— 30 — scène était d'un comique qui aurait déridé les morts. Continuons cette funeste procession. Nous avions encore une chambre de représentants. Elle nous rappelle d'abord les nombreux escamo- tages du suffrage universel et le dévouement de MM. les députés. On parlait autrefois de la " chambre introuvable. » Elle était retrouvée. Dites-nous quels intérêts elle a servis, quel mal elle a empêché, quelles nobles idées elle a fait germer dans notre pays. Quelles influences ont présidé à ses résolutions? La clique de l'empe- reur était la claque de M. Rouher. Les honnêtes gens étaient consternés de voir quel peu de prise avaient sur une assemblée française les appels à l'honneur, à la vérité, a la dignité, à l'indépen- dance. Ces appels paraissaient séditieux. La fierté des convictions semblait inconstitutionnelle. Il n'y avait place que pour une personnalité. Les autres étaient non avenues, quand elles n'étaient pas traitées comme rebelles. D'où venaient-ils donc, les éléments qui compo- saient cette rare assemblée? Ils représentaient te nation et, hélas ! on peut dire tout à la fois qu'ils la représentaient fort mal, et qu'ils ne la repré- sentaient que trop bien. Qui est-ce qui les avait