langues ni les littératures des autres peuples
de l'Europe, nous devions les trouver barbares.
C'est une vieille histoire. Est barbare quiconque
ne sait pas se faire comprendre de nous. Au-
jourd'hui que la fréquence des voyages et les né-
cessités du commerce amènent un plus grand
nombre de nos compatriotes à entrer en contact
avec les autres nations chez elles, nous leur ren-
dons mieux justice, et peu à peu s'affaiblissent ces
préjugés absurdes que le premier empire avait
tant favorisés. La masse du pays, trop ignorante
encore pour savoir ce que représentent les noms
de Goethe et de Herder, aperçoit pourtant dans
les brumes du lointain des peuples qui ont leur
vie propre et leur développement spécial. On a
appris que toutes les branches du savoir humain
ont été cultivées ailleurs avec autant de succès
au moins que chez nous. De tous ces faits résul-
tait dans l'opinion publique une appréciation plus
saine des choses, un jugement plus impartial sur
nous-mêmes et sur les autres.

Il n'est donc point question de déprécier ici
l'Allemagne au profit de la France. Nous cherchons
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